Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 9 mars 2002 N° 855




À la une

ÉDITORIAL

Aéroport Pôle Caraïbes: les travailleurs licenciés de la SERBA poursuivent leur mobilisation

Martinique: En marge du procès de l'ex-directeur de la PACT. La lutte contre le harcèlement sexuel et contre l'exploitaion des femmes

Guadeloupe 1 ère circonscription: une tempête dans un verre d'eau

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Après le X ème congrès de l'UGTG

Quand certains utilisent la commémoration des exploités d'hier pour mieux maintenir ceux d'aujourd'hui dans l'exploitation capitaliste

8 mars: journée internationale des femmes

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Les gendarmes agressent les travailleurs d'Air Guyane

Grève des municipaux de Petit-Canal Mitel, pire que tous les autres maires face aux grévistes

Baie-Mahault: la grève du lycée Trioncelle

Extrait du bulletin: "écho de l'aéroport" (Abymes)

Guadeloupe AFPA: scandaleuse décision de la région à l'encontre des stagiaires

Guadeloupe: grogne dans l'enseignement

Grand-camp Abymesles employés de la SAGEFI ne baissent pas les bras

Révoltes d'esclaves aux Amériques

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VIC


Combat Ouvrier soutient Arlette Laguiller aux élections présidentielles Extrait de l'intervention d'Arlette Laguiller au meeting de la Roche sur Yon le 15 février

Nigéria Une femme condamnée à être lapidée à moitié enterrée




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ÉDITORIAL

NOUVELLE COLLECTIVITÉ, ASSEMBLÉE UNIQUE, POUR DÉFENDRE QUELS INTÉRÊTS?

En Martinique, s'est tenue le lundi 4 mars, la quatrième journée de réunion plénière du Congrès, Rappelons que cette assemblée est composée des élus des deux assemblées locales, Conseil général et Conseil régional.
Ces élus ont voté pour doter la nouvelle assemblée (nouvelle collectivité proposée au gouvernement!) de pouvoirs réglementaires, permettant de modifier ou d'adapter les décrets d'application des lois votées par le parlement français. Cette assemblée unique sera également dotée d'un pouvoir législatif «encadré» lui permettant de légiférer dans les domaines de compétence qui lui seraient reconnus en propre.
Le même jour, les élus du «Congrès» ont décidé à l'unanimité que l'élection de la nouvelle assemblée se ferait par un scrutin de liste à la proportionnelle et en respectant la parité homme - femme sur une seule circonscription avec une barre limite de 5% des voix pour obtenir des représentants. Elle serait composée de 75 élus.
Une large majorité des élus de la gauche traditionnelle du "PPM", de la "FSM", les "divers gauche", ceux de "Bâtir le pays Martinique" de P.Samot, les indépendantistes du "MIM", du "Palima" ou du "Modemas", mais aussi ceux de la droite de «Osons Oser» de Pierre Petit avaient voté pour une nouvelle collectivité de Martinique qui selon leurs vœux, garderait ses liens avec la France et avec l'Europe.
Seuls les élus de droite de «Forces martiniquaises de progrès» de Miguel Laventure ont exprimé tout au long des séances leur opposition à toute modification institutionnelle qui ferait disparaître le cadre du département. L'assemblée unique aurait des compétences accrues dans les domaines partagés avec l'Etat et des compétences qui lui seraient propres (sans partage avec l'État) dans certains domaines, notamment en matière de logement, d'environnement, de transports et de politique culturelle et sportive.
La plupart des élus toutes tendances politiques confondues s'est entendue sur des propositions proches de celles préparées en commission ad hoc. Néanmoins, face aux craintes, exprimées ou non par la population et par leur électorat, les élus se sont montrés unanimes pour affirmer que le maintien des «acquis sociaux»  devrait être garanti. Par ailleurs les interventions de certains élus, notamment sur le mode de scrutin de liste et sur la question de la parité homme - femme ont permis, semble t-il, de faire en sorte qu'une large majorité des élus vote pour le scrutin de liste.
Les élus semblent donc prêts de réussir un examen de passage qui leur a été proposé par l'État en guise de solutions portées aux problèmes de la majorité de la population.
Le vote pour une assemblée unique et les autres décisions constituent-ils une bonne ou une mauvaise chose pour le camp des travailleurs et des opprimés ? A priori, les travailleurs, pour autant qu'ils s'y intétressent, ne considèrent pas que de telles décisions seraient mauvaises pour eux. Mais s'ils n'ont pas de raison d'être mécontents des votes tels qu'ils se sont déroulés lors du congrès, ils n'ont pas de raison non plus d'être satisfaits.
En effet, ils ne savent pas ce qui se cache derrière ces décisions. Ou plutôt, ils ont toutes les raisons d'être méfiants car pour l'instant ces débats sont restés cantonnés dans l'ambiance feutrée du Conseil Général, bien loin des préoccupations réelles de la population et sans l'intervention des masses. Il ne s'agit pas d'un «oubli», mais bien du choix des élus. Alors, la population laborieuse n'aura pas à attendre grand chose de ce qui ne sera qu'un réaménagement du pouvoir entre État bourgeois français et élus martiniquais au service des intérêts des plus riches et des nantis. Et ce sera à son détriment si elle ne prend pas garde à ses propres intérêts.




AÉROPORT PÔLE CARAÏBES: LES TRAVAILLEURS LICENCIÉS DE LA SERBA POURSUIVENT LEUR MOBILISATION

Ces 17 jeunes travailleurs ont été licenciés brutalement le 8 février dernier, suite à la liquidation judiciaire de leur entreprise, le bar Fifi's de l'aéroport. Depuis lors, ils restent mobilisés. Après plusieurs meetings et prises de paroles sur le site de l'aéroport, ils se sont rendus chez le directeur d'exploitation de la CCI, pour obtenir des informations sur une éventuelle reprise. Ils avaient demandé un rendez-vous par courrier, mais ne recevant aucune réponse, ils se sont rendus le jour dit dans les bureaux de ce monsieur, qui était «absent». Comme les licenciés refusaient de quitter les lieux, il a fini par les recevoir après plusieurs heures d'attente. Selon ses dires, il n'y aurait pas pour l'instant de proposition de reprise. Le problème du prix trop élevé demandé par la CCI pour ses locaux fait reculer les éventuels repreneurs. Concernant le montant du loyer, le directeur d'exploitation n'a pas voulu avancer de chiffre précis. Mais plusieurs compagnies ont déjà contacté la CCI pour déplorer l'absence d'un restaurant à prix abordable sur le site pour le personnel et pour les usagers. Les licenciés veulent retrouver rapidement du travail et ils veulent être embauchés en priorité en cas de reprise. Ils sont donc toujours mobilisés et n'entendent pas en rester là.




Martinique
En marge du procès de l'ex-directeur du PACT. La lutte contre le harcèlement sexuel, contre l'exploitation des femmes.

Le directeur du PACT Martinique a comparu les lundi 4 et mardi 5 mars 2002 devant le tribunal correctionnel de Fort de France. Deux femmes ont en effet porté plainte. Le procureur de la plainte a demandé aux juges de condamner cet individu à une peine de prison avec sursis ainsi qu'à une amende.
Ce procès est, la presse l'a souligné, une première ici en Martinique. Car oser traîner son patron devant les tribunaux demandait beaucoup de courage.
Une des deux femmes a eu l'occasion de solliciter la CGTM, il y a quelques années, pour exposer les demandes pressantes de son chef, les remarques et autres insultes qu'elle devait supporter pour avoir oser résister. Et ce jusqu'à son départ forcé en France pour retrouver un peu de paix disait-elle. La défense de Cayol parle de "complot". Quoiqu'il en soit, il est vrai que dans cette société, la femme est encore considérée par certains hommes, souvent exerçant à des postes de responsabilité, comme une chose qu'ils peuvent utiliser comme bon leur semble. Et parce qu'ils occupent une position sociale en vue, ils pensent être intouchables. D'autant plus qu'ils sont soutenus ou protégés par d'autres individus, qui bien qu'informés de telles pratiques, gardent un silence complice.
Si cette affaire permettait que d'autres femmes prennent leur courage à deux mains (car ce n'est pas si facile) pour dénoncer les tracasseries qu'elles subissent ce serait une bonne chose.
Car oui, il faudrait que les femmes dénoncent, poursuivent et fassent condamner ceux, qui profitant de l'autorité que leur confère leur travail, en usent pour les tracasser sur le plan sexuel et moral. Mais mieux si elles pouvaient, soutenues par d'autres hommes et femmes collègues de travail ou pas, réagir du tac au tac, créer un rapport de force dans l'entreprise et ailleurs ce serait plus efficace. Elles mettraient ainsi à la raison ceux qui les harcèlent, jusqu'à leur ôter même l'idée de le faire. Car trop d'hommes se sentent couverts et trop sûrs de l'impunité dans ce genre d'affaires. Nous le répétons, ce n'est pas si simple. C'est pour cela que la lutte contre le harcèlement sexuel à l'encontre des femmes doit être l'affaire de tous, hommes et femmes, de tous ceux qui n'acceptent pas qu'on foule aux pieds la dignité humaine.





Guadeloupe 1ère circonscription: une tempête dans un verre d'eau!

Daniel Génies a annoncé publiquement le soutien de son parti, le PPDG (Parti Progressiste Guadeloupéen) à Daniel Marsin, député sortant de la 2eme circonscription. Rappelons que Marsin n'est pas officiellement membre de la Fédération socialiste de la Guadeloupe, du PS français mais du mouvement, légèrement dissident, de Larifla, G.U.S.R. (Guadeloupe Unie Socialisme et Réalité). Cette décision fait quelques vagues au sein de la gauche. Du même coup Eric Jalton membre du parti socialiste (fédération de Guadeloupe) a annoncé sa candidature dans la même circonscription. Il n'y aura pas de candidat unique de la gauche. Eric Jalton est d'autant plus mécontent que son propre parti, le PS, ne le soutient pas mais se range sur les mêmes positions que le PPDG en faveur de Daniel Marsin. Pas fous, ils misent sur le gagnant actuel maire des Abymes. Eric Jalton a même déclaré qu'il pourrait quitter le PS en considérant l'attitude de son parti comme une offense.
Toutes ces querelles étalées par les médias donnent le ton d'une campagne politique à laquelle on est déjà habitué : petits crocs en jambes, attaques personnelles, alliances en tous genres, bref rien d'important. Beaucoup de bruits pour des petites querelles politiciennes.





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