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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 12 mars 2011      N° 1044


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Haïti
Deux candidats au services des intérêts des bourgeois

En Haïti, l'épidémie qui concerne l'ensemble du pays a causé jusqu'ici 4 627 décès et plus de 248 000 cas d'infection selon les autorités sanitaires. Les chiffres sont en dessous de la réalité en l'absence de décomptes fiables dans certaines zones qui ne sont pas bien couvertes par les équipes sanitaires. Plus de 800.000 Haïtiens, selon un rapport de l'ONU, vivent encore sous les tentes dans les environs de Port-au-Prince, notamment au Champ de Mars, ou quelques milliers de personnes ont tenu à sortir dans la rue pour le carnaval dont le parcours a été modifié du fait des décombres.
Comme toujours les élections ont été présentes dans le carnaval et les partisans de Mirlande Manigat et de Michel Martelly se sont côtoyés, avec leurs slogans respectifs. Même à minima, cette année, le carnaval a servi de tremplin aux deux candidats à la présidence. Les partisans de Martelly affirment que s'il est le président du compas, il peut être le président d'Haïti et ceux de Mirlande Manigat reprennent ses mots «il est temps de passer le pouvoir à une femme».
Mais entre ces deux là, qui représente les intérêts des travailleurs ; de ceux qui sont sous les tentes depuis plus d'un an, de ceux qui ne peuvent prévenir le choléra car ils n'ont aucune eau pour se laver ; aucune eau potable pour boire?
Ce n'est pas Martelly, lui qui dit qu'il est d'accord pour gouverner avec les anciens dictateurs comme Jean Claude Duvalier ou Aristide. Il ajoute qu'il est pour la réconciliation de tous les Haïtiens. Paroles d'opportuniste prêt à tout pour accéder au fauteuil et qui au final se range toujours du côté des possédants contre les plus pauvres.
Quant à Mme Manigat, elle a déjà été au pouvoir d'abord à côté de son mari en février 1988 suite au coup d'Etat militaire de Namphy, puis en tant que sénateur. Elle y a montré qu'elle n'avait aucune intention de changer le fonctionnement d'un gouvernement orienté pour satisfaire les besoins des nantis.
Voilà les promesses qu'ils agitent tous les deux, masquant la défense de l'intérêt des bourgeois sous des paroles différentes. Il n'y a que ceux qui veulent à croire à ces promesses qui seront déçus.



Grèves en Tunisie
Point de départ d'une nouvelle contagion?

Le journal patronal ;«Les Echos» fait état des grèves qui touchent la Tunisie, les grévistes réclamant notamment des augmentations de salaires et des embauches. Comme le dit un employé d'un hôtel en grève, «on n'a rien dit pendant 50 ans, alors maintenant c'est l'occasion ou jamais de parler».
Face à ces grèves, certains patrons - français notamment - s'organisent à leur façon, comme ce sous-traitant automobile qui vient «de s'acheter 4 pitbulls» pour protéger son entreprise. Encore un qui se croit encore au temps des colonies.
Eh bien, que les travailleurs entrent en lutte en Tunisie pour la défense de leurs propres intérêts est une très bonne chose. Car depuis la révolte contre Ben Ali et son régime, on entendait toutes sortes de prétendants au pouvoir pour qui les intérêts des travailleurs sont le cadet des soucis. Des politiciens avides de pouvoir, des démocrates modérés, des islamistes, loin des intérêts des masses pauvres, se voient déjà tirer profit de la situation pour s'imposer au pouvoir pas seulement en Tunisie mais en Egypte, Lybie, Yemen, Jordanie et dans les autres pays arabes. Mais seuls les travailleurs organisés ont la capacité de changer vraiment les choses.
Il ne faut pas oublier que la révolte est partie de la souffrance des travailleurs et des pauvres face à la montée des prix, du chômage, face à la crise qui les appauvrit de jour en jour. C'est donc à eux, les travailleurs, les chômeurs, les masses pauvres que les changements devraient profiter en priorité.
On ne connait pas vraiment l'ampleur de ces grèves en Tunisie et encore moins si elles peuvent s'étendre dans ce pays et autour. Mais si la contagion qui s'étend dans le monde arabe ne se limitait pas uniquement à la lutte contre les dictateurs, mais aussi à la défense des intérêts des travailleurs et de tous les exploités de tous ces pays, là les choses pourraient réellement changer. Et elles changeraient pour ceux qui en ont le plus besoin: les surexploités de ces pays soumis à une férule capitaliste impitoyable.



Côte d'Ivoire
Le début de la barbarie

Les derniers faits sanglants survenus en Côte d'Ivoire illustrent bien le titre de l'article. A Treichville, un quartier pauvre d'Abidjan, la semaine dernière, l'armée a tiré sur une manifestation de femmes, opposées au régime Gbagbo. Elle en a tué neuf et blessé bien d'autres dans des conditions atroces. Gbagbo a le soutien de l'armée, et Ouattara a celui des «forces nouvelles» rebelles, issues de cette même armée, qui dominent le nord du pays en état de sécession. En Côte d'Ivoire, le conflit qui oppose ces deux présidents, Gbagbo et Ouattara, chacun proclamé par deux instances différentes aux dernières élections, devient tragique pour la population.
A commencer par les fermetures d'usines dans un pays où le chômage était déjà catastrophique, par la hausse des prix des denrées, par une insécurité dans les quartiers populaires où les exactions sanglantes des militaires se multiplient. Dans ces quartiers la population vit dans un climat de peur, les bandes armées tirent à l'arme lourde toutes les nuits, les voleurs, les pilleurs s'en donnent à coeur joie, les racketeurs dressent des barrages pour rançonner les passants. Pour rentrer dans son quartier il est fréquent d'avoir à subir des dizaines de barrages qui sont juste distants de 100m. Les marchandes se plaignent de ne plus pouvoir vendre, les magasins restent fermés, les écoles aussi. Depuis des années chacun des protagonistes au sommet utilise une démagogie de plus en plus virulente contre les ethnies sur lesquelles s'appuie son rival. Une haine diffusée d'en haut qui finit par s'infiltrer dans la société. Des personnes se font assassiner, brûler vives juste parce que soupçonnées d'être de l'ethnie opposée.
Aller se faire tuer aujourd'hui pour Ouattara ou pour Gbagbo crée l'illusion naïve que l'un ou l'autre pourrait changer le sort des masses pauvres. C'est mourir pour rien. C'est mourir pour des fractions corrompues qui utilisent les masses pauvres pour le pouvoir et pour s'enrichir en liaison avec les capitalistes des grandes puissances occidentales!
C'est un sursaut des masses, une organisation politique et armée des travailleurs, sur une base de classe, et non ethnique qui pourraient mettre Ouattara et Gbagbo, ces deux crapules, dans le même sac et mettre fin aux massacres.



Caraïbes
Grève des étudiants de Porto-Rico

Les étudiants de l'Université de Porto-Rico (UPR) ont entamé un mouvement de protestation depuis 70 jours. Ils protestent contre la réforme universitaire du gouverneur Louis Fortuño qui impose en premier lieu, une taxe de 800 dollars aux étudiants, nécessaire à leur inscription à l'université publique. Le gouvernement veut également réduire les fonds nécessaires au bon fonctionnement de l'Université. L'UPR est répartie sur 11 sites dans le pays, tous sont concernés par cette attaque.
Cette taxe a favorisé la diminution du nombre d'étudiants à l'université. Cette année 10 000 étudiants n'ont pas pu la payer et devront être exclus. Selon un étudiant, il y avait environ 70 000 étudiants inscrits à l'UPR, aujourd'hui ils ne sont plus que 40 000.
Depuis le début de la grève, le gouvernement et les dirigeants de l'administration de l'université ont mis sur pied de nombreuses tentatives d'intimidations pour casser le mouvement. Ils ont mis en place un règlement qui interdit les réunions étudiantes à l'intérieur de l'université. Louis Fortuño, a envoyé la police, cette dernière a matraqué et arrêté des étudiants. C'est la première fois, depuis 30 ans que la police n'avait pas mis les pieds à l'intérieur de l'UPR, à cause de la mort d'un étudiant, tué par un policier lors d'une grève.
Suite à cette intervention des forces de l'ordre, des milliers de manifestants comprenant des professeurs, des étudiants et des travailleurs ont défilé le 11 février dernier, exigeant le départ de la police. Sous la pression, le gouverneur a été obligé de la renvoyer. En ce mercredi 23 février 2011 les étudiants ont décidé lors d'une assemblée générale de bloquer l'entrée de l'Université de Rio Piédras pour deux jours. Ils réclament l'élimination de la taxe de 800$, plus de fonds pour l'Université, qu'aucune sanction ne soit engagée contre ceux qui font la grève, et l'exclusion de la police de l'université «fuera la policía» (dehors la police). Une autre AG est prévue au milieu du mois de mars afin de décider sur la paralysie totale et générale de l'UPR.
Ces étudiants ont bien raison de se battre contre les attaques de l'Etat portoricain et des riches, qui veulent leur faire payer la note de la crise économique, laquelle a tendance à s'approfondir de plus en plus.



Libye
Les dirigeants impérialistes s'indignent... de l'usage des armes qu'ils ont vendues!

L'aviation et les troupes fidèles à Kadhafi ont lancé une contre-offensive contre les insurgés. Après seize jours d'insurrection, le dictateur libyen continue de s'accrocher au pouvoir au prix d'une répression sanglante qui aurait fait 6000 morts, dont 3 000 à Tripoli, selon la Ligue des droits de l'homme libyenne.
Les dirigeants des puissances impérialistes multiplient les déclarations hypocrites pour condamner Kadhafi et «l'usage de la force contre les civils». D'Obama à Sarkozy, ils ont tous un peu du sang libyen sur les mains car les armes utilisées aujourd'hui contre la population libyenne, ce sont entre autres celles que les Etats-Unis et la France ont vendues à Kadhafi, il n'y a pas si longtemps, à l'époque où il était encore «fréquentable»...
Brève de nos camarades de Lutte Ouvrière