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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 26 février 2011      N° 1043


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Guadeloupe - Collège Germain St Ruff
Rien n'est réglé

Après plus d'une semaine de droit de retrait les enseignants du collège de Capesterre-B-E, en accord avec les parents d'élèves ont repris le travail le mardi 14 au matin, les élèves ayant été reçus l'après midi. Rappelons que ce droit de retrait avait été exercé à la suite des coups administrés à un enseignant par un élève. Certains disent que c'est d'abord l'enseignant qui aurait giflé l'élève.
En fait, cet événement n'est que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Plus de 80 élèves ont déjà eu des renvois depuis la rentrée scolaire pour, entre autres, indiscipline et le personnel du Collège, par ce mouvement, exigeait que le Rectorat mette plus de moyens d'encadrement pour le collège. Mais le recteur applique à la lettre la politique décidée par le gouvernement qui a programmé 16 000 suppressions de postes pour la rentrée 2011. Il ne propose que des mesures passagères, comme la présence de 4 CPE pour deux semaines. C'est tout juste si les enseignants ne sont pas qualifiés d'incompétence par Mme Arékian, une des responsables du rectorat.
En dépit du soutien des parents d'élèves et de la solidarité de l'ensemble des enseignants des écoles primaires et maternelles de la commune qui savent, pour les avoir vécues, les conséquences de la diminution des postes dans les établissements scolaires, le mouvement des enseignants du collège G. Saint Ruff n'a pas été assez fort pour obtenir satisfaction. Il faudra bien plus qu'un mouvement limité à un établissement, ou à une commune pour forcer le gouvernement à mettre fin à sa politique de casse de l'Enseignement: manque de personnels d'encadrement, classes surchargées, suppressions de poste.



DOM
Subventions à l'agriculture; ceux qui critiquent les travailleurs en lutte avec leur ventre plein...

La Cour des Comptes a rendu le jeudi 17 février son rapport annuel au président de la République française. Dans ce rapport, on retrouve des chiffres effarants concernant les aides apportées aux capitalistes du secteur agricole dans les départements d'Outre-mer.
Selon la Cour des Comptes, les aides destinées aux secteurs de la banane et de la canne ont augmenté de «40% entre 2008 et 2010 soit un montant de 500 millions d'euros». Et ces aides représentent ... 64,7% de la valeur de la production. Par contre, concernant les emplois, il y a eu une baisse «de - 41% en Martinique et -36 % en Guadeloupe entre 2000 et 2007». En clair, ces aides ont surtout permis de préserver les profits, mais nullement de créer et de préserver les emplois. Mais encore, ces «aides» apportées par l'Etat à ces patrons de la canne ou de la banane ont le plus souvent pris la forme d'abandon de créances. C'est ainsi profitant du passage du cyclone Dean, 32,54 millions d'euros d'avance aux capitalistes de la banane ont été convertis en subventions. Résultat, «sur 53,5 millions d'euros avancés entre 1997 et 2008, ces derniers n'ont remboursé que 5 millions». S'agissant des aides communautaires, les patrons de la banane ont été bénéficiaires de «53% et pour la canne de 28%».
Résultat, le montant moyen de la subvention à l'hectare dans les DOM s'est élevé à «15 000 euros en 2008, tandis que dans l'hexagone il n'a été que de 500 euros», soit trente fois moins...
Alors quand les patrons de Banamart, relayés par Cyril Comte le président du MEDEF qualifient les salariés dockers de privilégiés «par rapport aux autres salariés martiniquais», on voit qui sont les profiteurs-voleurs!



Haïti - Abris transitoires
Les sinistrés se débrouillent eux-mêmes

Plus de 810,000 haïtiens vivent encore dans les camps, selon un point de l'ONU le 10 février. La construction de 124.889 abris transitoires, initialement prévus sur 18 mois, n'a abouti qu'à la réalisation de 19.197 soit environ 15%.
Depuis une année, le gouvernement a été incapable de faire pression sur les entreprises publiques ou privées d'engins lourds, ou même de la MINUSTAH afin de mettre en route le déblaiement des sites et la démolition des ruines. Et pour cause, il est au service de ces gens là!
De même il n'a pu récupérer des terres des mains des propriétaires privés, il recule devant ces expropriations. Dès qu'ils l'ont pu, les sinistrés qui vivent sous les tentes ont cherché un autre lieu pour vivre. Ils sont retournés sur leurs quartiers et ont déblayé, consolidé ou monté des blocs pour faire des abris plus solides.
Ce même 10 février la rivière Rouyonne à Léogâne (au Sud de de Port-au-Prince), est sortie de son lit après les premières grosses pluies de l'année. La pluie tombée pendant trois jours a provoqué d'importantes inondations. La route nationale a été coupée, plusieurs secteurs de la ville ont été envahis par les eaux et aux moins 3 camps de réfugiés ont été inondés.
En l'absence des travaux de curages de la rivière chaque fois que des pluies diluviennes s'abattent sur la région, c'est l'inondation. Aux riverains qui réclamaient une fois de plus, que les travaux publics interviennent, la Protection Civile a fait savoir qu'elle ne disposait pas des moyens nécessaires pour les aider.
Certains se disent qu'il ne leur reste plus qu'à se prendre en charge eux-mêmes n'attendant pas d'aide des institutions. Il y a urgence à le faire car la saison cyclonique débute en juin et sera un vecteur supplémentaire de propagation du choléra.



Guadeloupe - Evolution statutaire
Quand Sarkozy tire les ficelles de marionnettes satisfaites!

Une délégation d'élus de la Guadeloupe, dont Lurel et Gillot, respectivement président du Conseil régional et du Conseil général s'est rendue à l'Elysée le 16 février dernier. Sarkozy leur avait en effet proposé cette date pour discuter du projet de réforme institutionnelle concernant la Guadeloupe. Rappelons que cette réforme a déjà été décidée en Martinique et en Guyane après un référendum local. Là, c'est une assemblée unique selon, l'article de 73 de la Constitution (identité législative avec la France) qui sera amenée à gérer Département et Région. En Guadeloupe, les élus, à l'initiative de Gillot et Lurel avaient demandé 18 mois de réflexion. Ce délai arrivant à échéance, des décisions devaient donc être prises avec l'Etat français.
Le bricolage de Lurel, Gillot et d'un certain nombre d'élus de la majorité de gauche était: «une Assemblée Unique regroupant Conseil Général et Conseil Régional avec un seul président. Lurel voulait les mêmes institutions qui s'appliquent à la ville de Paris gérée par une Assemblée Unique ;qui est «le Conseil de Paris» qui réunit sur un même territoire «la commune de Paris» et «le département de Paris». Lurel, Gillot et une partie de leur majorité ne souhaitaient pas de référendum, arguant que par leur vote de 2009 au Conseil Régional la population s'était en fait déjà rangée derrière leur projet. Mais le véritable problème est surtout que ces politiciens souhaitaient conserver le maximum d'élus, au moins 65. Et tout cela pour satisfaire un certain nombre de notables arrivistes. Or, la réforme territoriale française n'en prévoit que 43 par Région. Cette réforme prévoit la création de «Conseillers territoriaux» appelés à remplacer les conseillers régionaux et généraux.
Sarkozy a répondu à nos politiciens qu'il n'était pas question d'augmenter autant le nombre d'élus. Mais il était toutefois favorable à revoir éventuellement le découpage des cantons actuels pour en ajouter deux ou trois ou légèrement plus. Mais 65, pas question. Il leur a aussi déclaré qu'il n'était pas question de changer les institutions locales sans référendum. Toutefois, il a déclaré aux élus qu'ils pouvaient encore prendre le temps de réfléchir pour choisir ce qu'ils veulent réellement proposer à la population.
Il n'en fallait pas plus que pour Lurel se dise satisfait de la rencontre avec Sarkozy qui aurait «entendu» es élus. Il lui faut donc bien peu de choses. Mais il fallait qu'il donne le change pour tenter d'échapper au ridicule de la situation.
Voilà donc nos élus invités à revoir leur copie. Il y aura donc encore beaucoup de bla bla d'assemblées, en «Congrès».
En attendant, la population, elle, se débat avec la hausse effrénée des prix, les bas salaires, le chômage, la violence qui augmente de manière vertigineuse, et des difficultés sans bornes. Ce n'est pas un changement de statut administratif quel qu'il soit qui changera quoi que ce soit au sort des travailleurs et de la population laborieuse de Guadeloupe, comme celle des Antilles dites «françaises».
Ces élus revenus de l'Elysée ne sont même pas capables de faire valoir un tant soit peu aux yeux du gouvernement leur propre avorton de réforme bidon. Ce ne sont que des ramasseurs de miettes. Comment pourraient-ils alors faire en sorte de régler un tant soit peu les problèmes des travailleurs et de la population?