logo COMBAT OUVRIER
Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 12 mars 2011      N° 1044


Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Page 2

Guadeloupe
Cantonales, des élections pour se placer...

19 des 40 sièges de conseillers généraux sont renouvelables lors des élections cantonales des 20 et 27 mars prochains. La pré-campagne a lieu dans une assez grande indifférence malgré les efforts des médias. En sera-t-il de même pour la campagne officielle? Pourtant pour ces 19 postes de conseillers, il y a 84 postulants. Le grand nombre de candidats étonne quelque peu car dans un peu moins de 3 ans, en 2014, ils devront retourner devant les électeurs, à cause de la mise en application de la réforme institutionnelle.
Les électeurs auront l'embarras de choix, sauf dans un canton, celui de Désirade, où aucun adversaire ne s'est déclaré contre le sortant. Dans les autres, il y a jusqu'à 7 candidats pour un siège. Le choix sera difficile pour les électeurs car question programme on ne voit guère de différences ; tous les candidats promettent les mêmes choses: créer des emplois pour les jeunes, construire des écoles, s'occuper des familles, des vieux, des enfants et nettoyer le canton etc. Alors on pourrait penser que les électeurs se décideront à voter, selon leur sympathie ou leurs idées, pour la gauche ou pour la droite, mais même pas. Prenons le canton Moule1. Lurel, homme de gauche, soutient Mme Carabin, femme de droite, alors que la mouvance socialiste a une candidate: Guizonne Lacréole. Comment choisir? Aux Abymes dans le même canton, 3 candidats sur 7 se réclament des socialistes et 2 de la droite. A Capesterre-B-E, un adjoint du maire se présente contre ce dernier. Au Lamentin, c'est le même scénario.
En fait ces hommes et femmes politiques n'ont que faire de la défense de la population. Ils se battent pour un poste de notable et surtout ils cherchent à se placer en vue des futures élections municipales, pour les uns ou pour une place éligible sur une liste à la future assemblée en 2014 pour les autres.



Marie-Galante
Où en est le projet de l'usine bagasse-charbon?

Usine bagasse-charbon ou charbon-charbon?

Le projet d'usine bagasse-charbon destinée à fournir de l'électricité à la sucrerie de Marie Galante et au reste de l'île va-t-il voir le jour? En tout cas, d'après Michel Claverie, l'administrateur de la sucrerie, le dossier déposé auprès du ministère de l'Energie et de l'Ecologie depuis 2008 est bloqué par les ministères de l'agriculture et des finances. Et si M. Claverie ne nous dit pas les raisons de ce blocage, des Marie-Galantais, eux, disent clairement leur profonde inquiétude face à ce projet.
En effet, pour eux, cette centrale n'utilisera la bagasse même pas six mois dans l'année et le reste du temps brûlera du charbon, un combustible super polluant dont les français ne veulent pas. C'est ainsi qu'ils ont créé un «Collectif pour la bagasse mais contre le charbon». Finalement, selon eux, les besoins en combustible de la centrale seront couverts de 20 à 30% par la bagasse et les 70 à 80% restants par le charbon en provenance principalement du Vénézuela. Le charbon arrivera par bateau à Folle Anse et ensuite sera transporté par camion à l'usine où il sera stocké.

Dégradation écologique

Ce que craint le collectif, c'est la grande dégradation écologique qu'entraînera cette centrale: une charge de poussière dans la mer, sur les deux autres communes de l'île (Grand Bourg et St Louis) ainsi que sur les îles des Saintes (Terre de Haut et Terre de Bas). Mais ils craignent aussi pour les tortues qui viennent pondre dans ces lieux. En fait ils estiment que la centrale provoquera à terme un désastre écologique. Ce collectif propose donc, pour pérenniser la filière canne, d'éviter la pollution par le charbon dont le coût peut-être très important à terme y compris le coût du transport. Il préfèrerait notamment la méthanisation.
Du côté de ceux qui défendent le projet, il y a bien sûr certains qui s'imaginent que ses initiateurs sont soucieux «de l'intérêt général» ou du «ien être de la population marie-galantaise» alors que ces gens-là sont surtout préoccupés par les profits qu'ils pourront en tirer en vendant du courant à EDF - la centrale produirait 15 MW d'électricité alors que Marie-Galante n'a besoin que de 5 MW en tout - se moquant éperdument des conséquences désastreuses qu'il pourrait y avoir sur l'environnement.

L'illusion du dynamisme économique

Quant à ceux qui s'imaginent que l'usine bagasse-charbon permettra de redynamiser l'économie de l'île, et surtout de sauver la sucrerie, ils se font des idées. Car les capitalistes peuvent fermer du jour au lendemain n'importe quelle industrie à partir du moment où ils n'en tirent pas les profits escomptés, ou qu'ils ne reçoivent pas assez d'aides ou de subventions des pouvoirs publics. Et puis rien n'empêche les Claverie et autres de fermer la sucrerie et de continuer à produire l'électricité avec le seul charbon. La fermeture des anciennes sucreries, des hôtels et celles tout récemment de dizaines de plantations de bananes sont là pour le prouver.



Martinique
Le Parti Communiste Martiniquais a-t-il rejoint l'union sacrée contre la grève des dockers?

A propos de la dernière grève des dockers, nous avons relevé dans l'éditorial du journal du PCM, Justice du 24 février 2011 titré «La raison doit l'emporter par la négociation» les extraits suivants:
«...Ce dernier argument (les dockers) «prennent le pays en otage» n'est pas à sous-estimer, surtout par ces temps de crise économique et sociale, quand les petits et les moyens planteurs de banane se saignent pour nourrir leurs familles, rembourser leurs dettes, fournir du travail à un ou deux ouvriers agricoles; quand les patrons de PME (Petites et moyennes entreprises) sont de plus en plus nombreux à mettre la clé sous le paillasson, quand les listes de demandeurs d'emploi de pôle emploi s'allongent, etc.»
«...Tout cela nous amène à dire qu'un syndicat responsable doit certes défendre les intérêts légitimes de ses membres, mais aussi mesurer les conséquences de ses combats aussi bien sur la vie des autres travailleurs que sur celle des hommes et des femmes qui n'ont pas la possibilité de travailler. Il doit veiller à s'assurer de leur soutien ou de leur neutralité bienveillante.»

La lutte des dockers menée dans le cadre des NAO commencée le 4 février s'est achevée le samedi 26 février Les dockers en lutte puis en grève se trouvaient face à une levée de bouclier construite de toute pièce et orchestrée dès le 1er jour par un front patronal emmené par les gros possédants les plus virulents, les plus avides aussi. Une telle position de donneur de  leçons (et quelles sortes de leçons?) aux grévistes venant de dirigeant du PCM, n'étonnera que ceux qui n'ont pas suivi depuis des années l'abandon par de ce parti du terrain de la lutte de classe, et du camp des travailleurs. Ces critiques, en pleine grève des dockers, ne pouvaient que contribuer à renforcer les adversaires de la lutte, et ils étaient nombreux.
Il y eut un temps où le PCM se portait en avant des luttes ouvrières et de ce fait bénéficiait d'une grande confiance dans le camp des travailleurs. De telles attaques à l'époque auraient eu l'effet d'un coup de poignard dans le dos.
Et ce n'est pas le fait d'écrire quelques lignes plus loin, «rendre les travailleurs du port responsable de toutes les difficultés du pays comme le font patronat et médias, est tout à fait mensonger et injuste», qui le dédouane.
Les dirigeants du PCM adoptent de puis longtemps une posture qui se veut «responsable» à l'égard de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie locales en quête de «responsabilité nationale» ou de «nouvelle gouvernance».
Or en ce temps de crise et d'attaques féroces des capitalistes contre les masses laborieuses et partout dans le monde, le rôle de vrais communistes devrait être au contraire de viser au renforcement des luttes ouvrières.
C'est bien le seul moyen qu'ont les travailleurs pour se défendre. C'est le seul moyen qu'ils ont de récupérer même en partie ce qu'on leur vole et qui aboutit à une baisse générale et brutale de leur niveau de vie.
Voilà déjà bien longtemps que le PCM a déserté ce terrain là!



Pointe-à-Pitre Université
Après les violences policières, protestations des personnels et des étudiants

Le 17 février la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, vint inaugurer un nouveau bâtiment de Travaux pratiques sur le campus de Fouillole. Pour l'occasion un important dispositif policier (cinq cars) avait été convoqué. Trois policiers en civil de la BAC, brigade anti-criminalité sont violemment intervenus dans le bâtiment dit de Recherche où travaille le personnel de la Faculté des sciences, pour arracher une banderole. Celle ci proclamait: «Des moyens pour les bâtiments, non au massacre de l'enseignement supérieur». Ils ont blessé trois enseignantes dont une de nos camarades. Mais suite à l'intervention de personnels et d'étudiants, la banderole fut redéployée et la visite de Pécresse perturbée par les cris « Liberté d'expression!». La délégation ministérielle n'eut comme choix que de se réfugier honteusement et presqu'en cachette dans un amphi.
Choqués par l'intervention brutale de la police Jacques Bangou, maire de Pointe-à-Pitre, et Gabrielle Louis-Carabin, députée-maire du Moule, ont refusé de continuer à participer à ce qu'ils ont qualifié de déni à la liberté d'expression. Et pourtant, on ne peut pas dire que ces deux élus, soient à l'extrême gauche. Il faut rappeler que l'Université est le lieu de la liberté de pensée et d'expression et que la police ne peut intervenir que sur appel exprès du Président de l'université. A la demande écrite d'explications des collègues agressés, le Président de l'UAG a carrément demandé de chercher ailleurs un «bouc émissaire». Lors de l'assemblée générale du personnel et des étudiants convoquée le 22 février par plusieurs syndicats et organisations, plusieurs interventions ont dénoncé une action d'une violence digne de celle de gangs et qui pourrait s'exercer de nouveau demain. Une motion a été votée, exigeant que le Président de l'UAG vienne s'expliquer en AG sur cette action qu'il faisait mine d'ignorer. Aux porteurs de la motion, le président a reconnu que la BAC était autorisée à intervenir sur le campus «pour la protection des étudiants» mais qu'il ignorait ce qui s'était passé le 17. Le programme de la cérémonie n'était pas de sa responsabilité, dit-il.
Le 28 février 250 personnes étaient présentes à une AG: après une heure et demie d'arguties, le président de l'UAG a reconnu qu'il avait «pu faire des erreurs». Il a accepté l'idée et a fixé la tenue «d'assises sur la sécurité» visant à revoir le principe d'une convention signée avec la police.



Echo des TELECOM

LES AGENTS DU CENTRE EBOUE REFUSENT DE TRAVAILLER  DANS DES CONDITIONS INACCEPTABLES

Tous les agents du centre Eboué de FT ont fait valoir leur droit de retrait. Ils sont sortis des locaux et sont rassemblés depuis plusieurs jours devant le centre. Ceux de trois services l'avaient fait le mois dernier en raison d'odeurs insupportables. Mais aujourd'hui nous tous ne pouvons plus travailler dans ces locaux vétustes, amiantés datant de 1968 et néfastes pour notre santé.

IL N'Y A PIRE SOURD QUE CELUI QUI NE VEUT PAS ENTENDRE

Le CHSCT a fait remarquer une série de mauvaises conditions justifiant un droit de retrait. Il avait déjà fait un premier rapport: Travaux non terminés, champignons sur le faux plafond, salles poussiéreuses, augmentation de l'intensité du bruit, climatisation défectueuse. Malgré tout cela la direction n'est pas fichue de reloger les agents dans des locaux accueillants.
la position ferme de la CGTG

La CGTG PTT-Télécom dans son tract daté du 28 février 2011 déclare notamment: «il est à noter les absences de l'inspection du travail, la médecine du travail, des experts du représentant de la CGSS et ajoute: «la CGTG refuse le bricolage et exige le déménagement immédiat des salariés du site Eboué.» «pa té ni dot bitin a di ki sa! Bel pawol!»