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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 31 janvier 2009      N° 1001


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Martinique
La grève continue pour les salariés de Tivoli

Depuis le 22 décembre 2008 dix salariés sont en grève pour sauvegarder leur emploi au «Jardin Kréol de Tivoli». Ils ont décidé de dire non à la fermeture programmée de cette structure gérée le Conseil Général.
Pendant plus de 10 ans, ils ont défraîchi, déraciné, labouré, planté ce terrain et aujourd'hui, le Président du Conseil général veut simplement priver ces jeunes du bonheur de travailler chez eux en leur proposant en guise de solution, d'accepter des contrats CAE, dispersés dans les quatre coins de l'île.
Pourtant des centaines de milliers d'euros, payés par le contribuable, ont été dépensés pour mettre ce site en valeur.
Les travailleurs ne veulent pas se résigner à voir disparaitre cet outil de travail!
C'est pour cette raison qu'ils luttent depuis plus d'un mois déjà. D'ailleurs, ils ont lancés un appel à la population de Tivoli, les invitant à venir leur témoigner leur soutien.
En faisant le choix de refuser le chômage qui les attendait à la porte de l'entreprise, en refusant le faux choix des emplois précaires proposé par le Conseil général, ces travailleurs font savoir qu'ils veulent vivre dignement, avec une rémunération convenable dans des conditions décentes, voilà leurs conditions.
Ils veulent disent-ils «travailler et vivre de leur travail chez eux».
Chacun aura constaté que les travailleurs de Tivoli se trouvent confrontés à ceux là mêmes (Conseil général, Conseil régional) qui prônent les vertus de la responsabilité et qui font de beaux discours sur les merveilleuses perspectives de l'article 74 de la constitution.
Et certains peuvent se demander s'ils ne font pas l'expérience de ce que pourraient être des futures «lois pays» avec de tels représentants au pouvoir, sans l'intervention des masses laborieuses!



Manifestations importantes dans les rues de Pointe-à-Pitre

Dès le départ de la grève générale le mardi 20 janvier, près de 10 000 personnes ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre. Cette manifestation a été spontanée car elle n'avait pas été programmée par le «collectif lyannaj kont pwofitasyon». Les manifestants ont soutenu les piquets de grèves devant les garages Peugeot et Citroën où de nombreux travailleurs avaient fermé l'entreprise.
La manifestation du samedi 24 organisée par le collectif a été deux fois plus importante que celle du mardi. C'est la manifestation la plus massive que l'on n'ait vu en Guadeloupe depuis l'affaire Faisan. Tous les syndicats du public et du privé ainsi que différentes associations étaient représentés. Les habitants des quartiers étaient nombreux autour des associations contre l'augmentation des loyers. Des jeunes qui animent le journal «Rebelle» étaient également présents dans la manifestation. Leurs journaux ont été largement vendus. De nombreux jeunes des associations carnavalesques dont Akiyo qui fait partie du collectif ont animé la manifestation au rythme du tambour.
Les manifestants ont plusieurs fois repris en choeur «la Gwadloup cé tan nou, la Gwadloup cé pa ta yo», une chanson au rythme du tambour. Le dimanche 25, différents groupes carnavalesques ont manifesté dans les rues avec plusieurs milliers de personnes en solidarité avec le collectif.
Ces manifestations, si elles ont été un succès par leur importance, n'ont pas fait paraître suffisamment les revendications des travailleurs et de la population. Dans les prochaines manifestations il faudrait faire en sorte que les mots d'ordre concernant l'augmentation des salaires de 200 euros, la baisse des loyers, du prix de l'eau, des transports, des carburants, la titularisation du personnel précaire, soient plus présents et exprimés sous forme de slogans, pancartes et banderoles parmi ces milliers de manifestants. Cependant le caractère très populaire des manifestations prouve une large adhésion de la population aux actions du collectif et à la grève générale.



Guadeloupe
Piquets de grève

Dans certaines entreprises les grévistes sont souvent nombreux nuits et jours devant les portes. Ainsi les entreprises qui ont beaucoup de personnel telles que l'EDF, la Générale des eaux, ont parfois près d'une centaine de grévistes qui passent de nombreuses heures ensemble. C'est l'occasion de se parler, de se connaître, d'échanger des idées bien mieux que lorsqu'ils sont au travail.



LE MOULE
Les ouvriers de la sucrerie Gardel en lutte pour le pouvoir d'achat!

A l'appel de LYANNAJ KONT PWOFITASYON (LKP) les ouvriers de la sucrerie de Gardel ont suivi le mot d'ordre de grève générale reconductible de la semaine dernière. C'est ainsi que, dès le matin du mardi 20 janvier, après une assemblée générale de l'ensemble des ouvriers, comme un seul homme ils ont confirmé leur volonté exprimée en AG le vendredi 16 janvier de rentrer en action. A l'écoute de LKP, les ouvriers de Gardel ont reconduit la grève chaque jour en AG.
Le jeudi 22 ils ont formé deux groupes d'une dizaine d'ouvriers pour aller dans les entreprises de la région où les travailleurs avaient arrêté la grève pour les inviter à cesser le travail le lendemain vendredi 23 janvier et participer à une mobilisation avec défilé et un meeting devant la mairie du Moule. C'est ainsi que le petit groupe d'une vingtaine d'ouvriers de Gardel ont profité aussi pour demander aux commerçants de la ville de fermer ce jour-là.
Ainsi, le vendredi 23 janvier les ouvriers de Gardel et de la distillerie de Bellevue sont partis de l'usine Gardel, en «défilé escargot» vers la place de la mairie du Moule où attendaient des dizaines d'autres travailleurs et des gens de la population. Ainsi, plus de 400 à 500 manifestants ont défilé dans les rues du Moule en scandant des slogans réclamant l'augmentation de leur pouvoir d'achat et dénonçant la politique scélérate du patronat et du gouvernement.
Du coup, le vendredi 23 janviers 2009, les travailleurs de la commune, dans un mouvement de grève générale, sous l'impulsion des ouvriers de la sucrerie de Gardel ont fait du Moule une ville morte. Mot fut pris pour se rendre au grand meeting du lendemain samedi 25 janvier organisé par LKP à Pointe-à-Pitre. Un car a été mis à la disposition des travailleurs pour se rendre à Pointe-à-Pitre. Et ceux du Moule furent nombreux à manifester. A Gardel, à l'heure où nous écrivons, les ouvriers continuent la mobilisation.