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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 31 janvier 2009      N° 1001


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Martinique
Débrayage des travailleurs de BUT et CONFORAMA

Le mardi 20 janvier, les travailleurs de But et de Conforama ont fait un débrayage de 2 heures dans la matinée. Par ce mouvement, ils manifestaient leur solidarité avec leurs collègues de la Guadeloupe dont certains sont victimes de licenciements et aussi de baisses de primes pour les commerciaux des surfaces de vente. Ceux de Martinique se sentent eux aussi concernés car les menaces commencent à planer sur eux également.
En effet, les patrons de ces sociétés ne sont pas satisfaits de l'évolution de leurs affaires et des choix qu'ils ont faits notamment en Guadeloupe où ils auraient perdu de l'argent. Filiale du groupe PPR (anciennement Pinault-Printemps-Redoute), leur société est cotée en bourse et à ce titre ils subissent actuellement les aléas des marchés boursiers et ces dirigeants ferraillent pour continuer de servir à leurs actionnaires de copieux bénéfices. Alors, en Martinique et en Guadeloupe, comme dans d'autres sites, ils commencent à dire qu'il y a trop de personnels ou cherchent à revenir sur certains avantages acquis par les travailleurs lors des luttes menées au fil des années.
Pour les 140 salariés de But et de Conforama, il s'agit certainement d'une première mobilisation. Ils n'ont pas l'intention de laisser les patrons les endormir par leurs pleurnicheries, d'autant qu'à l'époque des vaches grasses, ils n'étaient pas convoqués au festin.



Martinique
Quand le PPM fait bande à part dans les assemblées!

Contrairement aux autres courants indépendantistes ou autonomistes, le PPM de S. Letchimy, n'a voté en faveur de l'article 74 ni lors du Congrès du 18 décembre 2008, ni dans aucune des assemblées. Ses dirigeants expliquent qu'ils refusent de se prononcer sur le changement de statut dans le cadre de l'article 74 de la constitution française parce que cet article ne définit pas quelles seront les attributions de l'assemblée qui sortira de la nouvelle collectivité, ni quels seront les liens de solidarité de la France avec la population de Martinique. Pour ces raisons, le PPM réclame une modification de la constitution avec la création d'«un article 74 spécifique pour la Martinique», par lequel la nation française s'engagerait, entre autres choses, à maintenir les liens de solidarité avec la population de Martinique, à garantir les acquis sociaux et les éventuelles avancées sociales. Une sorte de nouveau costume taillé pour la Martinique, ou plus exactement pour ce que veulent les élus.
Ce à quoi, les organisations favorables à l'application de l'article 74 de la constitution répondent avec un brin d'ironie que le PPM «rêve», pour ne pas dire «délire», en pensant qu'il pourrait y avoir une révision de la constitution française pour la seule Martinique.
Mais voilà! Les explications des élus PPM, du député maire de Fort de France en particulier, ont plutôt l'air de postures tacticiennes leur permettant surtout de se démarquer des courants majoritaires MIM-CNCP et de leur nouvel ennemi déclaré du RDM. En effet, la population laborieuse ne voit pas les élus du PPM et leur parti de centaines de membres prendre position sur les questions qui les préoccupent et mettre toute leur force franchement à leurs côtés, aux côtés des salariés qui se mobilisent quotidiennement, pour l'augmentation des salaires, contre la vie chère, contre la suppression des postes de titulaires et la multiplication des emplois précaires dans le secteur public, ou dans le secteur privé. Cela n'est pas la politique du PPM qui ne conçoit son intervention qu'au travers de la gestion de ses postes d'élus (Municipalités, Conseillers Généraux et Régionaux). Ce qui pose une limite étroite à toute action favorable aux travailleurs et aux pauvres en général.
Seule la mobilisation de la majorité de la population pourra empêcher qu'un éventuel changement de statut se limite à un réaménagement administratif et à une modification de la répartition et une révision à la baisse des enveloppes budgétaires, entre l'état et les collectivités, mais que ce changement prenne en compte la défense de ses intérêts immédiats.




GAZA
L'armée d'Israël assassine

L'offensive de l'armée de l'Etat israélien a duré plus d'un mois. Elle a déjà fait plus d'un millier de morts et plusieurs milliers de blessés parmi les Palestiniens. Les Israéliens ne comptent qu'une petite dizaine de victimes parmi les soldats. Cette disproportion de victimes entre les deux camps montre bien si besoin était que ce n'est pas une guerre entre deux armées, mais bien un assassinat par une armée moderne d'un peuple sans grande capacité de défense. De plus la barbarie est de mise. L'armée assaillante utilise des armes interdites par les accords internationaux comme le phosphore blanc. Des écoles, des ambulances sont prises pour cibles et même un convoi de l'ONU, a essuyé des tirs de char israéliens.
Les dirigeants de l'Etat d'Israël prétendent par leur opération militaire vouloir protéger leur territoire. Ils revendiquent le droit de vivre en paix dans l'Etat d'Israël. Tous les dirigeants Occidentaux sont d'accord avec eux. Même s'ils condamnent les excès de l'attaque, ils approuvent ce droit. Mais ces droits les palestiniens les réclament aussi. Ils veulent d'un Etat palestinien. Ils veulent retrouver leur dignité et vivre librement en Palestine. Ces droits, Israël depuis 1948 les leur refuse. A Gaza, sur 362 km2, les Israéliens ont concentré au fil des temps 1,5 million de Palestiniens. 80% d'entre eux sont au chômage et vivent sous le seuil de pauvreté. La situation est catastrophique. Les habitants de cette bande de désert sont approvisionnés par des convois de vivres de l'ONU. Il en faut 3000 par mois pour les ravitailler. Au mois de décembre les barrages de l'armée israélienne n'en ont laissé passer que 23! Gaza manque de tout: médicaments, électricité, eau, essence, aliments... Ce blocus de la bande de Gaza a déjà fait un grand nombre de victimes. L'agression militaire ne fait qu'augmenter ce nombre d'un millier supplémentaire.
Face à ces meurtres en masse, les dirigeants arabes sont particulièrement silencieux. A commencer par Mahmoud Abbas, président de l'Autorité Palestinienne. Il voit d'un bon oeil qu'Israël détruise le Hamas qui conteste son autorité sur la population palestinienne. Il préconise la négociation avec Jérusalem. Depuis un an que ces négociations sont engagées, aucune avancée ne s'est fait jour. Les Palestiniens sont confinés dans la bande de Gaza et en Cis-Jordanie, ils sont entourés de barbelés et sont à la merci de raids de l'armée israélienne alors que progressivement leur territoires sont rongés par l'installation de colonies israéliennes. Les autres chefs d'Etat arabes eux aussi ne sont pas mécontents des difficultés du Hamas.
L'armée d'Israël semble vouloir investir la ville de Gaza. Elle se dit décidée à en finir avec le Hamas. Cette idée rencontre un écho très favorable au sein de la droite israélienne en ces temps de renouvellement de la Knesset (parlement). Ces succès n'apporteront pas la paix comme le prétendent les politiciens et les militaires. Ils ne favoriseront que la haine, et la détermination des jeunes arabes. Le peuple d'Israël devra continuer à vivre arme au pied dans une forteresse entourée de haine tant qu'il laissera leurs dirigeants appliquer une telle politique.

RECTIFICATIF
Dans l'article: «Manifestations contre le génocide du peuple Palestinien à Gaza» qui rendait compte d'une manifestation appelée par le Comité Solidarité Martinique Palestine à Fort de France, nous avons par erreur de montage d'un paragraphe prêté au représentant de l'OLP, présent à cette manifestation des propos critiques envers le Hamas qui étaient notre opinion et pas la sienne. Un lecteur de C.O. a mis en évidence que de parler de «tirs de roquettes en direction des régions frontalières occupées par des colons israéliens», était une erreur. Oui! De fait Ariel Sharon a évacué le territoire de Gaza et en a retiré les colons israéliens, donc hors de Gaza il s'agit du territoire d'Israël. Mais l'erreur est mince car Israël a créé son territoire en prenant sans arrêt des territoires aux Palestinien et continue de le faire en Cisjordanie. Ce qui fait d'ailleurs fait dire à certains commentateurs (Gérard Challiand) qu'Israël n'a nullement l'intention de laisser se créer un état Palestinien.