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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES     -     Samedi 31 janvier 2009           N° 1001


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A la Une

Editorial

Le point sur le mouvement

Après deux semaines de grève générale, les travailleurs de Guadeloupe à la tête de toute la population laborieuse ont engagé une lutte pour obtenir des améliorations de leur situation.
Ils ont mis en avant la revendication d'une augmentation de 200 euros des salaires, des retraites et des minima sociaux. Mais d'autres problèmes importants ont été soulevés. Le mouvement regroupé dans une alliance «Lyannaj kont pwofitasyon-LKP» (Alliance contre l'exploitation) réclame des baisses de prix sur les biens courants, sur les carburants (50 cts), la titularisation des précaires (après deux CDD, obligation d'embaucher et titulariser le salarié), arrêt d'abus sur les intérimaires, gel des augmentations des loyers et annulation de la hausse de 2,98%.
Bien d'autres revendications touchent d'autres catégories sociales: pécheurs, agriculteurs. La grève générale a soulevé aussi des problèmes de formation et de l'éducation. Les syndicats enseignants sont d'ailleurs en négociation permanente avec le recteur depuis le début du mouvement.
La force du mouvement en cours est incontestable plusieurs manifestations ont mis dans la rue des milliers de personnes (jusqu'à plus de 20000 certains jours, et ce vendredi 30 janvier entre 30 et 50 000). La présence permanente de centaines de gens toute la journée aux abords du siège de LKP, le maintien de la grève dans de nombreuses grandes zones d'emplois (centres commerciaux, zone industrielle de Jarry, services publics, pompistes etc.) montrent que ce mouvement a un bon enracinement populaire.
Face à lui, il y a deux types d'interlocuteurs. Il y a l'état (représenté par le préfet), les collectivités (conseils régional et général) qui sont censés répondre sur des revendications telles que la formation d'un SMIC guadeloupéen, la baisse sur les taxes et les prix du carburant, sur les transports, sur l'amélioration des revenus des handicapés etc. Et d'autre part, il y a les représentants du patronat à qui s'adresse particulièrement la revendication d'une augmentation des salaires.
Après quatre séances de négociation, on a tourné en rond et surtout tous ces gens-là ont passé leur temps à expliquer aux représentants des grévistes et de LKP à quel point leurs revendications étaient difficiles, voire impossibles à satisfaire. Le ministre Jego a même proposé de répondre d'ici mars et son représentant local le préfet a quitté la négociation. Pour l'instant LKP a proposé de négocier avec les collectivités et avec le patronat. Dans le même temps, dans certaines entreprises publiques, des négociations se poursuivent. A l'ONF, à Pôle emploi, dans l'éducation nationale, certains maires proposent de répondre pour leur commune aux revendications de LKP (cas des Abymes).
W. Angèle, représentant du MEDEF, persiste et signe: s'il se rend à une nouvelle négociation, ce sera pour expliquer, chiffres à l'appui, que le patronat ne peut pas supporter une augmentation de 200 euros; mais il ne fait pas du tout état des chiffres d'accumulation de profits, réalisés depuis des années sur le dos des travailleurs. Or l'état confirme l'exonération totale sur les charges sociales et leur donne même un coup de pousse. Les salaires seront exonérés de charges jusqu'à 1,4 SMIC et 1,6 SMIC dans l'hôtellerie. Vendredi et samedi, de nouvelles négociations vont s'ouvrir.
On ne sait pas ce qu'il en sortira mais quoi qu'il en soit, les travailleurs ont gagné pour eux-mêmes quelque chose: ils ont fait la démonstration qu'ils pouvaient réaliser un mouvement d'ensemble large et conscient. Cette arme de la grève générale entre désormais dans l'arsenal des travailleurs de Guadeloupe.
Face à un patronat arrogant qui tient bon, il faudra plus d'une lutte de ce genre pour changer le sort des travailleurs et des pauvres. Le patronat est arrogant et résistant parce qu'il sait pouvoir compter sur une force militaire puissante qui est totalement mise à sa disposition par le gouvernement. Si la grève générale continue, le préfet cherchera à prendre des dispositions pour casser la résistance des gérants de stations et des ouvriers pompistes, il tentera de s'opposer grâce à ses forces de répression aux actions menées par les piquets de grève et par la grève marchante. Celle-ci cherchera à maintenir la grève en allant d'entreprise en entreprise. Le patronat sait que le préfet est totalement disposé à mettre cette force à son service.
Mais il n'y a pas que lui contre les grévistes. Un grand nombres d'élus avec leur discours venimeux, hypocrite, prétendent comprendre les revendications de LKP mais estiment qu'on ne doit pas bloquer la Guadeloupe, que l'économie est en danger. Victorin Lurel, en la matière, remporte le pompon. Tous ses discours sont ponctués de l'affirmation que ce n'est pas la rue qui change les choses, que c'est les assemblées, les institutions. Il se prétend socialiste et n'a pas hésité à désigner le mouvement de grève comme étant de la chienlit et autres expressions du même genre. Mais ce prétendu socialiste, si hostile au mouvement et aux luttes des travailleurs, devrait savoir que tous les progrès sociaux ne se sont réalisés que de deux manières: sous la pression de la rue, des grèves, des manifestations, (diminution du temps de travail, congés payés, protection sociale etc.) ou lorsque à l'évidence, des progrès étaient indispensables pour permettre aux capitalistes d'améliorer leurs profits (école publique obligatoire, par exemple). Ces élus hypocrites prétendent qu'ils sont opposés à toute forme de répression, mais le gouvernement ne leur demandera pas leur avis pour le faire.
Alors, pour le mouvement de grève, il reste encore beaucoup de possibilités d'élargir la mobilisation. Comme le mouvement est très populaire, il peut faire appel à la capacité des gens de la population laborieuse et pauvre à s'organiser eux-mêmes, à répandre les luttes dans toutes les communes, à créer leur propre LKP local. Ils peuvent associer dans des collectifs LKP tous ceux dans la population, quelles que soient leur opinion, leur appartenance politique, qui veulent défendre par la lutte le programme de revendications.
Il faut que le gouvernement, les patrons et tous leurs sbires sachent qu'ils n'auront pas affaire à 10000 ou 20000 manifestants, mais à une masse de plusieurs dizaines de milliers de travailleurs, de pauvres, de petits paysans prêts à se dresser contre eux.
Nous sommes conscients d'être seulement au début d'une lutte qui devra se prolonger pendant des mois et des mois. Ce qu'apprennent aujourd'hui les travailleurs et les pauvres leur servira de tremplin pour de futurs combats. Et quelle que soit l'issue de la lutte actuelle, les faits sociaux, les souffrances, les blessures qui l'ont provoquée aujourd'hui, si elles ne sont pas réparées, provoqueront inéluctablement le surgissement de nouvelles luttes - espérons le - de plus en plus conscientes, de mieux en mieux organisées. L'avenir n'appartient pas à cette classe de possédants égoïstes qui ont les doigts crispés sur leur coffre-fort, qui ont un portefeuille à la place du coeur. Les êtres humains méritent mieux que cela, une société dirigée autrement que par ces gens-là, une société plus juste et plus fraternelle.



Grande manifestation de vendredi 30 janvier
Le mouvement se renforce

manifestationLes chants des manifestants sont désormais plus variés, plus riches, au chant très populaire «la Gwadloup sé pa ta yo» se sont ajoutés «Desforges et Jego, ola lagen la pasé» ou bien «toné di dié bannou lagen la» etc. Mais il n'y a pas que cela. Jamais on n'a vu dans ce pays une manifestation aussi nombreuse déferlant dans les rues. Combien étaient-ils? Difficile de le dire. Deux fois ou trois fois plus que les manifestations précédentes, c'est-à-dire un chiffre qui se situe entre 30 et 50000, sur une population d'environ 480000 personnes. On a aussi noté une participation encore plus importante des femmes et des jeunes. C'est dire donc que le mouvement a encore pris de la force. Hier midi, ce fut la conférence de presse, avec la participation de militants venus de Guyane et de Martinique, dont une travailleuse de la banane, représentant la CGTM, qui parla lors du meeting qui suivit la conférence de presse, plus de 3000 personnes rassemblées devant le palais de la Mutualité. La camarade Surely fit très forte impression sur les participants, mais aussi sur beaucoup de gens ayant suivi son intervention sur Canal 10. Devant le renforcement du mouvement, les dirigeants de LKP sont plus que jamais décidés à arracher les revendications qui tiennent au coeur des travailleurs: amélioration immédiate des salaires, des pensions et des minima sociaux, création d'un SMIC guadeloupéen, titularisation des précaires, baisse des prix, gel des loyers etc.



Guadeloupe
La grève générale se poursuit et se renforce avec le soutien de l'ensemble de la population laborieuse

Après 7 jours de grève

La grève générale se poursuit en Guadeloupe depuis une semaine. Cette grève a été préparée et déclenchée par un Collectif d'organisations au nombre de 49 aujourd'hui. Ces organisations sont syndicales (UGTG, CGTG, CTU, FO, CFDT), politiques avec le Parti communiste, Combat Ouvrier, «l'alliance nationale Guadeloupe», Nonm, l'UPLG et d'autres, des unions de producteurs, des transporteurs, le syndicat des pêcheurs et des associations culturelles très populaires en Guadeloupe dont les groupes «Akiyo», «Kamodjaka» et «Voukoum».
La grève est totale dans toutes les grandes entreprises. Dans d'autres, plus petites comme certaines compagnies d'assurance ou un peu plus grandes comme la BNP, un certain nombre d'employés ont repris le travail, partiellement ou totalement. Dans les banques, seuls ceux de la BFC autour de la CGTG sont en grève totale et permanente. Dans les autres établissements, certains se remettent en grève ou au travail d'un jour à l'autre.
Dans les deux grands centres commerciaux: Carrefour des Abymes et Carrefour de Baie-Mahault, super marchés et boutiques sont fermés pour cause de grève.
Les travailleurs de l'EDF sont en grève et procèdent à des coupures tournantes. En gros, deux heures de coupure par jour par rotation géographique. Pour ceux de la Générale des eaux, c'est le même principe qui a été adopté.
Les agents hospitaliers qui peuvent difficilement faire une grève effective sont mobilisés. Ils ont dressé une tente devant le CHU de Pointe à Pitre et se rassemblent autour après le service minimum et les obligations imposées par les soins à donner aux malades. Ils sont nombreux à se joindre aux manifestations, nombreux à venir aux meetings.
Les journalistes et animateurs de RFO ont rejoint la grève générale depuis trois jours. Les programmes sont perturbés mais les grévistes ont décidé eux-mêmes de retransmettre en direct les négociations à la télévision.
Toute la zone dite industrielle de Jarry qui concentre des centaines de petites entreprises et près de 8000 travailleurs est quasi morte. Les transporteurs aussi sont en grève. Il n'y a pas de transports en commun. De toute façon, aucune station d'essence ne fonctionne. Les travailleurs y sont en grève en une sorte d'alliance tactique avec les gérants des stations services. Personne ne veut l'ouverture de nouvelles stations- service automatisées avec carte de crédit et self service. Les gérants n'en veulent pas en raison de la concurrence et les travailleurs non plus pour éviter la contagion de ce genre de stations et les risques de licenciements progressifs des pompistes et des employés des magasins de ces stations.
En Guadeloupe, ce sont encore les pompistes qui font le service d'essence aux conducteurs et cela concerne des centaines de jeunes travailleurs. Ce mouvement des travailleurs des stations service est organisé et tenu particulièrement par le syndicat UTPP-UGTG (Union des travailleurs des produits pétroliers).
Les lycées, l'université sont fermés sans qu'on sache combien d'enseignants sont réellement en grève, le recteur ayant décidé de fermer les établissements sans attendre les décisions prises par les personnels dans chaque lycée.
A l'université Antilles Guyane, les personnels enseignants et ouvriers ont créé un comité de grève. Les examens ont été reportés à une date ultérieure.

Les travailleurs municipaux sont en grève dans les grandes villes totalement comme aux Abymes, la plus grande ville de la Guadeloupe ou partiellement. Signalons à Goyave, la grève des municipaux qui est totale depuis déjà plusieurs semaines, bien avant le début de la grève générale. Dans beaucoup de communes, les bureaux sont fermés.
Il est vrai aussi qu'en raison de la grève des stations-service, un certain nombre de travailleurs qui peut être voudraient reprendre le travail ne le peuvent pas car ils ne peuvent plus circuler.
Mais d'autre part, dans toutes les grandes entreprises, les travailleurs, dans des assemblées générales ont reconduit massivement la grève jour après jour et déclarent qu'ils ne reprendront pas le travail tant que les revendications immédiates ne seront pas satisfaites. Lorsque les assemblées générales ne se tiennent pas dans les entreprises, ce sont des centaines de travailleurs rassemblés devant la mutualité de Pointe à Pitre qui votent la reconduite de la grève par acclamation à la demande des représentants du collectif.
La vision générale, lorsqu'on circule dans l'île, c'est que les journées ressemblent à ce qu'on voit un dimanche: les rues et les routes presque désertes, et tout est fermé.
Le patronat tente de faire croire que si la grève est générale c'est parce que des groupes de grévistes portent atteinte à la liberté du travail en menaçant les non grévistes et en exerçant sur eux une violence particulière. C'est faux!
En réalité, oui il y a en Guadeloupe une tradition séculaire de «grève marchante» qui vient de la tradition de lutte des ouvriers agricoles de la canne qui marchaient de champs en champs pour discuter avec leurs camarades. Ce qui était la seule façon de généraliser la grève dans toutes les «habitations» dispersées. Certains font même remonter cette tradition aux temps de l'esclavage où les esclaves circulaient à l'intérieur des champs pour organiser les révoltes.
Il y a donc des groupes de travailleurs qui marchent et passent d'entreprise en entreprise soit pour expliquer leur mouvement à la minorité qui, il y a quelques jours, travaillait encore, soit pour vérifier et contrôler comment les choses se passent autour des entreprises en grève. Il s'agit alors d'aller se parler entre grévistes, se réconforter, échanger les informations, réconforter les piquets de grève.
Ainsi, c'est la grande majorité des travailleurs salariés de Guadeloupe qui est engagée dans la grève générale et qui suit les directions syndicales, en particulier UGTG, CGTG,CTU, FO, CFDT, qui forment l'ossature de la direction et des troupes de «LKP» (Lyannaj Kont pwofitasyon). Parmi elles, on peut dire que c'est le syndicat nationaliste UGTG qui a la plus forte influence, ensuite la CGTG. Ce qui correspond du reste à leur représentation dans le monde du travail en Guadeloupe, dont le dernier baromètre fut les élections prud'homales.
Quant à la population dans son ensemble elle soutient le mouvement avec une unanimité jamais observée depuis des dizaines d'années. Partout ce ne sont qu'encouragements à ne pas céder sans avoir obtenu satisfaction, en particulier sur le coût de la vie, et les salaires. On n'observe pratiquement pas de plaintes contre les coupures de courant électrique et autres gênes occasionnées par la grève générale dans la vie quotidienne. Mais c'est l'inverse plutôt qui apparaît : des messages de soutien et d'encouragement aux grévistes.

Les trois grands centres de ralliement des grévistes

A Pointe à Pitre
Le plus important centre de ralliement se trouve dans et autour du palais de la mutualité de Pointe à Pitre. C'est dans cette salle que se réunissent les représentants des 49 organisations qui composent la direction actuelle du mouvement «Lyannaj Kont Pwofitasyon».
Une partie de la rue est barrée devant l'entrée par les grévistes. C'est là que se tiennent des meetings quasi permanents. C'est là qu'on vient aux nouvelles, c'est de là que partent les manifestations. Quand il n'y a pas de meeting ou de prises de paroles, des groupes de «Léwoz» ( le «Gwo ka» le tambour traditionnel avec un chanteur et des «répondeurs» et danseurs) se retrouvent et créent l'animation. Les groupes musicaux de «léwoz» les plus populaires s'y retrouvent régulièrement. En dehors des meetings officiels des organisations, la parole est libre et à qui veut la prendre. De nombreux travailleurs, en particulièrement beaucoup de femmes travailleuses viennent y prendre la parole et protestent en particulier contre la vie chère et les difficultés quotidiennes. Des jeunes aussi prennent la parole. Tous les soirs se tiennent des meetings centraux et à chaque fois devant des centaines de participants.
Bref, une ambiance générale dans et autour du palais de la mutualité de Pointe à Pitre qui rappelle celle qui régnait à la Sorbonne en mai 1968 à Paris, au moins à ceux qui l'ont connue alors dans l'émigration. Mais à cette différence importante que c'est un centre ouvrier et non étudiant. C'est là que viennent les travailleurs pour échanger et s'informer, au moins les délégués des piquets de grève avant de retourner sur ces piquets.
A Moule
C'est autour des travailleurs de l'usine sucrière de Gardel et des deux syndicats: UGTG et CGTG que la grève s'est étendue et que bon nombre de petites entreprises ont fermé soit plusieurs jours, soit alternativement, soit un jour ou deux. Une grande manifestation s'est déroulée vendredi 23 janvier sous la forme justement de «la grève marchante».

A Basse Terre
Dans cette ville qui est la capitale administrative, le centre d'animation se trouve autour du local de l'association «ensemb ensemb». C'est aussi autour du palais du conseil général que sont massés les transporteurs en grève.
On peut dire qu'après les journées de préparation de la grève, on est aujourd'hui à son organisation quotidienne.
Les négociations ont commencé et le mot d'ordre général de «Lyannaj Kont pwofitasyion» est qu'il n'est pas question de reprendre le travail avant que les revendications immédiates ne soient satisfaites. Mais mieux, il faut renforcer la grève et augmenter le niveau de mobilisation et de détermination sous toutes ses formes pendant les négociations. Voilà les consignes rappelées hier par les représentants du collectif et les représentants syndicaux, dont les dirigeants des sections et des fédérations.

Les négociations

Le collectif avait exigé de discuter avec tous ceux qui représentent tout ou partie du pouvoir politique et social en Guadeloupe: l'Etat en la personne du préfet, les présidents des assemblées locales (Conseil régional) et Conseil général), tous les parlementaires, le MEDEF, les patrons de l'hôtellerie, les petites entreprises.
Ces différentes parties voulaient au départ négocier par domaine de compétences. Le collectif a refusé net. Après deux ou trois jours de tergiversations, ces représentants du pouvoir et élus locaux ont fini par accepter face à l'ampleur de la mobilisation.
Samedi 24, c'est avec 500 manifestants que la délégation des 49 organisations du collectif s'est présentée sur le chemin du lieu de rencontre à Jarry, le world trade center. D'importantes forces de l'ordre ont bloqué l'accès environ à 2 kilomètres en amont. Le préfet ne voulait pas que la foule vienne devant l'immeuble soutenir ses représentants. Le collectif a alors déclaré qu'il n'y aurait aucune rencontre tant que les travailleurs ne seraient pas admis au moins devant le bâtiment. Le préfet a cédé et c'est en chantant, et avec leurs slogans, délégation en tête que les 500 personnes se sont présentées devant l'immeuble.
Après plusieurs heures d'un premier round de discussions générales, un autre rendez-vous fut fixé entre les deux parties au lundi 26 à 16h.
Depuis lundi 26 donc, les négociations ont commencé sur les revendications immédiates. Le premier point abordé fut l'augmentation de 200 euros pour les salaires les plus bas ainsi que la révision du SMIC à la hausse en Guadeloupe. Le préfet à déclaré que sur ce dernier point il devait contacter son gouvernement. Sur l'autre point et les 30 points des revendications immédiates les discussions devaient reprendre mardi 27 à 16h.



Martinique
Tous en grève à partir du 5 février 2009

Depuis plus d'un an déjà, les syndicats CGTM, CDMT, CSTM, UGTM, UNSA, CFTC, CFDT, CGTM-FSM regroupés en une intersyndicale ont cherché à informer et à sensibiliser le maximum de travailleurs sur la situation sociale et dont ils sont victimes. Après avoir fait le constat de cette situation, l'intersyndicale appelle tous les travailleurs le 5 février à un mouvement de riposte pour l'amélioration du pouvoir d'achat, c'est-à-dire une augmentation des salaires, des pensions et des minimas sociaux de 300 euros nets, contre les emplois précaires et aussi pour la reconnaissance du fait syndical martiniquais.
La préparation de la grève a commencé et de nombreux secteurs dans le public et dans le privé indiquent que les salariés se prononcent pour une participation dans leurs assemblées générales.
Les nouvelles sur le déroulement de la grève générale en Guadeloupe sont très suivies et beaucoup de travailleurs disent: «la Guadeloupe nous donne l'exemple, il faut que l'on fasse pareil». En tout cas, une chose est sûre c'est qu'il existe parmi les travailleurs et une bonne partie de la population un mécontentement contre la vie qui est de plus en plus chère.