logo COMBAT OUVRIER
Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 5 septembre 2009      N° 1012


Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Page 2

Les perspectives de lutte du LKP

Lors de sa conférence de presse du jeudi 27 août sur le meeting du vendredi 28 août, les perspectives de lutte ont été brossées dans leur ensemble par les représentants du LKP.
Ces derniers et en particulier E. Domota ont déclaré qu'ils n'accepteraient pas l'augmentation du prix des carburants prévue pour le début du mois de septembre et qu'ils appelleraient à la mobilisation. Dans son dernier tract le LKP déclare: "Nous péké asepté: aucune augmentation de l'essence. Nous exigeons la vérité totale sur les prix pratiqués par la SARA et les compagnies pétrolières; le remboursement des sommes indûment prélevées sur les usagers de Guadeloupe, le remboursement des 3 millions d'euros aux collectivités, la mise en place d'un véritable service public d'approvisionnement et de distribution des carburants et le maintien de tous les emplois." De même pour la baisse des prix en général. Il a été annoncé des manifestations coup de poing dans les super marchés pour contrôler les prix. Une mobilisation a été aussi prévue contre le scandale du montant des factures d'eau. De même pour protester contre la répression qui frappe plusieurs dirigeants syndicaux et membres du LKP, comme par exemple les avocats P. Tacita et Sarah Aristide ou encore, le professeur Delphine Prudhomme.
Le LKP réclame aussi:
- La résolution des conflits en cours: ASFO, Maison de l'enfance, Texaco La Boucan, Agents de sécurité du pays de la Canne, Agents de sécurité de l'hippodrome, les contrats aidés;
- Le respect des accords signés pendant et à l'issue des 44 jours de grève générale, notamment le respect de l'accord Bino sur les 200 euros;
-La reprise des négociations sur les autres points de la plate forme (146 points en tout).
Une mobilisation tous azimuts se profile donc sous diverses formes. Le LKP entend qu'elle soit la plus large et la plus déterminée possible.



Meeting de Pointe-à-Pitre

Penchard au service de Total! Lurel cause! Les travailleurs et usagers eux peuvent agir contre les hausses prévues des carburants! A eux de le décider!

La secrétaire d'état à l'Outre Mer, Marie-Luce Penchard dit qu'elle est très pressée de mettre fin au blocage du prix des carburants. On se rappelle qu'à la suite du mouvement de barrage des routes des petits patrons, et surtout après la grève générale de janvier 2009, les prix des carburants avaient baissé; ils devaient rester gelés jusqu'à ce que la transparence soit complète sur la formation des prix. Malgré les déclarations (qui se voulaient rassurantes!) de différents officiels, on ne voit toujours pas clair dans le sac d'embrouilles et de magouilles des opérations commerciales sur les carburants!
Le préfet Déforges justifie les prochaines hausses par la hausse du prix du baril sur le marché mondial. Mais rien n'est dit sur les millions d'euros qui ont été ratissés dans les poches des consommateurs depuis des années (quand çà baissait!), ni sur les subventions versées par les assemblées locales à la SARA contrôlée majoritairement par TOTAL.
On apprend que le «président Lurel» n'est pas d'accord avec cette prochaine augmentation parce que le modèle de fixation des prix des carburants Outre Mer n'est pas encore établi. Mais que peut faire monsieur Lurel sinon des discours, des prises de position? Soyons sûr que les dirigeants de TOTAL, grands requins habitués à tout manger sur leur passage n'en auront certainement pas peur!
Par contre, il n'est pas dit que ces nouvelles augmentations passent comme une lettre à la poste dans la population. On entend déjà beaucoup de protestations et LKP enregistre de nombreuses interrogations sur les actions à mener pour empêcher ces prochaines hausses des prix des carburants. Ce sera d'ailleurs l'un des sujets du meeting du vendredi soir, le 28 Août, devant la Mutualité à Pointe-à-Pitre. Combat Ouvrier soutient ce meeting et ses militants, sympathisants seront nombreux à ce rassemblement.

Chômage en hausse! La faute à LKP? Et en France, alors ?

Le nombre des demandeurs d'emplois toutes catégories confondues est passée à 54 160 personnes inscrites à Pole Emploi, soit 6,2% sur un an. Signalons qu'en France l'augmentation se situe à 18, 9 % sur un an. Voilà qui devrait faire réfléchir tous ces commentateurs des médias parlés et écrits qui veulent faire croire que la grève générale a fait monter le chômage. Or il n'y a pas eu de grève générale en France.
L'explication, c'est que les patrons, les riches d'une façon générale, gardent leur argent hors de la production en attendant de pouvoir spéculer de nouveau avec entrain dans les places boursières. Mais l'Etat a aussi une grande responsabilité dans cette montée du chômage en réduisant ses engagements dans les secteurs publics. Patrons et gouvernement sont ceux qui décident de créer ou non des emplois. Et le patronat ne le fait qu'en fonction des bénéfices escomptés. En ce moment avec la crise, ces gens là se montrent prudents; les banques accordent difficilement des crédits malgré les rodomontades de Sarkozy. Et le gouvernement lui-même économise sur les investissements utiles pour la population.
Il manque de tout: de garderies, de personnel à la Sécu, d'établissements pour les vieillards isolés, etc... Les gouvernants économisent afin d'avoir toujours sous la main de l'argent à refiler aux capitalistes, notamment aux banquiers; qui eux même le distribuent à leurs serviteurs sous forme de bonus.
C'est le système capitaliste. C'est ainsi qu'il fonctionne et il nous faudra encore bien des grèves, bien des luttes de tous les travailleurs pour faire reculer ces gens là et imposer de réelles améliorations de notre sort, en attendant de se débarrasser de ce système pourri.

Solidarité avec Delphine!

La solidarité est en marche pour s'opposer aux attaques du Rectorat, inspirées par certains proviseurs réactionnaires et zélés (n'est-ce pas «Alice-au-pays-des merveilles», pas si merveilleux d'ailleurs!). Ceux-ci n'ont pas digéré l'importance que la grève générale a prise dans l'Education nationale.
DH: il semble que les choses ont commencé à bouger côté Rectorat! La mobilisation doit continuer jusqu'à complète satisfaction.

Solidarité avec les syndicalistes Kanaks

Gérard Jodar président de l'Union syndicale des travailleurs Kanaks et des exploités est gardé en détention pour fait de grève, manifestation! Et 28 syndicalistes ont comparu devant les tribunaux le mardi 25 Août, 5 restent emprisonnés. Mais notre solidarité, même à de milliers de kilomètres, au travers des restes de l'empire colonial français, les fera reculer: aucun de nous, où qu'il vive ne sera seul face à ce pouvoir!

Ici aussi, soyons vigilants! Organisons nous contre toute forme de répression!


Guadeloupe
Affaire prudhomme. Recul du recteur face a la mobilisation!

Une centaine de manifestants étaient présents devant le rectorat le 25 août pour protester contre les mesures disciplinaires envisagées contre Delphine Prudhomme. Le recteur étant en France, une délégation constituée d'Elie Domota pour le LKP, René Beauchamp pour l'intersyndicale de l'éducation, Max Céleste pour le comité de soutien, Alex Bissainthe pour le SNES, Gérard Alidor pour l'UNSA et D. Prudhomme a été reçue par Madame Arékian, chef de cabinet du recteur et son adjoint. Les différents membres de la délégation sont intervenus pour dénoncer les mesures qui frappent D. Prudhomme et réclamer la levée immédiate de toute poursuite et une entrevue avec le recteur. Ce dernier, suite à un contact téléphonique avec Mme Arékian déclara qu'il ne pouvait recevoir la délégation avant d'avoir vu le dossier. La délégation a décidé alors qu'elle se rendrait de toutes façons le lundi 31 à 9h au rectorat et exigerait d'être reçue par le recteur. Dans l'après midi, le recteur faisait savoir qu'il recevrait la délégation le vendredi 28 août à 15 h. Puis le lendemain il déclara publiquement qu'il mettait fin aux poursuites disciplinaires et que le rendez-vous du vendredi n'avait plus lieu d'être. Le proviseur du lycée jardin d'essai, établissement où travaille D. Prudhomme, lui fit savoir qu'elle pouvait venir chercher la lettre du recteur à son bureau. Madame Prudhomme s'y rendit accompagné de Max Céleste qui répondit au proviseur qui réclamait maintenant «la paix» en quelque sorte dans son lycée entre lui et Mme Prudhomme: «la balle est dans votre camp. Nous prenons acte de la levée de la procédure de poursuites, mais il reste le blocage de la note administrative de Mme Prud'homme assortie de votre appréciation suivante «manque d'éthique», appréciation grave. Nous demandons la révision de la note par le haut et la levée de cette appréciation.»
Le comité de soutien, le LKP et les syndicats ont maintenu malgré tout le rendez vous du vendredi 28 avec le recteur. Mais ayant trouvé porte close, ils ont décidé de se joindre à l'assemblée générale des syndicats enseignants prévue devant le rectorat le lundi 31 concernant l'ensemble des problèmes de la rentrée.
Le Comité de soutien, le LKP, l'intersyndicale de l'éducation réclament la levée de toutes les sanctions contre D. Prudhomme et qu'aucun des éléments de cette affaire ne figure au dossier.
Cela dit, d'ores et déjà, la mobilisation autour de D. Prudhomme aura été payante. Elle a fait reculer le recteur.



COMMUNIQUE: Une enseignante poursuivie pour ses idées syndicales et politiques
LES VIEUX REFLEXES DE LA REPRESSION COLONIALE

Delphine Prudhomme, enseignante, membre du LKP, co-secrétaire académique du SNES-Guadeloupe, est aujourd'hui poursuivie par le rectorat pour son activité militante et pour ses idées.
Dans un document daté du 22 juin 2009 - qui n'est arrivé que le 2 juillet - M. Firmin Pierre-Marie, secrétaire général du rectorat, annonce que notre camarade et amie fait l'objet de poursuites disciplinaires sur la base d'un rapport écrit par son proviseur, M. François Dechosal, à l'issue du mouvement de grève générale de janvier-mars 2009.
Ce que MM. Dechosal et Pierre-Marie reprochent à Mme Prudhomme? Certainement pas la qualité de son travail, attestée par son dernier rapport d'inspection (mai 2008) - rapport qui a été «mystérieusement perdu» au rectorat. Ce qu'on lui reproche, par écrit, c'est d'avoir participé à la grève du 16 décembre 2008, d'avoir organisé, le 14 janvier 2009, une assemblée générale des personnels du lycée Jardin d'Essais, d'être proche de l'organisation Combat Ouvrier et de participer à la rédaction du journal Rebelle!
C'est donc bien le «délit» de syndicalisme et d'opinion que les autorités cherchent à réprimer. Pire, tout en exigeant que notre camarade boucle sa défense «dans un délai raisonnable», les mêmes autorités lui interdisent aujourd'hui de consulter son dossier administratif avant le 25 août, date à laquelle, selon M. Pierre-Marie, il contiendra de «nouvelles révélations». Etrange procédé qui consiste à poursuivre une militante syndicale d'abord, et à monter un dossier contre elle après...
On se croirait revenus 40 ans en arrière, à l'époque où, beaucoup de Guadeloupéens s'en souviennent, le pouvoir colonial chassait sans vergogne du «département» les fonctionnaires jugés trop «remuants».
La preuve: militante depuis près de quinze ans, Delphine Prudhomme n'a jamais été inquiétée tant qu'elle vivait en France, mais ses déboires ont commencé immédiatement à son arrivée en Guadeloupe, en septembre 2003! Les tentatives d'intimidation se sont multipliées à mesure qu'elle s'impliquait dans le mouvement social antillais... comme si on lui reprochait de ne pas rester à sa place «d'expat' blanche».
Le LKP, le SNES-Guadeloupe, l'Intersyndicale de l'Education et le Comité de soutien à Delphine Prudhomme exigeaient l'arrêt immédiat des poursuites contre notre camarade et appellent la population guadeloupéenne à participer aux actions de soutien qui auront lieu dans les prochaines semaines.

Pointe-à-Pitre, le 11 août 2009

Pour le LKP, Elie DOMOTA 0690.49.48.33; Pour le SNES-Guadeloupe, Alex BISSAINTE; Pour l'Intersyndicale de l'Education, René BEAUCHAMP.

Pour le comité de soutien à Delphine Prudhomme, Max CELESTE O690.35.78.31



Martinique
Les patrons crient a l'aide et tendent la sébile!

Le jeudi 27 Aout, les patrons de Martinique, tous secteurs économiques confondus, faisaient leur rentrée. Ils ont tenu une conférence de presse à la Chambre de Commerce et d'Industrie pour, disent-ils, «sensibiliser la population à la crise exceptionnelle» que nous traversons et aussi présenter «leur propre plan de relance».
Indiquant que la Martinique serait en récession en 2009, ils ont présenté les chiffres d'activité en baisse sur le premier semestre : 30 à 40% dans le petit commerce, de 7 à 20% dans la grande distribution, de 15% dans l'hôtellerie, de 30% dans l'achat de voiture ou de 30 à 40% dans le bâtiment. Ils ont bien insisté sur les «pertes d'emplois» importantes. Ainsi, selon leurs propos, 4000 emplois, directs ou indirects seraient «perdus» dans le bâtiment et près de 500 dans le secteur touristique.
Préférant minimiser les effets dévastateurs de la crise déclenchée par leur système capitaliste sur le ralentissement de l'économie partout dans le monde, ces patrons voudraient faire croire que, en Martinique et aussi en Guadeloupe, cette crise est «exceptionnelle», liée à la grève de 38 jours en janvier-février-mars 2009. Ils le répètent depuis la fin de la grève sur tous les tons et le plus souvent avec l'aide des médias.
Quant à ce qu'ils présentent comme leur «propre plan de relance», il n'y a pas de surprise.
1° Demander des aides de l'Etat avec la mise en place de la dernière loi pour l'Outremer;
2° Demander le soutien aux secteurs-phares de l'économie locale, notamment tourisme et bâtiment;
3° Et l'une des recettes présentées lors de cette conférence de presse pour faire repartir les affaires, c'est dire «qu'il faut retrouver la confiance» et donc que la consultation populaire sur le statut de la Martinique soit organisée au plus vite!
Peut être une façon de dire que évolution institutionnelle ou pas, avec article 73 ou avec article 74, ce qui est important pour eux c'est que les profits continuent de tomber dans leurs poches.
En cette période de crise capitaliste, l'activité économique devrait être organisée pour que la majorité de la population, les salariés, les chômeurs, les plus démunis, ne soient pas précipités dans la misère, et les bénéfices des entreprises, y compris ceux qui ont été emmagasinés les années précédentes devraient servir à maintenir les salaires et les emplois des travailleurs. Si réellement, il y a moins d'activité, le temps de travail devrait être réparti entre tous ! Voilà ce que devrait être un plan de relance au service de la population en cette période crise.
Mais, il ne faut pas s'attendre à la moindre hardiesse de ces patrons et de leur système. Ils n'ont pas d'états d'âme.
Ce qui les intéresse c'est retrouver leur pactole et le plus vite possible.
Mais les travailleurs ont les moyens d'imposer de telles mesures d'urgence face à la crise; grâce à leur mobilisation. La récente grève des stations-services montrent bien que les esprits sont encore sensibles dans le monde du travail, six mois après la grève générale, et que les forces des travailleurs sont intactes et peuvent se remobiliser.
Lecurieux-Durival, président du MEDEF Martinique de déplorer que les décrets d'application de la LODEOM ne sont toujours pas publiés; quant aux mesures du plan CORAIL pour relancer l'activité économique après la grève, elles n'ont jamais vu le jour...
Ainsi donc à la veille de la venue de la ministre de l'Outremer, Marie Luce Penchard, les patrons se mettent en ordre de marche pour demander des comptes à l'Etat et surtout de l'argent. Comme d'habitude, les «acteurs économiques» crient à l'aide et tendent la sébile