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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 5 septembre 2009      N° 1012


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La violence
Qui sont les vrais responsables?

Comme c'est le cas depuis déjà plusieurs années, la violence a été à «l'ordre du jour» pendant ces dernières semaines. Bagarres et règlements de compte entre bandes de jeunes se terminant par des blessés ou des morts, ce qui a contraint un certain nombre de municipalités à annuler des manifestations festives, rixes à l'arme blanche ou avec armes à feu devant les boîtes de nuit ou partout ailleurs, des morts ou des blessés par armes trouvés dans les rues ou certains quartiers au petit matin, etc. La dernière en date étant l'assassinat présumé d'une fille de 19 ans par son ami à Capesterre-B-E.
Et cela que ce soit en Guadeloupe ou en Martinique. Et dans les deux îles, les journalistes font à chaque fois les comptes: tant de morts par violence depuis telle date, tant de blessés. Et périodiquement, des hommes et des femmes, des familles, victimes ou excédés par cette violence appellent à des manifestations contre elle. Cela a été le cas à Capesterre-B-E. Mais cette fois, l'association des Maires de Guadeloupe appelait à la manifestation. Manifestation pour dire «non à la violence» etc. C'est ainsi que plus de mille personnes ont manifesté dans les rues de Capesterre-B-E au mois d'août dernier.
Et après est-on tenté de dire? Certes, manifester de temps en temps contre la violence pour la désapprouver et tirer la sonnette d'alarme c'est la seule arme dont dispose la population. Mais cela est-il suffisant? Certainement non. Et les élus et les représentants de l'Etat, préfet en tête savent bien que cela ne suffit pas. Car la violence dont on accuse surtout les jeunes ne vient pas du fait qu'ils sont jeunes. Les faits et gestes de certains d'entre eux pourrissent la vie de la population de certains quartiers. Mais, ces jeunes et ces moins jeunes, ont-ils choisi délibérément la vie qu'ils mènent? La société capitaliste leur a-t-elle laissé d'autres choix?
Quand on sait que des milliers de jeunes quittent l'école sans aucun diplôme; que d'autres encore avec des diplômes en poche (Bac, BTS, licence, masters etc.) passent une bonne partie de leur vie à la recherche d'un travail, ou passent de petits boulots en petits boulots ou de contrats ceci à contrat, cela sans jamais disposer d'un travail en bonne et due forme leur permettant de s'intégrer dans la société. Alors on doit se poser des questions: est-il normal qu'au XXIème siècle, la société laisse sur le bord de la route des dizaines de milliers (pour la Guadeloupe et la Martinique) d'hommes et de femmes qui offrent leurs mains et leurs cerveaux à la société pour recevoir en retour leur part des richesses créées et qu'on leur réponde «on n'a pas besoin de vous»? Cela aussi c'est de la violence.
Et c'est cette violence là qui est la cause de tous les maux dont souffre la société d'aujourd'hui. Et c'est la société capitaliste qui est la cause de cela. Les capitalistes, les hommes politiques, les représentants de l'Etat eux le savent. Ils se contentent de déplorer la violence qui pourrit la vie de la population mais ne font pas ce qu'il faut pour la faire disparaître.



Guadeloupe
A l'aviation civile, les pratiques coloniales ne sont pas morte

A l'Aviation Civile, depuis septembre 2008, l'un des deux informaticiens en poste en Guadeloupe doit être remplacé. Le recrutement des informaticiens est l'un des rares qui se fasse encore par concours (essai professionnel) à l'échelle locale, en ce qui concerne l'Aviation Civile. En 2007, un tel concours a eu lieu, aboutissant à l'embauche d'un jeune Guadeloupéen. Les deux candidats suivants, d'un très bon niveau, ont obtenu de bénéficier d'un «essai en poche», valable deux ans, qui leur donne la possibilité d'être embauchés dès qu'un poste est vacant.
Il semblait donc tout à fait logique d'appeler l'un d'entre eux pour occuper le poste disponible en Guadeloupe. Mais voilà, continuant sa politique de surdité (les grévistes n'ont jamais été appelés à négocier lors des 44 jours de grève), la DGAC centrale décide brusquement de changer de méthode de recrutement, et de passer par une commission paritaire nationale pour permettre, selon le directeur régional, «aux Antillais de rentrer chez eux». Les syndicats locaux ont exprimé leur désaccord. Peu importe pour la DGAC: le 8 juillet, elle désigne, avec la caution des représentants syndicaux de France, une candidate. Petit détail: outre qu'elle n'est pas antillaise, elle n'est même pas informaticienne! Elle est retenue «sous réserve de passer un essai professionnel»! Et 5 jours plus tard, le 13 juillet 2009, les deux Guadeloupéens ayant «l'essai en poche» sont invités par mail à venir prendre un poste... à Orly! A la DGAC, certains se croient toujours à l'époque où l'on envoyait dans les colonies ceux qu'on voulait former (ou dont on voulait se débarrasser), tandis qu'on permettait aux meilleurs «indigènes» de prendre un poste subalterne dans la grande métropole...
Le personnel de Guadeloupe s'est senti insulté par cette décision. Une lettre intersyndicale, signée de l'ensemble des organisations, a été adressée à la direction et aux différents ministres, exigeant la remise en cause de ce choix et l'embauche immédiate d'un des deux informaticiens locaux. Un premier recul a été observé, le sous-directeur des Ressources Humaines à Paris évoquant la possibilité de prolonger la validité de l'essai des deux Guadeloupéens, en attendant une prochaine commission. Le compte n'y est pas: le personnel exige l'embauche immédiate de l'un d'entre eux. Ce qui est possible pour Orly, hors commission nationale, l'est aussi pour la Guadeloupe.




Martinique
Meeting de rentrée du Collectif du 5 février

Après avoir tenu la population informée par des meetings et des réunions publiques sur Fort de France et dans plusieurs communes, le Collectif du 5 Février, composé des centrales syndicales et d'associations appelle à un grand meeting de rentrée. Travailleurs, jeunes, femmes, retraités, etc. qui étions mobilisés durant 38 jours pour arracher nos revendications contre la vie chère, pour des augmentations des salaires, des retraites et des minima sociaux, soyons le plus grand nombre à nous retrouver ce jour là pour nous informer, montrer notre force et notre vigilance et ainsi préparer les luttes à venir.

Nous publions ci-dessous le tract du Collectif du 5 Février appelant à ce meeting.

Nous péké moli ba yo !!

En février-mars nous avons mené une lutte exemplaire, contre la vie chère, pour le pouvoir d'achat, l'emploi, le droit de vivre et de travailler au pays et la reconnaissance du fait syndical martiniquais. Victimes de la crise capitaliste, bon nombre de travailleurs dans le monde nous ont cités en exemple. Nous avons arraché par notre mobilisation (jusqu'à 30.000 personnes dans les rues) des accords significatifs: baisse des prix de 400 produits de 1ère nécessité, de nombreux services (eau, électricité, loyer assurances, banques...) du prix des intrants agricoles, augmentation de 200 euros pour les bas salaires, libre accès sur tout le littoral. Soit plus de 130 accords immédiats et plus d'une centaine devant faire l'objet de modifications législatives ou réglementaires. Mais il reste également des revendications non encore satisfaites (augmentation des minimas sociaux, des retraites, baisse des prix des pièces détachées automobiles, des matériaux de construction, de la téléphonie et internet etc.)
Aujourd'hui, malgré les mises en garde et la mobilisation (pour le contrôle des prix, l'application de la prime de vie chère, la garantie de l'emploi pour les Martiniquais dans l'enseignement....), le gouvernement et les capitalistes ne veulent pas respecter les accords signés. Pire, ils cherchent à rendre la mobilisation et le Collectif responsables de tous les maux de la société (licenciements, fermetures d'entreprises, chômage partiel, sabotage de la baisse des prix etc...)
Alors que la transparence sur la formation des prix des carburants n'est toujours pas effective, l'Etat a décidé d'indemniser les pétroliers sur le dos des contribuables. Ces messieurs ont pourtant réalisé des profits faramineux en 2008 (14 milliards pour TOTAL). De plus on annonce une augmentation des prix des carburants pour le mois de septembre. Nous devons mettre fin à cette escroquerie en bande organisée et refuser toute nouvelle augmentation.
Ne laissons pas l'Etat et les profiteurs nous voler notre victoire. Exigeons de l'Etat et des patrons, le respect de leurs engagements et la poursuite des négociations!
Retrouvons le chemin de l'unité d'action sur la base des revendications venues des rangs des salariés, des couches populaires larges, des petits agriculteurs et artisans et pour leur satisfaction totale et entière.
Mettons en chantier par notre mobilisation massive une société de justice et d'égalité dans l'intérêt du plus grand nombre.

TOUTES ET TOUS au grand meeting de rentrée le Vendredi 11 septembre 18h30 Maison des Syndicats SÉ POU LA VICKTWA NOU KA ALÉ

27 juillet 2009



Guadeloupe
Nicolas Desforges vole au secours des patrons de la grande distribution...

Le vendredi 28 août dernier lors du meeting de LKP au palais de la Mutualité, les orateurs qui se sont succédés et notamment le porte parole du mouvement, E. Domota, ont fustigé l'Etat colonial français et les capitalistes de l'import-export qui ne respectent pas les engagements qu'ils ont signés. Il s'agit des engagements sur les prix et l'accord interprofessionnel dit accord Jacques Bino. Le LKP exige notamment que tous ceux qui ont droit au RSTA le perçoivent effectivement. Le porte parole du LKP ajoutait, concernant la baisse des prix des produits de première nécessité, puisque les propriétaires des Grandes surfaces ne respectent pas leurs engagements: «nous allons effectuer un contrôle avec des brigades ouvrières». Quoi de plus normal!
Mais c'est justement ce qui inquiète le préfet Nicolas Desforges qui, dans un communiqué, met en garde contre «tout acte d'intimidation ou de menace qui pourrait résulter de l'action de ces brigades».
Notons que Nicolas Desforges n'appelle pas ses amis capitalistes à respecter les accords qui ont été signés entre eux et LKP, non! Tout au contraire il vole à leur secours en menaçant la population laborieuse et le LKP contre toute menace de contrôle des livres des capitalistes par les brigades ouvrières.
Et l'augmentation programmée pour le 1er septembre du prix des carburants procède de la même logique de l'Etat bourgeois: être au service du grand patronat.