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Combat Ouvrier N° 853 du samedi 8 février 2002 - PAGE 1

ÉDITORIAL

Guadeloupe: Barrages routiers et manifestations. Les patrons responsables!

Martinique: petites maoeuvres pré-électorales et bla-bla-bla sur le statut

Guadeloupe: Grève de l'ANPE. Négociations sur fond d'occupation des locaux et de mobilisation

ÉDITORIAL


LES GRÈVES DÉRANGENT LES EXPLOITEURS ET LEURS COMMIS POLITIQUES

Un certaine monsieur Vion, représentant des patrons de l'Hôtellerie, a déclaré que les touristes viennent aux Antilles pour «oublier leurs soucis» et non pas pour assister à des "débordements sociaux" , à des grèves, de l'électricité, de l'eau, à des barrages de routes etc... Cette déclaration est caractéristique de la mentalité du patronat.
Il veut exploiter les richesses touristiques des la Guadeloupe et de la Martinique, il veut faire des bonnes affaires dans des super-marchés qui poussent comme des champignons aux abords des villes. Ils se frottent les mains en vendant chaque années des milliers d'automobiles neuves, en exportant des bananes, du rhum, du melon, en touchant des subventions pour cela. Ils bénéficient des subventions de l'état, d'exonérations de charges sociales, pour créer des emplois (qu'on ne voit pas beaucoup!). Ils investissent pour bénéficier de la défiscalisation. Ils créent même des officines pour faire bénéficier les gros contribuables de cet avantage fiscal.

Tout cela c'est "tout bon" et cela rapporte ! Mais voilà, il y a des grèves! Comment s'en défaire? Comment ne pas en être victimes demandent les patrons. En Martinique, les patrons ont fait toute une opération séduction en direction des syndicats pour convaincre des vertus du "dialogue social". Ce qui n'empêche pas les grèves d'éclater. En Guadeloupe ce sont les élus et les notables de la Chambre de commerce qui montent à l'assaut pour faire reculer les travailleurs. Tout ce monde des patrons, élus, préfet etc, reconnaissent le droit de grève,la main sur le coeur. Mais, en pratique, ils veulent que les travailleurs subissent leur exploitation, les méfaits des patrons sans se batte, sans utiliser leur droit de grève.

Depuis la fin de l'année 2001 on a vu se dérouler en Guadelouope une importante vague de grèves qui s'est prolongée en 2002. Certains de ces conflits (EDF, CTM, employés Municipaux) sont aujourd'hui terminés. Mais d'autres continuent encore (ANPE, KFC lock-outé) ou viennent de démarrer (Affaire Sébastien, DDE en passe de finir). Au cours de ces grèves, les grévistes pour se faire entendre utilisent les moyens qu'ils ont à leur disposition, manifestations, occupation de locaux, ralentissements ou bocages de la circulation dans certaines zones économiques (Jarry, Pointe de la verdure etc...).
Alors, les patrons soutenus par certains élus comme Michaux-Chevry ou Gillot prennent position contre les "excès " ou contre les grèves elles mêmes. Mais les travailleurs n'ont aucun autre moyen de d'obtenir satisfaction. La preuve en est que c'est toujours après des jours, voire des semaines de grèves qu'on entend dire qu'ils ont obtenu satisfaction. On se demande pourquoi les gens en face d'eux, ne leur ont pas donné satisfaction plus vite? Ils pouvaient le faire dès le début de la grève! Aucun travailleurs, aucun membre de la population laborieuse ne peut se laisser abuser par ces propos anti-grévistes , anti- ouvrier. Il y a en Guadeloupe et Martinique tout un ramassis d'exploiteurs qui voudraient avoir les mains complètement libres pour faire du profit, pour imposer les salaires et les conditions de travail les moins favorables pour les salariés et avoir en plus la paix sociale.
Eh bien, les salariés qui se battent disent non. Il n'y aura pas de paix sociale à leur détriment et pour le profit d'une minorité de profiteurs locaux, européens, békés ou autres. Oui il y a aux Antilles une richesse touristique, c'est une véritable mine d'or (soleil, plages de sable!) mais elle ne doit pas servir uniquement à l'enrichissement de quelques uns. Les salariés ont raison de mener leurs luttes même si pour cela il faut déranger la tranquillité des touristes venus «oublier leur soucis»! Nous ne sommes pas un camp de vacances, ni un paradis tropical pour quelques uns. Au moins ils auront l'occasion de s'en rendre compte. Et c'est tant mieux.


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Guadeloupe

Guadeloupe: Barrages routiers et manifestations. Les patrons responsables!

Mercredi 6 février dernier, plusieurs barrages de protestation ont été érigés par les militants de l'UGTG. Aux abords des hôtels à Gosier, du Mac Donald's des Abymes, du siège du Crédit agricole à Petit Pérou, à Jarry sur la voie verte. Les raisons de ces barrages routiers sont multiples. Les militants de l'UGTG protestent contre le licenciement d'une employée au crédit agricole, contre le fait que Pascal Sébastien (gréviste de la faim en 1999. Des émeutes avaient éclaté) n'a pas été réintégré à son poste par le groupe Loret. Cette agitation était aussi une manière de soutenir ceux de l'ANPE en grève.
Deux militants de l'UGTG, dont Mirlin Davilé ont été interpellés et gardés à vue avant d'être libérés. L'un d'entre eux a été blessé au doigt par un membre des forces de l'ordre qui lui a marché dessus en lui disant «comme ça tu n'enverras plus de pierres sur les forces de l'ordre». Les patrons protestent contre les méthodes inacceptables des syndicats. Ainsi ces derniers voudraient licencier, exploiter, en silence, sans qu'il y ait de manifestations de mécontentement. Ils ont ce qu'ils méritent.



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Martinique

Petites maoeuvres pré-électorales et bla-bla-bla sur le statut

Avec le passage des candidats présidentiables ou de leurs porte-parole, on a vu des reclassements et positionnements qui ont surpris certains. C'est ainsi que Chevènement a rassemblé - comme il le fait en France - de bric et de broc. Son comité de soutien martiniquais qui s'appellera 'Alliance pour le progrès" rassemble dans ses rangs aussi bien Rodolphe Désiré, PPM ou ex-PPM (Qui le sait?), Lordinot qui est "lordinotiste", maire de Sainte Marie, que Thalmency le maire RPR du Lorrain qui passe donc de Chirac à Chevènement. Désiré ne cesse de vanter l'honnêteté ou le courage de son poulain aux présidentielles. Et de fait lui-même reprend les thèses de la transformation du statut dans le cadre constitutionnel, après avoir été fervent défenseur de la déclaration de Basse-Terre et de la région autonome. Mais dit-il, il faut faire un premier pas pour avoir un petit quelque chose. Après on verra!
Le même Désiré va donc appeler aussi à voter pour Marie-Jeanne aux législatives. Tous ces gens de droite, de gauche ou indépendantistes en parole, qui se retrouvent mêlés les uns aux autres ont au moins un point commun, ils ne défendent en rien les intérêts des salariés, des couches laborieuses. Désiré et autres sont les premiers à réclamer la paix sociale lorsque les travailleurs se mettent en grève pour obtenir leur dû. Lordinot on l'a vu à l'oeuvre contre les salariés de sa propre municipalité, contre les syndiqués de la CSTM. Alors lui aussi va-t-il faire un pas de mazurka avec Marie-Jeanne ? Cela pourrait bien arriver.
Rien d'étonnant à tout cela ! On danse un peu avec l'un puis avec l'autre demain, on se tient par la main entre gens du même monde des notables. Peu importe l'étiquette, pourvu qu'on ait l'ivresse du pouvoir (même limité!).



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Guadeloupe

Grève de l'ANPE. Négociations sur fond d'occupation des locaux et de mobilisation

A l'appel de plusieurs organisations syndicales, les travailleurs de l'Education nationale sont appelés à suivre un mouvement de grève le jeudi 24 janvier.
Il s'agit de réclamer à l'Etat, en sa qualité d'employeur d'appliquer également la réduction du temps de travail (RTT) aux enseignants et de fournir à ces salariés les moyens de mener à bien leur mission.
Le gouvernement, premier ministre en tête, fait la sourde oreille depuis des mois. En refusant d'appliquer la RTT aux enseignants, il contribue à les désigner comme une catégorie à part qui bénéficierait d'un supposé privilège. Ce faisant, il omet volontairement de dire dans quelles conditions ces salariés là travaillent : violence scolaire, manque de moyens, etc.
Quand les gouvernants veulent s'attirer la sympathie de cette catégorie de salariés, ils ne trouvent de mots trop élogieux pour vanter leurs mérites et les conditions dans lesquelles ils exercent leur «sacerdoce». Mais quand il s'agit de traduire par des gestes concrets leurs grandes déclarations, on ne les retrouve plus.



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