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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 23 octobre 2010      N° 1036


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Guadeloupe
Grève du 12 octobre

Le mardi 12 octobre, seuls deux syndicats de l'éducation ont appelé à la grève en Guadeloupe, la FSU et l'UNSA. Cela a permis aux enseignants et personnels qui le souhaitaient de participer au mouvement engagé en France pour défendre les retraites.
Selon le rectorat il y a eu 20% de grévistes dans l'académie, donc en réalité probablement un peu plus, puisque les chiffres officiels ne tiennent jamais compte des emplois du temps diversifiés des professeurs.
Le rassemblement devant le rectorat a été modeste, entre 50 et 100 personnes. Mais il a aussi été l'occasion de faire circuler le tract d'appel à la mobilisation du 26 octobre, et la plupart des personnes présentes étaient d'accord pour faire le lien entre ces deux mouvements.
Ceux qui ont fait grève et participé au rassemblement devant le rectorat ont eu raison de le faire. Car il faut profiter de toutes les occasions pour faire savoir au gouvernement et au patronat qu'on ne veut pas de leur soi-disant réforme des retraites qui n'est en réalité qu'une nouvelle attaque en règle contre le niveau de vie de tous les travailleurs du public comme du privé. Et ce n'est certainement pas la dernière non plus.



Répression judiciaire et policière contre les militants de l'UGTG

Charge violente de gendarmerie contre une manifestation pacifique

Le mercredi 13 octobre dès 6h du matin, plusieurs dizaines de militants de l'UGTG étaient rassemblés devant le Conseil Général à Basse-Terre pour soutenir la lutte de TCSV (transports côte sous le vent) et celle de la station Valkanaers à Gourbeyre. C'est alors qu'ils furent violemment chargés par les forces de gendarmerie et durent essuyer de nombreux jets de grenades lacrymogènes. Joint par téléphone par les dirigeants de l'UGTG, le chef de cabinet du président du Conseil Général n'eut comme toute réponse: «Le Préfet fait son travail». Mais à force de faire ce «travail», le représentant de l'Etat ne fait qu'attiser la colère de ceux qui se battent pour la satisfaction de leurs revendications.

Charly Lendot et José Naéjus convoqués devant les tribunaux

Le vendredi 22 octobre, Charly Lendot, secrétaire général adjoint de l'UGTG et José Naéjus sont convoqués devant le tribunal de Basse-Terre pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN. Deux autres militants de l'UGTG inquiétés ont fait de même. Les militants de l'UGTG ont décidé en effet de refuser de se soumettre à ces tests déclarant qu'ils ne sont pas des délinquants sexuels.

De nombreux militants inquiétés

Au total ce sont près de 20 militants de l'UGTG qui font l'objet de convocations par les services de gendarmerie, de police ou devant les tribunaux sous des prétextes divers.
Combat Ouvrier apporte son soutien et sa solidarité à tous ces militants.



Guadeloupe
Les meetings de mobilisation du LKP

Les meetings de préparation à la journée de mobilisation du 26 octobre, prévus par le LKP se sont déroulés comme prévu: à Basse Terre, Bouillante, Sainte Rose, Morne à l'Eau, Anse Bertrand. Plusieurs centaines de personnes, travailleurs et membres de la population étaient présentes autour des différents orateurs. Tour à tour les représentants des différents syndicats: CGTG, UGTG, FO en particulier prirent la parole ainsi que les représentants des organisations politiques: UPLG, Combat Ouvrier, «Travayè et Peyzan» ou des syndicats de pêcheurs et d'agriculteurs, comme l'UPG.
D'autres meetings auront lieu à Moule, Sainte Anne et devant le palais de la Mutualité de Pointe-à-Pitre avant le mardi 26.



Martinique
ATV «élague» les journalistes

Les journalistes de la chaîne de télévision ATV ont appris le mardi 12 octobre au matin que l'entreprise réalisant le journal allait être liquidée, liquidation qui a effectivement été prononcée l'après-midi même par le tribunal de commerce.
La direction aurait, selon ses dires, enregistré une perte de 314 000 €au cours des neuf premiers mois de 2010, perte due soi-disant au manque de productivité des journalistes, si l'on croit le PDG de Caribbean Global news, Jean-Claude Asselin de Beauville.
Mais CG News (Caribean Global News), la société employant les journalistes, n'est qu'une des quatre filiales de la holding HRTV qui a repris la chaîne en janvier. ATV était auparavant propriété du groupe Monplaisir.
Ce montage financier, approuvé à l'époque par le tribunal de commerce et le CSA (Comité Supérieur de l'Audiovisuel) permet maintenant à ATV de se débarrasser de la rédaction, quels que soient les résultats des autres sociétés (production, publicité et diffusion). C'était en réalité le but visé par ce montage.
Le patronat local qui compose l'actionnariat d'ATV veut ainsi mettre au chômage 13 journalistes, une vingtaine en comptant les pigistes, pour par la suite, faire faire le travail par moins de monde. C'est la logique de leur système. Et les journalistes ont raison de ne pas se laisser faire.



Martinique
Les prix toujours à la hausse, la vigilance s'impose plus que jamais. Une enquête des consommateurs!

Selon une nouvelle enquête menée par l'Association des consommateurs du François, l'écart entre les prix pratiqués par la grande distribution en Martinique et ceux pratiqués en France est de 34%, les prix en Martinique étant évidement plus élevés que ceux de France, et cela dans les mêmes groupes de Super et d'Hyper marché.
Le constat est donc édifiant!
Dire qu'il y a peu de temps de cela, l'Insee jetait le trouble dans l'opinion avec un rapport publié sur les prix. L'organisme public indiquait: «... qu'en mars 2010, le niveau général des prix à la consommation était globalement plus élevé dans les départements d'outre-mer qu'en France métropolitaine. Il était supérieur de 13,0% en Guyane, de 9,7% en Martinique, de 8,3% en Guadeloupe et de 6,2% à La Réunion».
Dans la même période un rapport du Service de la Concurrence indiquait que l'écart des prix Dom - France diminuait sensiblement! Aujourd'hui il faut bien le constater ces informations sont «dirigées» et révèlent sans doute la décision d'une reprise en main par l'état sur ce qui doit être dit!
Cette enquête, rendue public par l'Association des consommateurs du François, rétablit la vérité de la pwofitation sur les prix pratiqués par les patrons de la grande distribution. Ce qui rend plus crédible les résultats de cette enquête, c'est qu'elle s'est renseignée sur un panel de 150 grandes surfaces de l'Hexagone, et nous indique bien que quel que soient les produits considérés, les viandes, les légumes, les fruits ou le non alimentaire les prix grimpent inexorablement.
Cette enquête démontre, si besoin était, que la grande distribution est un secteur où la volonté de piller le portefeuille des plus démunis est très forte. Cette enquête nous dit encore que dans un panel de produits, certains prix atteignent des records à plus de 200%, et que les produits vedettes vont des courgettes, aux tomates, et à l'eau de javel, dont les prix sont multipliés au moins par trois.
Tous ces éléments contredisent les statistiques de l'INSEE -autre organisme officiel - selon lesquels il y aurait une tendance à la diminution de l'écart entre les prix pratiqués en Martinique et ceux de France.
C'est également ce qu'ont constaté les membres du Comité de contrôle des prix, restés vigilants depuis les accords de mars 2009, qui ont effectué une visite dans un hyper marché de Schoelcher le samedi 16 octobre. Et ils ne se sont pas gênés pour dénoncer devant les caméras le fait que les accords de mars sur le blocage des prix de 400 articles fixés dit Bcba, n'étaient pas respectés, indiquant que lors du contrôle ils avaient trouvés 17 articles qui avaient un prix plus élevé et d'autres qui manquaient.
Alors, la mobilisation populaire contre la cherté de la vie et les profiteurs, ceux de la grande distribution ou de l'import, reste aujourd'hui une nécessité.



Mumia Abu Jamal de nouveau menacé d'être exécuté

La Cour d'Appel fédérale de Philadelphie a fixé au 9 novembre la date d'audience au cours de laquelle sera à nouveau examinée la situation de Mumia Abu Jamal. Après une bataille judiciaire qui dure depuis près de trente ans la décision de la Cour risque d'être sans appel. Le sort de Mumia sera probablement réglé définitivement. Il risque la peine de mort ou la prison à vie si la révision du procès n'est pas prononcée.
En mars 2008, la Cour fédérale de Philadelphie avait suspendu l'exécution de Mumia Abu Jamal après avoir reconnu un certain nombre d'irrégularités de procédure. Mais elle n'a pas pour autant accepté la révision du procès. La Cour Suprême a renvoyé l'affaire au niveau fédéral en réclamant l'annulation de la suspension de l'exécution.
La Cour fédérale reviendra-t-elle sur sa décision le 9 décembre? Il est difficile de le savoir. Une chose est presque sûre, c'est que c'est grâce à la mobilisation internationale que Mumia a jusqu'ici échappé à la mort. De nombreuses mobilisations sont prévues pour réclamer un nouveau procès.
En Guadeloupe, le Collectif Guadeloupéen de soutien à Mumia organise une réunion publique le mercredi 3 novembre à la salle George Tarer à Lauricisque à 18H30, avec la participation de Jacky Hortaut, dirigeant du Collectif Unitaire National «Ensemble sauvons Mumia», qui regroupe une centaine d'organisations et collectivités publiques françaises. Jacky Hortaut a déjà rendu visite plusieurs fois à Mumia dans sa cellule. Il se rendra également en Martinique avant de partir à Philadelphie pour l'audience du 9 novembre prochain.



Martinique
A propos de la collectivité unique : Passe-d'armes politiciennes, sans intérêt pour la population laborieuse!

La semaine dernière Letchimy, président PPM de la Région avait annoncé qu'il réunissait les élus en Congrès (réunion des conseillers généraux et régionaux) pour débattre des points sur lesquels les conseillers régionaux et généraux de la Commission ad hoc ne s'étaient pas mis d'accord. Mais les concurrents du PPM pour la direction des affaires locales, ceux du RDM, du MIM bientôt suivis par la droite des FMP avec Laventure, ont multiplié interviews et conférences de presse pour faire savoir leur opposition à ce Congrès et dire qu'ils n'y participeraient pas. Le projet de Letchimy a donc pris de l'eau et le jeudi 14 octobre, ce dernier a finalement annoncé à la presse qu'il «renonçait à convoquer le Congrès» et qu'à défaut qu'il enverrait les militants de son parti discuter dans la population.
On se souvient que lors des consultations populaires de janvier 2010 sur l'évolution statutaire de la Martinique, le RDM (rassemblement des démocrates martiniquais) de Claude Lise, scissionniste du PPM, s'était rapproché du MIM et des indépendantistes qui, le 10 janvier, prônaient le vote pour une collectivité dans le cadre de l'article 74 de la constitution, alors que le PPM et ses alliés s'y étaient opposés. Le 24 janvier, ces derniers avaient par contre opté pour une collectivité unique dans le cadre l'article 73, rejoints d'ailleurs par ceux qui prônaient le vote pour une collectivité régie par l'article 74 quelques jours plus tôt. Mais le succès du «73» apparut bien comme celui du PPM.
A l'issue des travaux de la Commission ad hoc, représentant conseillers généraux et régionaux des 4 groupes politiques de ces assemblées, le 15/09, on a appris que les deux grands groupes (PPM et alliés et MIM-RDM-Bâtir le pays Martinique et alliés) ont pu se mettre d'accord sur certains points comme le nom de la collectivité ou le mode de gouvernance avec une assemblée des élus dont serait issu un conseil exécutif. Mais les positions ont à nouveau divergé sur le mode de scrutin, la date de mise en oeuvre lorsque le groupe PPM a demandé que la nouvelle collectivité soit dotée de compétences nouvelles, supplémentaires de celles dévolues aux actuelles assemblées départementale et régionale. Là, le groupe MIM-RDM, rejoignant de façon opportuniste le groupe de la droite, ont agité le chiffon rouge, en disant qu'il fallait «respecter scrupuleusement le vote populaire du 24 janvier» et ont fait obstruction.
Lise et Letchimy, ont présenté chacun à leur tour, leur vision de la future assemblée à la ministre Penchard. En définitive, c'est bien le gouvernement qui fera les ajustements de la nouvelle collectivité qu'il estimera les plus utiles pour les affaires des possédants. Et quelles que soient les décisions prises, les travailleurs n'auront pas d'illusions à se faire sur cette nouvelle assemblée. Pour défendre leurs intérêts, ils devront se situer sur un autre terrain que celui des luttes d'influence entre politiciens, celui des entreprises et de la rue, c'est là qu'ils peuvent être forts!