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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 3 octobre 2009      N° 1014


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Martinique
La Fédération Socialiste de Martinique (FSM) se positionne pour un statut en application de l'article 73 de la constitution. mais pour quoi faire?

Le dimanche 20 septembre, les membres de la FSM se sont réunis pour définir une position commune sur la question de l'évolution institutionnelle.
C'est près de 92 % d'entre eux qui ont voté pour le choix d'un statut politique et administratif découlant de l'application de l'article 73 de la constitution, dans le cadre d'une évolution institutionnelle. Ils ont rejeté l'application de l'article 74, susceptible de déboucher sur une forme d'autonomie, se rapprochant ainsi de la position du PPM.
Leur premier secrétaire, L-J. Manscour était lui partisan de l'autonomie en passant par l'article 74. Il a donc été obligé de s'incliner face à ses militants, alors que lors des deux congrès des élus, lui et ses amis de la FSM s'étaient déclarés partisans de l'article 74. Pas de chance pour Manscour et ses «collègues» élus qui se sont abstenus de convaincre leurs militants qu'un tel changement institutionnel ne devrait pas priver la population, et notamment la classe des travailleurs de leurs droits sociaux et des lois sociales en vigueur (smic, allocations chômage, etc.).
A la FSM comme dans d'autres partis ou dans la population, cette crainte est réelle chez les travailleurs et les couches pauvres. Or les politiciens de tous bords évitent soigneusement de prendre des engagements sur ces problèmes en cas de changement de statut. C'est ce qui explique qu'en fait les dirigeants de la FSM ont bel bien été désavoués par leur base!
En effet, les électeurs de Manscour, les travailleurs, les chômeurs, les retraités, les femmes au foyer, les jeunes, expriment donc leur méfiance vis-à-vis de ce dit changement institutionnel, fondé sur le «73» ou le «74», préparé, rédigé et décidé par des spécialistes du gouvernement français.
Mais une attitude de repli ou d'abstention des couches populaires et laborieuses sur cette affaire ne serait pas efficace et ne protègerait de rien, ni des mauvais coups, ni des régressions sociales. Donc, la population a intérêt à s'occuper de son propre avenir par rapport à ce que leur proposent la FSM, tous les autres partis politiques locaux et les collectivités locales concernant les nouvelles compétences et la naissance possible d'un «pouvoir Martiniquais».
Il faut poser le problème de savoir ce que sera ce nouveau «pouvoir» ou «nouvelle collectivité», autonome ou pas. Au profit de qui, de quelles classes sociales va-t-il agir, décider, orienter les budgets, etc.
Il s'agit avant tout pour la population, les travailleurs, d'exiger des garanties de la part des politiciens qui veulent ces «changements». S'agira-t-il d'un pouvoir au service des riches ou des «pwofitê-esplwatè», d'une minorité de possédants, de riches et de notables ou s'agira-t-il d'un pouvoir au service des intérêts de la population, du plus grand nombre?
A aucun moment ni la FSM, ni la gauche, ni les indépendantistes, ni la droite ne se ne se sont engagés ni par écrit, ni verbalement envers les intérêts de la population. Ils n'ont jamais encore dit de façon claire et publique que dans le cadre d'une nouvelle collectivité ils agiront avant tout pour le bien des classes laborieuses et pauvres et non pour enrichir encore la minorité possédante et notable! Puisqu'on est dans la phase préparatoire, qu'il y aura ensuite un référendum, qu'on demandera «au peuple» de se prononcer, de voter ... il est indispensable que les politiciens qui demandent leurs votes s'engagent sur des points précis.
Il faut, dès aujourd'hui, se donner les moyens de les obliger à s'engager notamment:
- sur le maintien et l'amélioration de tous les droits de la population laborieuse en matière de protection sociale, d'allocations familiales, des droits des chômeurs et des rmistes, sur le niveau du Smic, sur l'amélioration des minima sociaux;
- sur tous les droits sociaux des travailleurs, les droits syndicaux, droits d'expression, de représentations (élections de délégué) et de réunions;
- sur le fait qu'ils ne s'attaqueront pas aux salaires des salariés de la fonction publique;
- ni aux services publics en général, mais vont au contraire améliorer ceux-ci et notamment la politique de construction de logements collectifs;
pour que les prix de l'eau, l'électricité, le gaz, le téléphone, les carburants, n'augmentent plus mais qu'une politique cohérente soit menée pour les baisser.
Voilà les points sur lesquels existe une véritable inquiétude de la population et des travailleurs. Ceux-ci ont toutes les raisons d'exiger des réponses des politiciens, quels que soient leur parti ou étiquette.



Martinique
Soutien a Nicolas Lamic contre la Justice

Nicolas Lamic, psychologue et enseignant à l'Université des Antilles Guyane, poursuit depuis le 10 septembre une grève de la faim à l'entrée du Palais de Justice de Fort de France. Il réclame la révision du procès intenté contre lui et l'annulation des peines prononcées à son encontre. Les faits remontent à la nuit du 23 au 24 août 2008. Suite à une altercation aux abords d'une boite de nuit à Fort de France, M.Lamic, ainsi que son frère, lui-même ancien gendarme, se trouvent brutalement agressés, injuriés, par un groupe d'individus qui s'avèrent être des policiers. Ces derniers profèreront également des propos à caractère raciste. Menottés et conduits au poste de police Lamic et son frère seront gardés à vue pendant 48 heures.
Ayant reconnu l'un des officiers de police qui l'avait agressé lors d'un contrôle aux abords de l'université Antilles Guyane à Schoelcher, N.Lamic a eu à nouveau une altercation avec lui et s'est retrouvé une fois de plus gardé à vue dans les locaux de la police en octobre 2008. En janvier 2009, malgré les précisons fournies par M.Lamic sur le déroulement des faits montrant que c'est bien lui qui était la victime et non les policiers qui portaient plainte contre lui, le tribunal correctionnel de Fort de France l'a condamné à une peine de 9 mois avec sursis, ainsi que des frais de dommages et intérêts et le retrait de son permis de conduire.
C'est contre ces condamnations injustes, pour être rétabli dans son honneur et pouvoir retrouver son poste d'enseignant, mais aussi pour dénoncer les nombreuses injustices et irrégularités dont sont victimes de nombreux justiciables en Martinique que N.Lamic a décidé de mener son combat. Depuis le début, il a le soutien notamment de l'association PALM «Pou Aksyon Léjitim Matinik». Lors du meeting du 11 septembre le Collectif du 5 Février affirmait lui aussi son soutien. Chaque jour, des militants mais aussi des syndicats, tel la CGTM, des membres de la population viennent le soutenir et dénoncer la justice à deux vitesses qui sévit en Martinique. Tous ces gens trouvent révoltant qu'un être humain soit obligé de mettre sa vie en danger pour réclamer justice.
A COMBAT OUVRIER, nous apportons nous aussi notre soutien à N. LAMIC et aux autres justiciables qui, semaines après semaines, se trouvent en butte à une justice qui est le plus souvent au service des nantis, de leur police, et de leur Etat colonial.


Martinique
Le Collectif du 5 Février appelle à la mobilisation du 3 octobre

Le vendredi 25 septembre dernier, les membres du Collectif du 5 Février ont tenu une conférence de presse pour appeler la population à se mobiliser massivement le samedi 3 octobre.
Cet appel à la mobilisation fait suite au meeting du 11 septembre à la Maison des Syndicats de Fort de France, au cours duquel entre 1500 et 2000 personnes étaient venues s'informer des avancées des négociations en cours entre les autorités et les représentants du K5F sur les nombreux points de la plateforme revendicative toujours en suspens. Certaines d'entre elles étaient venues également dénoncer les augmentations du prix de l'essence, mesure qui apparaît comme une décision méprisante du gouvernement qui avait signé le 14 mars dernier les accords sur la baisse des prix, notamment de l'essence. Mais aussi dénoncer les mauvaises conditions d'application des accords sur les augmentations de salaire (RSTA, prime de vie chère patronale et versement de la part des collectivités territoriales).
Alors bien sûr, cette seule journée de manifestation du 3 octobre ne sera certainement pas suffisante pour obliger l'Etat et les patrons à respecter leur parole et trouver des solutions aux revendications populaires.
Mais elle peut, si la population se mobilise fortement, signifier sa détermination à ne pas continuer à voir précipiter dans la misère des milliers de salariés, de jeunes, de femmes, de retraités, alors que, crise ou pas, une minorité continue à se vautrer dans l'opulence et à bénéficier de toutes sortes de privilèges.



Guadeloupe
Succès des meetings du LKP

Le LKP a organisé plusieurs meetings en vue de la préparation de la mobilisation du 3 octobre. Les meetings de Pointe-à-Pitre, Basse-Terre, Le Moule, Lamentin, Port Louis ont rassemblé, en dehors de Pointe-à-Pitre, des foules plus nombreuses que d'habitude. Par exemple plus de six cents personnes à Basse-Terre, plus de mille au Moule. Les participants sont donc très nombreux y compris les jours de semaine pour soutenir LKP et exprimer leur soutien aux actions déjà menées ou prévues pour dénoncer le non-respect des accords.
Dans différentes communes, les comités de soutien LKP se sont mobilisés pour organiser les meetings. Ces rassemblements populaires prouvent que la mobilisation n'a pas faibli malgré l'offensive du patronat et du gouvernement. Les syndicats ont appelé les travailleurs à organiser des assemblées dans les entreprises. Une mobilisation a déjà eu lieu à Monsieur Bricolage (Destrelland) le 25 septembre à l'appel du syndicat FO. Et malgré les tentatives des patrons pour empêcher cette assemblée générale, les travailleurs se sont rassemblés pour discuter des accords qui ne sont pas respectés, et de la mobilisation du 3 octobre.
Ce sont tous ces rassemblements, que ce soit dans les communes, dans les entreprises, dans les quartiers où sont organisés des lyannaj a pawol, qui feront de cette journée du 3 octobre un succès et un point de départ pour d'autres luttes à venir.



Martinique
Mobilisation autour de Ghislaine Joachim Arnaud lors de sa convocation par le SRPJ

Environ 300 militants et sympathisants, salariés de la CGTM, du Collectif du 5 Février, de Combat Ouvrier, et de la population sont venus dès 13H accompagner G.Joachim-Arnaud convoquée par la police du SRPJ à l'hôtel de police du Lamentin. Plusieurs prises de parole ont eu lieu avant qu'elle n'aille à son rendez-vous. Et c'était pour affirmer la solidarité totale avec elle, et aussi avec les propos de «l'une des porte parole des milliers de travailleurs et des petites gens mobilisés en Février et Mars 2009.
Tous reprirent plus d'une fois «Matinik sé ta nou, Matinik sé pa ta yo On ban pwofitè vôlè, nou ké fouté yi dewô». Les prises de paroles se sont succédé jusqu'à la fin de la convocation et à la sortie de la camarade de l'Hôtel de police. Tour à tour, militants syndicaux, représentants du K5F, militants de Combat Ouvrier, qui ont dénoncé le non respect des accords sur la prime de vie chère, sur les baisses de prix ou la multiplication des licenciements, ont été chaleureusement applaudis.
A sa sortie, notre camarade a fait un compte rendu sur le déroulement de sa convocation suite à une plainte déposée par une association «Respect DOM» qui a pour représentant le sieur J.C Hayot, pour «incitation à la haine raciale et à la discrimination raciale». Cela a été l'occasion pour elle, devant les militants, sympathisants mais aussi devant les représentants des médias, de rappeler qu'en Martinique, l'utilisation du terme «Békés» est historiquement liée aux gros possédants capitalistes et qu'à ce titre, il existe des «aussi des békés nèg, chinois, milat', ou... kako».
Pour tous, cette convocation était bel et bien une provocation contre ceux qui redressent la tête et n'acceptent pas la «pwofitasyon». Et ils étaient satisfaits d'y avoir répondu et aussi d'avoir affirmé qu'ils étaient décidés à ne pas en rester là. Ils se sont séparés vers 16H.



Guadeloupe
L'écho des hôpitaux

BIDONS D'AIR ....PAS COMPRIME MAIS PERIME!

Apparemment, les bidons datent de 2004. Il était temps de s'en préoccuper! Qu'on ne vienne pas raconter que c'est la faute à "la crise". Peut-être n'ont-ils pas eu le temps de les changer, à moins plutôt que cela soit dû au système d'économie mis en place par la Direction.

ECONOMIES POUR LES UNS, LARGESSE POUR D'AUTRES

La Direction, pourtant tellement chiche avec le petit matériel - au point que nombre d'entre nous sont obligés d'acheter leur petit matériel de bureau - n'hésite pas à dépenser plusieurs centaines d'euros pour offrir... un stylo pour le départ à la retraite d'un médecin. En voila un qu'elle a bien soigné!

STRESS AU TRAVAIL: C'EST NOUS QUI FERONS LA MEILLEURE PREVENTION

Dans le journal France-Antilles on apprend qu'un plan d'action de la CGSS de Martinique est lancé sur 651 entreprises dites «à risque» et où les salariés sont concernés par des troubles liés au stress au travail. Le CHU est-il ciblé ? En tout cas, jour après jour, le mal-être, la mauvaise ambiance et aussi la souffrance au travail touchent un nombre de plus en plus grand de collègues.
Alors, pour certains, l'heure n'est plus au constat. Il faut réagir collectivement contre pressions de toute sorte, manque de moyens et conditions de travail de plus en plus dégradées qui nous pourrissent la vie.