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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 26 février 2011      N° 1043


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Guadeloupe
Hommage à J. Bino

Vendredi 18 février dernier dans l'après midi, au cimetière de Petit canal, un hommage a été rendu à Jacques Bino, militant de la CGTG, assassiné il y a deux ans en pleine grève générale. Militant syndicaliste très dévoué, Jacques Bino revenait d'un meeting du LKP dans la nuit du mardi 17 février 2009 quand sa voiture fut criblée de balles de gros calibre, au pied de l'immeuble Henri IV dans le quartier de Chanzy à Pointe-à-Pitre. Le tueur n'a laissé aucune chance à Bino. L'homme qui était à ses côtés dans la voiture fut, lui, grièvement blessé.
Le soir du 18 février, au meeting du LKP à Baie Mahault, l'anniversaire de sa mort, a été rappelé et une minute de silence a été observée en sa mémoire. Le 18 février deviendra certainement une nouvelle date marquant une page du mouvement ouvrier de Guadeloupe. Comme d'autres dates elle ne restera pas seulement triste. Mais elle viendra rappeler un temps fort de la grève générale de 2009, avec ces dizaines de milliers de grévistes et de militants à Petit Canal lors de l'enterrement de Jacques. Et encore, après, dans les rues de Pointe à Pitre et de Basse terre.



La mobilisation se prépare dans le secteur de l'énergie

Les salariés du secteur de l'Energie qui bénéficient du statut des IEG (Industries Electriques et Gazières) réclament à juste titre l'application de l'article 14 de leur statut. Ils rappellent que le 5 avril 2002, le ministre de l'industrie de l'époque s'était prononcé sur la question de l'applicabilité du statut national des IEG aux salariés des entreprises privées de production électrique dans les départements d'Outre mer et l'estimait applicable aux salariés de la CTM (Centrale Thermique du Moule et de CDE (Centrale Diesel Export). Ils ont bénéficié d'une partie du statut mais pas de l'intégralité des primes versées aux fonctionnaires, comme la prime de vie chère de 40 % en Guadeloupe et 54% à la réunion.
La Séchilienne Sidec (qui dirige CTM au Moule et à la Réunion), ainsi que la direction de CDE s'en remettent à une décision du Conseil d'Etat qu'ils ont saisi sur l'applicabilité ou pas de cet article. La direction d'EDF adopte la même attitude. Leur argumentation est la suivante:
1) la Guadeloupe ainsi que la Réunion ne sont pas concernées par cette disposition;
2) les agents statutaires du Groupe ne sont pas des fonctionnaires d'Etat;
3) l'ensemble des salaires perçus par les agents statutaires du Groupe est cohérent avec l'environnement économique de leur région.
Les représentants du personnel rappellent toutefois que la CTM a généré plus de 9,5 millions d'euros en 2008 avec un effectif de 50 salariés. Cette entreprise a donc largement les moyens de supporter une augmentation de la prime de vie chère de 25 à 40 % et les agents n'ont aucune raison de faire cadeau des 15 % restants aux patrons de l'entreprise. La rencontre des représentants du personnel à Paris avec la direction de la Séchilienne, celle de CDE et le ministère le 7 février dernier n'a rien donné de concret. Tout ce beau monde préfère attendre la réponse du Conseil d'Etat qui prend tout son temps. Mais les salariés de CTM et de CDE n'ont pas l'intention d'attendre longtemps une réponse qui tarde à venir et se préparent à se mobiliser pour activer les choses. En assemblée générale ils ont décidé de se mettre en grève à compter du 24 février. Ceux d'EDF Martinique sont aussi partants, par contre ceux d'EDF Guadeloupe n'ont pas encore pris leur décision et doivent en discuter le 23 février prochain.
On va très certainement assister à un bras de fer dans ce secteur et les ouvriers doivent bénéficier du soutien de l'ensemble des salariés car s'agissant d'un secteur sensible, ils seront certainement très critiqués par les patrons et tous les bien pensant.



Martinique
2 mars, la justice coloniale rend son jugement. Tous devant le palais de Justice de Fort de France en soutien à Ghislaine Joachim-Arnaud

Le 2 mars 2011, le Tribunal Correctionnel de Fort de France doit faire connaître le délibéré pris dans l'affaire suite à la plainte déposée par Respect DOM contre Ghislaine Joachim-Arnaud, secrétaire générale de la CGTM, membre de la direction du K5F et dirigeante de Combat Ouvrier.
Suite à la plainte retenue par le procureur de la République G. Joachim-Arnaud est poursuivie pour «provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'un groupe de personnes, en l'occurrence les békés».
La raison donnée par la justice coloniale est que GJA avait écrit sur le livre d'or d'ATV: «Matinik sé ta nou, Matinik sé pa ta yo, an bann bétché profitè volè, nou ké fouté yo déwo» et ajouté «Komba ta la fok nou kontinié». Chant scandé par des milliers de manifestants pendant le mouvement de février 2009:
Avant le procès du 15 décembre 2010, une large de campagne de dénonciation des attaques portées contre la dirigeante syndicale et politique fut menée par les militants, sympathisants, camarades et amis, du comité de soutien, de la CGTM, du K5F, de Combat Ouvrier. Une sympathie s'est manifestée parmi les travailleurs et les petites gens sur les lieux de travail dans les quartiers, par des milliers de signatures en Martinique comme hors de la Martinique. Le jour du procès, près d'un millier de personnes étaient présentes devant le tribunal, tous convaincus que le réel procès était celui des exploiteurs et oppresseurs békés et autres.
Durant le procès notre camarade affirmait notamment «ce n'est pas à moi, ni à quiconque de la population laborieuse qui se bat pour mieux vivre, être mieux traité de ses patrons, à démontrer notre non-racisme. C'est à ceux de la classe dominante, à ceux qui exploitent, qui licencient comme bon leur semble, à ceux qui imposent des conditions de travail ;inacceptables dans leurs entreprises, à ceux qui dictent leur loi, même aux gouvernants [...] de faire la preuve de leur non-mépris, de leur non-oppression, de leur souci de justice et d'équité, etc. Mais pas à nous! [...]...».
Après 10 h d'audience, le tribunal fixa le délibéré au 2 mars 2011.
Le mercredi 2 mars, jour du délibéré, Combat Ouvrier appelle aussi à la manifestation lancée par le Comité de soutien à Ghislaine Joachim Arnaud secrétaire générale de la CGTM.
Soyons nombreux à manifester notre soutien à G.Joachim-Arnaud et notre solidarité, par notre présence le mercredi 2 mars devant le Palais de justice.

Tous à 7H30 à la Maison des syndicats à Fort de France !