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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 3 octobre 2009      N° 1014


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Guinée
D'un régime de dictature à l'autre les masses laborieuses et pauvres frappées durement!

Aujourd'hui c'est en Guinée qu'un massacre nouveau frappe une population africaine. En effet, plusieurs dizaines de milliers de gens s'étaient rassemblés dans un stade de la ville de Conakry pour protester contre la décision du capitaine Moussa Dadis Camara de se présenter aux élections présidentielles. Alors que, lorsqu'il a remplacé, à la tête du pays, le dictateur précédent Lansana Conté, il avait promis de remettre le pouvoir au civil.
Les militaires se sont déchainés comme des prédateurs assoiffés de sang, frappant sauvagement les manifestants, blessant des milliers d'entre eux, violant des femmes. Bilan plus de 150 morts, sans doute tombés sous les balles de ces militaires et des milliers de blessés. Le capitaine qui dirige la junte au pouvoir prétend qu'il n'avait pas donné l'ordre aux militaires d'agir de cette façon ignoble. Il a prétendu aussi qu'il était horrifié par ce qui venait de se passer et qu'on ne pouvait pas le rendre responsable du déchainement des militaires, car échappant à out contrôle.
C'est sans doute en partie vrai. Mais si les militaires se sont ainsi déchainés contre des dizaines de milliers de manifestants civils, c'est bien pour préserver la possibilité que lui M. Dadis Camara accède définitivement au pouvoir. Pour ces militaires sanguinaires, maintenir un d'entre eux à la tête du pouvoir c'est garantir pour eux toutes sortes de possibilités: du bénéfice de la corruption au pillage, aux exactions et au contrôle sur la population.
Alors comme on dit à qui donc profite ce crime odieux, si ce n'est au dictateur militaire en place.
La Guinée qui est devenue indépendante en 1958 sous la direction de Sékou Touré qui connut une certaine gloire pour avoir dit non à De Gaulle et à son projet d'intégrer toutes les colonies africaines à l'intérieur d'un ensemble appelé Communauté française, laquelle serait bien entendu contrôlée par la puissance coloniale dominante.
Sékou Touré fut encensé par tous les progressistes d'Europe, par toute la gauche de France et bien sûr par tous les nationalistes d'Afrique. Mais incapable de combattre la pauvreté, l'ignorance, le sous-équipement, dans un pays qui fut dominé et pillé depuis 1893 par la puissance coloniale française Sékou Touré n'allait pas tarder à se transformer en un dictateur sans foi, ni loi.
Mais rien n'obligeait Sékou Touré à gouverner de façon dictatoriale, en dehors de tout contrôle et de toute participation de son propre peuple. Les prisons guinéennes furent remplies d'opposants de tout bord. Des disparitions, des assassinats accompagnèrent ce régime jusqu'à la mort de Touré, en 1984.
Mais très rapidement son successeur Lansana Conté, un colonel (puis général!), se transforma lui aussi en dictateur impitoyable et le massacre de 2009 n'est que la répétition dramatique du massacre de 2007. C'est le dictateur en exercice qui organisa lui-même et orchestra le massacre pour mettre fin à une grève de travailleurs. Là aussi, il y eut près de 200 morts et des milliers de victimes. Mais les manifestations furent si violentes et les masses si nombreuses dans les rues que le dictateur fit quelques concessions de forme. Il appela notamment un premier ministre soutenu par l'opposition.
Sous le régime de Lansana Conté, la Guinée fut minée par la corruption. Celle-ci est encore entretenue, notamment par les entreprises étrangères investissant dans les richesses minières du pays; car elles versent d'énormes pots-de-vin à de hauts fonctionnaires du gouvernement. La Guinée suscite en effet les convoitises des sociétés minières occidentales car son sol renferme d'importantes richesses hydrauliques et minières (des milliards de tonnes de bauxite (1er gisement mondial), des milliards de tonnes de fer, près de 1000 tonnes d'or, 25 à 30 millions de carats de diamants, etc.
A la mort de Conté, c'est une junte militaire qui prit le pouvoir, très vite dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara, dont les troupes viennent de s'illustrer dans la répression sanglante actuelle. Cette junte militaire qui prit le pouvoir en 2008 avait rendu hommage à Conté, à ses funérailles, en priant Dieu qu'il lui donne «le courage de continuer son oeuvre de tolérance et de paix pour le bonheur de la Guinée». C'est chose faite! L'histoire s'est sanglante s'est répétée aujourd'hui.
Les opposants civils qui convoquèrent ce grand rassemblement au stade de Conakry s'opposent aux militaires au pouvoir au nom d'une prétendue démocratie. Mais c'est au nom du rétablissement de la démocratie que les successeurs de Sékou Touré avaient pris le pouvoir. Ce scénario tragique se déroule partout en Afrique. De prétendus démocrates s'opposent les uns aux autres en utilisant les masses populaires comme instruments de leur politique. Puis ces pantins une fois au pouvoir sont des proies faciles pour les cliques militaires qui les ont soutenus. Ceux-ci ne tardent pas alors à juger que, tout compte fait, ils n'avaient pas besoin de ces intermédiaires falots et fantoches pour mettre directement le pays en coupe réglée. Si bien qu'il y a peu de différence entre des régimes prétendument démocratiques et des régimes issus de coups d'état ou de guerres internes diverses.
Il n'y a pas de régimes démocratiques en Afrique. Tous ces régimes, même lorsqu'il y a des élections, sont de féroces dictatures au service de possédants ou de cliques de pilleurs, instrumentalisés par telle ou telle puissance extérieure, pour piller les richesses du pays.
Il n'y a pas de salut pour les masses travailleuses et pauvres dans cette alternance sanglante entre pouvoir civil et pouvoir militaire, qui se joue comme une farce bien réglée. Les opposants démocratiques, victimes ou non des régimes en place, n'ont rien à offrir aux masses pauvres et n'ont qu'un seul objectif, l'aboutissement de leurs propres ambitions personnelles.
La solution pour les masses travailleuses et pauvres d'Afrique est à trouver dans leur propre capacité à se mobiliser, à se battre pour leurs propres intérêts, sur leur propre programme. Mais elles ne pourront mener leurs luttes jusqu'au succès qu'en faisant naître en leur sein leur propre parti politique avec son drapeau de classe proclamant fièrement la nécessité de l'expropriation totale de tous les exploiteurs et profiteurs africains et étrangers. Cela passe par l'affirmation de leur indépendance politique vis-à-vis de tous ces soi-disant opposants civils ou militaires, prétendus progressistes ou non. L'avenir de l'Afrique, les vrais changements ne seront strictement que l'oeuvre des travailleurs conscients, organisés en parti révolutionnaire dirigeant les luttes des masses travailleuses et pauvres de ce continent.



Martinique
Le Collectif du 5 fevrier appelle a la mobilisation du 3 octobre

Le vendredi 25 septembre dernier, les membres du Collectif du 5 Février ont tenu une conférence de presse pour appeler la population à se mobiliser massivement le samedi 3 octobre.
Cet appel à la mobilisation fait suite au meeting du 11 septembre à la Maison des Syndicats de Fort de France, au cours duquel entre 1500 et 2000 personnes étaient venues s'informer des avancées des négociations en cours entre les autorités et les représentants du K5F sur les nombreux points de la plateforme revendicative toujours en suspens. Certaines d'entre elles étaient venues également dénoncer les augmentations du prix de l'essence, mesure qui apparaît comme une décision méprisante du gouvernement qui avait signé le 14 mars dernier les accords sur la baisse des prix, notamment de l'essence. Mais aussi dénoncer les mauvaises conditions d'application des accords sur les augmentations de salaire (RSTA, prime de vie chère patronale et versement de la part des collectivités territoriales).
Alors bien sûr, cette seule journée de manifestation du 3 octobre ne sera certainement pas suffisante pour obliger l'Etat et les patrons à respecter leur parole et trouver des solutions aux revendications populaires.
Mais elle peut, si la population se mobilise fortement, signifier sa détermination à ne pas continuer à voir précipiter dans la misère des milliers de salariés, de jeunes, de femmes, de retraités, alors que, crise ou pas, une minorité continue à se vautrer dans l'opulence et à bénéficier de toutes sortes de privilèges.



Meeting du LKP au Moule

Le collectif LKP (Lyannaj Kont Pwofitasyon) a entrepris une campagne d'information dans toute la Guadeloupe afin d'expliquer à la population où on en est des différents accords signés entre le patronat, l'Etat et le LKP lui-même. Après la ville de Basse-Terre, le collectif était à Moule le mardi 22 septembre dernier.
Des centaines de Mouliens ont répondu présents à ce meeting et sont restés jusqu'à 23 heures pour écouter les explications des membres du collectif. Des explications ont été données notamment sur le fait que certains patrons ne respectent pas l'accord sur les salaires, dit accord Bino et la malhonnêteté de l'Etat qui cherche à transformer sa part d'augmentation de salaire (100€ ) en une «prime trimestrielle» dite RSTA.
D'autres points forts des interventions furent le non respect des accords signés sur les prix par les capitalistes des grandes surfaces, la non répercussion de la baisse de l'octroi de mer sur les prix aux consommateurs mais aussi l'hypocrisie de l'Etat qui ne respecte pas son engagement de geler pendant 2 années le prix des carburant, le temps nécessaire pour rendre lisible ces prix en Guadeloupe.
Bien sûr, chaque intervenant a donné le maximum d'explications dans son domaine et l'assistance a beaucoup applaudi exprimant ainsi sa satisfaction sur les discours.
Les intervenants ont invité les Mouliens à se rendre le plus nombreux possible au rassemblement du samedi 03 octobre prochain à Pointe-à-Pitre.