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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 23 janvier 2010      N° 1021


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Page 4

«Martinique
R. Confiant salit le papier sur lequel il écrit!

En réaction au "non", résultat de la consultation martiniquaise, l'écrivain Raphaël Confiant a exprimé dans sa réaction écrite sa haine vis-à-vis de l'ensemble de la population pour avoir «obéi au Papa Blanc»! Il oublie bien vite que c'est Sarkozy, le Papa Blanc, qui a organisé cette consultation.
Son texte montre bien en tout cas qu'il se pose en ennemi des travailleurs et du récent mouvement de grève de février 2009 : «Le Papa Blanc autorise ses chers enfants nègres à brailler, défiler, réclamer, exiger autant qu'ils le veulent.»
Il appelle de ses voeux un régime de dictature anti-ouvrière, un régime qui serait,
encore plus ouvertement qu'aujourd'hui du côté des "pwofitè volè", des exploiteurs capitalistes :
«Dans une Martinique libre, comme à Cuba, à Barbade ou à Saint-Domingue, jamais vous n'auriez été autorisés à foutre la merde et à bloquer tout le pays pendant plus d'un mois».
«Continuez à brailler et à manifester régulièrement pour que le Papa Blanc vous accorde 200 euros d'augmentation de salaire et n'augmente pas le prix de l'essence, même si le cours du brut augmente sur le marché mondial.»
Et pour rester dans le même ton, il ponctue son texte d'images grasses et odorantes :
«Aces gens, je dis: allez vous faire foutre ! Ace peuple, je dis qu'il n'est qu'une sous-merde, un ramassis d'aliénés, d'alimentaires et de lâches. Une tâche sur la carte du monde, une salissure. Un étron.»
Comme dit un adage «Le style, c'est l'homme»!
Eh! bien, son mépris, le monde du travail, utile, lui, à la société, le lui rend au centuple ! Ce petit privilégié dont tout le «travail» consiste maintenant à vomir une telle littérature d'égout, ne crache pas sur les «Papas Blancs» de l'édition qui publient ses livres et lui font gagner beaucoup d'argent «blanc»! Voilà donc les travailleurs bien renseignés sur ce que pensent d'eux certains notables! Tous ne vont pas aussi loin dans le mépris exprimé ouvertement, mais tous veulent que les travailleurs et les pauvres restent à leur place, soumis et résignés. Manque de chance pour tous ces gens là et pour les hargneux comme Confiant, les travailleurs ont retrouvé la voie de la lutte d'ensemble et çà va continuer!



Haïti
Les effets d'une catastrophe naturelle... et de l'exploitation coloniale puis impérialiste (Point de vue d'Arlette Laguiller)

Le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier a fait des dizaines de milliers de victimes, des millions sans doute de sans-abri, et il est évident que l'organisation et la coordination des secours dans un pays dont la plupart des infrastructures ont été détruites ne sont pas choses aisées. Mais le sort de la population pauvre est d'autant plus terrible qu'elle vivait déjà dans la misère, que la consommation de galettes de terre pour tromper la faim faisait partie de la vie quotidienne des Haïtiens les plus pauvres, bien avant ce tremblement de terre.
Haïti n'est pas victime d'une malédiction. Haïti a d'abord été victime de l'exploitation coloniale par la France, puis de l'impérialisme nord-américain. Le commerce et l'exploitation sans frein des esclaves noirs dans les plantations de canne à sucre au XVIIe et au XVIIIe siècle ont été l'une des principales sources d'enrichissement de la bourgeoisie française durant cette période. C'est sur leur sueur et leur sang qu'ont été bâtis les hôtels particuliers de Nantes, de Bordeaux et de bien d'autres villes. Et quand, embrasé par le souffle de la révolution française, Haïti a aboli l'esclavage, a vaincu les armées que Napoléon Bonaparte avait envoyées pour tenter de rétablir celui-ci, la France n'accepta de reconnaître l'indépendance de l'île qu'en échange d'une indemnisation colossale, qui ruinera les finances de Haïti jusqu'en 1888.
Au XXe siècle, les Etats-Unis ont pris le relais dans l'exploitation de l'île, en mettant la main sur les meilleures terres agricoles, en utilisant dans la zone industrielle de Port-au-Prince des travailleurs sous-payés: moins de deux dollars par jour ces dernières années. Et, parallèlement à cette présence économique, les Etats-Unis ne cessent d'intervenir dans la vie politique haïtienne: déposition du président Aristide en 1991, rétablissement de ce dernier en 1994 (après un séjour aux Etats-Unis destiné à le convaincre de changer de politique), expédition en exil du même Aristide en 2004, et mise en place, sous le couvert de l'ONU, d'une "mission"de 6 000 militaires et 1 400 policiers chargés de "maintenir l'ordre"de l'impérialisme en Haïti.
Alors, Obama peut bien faire des discours humanitaires, confier à Clinton et à Bush (tout un symbole) le soin de réunir des fonds pour Haïti. Ses principales préoccupations sont ,d'une part, d'éviter un afflux massif de réfugiés haïtiens aux Etats-Unis, comme cela s'était produit lors de récents cyclones dévastateurs, où ceux qui fuyaient l'île sur des boat-people avaient été impitoyablement refoulés; et, d'autre part, d'éviter tout risque d'explosion sociale menaçant les intérêts de l'impérialisme américain comme ceux des riches Haïtiens qui sont les alliés locaux de celui-ci.
L'une des premières mesures d'Obama a été d'envoyer 10 000 marines à Haïti. Pour assurer la sécurité des transports et des distributions de vivres? Sans doute, mais prêts aussi à assurer l'ordre impérialiste. Quant à Sarkozy, pour ne pas être en reste, il a proposé à son tour d'y envoyer 1 000 gendarmes européens.
Dans la tragédie qu'il vit, le peuple haïtien a besoin de la solidarité de toutes les bonnes volontés. Et il est bon que la générosité populaire, qui ne fait pas, elle, de calculs politiques, se soit une fois de plus manifestée. Mais ce peuple qui, le premier, a su briser les chaînes de l'esclavage n'échappera vraiment à la misère que le jour où tous les exploités, tous les opprimés de la terre, ceux d'Haïti comme ceux de tous les autres pays, auront mis à bas le système capitaliste, construit une société qui se donnera les moyens de faire face aux conséquences des catastrophes naturelles, au lieu de consacrer des fortunes à produire des engins de guerre.
Car que représentent les 100 millions de dollars débloqués par Obama, les 20 millions d'euros débloqués par la France pour Haïti, au regard des 377 millions de dollars que coûte chaque jour l'intervention militaire des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan?



Désastre d'Haïti
C'est l'impérialisme qui est une malédiction! (Extrait du site Lutte Ouvrière)

Il devient insupportable d'entendre la presse se gargariser d'expressions du type «la malédiction d'Haïti», ou parler de «terrible fatalité». Ni le ciel, ni le hasard n'ont grand-chose à voir avec ce qui se passe en Haïti: ce qui manque avant tout à la population, c'est des infrastructures, de l'eau, de la nourriture, des engins de terrassement. Et si Haïti est si pauvre, c'est parce qu'elle a été étranglée depuis des siècles par le colonialisme, puis par l'impérialisme.
Et si le tremblement de terre est bien, lui, une catastrophe «naturelle», il ne faut pas oublier que dans les grandes villes des pays riches, comme à Tokyo, les immeubles sont construits selon des normes si drastiques qu'ils sont capables de résister à des secousses sismiques considérables.



Charité mal ordonnée (Brève de Lutte Ouvrière)

Après la catastrophe qui a touché Haïti, tandis que l'aide internationale des Etats n'arrive qu'au compte-gouttes, diverses initiatives font appel aux dons des populations des pays riches.
Etre solidaire des victimes, c'est évidemment le B-A BA. Mais lorsqu'il s'est agi de sauver les banquiers, les Etats de ces pays riches ont su déployer des moyens autrement plus importants. «100 millions de dollars», a promis Obama aux Haïtiens. Il y a un an, ce sont 1000 milliards qu'il débloquait pour les banquiers! Et la France fait pareil.
Dans cette société, on n'organise vraiment correctement que ce qui rapporte aux nantis. Et pour réparer les dégâts, c'est: «à votre bon coeur messieurs dames».