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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES     -     Samedi 3 octobre 2009           N° 1014


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A la Une

Editorial

Pour arracher les revendications, pour qu'elles soient appliquées, il faut une mobilisation et des luttes continues!

Quelle sera l'importance du rassemblement du samedi 3 octobre, à Pointe-à-Pitre et Fort-de-France ? Au moment où nous écrivons, nous constatons quelques faits. Par exemple que, tout au long du mois de septembre, la mobilisation pour le 3 octobre s'est poursuivie activement: réunions, discussions, meetings ont rassemblé beaucoup de gens. Les meetings appelés par LKP dans certaines communes de Guadeloupe ont connu un vrai succès. Cela signifie-t-il que la mobilisation du 3 octobre sera un succès? c'est difficile à dire. Les syndicats de Guadeloupe et Martinique ont tenté d'organiser des réunions de travailleurs, des assemblées générales, quelquefois sur le temps de travail. Mais il est difficile de savoir pour l'instant quels sont l'importance et l'impact de ces assemblées générales, combien ont été organisées, dans quels secteurs et combien de travailleurs ils ont rassemblé.
Ce qu'on sait, c'est que le mécontentement parmi les couches laborieuses est important sur l'application des accords de mars et sur les hausses de prix actuelles, carburants compris! Cela ne passe pas! Beaucoup de travailleurs estiment que les accords de mars ne sont pas bien appliqués, ni pour le paiement des 200 euros, ni pour les baisses de prix ou la titularisation des précaires.
Dans l'hôtellerie, les travailleurs du Club Med sont encore en lutte pour obtenir des horaires complets et donc de meilleurs salaires. Sur le plan du chômage la situation continue de se dégrader. On en est officiellement autour des 50 000 demandeurs d'emplois par île.
Les effets de la crise économique générale pèsent aussi sur la situation. La Martinique et la Guadeloupe comptent un grand nombre de petites et très petites entreprises ayant très peu de fonds propres pour fonctionner. Or les banques depuis la crise, et malgré tous les cadeaux fait par l'Etat, sont devenues encore plus restrictives dans l'attribution des crédits aux petites entreprises locales. Celles-ci sont au bord de l'étouffement et évidemment ne gardent pas les salariés qu'elles embauchent. Et quand artisans et autres entreprises dites «unipersonnelles» n'ont pas de salariés, c'est leur propre sort qui est en jeu.
Au niveau de l'administration et des politiciens, il y a une certaine crainte de voir de nouveau monter le mécontentement. Alors, ils multiplient les annonces d'initiative pour l'emploi, pour l'emploi des jeunes, pour la formation. Mais en fait rien ne change vraiment. Autre exemple, l'administration, apathique depuis plusieurs années sur le problème de la chlordécone a brusquement pris des mesures et multiplié les annonces. Un «monsieur chlordécone» est apparu comme par miracle. Il a parlé des mesures prises depuis des années pour limiter les effets nocifs du pesticide. Il y aurait eu une politique menée en direction des petits agriculteurs, des pêcheurs, etc. Soit, mais pourquoi n'avoir pas informé plus complètement et plus régulièrement la population?
Il n'est pas surprenant que les autorités veuillent atténuer les effets du mécontentement de façon que le rassemblement du 3 octobre soit le moins spectaculaire possible.
Face à elles, c'est bien à partir des travailleurs, dans les entreprises, que la mobilisation a de meilleures chances de s'organiser, pour la suite à donner au rassemblement du 3 octobre. C'est la détermination des travailleurs qui va peser sur la suite du mouvement.
Bien sûr on a vu comment, en janvier février 2009, des masses de pauvres, démunis, chômeurs, femmes à domicile, handicapés avaient rallié la grève appelée par les organisations de travailleurs. Cela peut encore se reproduire.
Mais, le 3 octobre, les choses ne se passeront peut-être pas de la même façon, mais ce qu'il importe de comprendre, c'est que les revendications des travailleurs et des pauvres, pour être satisfaites, doivent s'appuyer sur une lutte continue, incessante, multiforme. A l'intérieur des entreprises, les travailleurs doivent s'organiser pour imposer un rapport de force favorable face aux patrons, afin d'arracher de vrais changements de leur situation. Il faut contester la mainmise des patrons «de droit divin». Sur ce qui se passe dans les entreprises, les salariés ont leur mot à dire. Ce sont des lieux où ils passent la plus grande partie de leur existence et c'est leur travail qui fait marcher et prospérer ces entreprises. Le patron n'est pas seul maître à bord, il faut le lui faire savoir et agir en conséquence.



Guadeloupe
Contrats aidés et salariés du club med unis dans la lutte!

Lundi 25 septembre les salariés du Club Med et les contrats aidés se sont joints dans une action commune à Basse-Terre. Une cinquantaine de salariés se sont retrouvés devant les grilles de la Région pour protester ensemble.
Ceux du Club Med pour dénoncer la décision de la direction de l'hôtel de réduire le temps de travail de l'ensemble des salariés mais aussi pour exiger que la Région qui a encore récemment versé des subventions considérables à cet hôtel prennent position sur ce problème de la réduction du temps de travail donc des salaires.
On a entendu la déléguée syndicale de la CFDT qui a signé l'accord prétendre qu'il vaut mieux accepter de passer de 34 à 21 heures pour sauver les emplois. Et d'affirmer que le patron ne pouvait pas faire autrement. Qu'en sait-elle? Est-elle au courant de ce que les actionnaires ont touché ou toucheront? Une chose est sûre, c'est que les travailleurs ont régulièrement fait les frais des belles promesses des patrons. Chaque fois que dans une entreprise les patrons ont demandé aux salariés de réduire leurs salaires ou leurs maigres acquis pour sauver l'entreprise, chaque fois, les salariés sont remerciés peu de temps après par des licenciements ou par la fermeture de l'entreprise.
Tous les hôteliers et particulièrement le Club Med ont reçu des aides de plusieurs millions d'euros de la Région ces dernières années. Aides à la restructuration ou à la réhabilitation... Aucun contrôle n'est exercé sur ces fonds et les salariés entendaient bien mettre les autorités, dont la Région, en face de leurs responsabilités. Hors de question pour la majorité des travailleurs du Club Med d'accepter une réduction de leur temps de travail hebdomadaire pendant la haute saison.
Depuis la grève générale, l'hôtel qui a hébergé les forces de répression venues de France, a jeté les travailleurs au chômage partiel total et compte rouvrir en octobre avec de nouvelles dispositions.
Les contrats aidés eux, étaient venus chercher des réponses à leurs revendications déposées depuis le mois de mars, à savoir la pérennisation de leurs emplois. Une délégation représentant les salariés du Club Med et les contrats aidés a été reçue à la Région. Une partie du groupe des manifestants s'est trouvée isolée dans les locaux de la Préfecture. Les forces de répression en ont profité pour s'en prendre à l'une des camarades en contrat aidé, la bousculant et l'obligeant à sortir des locaux brutalement.
La détermination de cette jeune camarade reste intacte. Le soir même, après un bref séjour aux urgences de l'hôpital de Basse-Terre, où elle avait été conduite par les pompiers, cette camarade intervenait dans un meeting pour dénoncer la répression.



Martinique
Les précaires de l'éducation nationale plus que jamais mobilisés

La Commission Education Culture du Collectif du 5 février a invité les précaires de l'Education nationale à une réunion d'information le mercredi 23 septembre 2009 à la Maison des Syndicats. A l'ordre du jour, le point sur la situation de ces salariés laissés de côté par cette administration et sur les engagements pris par le rectorat et qu'il n'a pas respectés. Suite à cette rencontre, une délégation de cette commission devrait rencontrer le recteur le jeudi 1er octobre 2009.
Rappelons que l'Education nationale est l'administration qui supprime le plus de postes chaque année (9000 en 2008, 13500 en 2009, 16000 suppressions annoncées en 2010), qui impose de nombreuses heures supplémentaires à ceux qui sont en exercice, au-delà de ce que prévoient les textes réglementaires, procède à l'augmentation des effectifs par classe pour réduire sur le nombre de classes à ouvrir et le personnel d'encadrement à recruter. Bref: le gouvernement veut réduire le plus possible les dépenses consacrée à l'éducation et entend imposer à tous les usagers cette nouvelle orientation. Tout cela pour faire des économies budgétaires qui iront alimenter les caisses des grandes entreprises qui seront exonérées du paiement de toutes sortes de taxes et d'impôts. Pour remettre à flot ses finances, l'Etat entend présenter la facture à celles et ceux qu'il a exploités pendant des années.
« L'amour, la vie, la santé sont précaires. Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi? » a déclaré en août 2005 Parisot, la chef du MEDEF. Les précaires de l'Education nationale en Martinique (CAE, CAV, AVS, EVS, etc.) n'adhèrent pas à cette conception et entendent le faire savoir au recteur.