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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 23 janvier 2010      N° 1021


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Martinique
Combat Ouvrier annonce à la presse sa participation aux élections régionales

Le jeudi 14 janvier, Combat ouvrier a invité la presse locale à sa conférence de presse qui s'est tenue à Fort de France, pour expliquer les raisons de sa participation aux prochaines élections régionales en Martinique.
C'est devant un auditoire composé de ses militants, de ses sympathisants et de divers représentants de la presse dont France Antilles et RCI, que Ghislaine Joachim Arnaud a pris la parole pour développer les motivations de Combat Ouvrier pour ce scrutin.
Ses explications ont porté sur les effets présents et futurs de la crise économique mondiale qui exposeront les salariés aux décisions du patronat, ce qui aura vraisemblablement pour conséquence des charrettes de licenciements dans les mois qui viennent. Elle expliqua également que cette campagne sera aussi l'occasion pour Combat Ouvrier de revenir sur la grande mobilisation de février-mars et des résultats de la bataille revendicative, bataille qui n'est pas encore à son épilogue, puisque si certaines revendications ont été satisfaites, d'autres ne le sont pas encore, et les attentes des grévistes d'hier restent donc à l'ordre du jour.
Elle conclut ses propos en affirmant que pour Combat Ouvrier, les revendications sociales exprimées en février-mars doivent trouver leur prolongement dans le débat politique qui animera la campagne et qu'il conviendra que soit poursuivie la dénonciation, comme en février, de la «pwofitasion», des nantis et des exploiteurs.
Cette campagne électorale doit servir à diffuser parmi les travailleurs et les pauvres les idées et orientations qui seront indispensables pour faire face aux agressions dues à la crise économique. L'important aujourd'hui pour les travailleurs c'est de se préparer et de se donner les moyens de lutte moraux et matériels pour ne pas être les victimes de cette crise.



Guadeloupe
Succès de la manifestation du 9 janvier et poursuite de la mobilisation du LKP

Les raisons de la manifestation du 9 janvier

Le LKP (Lyannaj Kont pwofitasyon) - appelait à une grande manifestation samedi 9 janvier à Pointe à Pitre. Cette manifestation connut un réel succès en rassemblant plusieurs milliers de personnes dont une grande majorité de travailleurs.
Elle était l'aboutissement d'une nouvelle campagne de mobilisation et de meetings organisée au cours des jours précédents suite à l'augmentation des prix des carburants. En effet, l'Etat a augmenté les prix de l'essence et du gas-oil de 4 centimes le 1er janvier dernier. Une première augmentation avait pris effet au mois de septembre.
Après les blocages et les manifestations des socio professionnels en décembre 2008, l'Etat avait effectué une baisse de 31 centimes sur l'essence sans plomb et de 22 centimes sur le gas-oil. Ensuite la grève générale des travailleurs l'avait contraint à procéder à une nouvelle baisse de 4 centimes sur le super et de 8 centimes sur le gas-oil.
Les dernières décisions d'augmentation sont une violation des accords de fin de grève générale signés le 4 mars dernier. Ces accords prévoyaient en effet qu'aucune augmentation des carburants n'interviendrait tant qu'il n'y aurait pas d'étude réelle et de transparence sur la formation des prix des carburants en Guadeloupe. Voilà donc ce qui a accru le mécontentement d'une grande partie de la population.
Mécontentement d'autant plus justifié qu'une partie des accords signés le 4 mars 2009 dans bien d'autres domaines n'est pas respectée par l'Etat, dont l'accord sur les 200 euros. Des milliers de travailleurs en effet se voient exclus de l'accord qui prévoyait que seraient éligibles tous ceux qui perçoivent moins que 1,4 fois le smic hors primes et accessoires. Or l'Etat et les patrons ont inclu les primes et les accessoires. D'autre part, dans la procédure d'extension de l'accord, le ministère du travail a supprimé l'article qui prévoyait qu'après trois ans la part de l'Etat dans ces 200 euros serait payée par les patrons. D'autres accords encore n'ont jusqu'à présent pas été respectés en tout ou partie.
Et puis le sentiment général qui se dégage c'est que l'Etat et le grand patronat veulent se venger de la peur que la grève générale leur a causée, revenir petit à petit sur les avantages obtenus, saper l'influence du LKP et surtout dissiper le sentiment de victoire parmi les travailleurs après cette grève générale de janvier et février 2009.
C'est dans ce contexte que l'augmentation des prix des carburants a causé un regain de mécontentement. D'autant que la SARA (société anonyme de raffinage des Antilles) dont TOTAL est le principal actionnaire venait de percevoir de l'Etat une enveloppe de 44 millions d'euros et en attend une autre de 50 millions pour soi disant combler les pertes qu'elle prétend avoir subies lors de la grève générale. Une grande partie de cet argent se retrouvera dans les caisses de Total qui a réalisé un profit net de 15 milliards de dollars à l'échelle de l'ensemble du groupe en 2008. Un véritable scandale donc! A tel point qu'effectivement, un moment, il a été question à nouveau de préparer une riposte d'ensemble à ces agissements.

L'Etat et les patrons inquiets d'une réédition de la grève générale

La «grève générale» pour janvier 2010, n'a jamais été un mot d'ordre central du LKP. Mais il est vrai que cette perspective se discutait ici et là. D'autant que les syndicats du LKP avaient déposé un préavis de grève générale à compter du 9 janvier pour couvrir par précaution les travailleurs qui auraient décidé de se mettre en grève dans un certain nombre d'entreprises.
Mais il s'est avéré que ces derniers n'étaient pas prêts dans l'immédiat à relancer la grève générale. Par contre ils participaient largement aux meetings dans les communes et à Pointe à pitre. Les organisations membres de LKP ont donc décidé de maintenir le préavis, d'organiser des assemblées générales dans les entreprises, de demander aux travailleurs d'aller en délégation soutenir les travailleurs des entreprises qui sont ou qui seront en grève. Ces organisations ont aussi décidé de faire une évaluation de la situation et de l'état d'esprit des salariés dans une dizaine de jours selon les décisions et la volonté des travailleurs à la base dans les entreprises.
Par contre, inquiet ou/et soucieux de rassurer les bourgeois locaux, le pouvoir a dépêché plus de 500 gendarmes supplémentaires sur l'île. Ils sont en faction devant certaines grands centres comme Carrefour des Abymes ou de Baie Mahault. Ils circulent dans des camions militaires remplis d'hommes dans la zone industrielle de Jarry et se postent aux croisements. Ils roulent aussi d'un bout à l'autre de l'île, craignant sans doute barrages ou blocages, sous l'oeil moqueur des travailleurs et de la population. Ces touristes très «spéciaux» ont même déclaré à certains qu'on leur avait dit qu'une «insurrection» se préparait en Guadeloupe...!!??
Non, ce qui se préparait, après le 9 janvier, c'est la poursuite de la mobilisation avec trois meetings du LKP qui ont eu lieu dans le nord Grande- terre (à l'Anse Bertrand, Port Louis et Petit Canal), pour soutenir cette fois-ci les petits paysans dont on veut récupérer les terres. Le 20 janvier un grand meeting se tiendra à Pointe à pitre à l'occasion du premier anniversaire de la grève générale, suivi d'une semaine de mobilisations sous forme de meetings, débat, poursuite des assemblées générales dans les entreprises.

La mobilisation autour du LKP reste constante depuis des mois

En dépit des inquiétudes exprimées par certains journalistes, la manifestation du samedi 9 janvier n'était pas une réédition de la grève générale de 44 jours! Cependant, elle a été une première réponse dans la rue des membres de la population laborieuse, à la politique du gouvernement.
La manifestation du 9 janvier a donc montré qu'un an après le déclenchement de la grève générale, le LKP et les travailleurs se mobilisent toujours nombreux dans la rue et dans les meetings, dont la participation varie de 400 (dans les petites communes) à plus d'un millier à Pointe à Pitre. Samedi 9, on a compté sensiblement le même nombre de manifestants que le 3 octobre dernier et que 25 novembre à l'issue des deux journées de grève générale. Tout cela est très encourageant et prometteur pour les luttes à venir.



Après la consultation du 10 janvier en Martinique

La consultation du 10 janvier 2010 sur l'adoption ou le rejet de l'article 74 de la Constitution française a rendu son verdict: 80% de NON et 20% de OUI.
Bien évidemment, les prises de position et commentaires sont différents dans le camp du OUI ou du NON.
Chez ceux du OUI, c'est bien sûr le dépit et le désarroi. Et les réactions des «perdants» vont des insultes à ceux qui ne les ont pas suivis, à la menace de laisser tomber cette population qui n'a pas compris le message que les messies du 74 apportaient. Toutefois, et pour donner l'impression d'être «responsables», les 74istes ont fait un geste en faveur du prochain vote du 73, pour ne pas être totalement perdants. Ils ont fait passer la consigne de soutien au 73: «Oui, car c'est nous qui l'avions proposé dès 2003. Oui, pour une collectivité unique dotée d'une assemblée unique. Oui, pour rattraper, en partie, un pas perdu. Oui, pou fè Matinik vansé!»
Du côté des partisans du NON, la satisfaction est là. Letchimy (PPM, maire de Fort-de-France) s'est tout de suite présenté comme le recours et chef de file du camp du 73.
Et du côté de la droite assimilationniste on affiche son soulagement. Mais sachant qu'il reste encore une marche à franchir le 24 janvier, on perçoit une sorte de retenue. Car voilà que se développe de plus en plus une fraction du camp de cette droite qui défend le mot d'ordre «NON le 24» également.
Du coup, les paris et supputations continuent sur l'air du «Faites vos jeux». Des considérations très loin des préoccupations réelles de la grande majorité de la population.



Guadeloupe
Carnaval et manifestations!

Certains esprits chagrins d'une partie de la presse locale et internationale (et de la préfecture!) qui ont expliqué l'ampleur de la manifestation du 9 janvier 2010 par la présence d'un fort groupe de carnaval (Akiyo), sont de mauvaise foi!
Signalons d'ailleurs que le défilé carnavalesque a eu lieu le dimanche à Pointe à Pitre et la manifestation du LKP la veille. Tout le monde a pu faire la différence!
Par ailleurs, tous ceux qui ont vécu les évènements de l'année dernière savent bien que le groupe culturel, «Akiyo», membre du LKP depuis plus d'un an, a effectivement participé à toutes les manifestations. Et donc il était à celle du samedi 9 janvier, au rythme de ses tambours, regroupant toujours beaucoup de jeunes et de moins jeunes des faubourgs. Mais il l'a fait consciemment en chantant des chants anti gouvernementaux, anti capitalistes, anti pwofitasyon, comme il le fait d'habitude avec le LKP.



Guadeloupe
Trêve électorale?

Victorin Lurel a éprouvé le besoin de décréter une «trêve» électorale en raison de la catastrophe d'Haïti. Comme si cela n'apparaissait pas comme naturel de faire face à l'urgence d'aide aux sinistrés qui s'impose. Mais en réalité, les uns et les autres notables de cette gauche officielle font bel et bien campagne et se préoccupent de savoir s'ils auront une position éligible ou pas, s'ils retrouveront leurs postes et ses avantages, même si certains d'entre eux organisent bien des actions de solidarité utile pour les sinistrés. C'est quand même le moins!



Quand la droite de Guadeloupe alimente... la chronique des petits potins

La droite UMP de Guadeloupe si triomphante et dominatrice naguère semble aujourd'hui bien en peine de se trouver un leader pour les prochaines régionales.
Aldo Blaise a bien reçu consigne de Paris de constituer une liste. Mais L'UMP locale, par la voie de Philippe Chaulet déclare avoir pratiquement déjà sa liste avec en tête Laurent Bernier maire de St François. Le point qui fait débat c'est que l'UMP local refuserait la présence de la ministre Penchard sur la liste.
Divergences de fond? Débats idéologiques? Mais non, vous n'y êtes pas. Il ne s'agit que de petits règlements de compte entre une partie de la droite animée par Chaulet et Gabrielle Carabin, députée-maire du Moule et le clan «Lucette; Michaux Chevry». LMC étant on le sait, la mère de la ministre. Vieilles rancunes, soif de place, peaux de banane, voilà ce qui anime surtout tous ces notables.