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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 31 janvier 2009      N° 1001


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Guadeloupe
La grève à l'aéroport

Depuis le mardi 20, les travailleurs des différents secteurs de l'aéroport sont entrés en grève, rejoignant ceux de la Brink's, d'Interprop, d'Aéro-ambulance et les pompiers qui sont en lutte depuis plus d'un mois, voire deux pour certains. A l'Aviation Civile, des agents de tous corps se sont mis en grève, à l'exception des contrôleurs qui ont été réquisitionnés.
Un groupe d'environ 25 travailleurs est allé faire des interventions à la Météo, aux Bases Aériennes (DDE) qui étaient quasiment désertes, puis à la DSDS qui s'est installée au sud depuis quelque temps. Ils ont été reçus très favorablement par les travailleurs de ces services, en particulier à la DSDS où une quarantaine d'employés étaient réunis pour discuter du mouvement suite à l'intervention d'une dizaine de grévistes d'autres secteurs.
Ils sont ensuite allés devant le GPAP (Groupement Pétrolier de l'Aéroport de Pointe-à-Pitre) renforcer le piquet des travailleurs de cette filiale de la SARA. Ils y ont trouvé des grévistes de la plupart des entreprises déjà en grève à Pôle Caraïbes, renforcés par des collègues de la CCI et de certaines compagnies. Ils sont enfin passés du côté de la SORI où les travailleurs étaient tous en grève (les compagnies pour faire face au mouvement ont dû faire venir les repas de Paris sur le vol aller).
Le lendemain mercredi, tout le monde s'était donné rendez-vous devant la SORI. Un forum a été improvisé le matin, où chacun a pu prendre la parole et donner son point de vue sur le mouvement, les problèmes des travailleurs et l'avenir de la Guadeloupe. Tout le monde était content de pouvoir s'exprimer, et regrettait que de tels échanges soient devenus rares parmi les travailleurs.
Il fut décidé d'une action en début d'après-midi. Vers 15H30, plus d'une centaine de grévistes se mit en branle en direction du rond-point de l'aéroport. C'était la période d'enregistrement de plusieurs gros porteurs. Très rapidement cela créa un embouteillage, surtout du côté de l'échangeur, où des voitures et des cars se trouvèrent bloqués. Peu de temps après, une voiture de gendarmes apparut et appela des renforts. Deux ou trois cars de «manblos» ( gendarmes), soit plus d'une cinquantaine, équipés de grosses bottes renforcées, de matraques et de boucliers se sont rapidement mis en place. Devant la détermination et le calme des manifestants, ils ont visiblement hésité sur la tactique à suivre. Les passagers quant à eux commencèrent à passer avec leurs bagages, tandis que les grévistes chantaient ou scandaient leurs revendications. Puis les manblos commencèrent à bloquer le rond-point en poussant doucement les manifestants, lesquels poussaient en sens inverse, les empêchant de passer en direction de l'aéroport. Quelques bousculades, qui ne firent que renforcer la détermination et les chants des grévistes. Un policier faillit perdre son sang-froid en brandissant une bombe lacrymogène, mais la rengaina sur ordre de son chef. Une vingtaine de policiers locaux venus en renfort furent envoyés faire le «sale boulot» en poussant les manifestants, sous les quolibets.
Le résultat essentiel de cette haute stratégie policière, c'est qu'en interdisant tout passage, finalement ce sont eux qui ont prolongé le blocage du rond-point! Certains manifestants enjambèrent les parapets de béton et coururent à travers les hautes herbes, poursuivis sans succès par des policiers dont les bottes pesaient une tonne et parvinrent à rejoindre l'aérogare. C'est alors que des manifestants venus de Pointe-à-Pitre commencèrent à arriver, certains par la route, ce qui donna de l'espoir à ceux restés sur place. Mais surtout, malgré la présence permanente d'un hélicoptère, on vit au loin une déferlante de plus en plus nombreuse de manifestants, passés derrière Milénis pour rejoindre la route inter-aérogares, et se glissant au nez et à la barbe des policiers par la route de service près de la SORI. Pour ceux du rond-point, qui exultaient bruyamment, c'était comme «l'arrivée de la cavalerie». L'occupation du rond-point avait facilité cet accès du gros de la troupe en fixant les policiers qui ne savaient trop que faire.
Les 300 manifestants et des dirigeants des organisations de «Lyannj Kont Pwofitasyon» qui étaient dans le hall de l'aérogare sont partis après leurs interventions. Mais arrivés au premier rond point, alors même qu'ils repartaient ils furent bloqués par un cordon de gendarmes en tenue de combat et lance grenade. Il leur fut demandé pourquoi ils empêchaient le retour vers Pointe à pitre. C'était les ordres. On fut alors à deux doigts de l'affrontement. Mais quelques instants plus tard l'ordre fut donné aux gendarmes de laisser passer. La jonction se fit alors avec les 200 travailleurs qui se trouvaient de l'autre côté du cordon de gendarmes.
Les manifestants sont repartis vers Pointe à pitre en chantant, toujours aussi déterminés et se sont retrouvés ensuite au point de rassemblement permanent et quotidien de la mutualité de Pointe à Pitre.
A l'aéroport, la grève continue.



Pôle emploi
Une fusion au dépend des chômeurs et des personnels

Le 05 janvier officialisait la création de Pôle emploi, nouvel organisme issu de la fusion de l'ANPE et des ASSEDIC. La direction de Pôle Emploi prétend que ce nouvel organisme a pour but de faciliter les démarches des chômeurs. Mais en réalité, cette fusion ne vise qu'à faire baisser coûte que coûte le chiffre du chômage à 5%, en France. Tel est l'objectif affiché par Sarkozy depuis 2006 alors qu'il était en campagne électorale. Il ne s'agit pas d'aider les chômeurs à retrouver un travail durable leur permettant de vivre décemment. Pour atteindre cet objectif de 5%, malgré les licenciements qui n'ont jamais cessé et qui au contraire ont recommencé à augmenter depuis la crise financière, l'état a absolument besoin de mettre en place un organisme de contrôle et de coercition des demandeurs d'emploi. Depuis de longues années, les gouvernements successifs, au service des patrons, ont rogné sur les revenus des chômeurs. Depuis des années, la propagande officielle cherche à rendre les chômeurs responsables de leur situation de chômage. Cela permet au patronat de disposer d'une main d'oeuvre de plus en plus précaire. Ces jours-ci encore, les négociations sur la nouvelle convention d'assurance chômage ont abouti à une diminution de l'indemnisation des chômeurs et à la diminution des cotisations pour le patronat! Et cela permet aussi au patronat d'exercer une pression sur les travailleurs dont l'emploi est encore stable pour tenter de leur imposer des reculs successifs. Aujourd'hui, ce sont des millions de travailleurs qui subissent la précarité de l'emploi. Dans le secteur privé les emplois précaires représentent 12% de l'ensemble des emplois et 16% dans le secteur public.
Pôle Emploi qui concentre à la fois le pouvoir d'indemniser les demandeurs d'emploi, celui de les reclasser et de les orienter ou de les envoyer en formation, aura pour finalité d'obliger ceux-ci à accepter n'importe quelle offre d'emploi, fut-elle dans un secteur économique qui ne les intéresse pas, éloignée de leur domicile, ou peu payée. Ainsi, après deux refus d'une offre d'emploi considérée comme «raisonnable», le chômeur indemnisé est radié et ne perçoit plus d'allocation.
Pôle Emploi est un nouveau moyen de pression pour mettre à la disposition du patronat une main d'oeuvre taillable et corvéable à merci. Pour ce faire, ce nouvel organisme est un organisme appliquant les règles du privé à ses employés.
Exit la notion de service public: l'état se désengage de plus en plus et le financement de ce nouvel organisme sera essentiellement assuré par l'UNEDIC c'est-à-dire par les cotisations des salariés et des employeurs. Les méthodes de travail consistent à faire de l'abattage et non plus à aider réellement le chômeur dans sa recherche.
Pour les agents ce nouvel organisme signifie déqualification des métiers, intensification du travail alors que les départs à la retraite ne seront pas remplacés et, au passage, révision à la baisse de toutes les garanties collectives et individuelles. Les agents de Pôle emploi en Guadeloupe ont décidé de ne pas se laisser faire. Les organisations syndicales ont relayé l'appel à la grève générale à partir du 20, lancé par 34 organisations.
DH: Depuis lors, les agents de «Pôle Emploi» ont suivi massivement la grève générale et continuent de présenter leurs revendications à leur direction.



Scène de grève

Chaque jour, dans différents quartiers où se trouvent des entreprises des groupes de grévistes circulent et quand ils rencontrent des non grévistes, ils viennent discuter avec eux et les convaincre de rentrer dans la grève.
Nous avons appris que le lundi matin, un groupe de grévistes pénétra dans un super marché au patron particulièrement agressif et fit comprendre aux caissières qu'elles avaient intérêt à suivre la grève parce que cette lutte était pour elles aussi. Ils leur demandèrent de fermer les caisses et se rallier à la grève. Ce qu'elles firent.
Mais tout cela se déroulait semble-t-il évidement dans une atmosphère un peu agitée et plusieurs clients qui avaient déjà des caddys de marchandises passèrent la caisse sans payer faute de caissières. On vit même une dame qui s'écria: «Mes amis en attendant d'avoir les 200 euros, je prends une avance avec ce caddy de marchandises» et elle s'en est allée gaiement avec l'approbation de tous les présents.
Il parait que le propriétaire a porté plainte pour vol. Ce qui est évidemment son droit.
Mais qui porte plainte contre le racket répété, quotidien de la grande et moyenne distribution avec les étiquettes sans cesse en hausse?



Guadeloupe
Scandaleux! Le SIAEAG contribue a la hausse du coût de la vie

Dans la liste des revendications du comité LYANNAJ KONT PWOFITATION, la baisse du prix de l'eau figure en bonne place. Ce n'est certainement pas par hasard.
On se souvient qu'au mois de juin dernier le directeur de la Générale des Eaux et le président du SIAEAG (Syndicat intercommunal d'alimentation en eau et assainissement de la Guadeloupe) informaient, par courrier, les abonnés du syndicat que les contrats de Délégation de Service Public qui liaient depuis des années le SIAEAG à Générale des Eaux Guadeloupe et à Sogedo sont arrivés à terme et que le SIAEAG a opté pour un nouveau mode de gestion. Que désormais la fréquence des factures et sa présentation allaient changer. Le président du SIAEAG, A. Hernandez était intervenu sur les médias pour expliquer que les abonnés, toujours méfiants vis-à-vis de ce genre d'opérations qui très souvent n'augure rien de bon, allaient y gagner.
Résultats des «courses», des factures plus fréquentes et surtout deux mauvais coups:
- tout d'abord une augmentation des abonnements : alors que pour six mois on payait 21,43€ pour l'eau et 15,57€ pour les eaux usées soit un total de 37€, c'est désormais 38,80€;
- ensuite, le prix du mètre cube d'eau est passé de 1,23€ à 1,26€ et celui des eaux usées de 1,61€ à 1,68€, soit une augmentation de 0,10cts par mètre cube. Signalons, qu'en 2007, les prix des abonnements étaient de 20,84€ pour l'eau et 15,14€ pour les Eaux usées
. Il faudrait que le président du SIAEAG explique où est l'avantage pour le consommateur?
Mais le plus scandaleux est ailleurs. C'est que depuis le changement qu'on nous annonçait profitable, au moindre retard de paiement, de deux jours par exemple, le couperet tombe: une majoration de 12€ à payer. Comme le faisaient les percepteurs pour les impôts, car ces fonctionnaires depuis quelque temps acceptent des arrangements avec les retardataires. Et lors d'une des réunions du comité LYANNNAJ KONT PWOFITATION devant le palais de la Mutualité, une femme est intervenue pour faire part de ses démêlées avec le SIAEAG. Absente pour cause de maladie, elle n'a pas pu payer sa facture à la date fixée par le SIAEAG. Et quelle a été sa surprises? Elle a été obligée de payer la majoration de 12€, plus une somme pour le rétablissement de l'eau. Mais elle a affiché son intention de ne pas se laisser voler sans rien faire.
Le SIAEAG, avec A. Hernandez son président a-t-il l'intention de vider encore plus les poches des usagers de l'eau au bénéfice de la Générale et des Eaux et de SOGEDO. C'est sur que les consommateurs ne se laisseront pas faire et que lé PWOFITE entendront parler d'eux.