Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 23 février 2002 N° 854




À la une

ÉDITORIAL

Martinique: Les partis et le "congrès"

Le cirque électoral de Michaux-Chevry

Page 2

Tiens, Chirac, Jospin candidats... Quelle surprise!

Quand le KLNG s'oppose à la lutte des travailleurs pour les avantages sociaux au nom de l'indépendance!

Air Guyane en sursis

Martinique: Malgré les efforts du PPM, le bilan de Jospin défavorable aux travailleurs

Jean-Marie Nomertin remplace Claude Morvan à la tête de la CGTG

Page 3

Grand-Bourg: Mobilisation des agents communaux

Guadeloupe: Succès del agrève à la DDE

Moule: commémoration de la tuerie du 14 février 1952

Succès de la grève des employés de l'ANPE: la détermination a payé

Aéroport du raizet: restaurant chez Fifi's. 17 travailleurs licenciés

Le consommateur antillais: une manne pour France-télécom

Page 4

Moyen-Orient: Israël dand l'impasse


Le peuple qui en opprime un autre n'est pas un peuple libre

Haïti: la population courageuse réagit contre un trafic organisé par les politiciens

Ibo Simon et Michel Rodriguez condamnés par le tribunal de Pointe-à-Pitre

Sainte-Rose: une famille aux prises avec la SEMAG

La résistance des esclaves: une lutte permanente




mail Vous avez quelque chose à dire sur cet éditorial ou sur un article du journal?



Éditorial

Il vaut mieux exprimer son mécontentement en votant Arlette Laguiller plutôt que de sabstenir!

On le sait, le taux d'abstention aux élections est ici particulièrement élevé. Même lorsque les élections servent à désigner des élus de proximité tels que maires, conseillers départementaux ou régionaux, il y a une proportion délecteurs toujours très importante qui se détourne des urnes, soit par je m'en-fichisme, soit par dégoût envers la politique et les politiciens. Il est vrai que le comportement de ceux-ci a de quoi provoquer un tel dégoût. Combien d'affaires de détournements, de magouilles? Combien de promesses électorales oubliées? Combien de maires opposés à leur personnel municipal dans des grèves qu'ils font durer exprès pour tenter de briser le moral de ces travailleurs? Combien de gens qui passent d'un parti à un autre, changent d'étiquettes comme de chemises? Et que dire de tous ces politiciens qui se mettent en avant lors des conflits sociaux, non pas pour soutenir les salariés, les gens de la population en lutte, mais pour prendre le parti des patrons ou de l'administration?

Alors on comprend que des gens de la population pauvre, le plus souvent oubliés dans les plans et les réalisations des élus n'aient pas envie d'aller voter pour eux, qu'ils soient de gauche ou de droite.

Pour nous qui appelons à voter pour la candidature d'Arlette Laguiller, il est important que ces pauvres parmi les pauvres se rallient à ce que nous voulons faire. Car ces pauvres là pourraient peser lourd demain dans une lutte aux côtés des autres travailleurs, ceux qui ont encore un travail, une activité. Tous ensemble, ils pourraient constituer une force capable d'imposer l'application d'une politique de sauvegarde de l'intégrité physique et morale des travailleurs, des pauvres, des exclus. Au cours de ces presque trente années de crise économique où on a vu des bourgeois, des capitalistes, des nantis devenir outrageusement plus riches qu'avant. Tandis que la pauvreté se répandait ici même et partout dans le monde. Aujourd'hui, le programme que propose Arlette Laguiller c'est de donner un coup darrêt à cette situation. Il faut aujourd'hui obliger les riches, le grand patronat à prendre sur leurs richesses, sur leurs profits pour inverser la situation. On doit pouvoir créer plus demplois et pour cela l'état doit cesser de donner des milliards à ces patrons, à ces entreprises qui ne créent pas d'emploi et parfois ferment leur porte. A ces grands planteurs qui ne garantissent pas d'emplois à temps plein aux ouvriers agricoles et les paient au niveau le plus bas, à ces supermarché ou ces grands hôtels qui paient des employés au S.M.I.C. et les licencient comme bon leur semble.

C'est pour dire cela, pour dénoncer la politique des gouvernants depuis 20 ans qui, de gauche ou de droite, n'ont pas imposé une vraie politique de l'emploi, aux patrons, qui ont regardé des financiers s'enrichir sur le dos des entreprises, sans rien oser leur faire, des patrons licencier et bloquer les salaires depuis des années, sans rien leur imposer.

Alors nous disons, et pour les travailleurs en activité, et pour ceux qui sont chômeurs, exclus, écrasés par la misère quotidienne, que ce n'est pas en s'abstenant de toute expression politique qu'ils font le choix le plus juste, ni le plus efficace.

Face aux mensonges et aux trahisons des politiciens de tous bords, voter Arlette Laguiller est le geste plus efficace. C'est un geste qui peut faire mal aux responsables de l'exploitation et de la misère. Et non seulement cela fera mal aux possédants, aux politiciens trompeurs, mais cela va faire un bien immense au moral de tout le camp des travailleurs et des pauvres.

Des milliers de votes ici et des millions en France en faveur d'Arlette Laguiller, cela aura un sens et un effet particulièrement positifs. Ce sera le signe qu'un courant important de travailleurs et de pauvres ont le désir de prendre en main leur sort et sont d'accord pour que des réelles mesures immédiates soient prises pour enrayer le chômage, les licenciement et la misère. Et pour le faire en obligeant les riches à prendre sur leur richesse et sur les profits des entreprises et des financiers.




Martinique

LES PARTIS EN VUE DE LA NOUVELLE RÉUNION DU «CONGRÈS»

À quelques heures de l'ouverture des séances plénières du Congrès du 20 et 21 février 2002, l'atmosphère était fébrile dans les partis politiques.
Il y a ceux qui sont satisfaits des travaux menés en commission Ad Hoc et se félicitent des efforts effectués par les uns et les autres dans le but d'arriver sans trop de difficultés à un consensus sur un projet d'évolution institutionnel voire statutaire.
C'est le cas du PPM qui, par l'intermédiaire de S.Letchimy donne un coup de pouce au président actuel du Congrès C.Lise afin qu'il mène à bien l'élaboration d'un projet en faveur de l'autonomie.
C'est le cas de «Bâtir la Martinique» de P. Samot et aussi du PCM qui bien que n'ayant pas d'élus dans ces assemblées ne manquent pas une occasion d'afficher leur accord. Tout en déplorant que certaines de leurs propositions d'élargissement des consultations à des représentants de la société civile, aux associations ou aux syndicats, n'aient pas été prises en compte par les élus de la Commission Ad hoc, ils estiment qu'il serait dangereux de ne pas saisir l'opportunité de la LOOM (Loi d'orientation pour l'outre mer) pour mettre en place une nouvelle collectivité territoriale.
Les élus du MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais) qui ont participé également à ce projet de compromis sur l'évolution statutaire se montrent eux aussi favorables à une conclusion.
Les élus de ces partis annoncent qu'ils sont favorables à la création d'une nouvelle entité institutionnelle, remplaçant le département et la région, et bénéficiant de pouvoirs élargis. Resterait à régler entre eux les questions du mode d'élection et la définition des nouvelles attributions de cette nouvelle assemblée.
Mais au fil des séances de la commission Ad Hoc, d'autres partis ont fait connaître leurs divergences avec celles des élus majoritaires. La FSM, fédération socialiste de la Martinique vient de réaffirmer lors de sa convention de dimanche 17 février son attachement au statut départemental pour pouvoir, dit-elle, continuer à bénéficier de façon automatique des acquis sociaux rattachés à ce statut tant dans le cadre français que dans celui de l'Europe.
Quant à la droite, elle a effectué un revirement à 180° . Regroupant les élus RPR, notamment Turinay, Chalono et autres Lesueur autour de Miguel Laventure des FMP (Forces Martiniquaises de progrès) lors de la présentation du projet des FMP à Gros Morne. Elle est carrément partie en campagne pour le maintien de la départementalisation et contre l'autonomie. Elle entend bien le faire savoir lors des prochaines séances du Congrès.
D'autres élus se sont montrés plus discrets. C'est le cas de Pierre Petit de «Osons oser» qui après s'être affiché comme un partisan de la «Déclaration de Basse Terre»  de Marie-Jeanne et Michaux-Chevry, s'est montré plus distant de l'opération du Congrès de la LOOM. Il ne se trouvait pas dans le rassemblement de la droite du 17 février.
Il y a aussi, Rodolphe Désiré, sénateur-maire du Marin, démissionnaire du PPM, qui en son temps, avait affiché ses positions favorables à la déclaration de Basse-Terre et depuis se trouve en tête d'un comité de soutien du candidat à la présidentielle J.P. Chevènement. Et on sait que ce dernier a réaffirmé son opposition à tout changement de statut qui conduirait à une modification de la constitution, au nom de «l'unité de la république» Pendant deux jours, les uns et les autres auront l'occasion de s'exprimer devant micros et caméras.
Mais on le sait déjà il ne faudra pas attendre de tout ce petit monde qu'il prenne en compte en priorité les intérêts des travailleurs et de la population laborieuse dans ce débat.





Le cirque électorale de Michaux-Chevry

Invitée? Ou s'étant fait inviter, en «service commandé» par Chirac, ou pas  Lucette Michaux-Chevry a fait son petit cinéma en Martinique. C'était le dimanche 7 février à St Joseph avec son compère Pierre Petit leader du groupe politique de droite «Osons Oser» et les représentants du même groupe, à savoir Yan Montplaisir, Alfred Almont, Jennys Dulys, Félicia Nuissier. Lucette Michaux-Chévry est venue faire son cirque électoral et apporter son soutien à Jacques Chirac pour les prochaines élections présidentielles.
Elle a dénoncé le fait que des postes de fonctionnaires (Agriculture, Équipements, météo) sont occupés par des métropolitains et même que des entreprises métropolitaines n'embauchent pas localement.
Après avoir été ministre dans le gouvernement de Chirac, soutenant ainsi sa politique d'austérité contre les classes exploitées, elle veut faire croire à l'électorat de droite qu'elle combat le chômage, l'insécurité. Puis comme pour s'excuser de ces hardiesses elle a voulu rassurer le patronat martiniquais qu'elle n'est pas «une indépendantiste». Elle a eu pour cela une rencontre avec les «socio-professionnels» comme on dit.
Michaux-Chevry a tenté de couper l'herbe sous les pieds de Chevènement qui par son opposition à tout changement de statut essaie de ratisser large en récupérant une partie de la droite la plus conservatrice et des RPR «pur et dur» après son récent passage. Il fallait donc rassurer les troupes et tenter de donner un second souffle à la droite martiniquaise de Pierre Petit et autres. Alors oui, beaucoup de gens parlent de l'admiration qu'ils ont pour Michaux Chevry, de son «courage» de son «culot», de sa «force» etc, etc... Mais Michaux n'est qu'une politicienne rusée. Malgré ses facéties, son parler créole populaire pour flatter le petit peuple , elle n'est pas l'alliée et le défenseur des travailleurs. Elle en est l'ennemi. Elle est du côté du patronat arrogant tout comme Chirac pour lequel «elle roule» depuis des années. C'est une politicienne rompue à toutes les manœuvres, soupçonnée par la justice de son État elle-même de malversations financières. Ses amis politiques de la Martinique sont de la même veine. Ils sont tous responsables directs ou indirects du chômage, de la misère, des difficultés des travailleurs et de la population laborieuse. Ces gens là doivent être résolument combattus par les travailleurs.





Accueil > Archives > e-mail 

Copyright © 2001-2002 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.