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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 31 janvier 2009      N° 1001


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Martinique
Les travailleurs du secteur Pétrolier s'unissent dans un nouveau syndicat

Des travailleurs exerçant dans la production, le transport et la vente de produits pétroliers se sont réunis en assemblée générale le dimanche 25 janvier 2009 à la Maison des Syndicats pour créer un syndicat affilié à la CGTM et regroupant l'ensemble des salariés du secteur. Il existait jusque là le Syndicat des Chauffeurs Salariés de Produits Pétroliers et Assimilés (SCSPPA-CGTM), mais il ne regroupait que les chauffeurs salariés des entreprises de transport d'hydrocarbures.
Chauffeurs de camions-citernes, employés de stations-service, employés de compagnies pétrolières ont ainsi pu discuter des statuts qu'ils ont adoptés, mais également des problèmes quotidiens qu'ils rencontrent.
Les employés des stations services ont pu ainsi revenir sur la non application par de très nombreux gérants de l'accord du 12 décembre 2002 et sur la négociation de la convention collective des stations-service dont les discussions traînent en longueur.
De l'avis de tous les présents, cette décision de créer un tel syndicat était une chose indispensable, pour ne pas dire urgente. Car selon eux, de nombreux problèmes se posent et ce sont les salariés qui systématiquement paient les conséquences. L'assemblée générale a donc adopté à l'unanimité des présents la création de la «CGTM-Produits Pétroliers». L'assemblée a également voté l'appel à participer à la journée de mobilisation du jeudi 5 février 2009.
La rencontre s'est terminée par un pot fraternel au cours duquel les participants, très satisfaits de leur initiative, ont poursuivi leurs échanges.



Guadeloupe
Le personnel de l'université en grève

Chaque jour des assemblées générales
«Nous, personnels du pôle Guadeloupe de l'Université des Antilles et de la Guyane, réunis ce jour, mardi 20 janvier 2009, en Assemblée générale, avons décidé de nous mettre en grève reconductible aux côtés de l'ensemble des travailleurs, contre la vie chère, contre la précarité. Nous luttons pour une formation de qualité pour les jeunes de Guadeloupe, pour une recherche dynamique permettant un développement réel de notre territoire et de notre société. Nous défendons un égal accès aux droits (éducation, travail, logement, santé, culture, subsistance...).» Signé:le comité de grève du pôle Guadeloupe de l'UAG.
Depuis cette date, l'UAG à Fouillole et à Saint Claude, est en grève. Les examens ont été reportés. Chaque jour une soixantaine de personnels ont voté en assemblée générale (AG) la grève, l'acceptation des élections du président qui mettait fin à une crise de direction à l'UAG et la participation à la manifestation de Lyannaj Kont Pwofitasyon du samedi 24 janvier à Pointe-à-Pitre qui a été effective.
Les travailleurs en grève, la population ont été invités à participer à des conférences-ébats sur le campus en grève

La suite du mouvement à l'université

Lors de l'AG du 26, le personnel décidera de la poursuite du mouvement mené avec Lyannaj kont pwofitasyon. Par ailleurs, il se trouve qu'actuellement, une coordination nationale qui réunit des délégués de 46 universités appelle à la grève contre les réformes de Sarkosy. Elle condamne la mise en place d'une politique d'affaiblissement structurel de l'enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories. Elle exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d'emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient les mobilisations en cours. Elle déclare que si le Ministère ne retire pas, sans préalable, le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré, l'université française se mettra en grève totale, reconductible et illimitée le 2 février 2009.




Guadeloupe
Agression inacceptable de la déléguée syndicale de la BNP PARIBAS

Un directeur de la BNP PARIBAS a carrément perdu son sang froid le mercredi 21 janvier dernier et a décidé d'en venir aux mains pour s'opposer à l'entrée de la déléguée syndicale CGTG dans l'enceinte de la banque. Pourtant le Code du Travail stipule que le délégué syndical peut se déplacer à tout moment dans l'entreprise.
Cet individu s'est permis de frapper la déléguée en essayant de l'empêcher d'entrer à l'intérieur de la banque et lorsqu'il s'est aperçu qu'un autre camarade mémorisait la scène en prenant des photos, il a voulu arracher l'appareil de son cou. Très rapidement d'autres camarades sont venus en renfort et il a préféré se mettre au loin et a appelé un huissier. Le problème pour lui c'est que l'huissier ne pouvait rien constater puisque personne n'entravait l'entrée de la banque et c'est lui-même qui a décidé de fermer la banque aux clients.
Ce monsieur cherchait peut-être à provoquer une bagarre mais il est resté sur son compte. Mais l'affaire risque d'aller plus loin car la déléguée a porté plainte et s'est fait délivrer un certificat médical. Elle porte même une minerve car elle a été tirée en arrière.
Le directeur de la BNP, au lieu de discuter avec les représentants du personnel qui réclament la mise en place des commissions prévues par la Convention Collective des Banques AFB signée le 19/12/07, a choisi le mépris, l'arrogance. Il a estimé qu'il n'avait pas à recevoir la déléguée syndicale qui lui a remis une plate forme de revendications. C'est encore une raison supplémentaire de continuer la lutte avec le collectif «Lyannaj kont pwofitasyon».



Une négociation animée!

Le ton était donné dès le démarrage de la deuxième négociation (Lundi 26 janvier). Les grévistes arrivèrent largement deux heures après l'heure fixée et quand cela fut soulevé, ils expliquèrent que la route fut longue car les forces de gendarmerie les avait contrôlés des kilomètres avant l'arrivée au lieu de la négociation alors que tous les élus, les patrons, gens de la préfecture étaient entrés sans aucune difficulté, ni contrôle !
Dès le début de ce deuxième face à face, grévistes et camp patrons-élus-préfet les discussions ont continué sur un problème de «méthode de discussion»! Le préfet a alors proposé une méthode en plusieurs points dont le premier était que dès que les négociations s'ouvriraient sur les points de revendications des grévistes, le collectif Lyannaj Kont Pwofitation (LKP) suspendrait la grève!
Les représentants de LKP ont énergiquement rejeté cette proposition. Et Domota de l'UGTG et Nomertin de la CGTG sont intervenus pour dire qu'il fallait commencer à discuter des revendications et non bavarder sur la méthode de discussion. Ils accusèrent les patrons (soi-disant «socio-professionnels»!) et le préfet de jouer le pourrissement du conflit afin de mieux réprimer. Le préfet s'est alors indigné que les représentants des grévistes puissent penser une telle chose! Et les représentants des grévistes de lui demander «Pourquoi faites vous venir depuis quelques jours des avions remplis de force de répression supplémentaires?». Silence du concerné !
Quand la discussion a fini par commencer sur les revendications, Nomertin, le secrétaire général de la CGTG, a alors affirmé «nous voulons les 200 euros d'augmentation pour tous les travailleurs; la grève continuera jusqu'à satisfaction de cette revendication ainsi que la fixation d'un smic local qui soit fixé en fonction du coût réel de la vie en Guadeloupe où les prix sont plus élevés qu'en France».
Les deux syndicalistes (UGTG et CGTG) firent à tour de rôle différentes interventions très fortes qui étaient applaudies par les centaines de grévistes massés à l'extérieur. Des hauts parleurs avaient été placés dehors et des radios et télévisons montraient en direct les débats ; signalons que RFO annonça que le reportage était le fait de travailleurs (journalistes et techniciens) grévistes qui avaient accepté de le faire pour permettre à tous les travailleurs de suivre en direct toutes les négociations.
Les représentants des travailleurs en grève expliquèrent comment l'état subventionnait à tour de bras les patrons (en France: des milliards pour Renault, pour les banques, pour EADS») et ceux d'ici, largement subventionnés, disent ne pas pouvoir accorder les 200 euros d'augmentations!
A un patron qui argumentait en disant «si on vous donne 200 euros ici, il y aura des effets de délocalisation vers la Guyane et la Martinique où ne sera pas appliqué l'augmentation de 200 euros», aussitôt Nomertin répliqua:«...les travailleurs de Martinique et de Guyane vont réclamer eux aussi des augmentations de salaires et aussi ceux de France qui entrent en grève le 29 janvier». D'une façon générale, les intervenants de Lyannaj kont pwofitatyon (LKP) fustigèrent, dénoncèrent les méthodes des patrons, leur façon d'engranger toutes sortes de subventions publiques, de s'enrichir sur le dos des travailleurs ici et d'aller ouvrir des entreprises dans les pays où les salaires sont plus bas, où la protection sociale est inexistante ou très faible, tel que St Domingue, la Dominique et même Mayotte.
Fleming, du PCG intervint pour dire:«vous les patrons vous parlez des salaires comme d'une charge sociale, les salaires représentent une partie du travail des salariés et ceux-ci réclament une meilleure répartition de la richesse, un peu moins pour vous, un peu plus pour les travailleurs». Il faut relever les arguties du président socialiste du Conseil Régional qui chercha à faire croire que l'augmentation de salaires n'était pas la seule façon d'augmenter le pouvoir d'achat, on pouvait aussi baisser des prix notamment par la baisse des taxes diverses, tva, octroi de mer (vieille taxe coloniale). Il se lança dans toute une énumération de ces baisses de taxes d'état ou locales. A croire que les patrons lui avaient demandé de convaincre les travailleurs grévistes de ne pas revendiquer d'augmentation des salaires. Ce sale rôle lui vaut de plus en plus le mépris des travailleurs en grève qui le brocardent sur des airs de gwo-ka.
Dans l'ensemble les milliers de gens qui ont suivi ce «débat-négociation» ont été très satisfaits de voir les gens qui les représentent, dénoncer avec vigueur et conviction les méfaits des patrons et du capitalisme, dénoncer des marges inexplicables sur les produits, bien au-delà des prétendus frais d'approche dû à notre éloignement de l'Europe. Ils étaient contents de voir dénoncer l'appétit de subvention et de défiscalisation de ces gens-là et leur refus de toute amélioration des salaires des travailleurs, dont un grand nombre vivent avec des emplois précaires, bien au dessous du SMIC actuel, et souvent à la limite ou au-dessous du seuil de pauvreté. Aujourd'hui les signes d'encouragement et d'adhésion se multiplient dans la population pauvre envers la grève!
L'attitude pleine de fermeté et de détermination des deux responsables de l'UGTG et de la CGTG exprimaient la volonté de milliers de grévistes et de milliers de pauvres qui soutiennent la grève et qui veulent qu'elle tienne bon jusqu'à ce que ce patronat arrogant et méprisant cède sur les revendications de salaire et que l'état cède sur le problème de l'augmentation du SMIC conformément au coût de la vie locale.
Mardi et mercredi, d'autres «négociations» sont prévues.

DH: On a vu à quoi elles ont abouti:aucune réponse du gouvernement, à part le message méprisant de Jego (ministre des DOM) et pas de réponse non plus des patrons qui viennent de recevoir du gouvernement une exonération supplémentaire des charges sociales!