Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 1 juin 2002 N° 860
À la une

ÉDITORIAL
Commémorer les luttes contre l'esclavage ne doit pas masquer la lutte pour l'émancipation des esclaves modernes, les travailleurs!


VOTER POUR NOS CANDIDATS! Travailleurs, gagnons le changement par notre mobilisation!

Pour combattre l'insécurité, il ne faut pas seulement la police, mais aussi la solidarité et la création d'emplois

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Halte à la dégradation des services publics!

La politique de Chirac dans les DOM: encore plus pour les patrons

Le gouvernement Raffarin, gouvernement du grand patronat et des riches

Haïti: encore des boat people victime de la misère

Mai 67... Il y a trente cinq ans

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Guadeloupe: les agents du CFA Chambre des métiers veulent du respect

la grève de 48 h des agents municipaux pour soutenir ceux de Petit-Canal

Encore des logements insalubres pour la population

Martinique: EDF en matière d'embauche la direction entend-elle imposer sa loi?

Guadeloupe: KFC-c'est le patron qui est responsable du climat de violence, pas les grévistes ni le syndicat

Pointe-à-Pitre: deux jours de grève à la SOGIG

Lamentin (Guadeloupe): les employés municipaux de nouveau en grève

Martinique: les travailleurs ont haussé le ton pour mettre la direction au courant

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Déclaration de Ghislaine Joachim-Arnaud, Danielle Diakok et Philippe François Anaïs,
Nos candidats aux élections législatives de juin 2002 en Martinique et en Guadeloupe


Danielle DIAKOK: une travailleuse combative

Ghislaine JOACHIM ARNAUD: une travailleuse, une militante communiste révolutionnaire

Philippe François ANAÏS: un militant de longue date de la classe ouvrière

Jean-Jacques MAGIT: une vie de travailleur en lutte!

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ÉDITORIAL

COMMÉMORER LES LUTTES CONTRE L'ESCLAVAGE NE DOIT PAS MASQUER LA LUTTE POUR L'ÉMANCIPATION DES ESCLAVES MODERNES,  LES TRAVAILLEURS!

Des manifestations officielles de grande ampleur ont eu lieu cette année en Guadeloupe pour commémorer le le bicentenaire des combats de Delgrès et d'Ignace et les luttes menées contre le rétablissement de l'esclavage. Différentes reconstitutions vivantes de ces événements ont été organisées au fort Delgrès, à Baimbridge à Matouba. Ces pages d'histoire ont été enseignées dans les écoles. L'un des ouvrages historiques sur la période a été gratuitement offert par le Conseil Régional dans certains établissements.
En marge de ces manifestations officielles de nombreuses initiatives ont été prises par différentes organisations culturelles dans les communes où ont eu lieu des mises en scènes, des rallyes, des visites de sites historiques, des débats. Les syndicats ouvriers aussi ont commémoré ces événements. L'UGTG et la CGTG, ainsi que des syndicats enseignants, des organisations politiques et culturelles se sont regroupés pour organiser une marche de trois jours de Basse-Terre à Pointe-à-Pitre avec des arrêts sur différents sites historiques. Ces manifestations ont été bien suivies dans l'ensemble de la Guadeloupe.
On est donc loin de l'époque coloniale où les autorités occultaient volontairement l'histoire antillaise et tout ce qui avait trait à la lutte anti esclavagiste en particulier. Rappelons-nous qu'il suffisait que certains en parlent pour être mis à l'index et apparaître comme de dangereux séparatistes ou révolutionnaires. Pendant longtemps, ce sont les étudiants de l'AGEG (association générale des étudiants guadeloupéens), de l'AGEM, les militants du Parti Communiste martiniquais ou guadeloupéen, de Combat ouvrier, du GRS, des militants nationalistes qui furent les seuls à relater, expliquer ou commenter en cercle restreint les faits historiques de la période révolutionnaire aux Antilles, celle de mai 1802 comme de mai 1848 en Martinique. Si aujourd'hui les événements de mai 1802 sont reconnus officiellement, que la journée du 22 mai en Martinique et du 27 mai en Guadeloupe sont journées chômées, c'est le résultat de plusieurs années de mobilisation dans le passé. En Martinique, des militants ont été réprimés pour cela dans les années 70. Rappelons-nous comment pendant plusieurs années chaque 22 mai était une journée de manifestations de rue, d'échauffourées avec les gendarmes.
Alors particulièrement en Guadeloupe, on a vu tous les officiels, notables, les présidents des assemblées locales, le préfet et d'autres commémorer en grande pompe de bicentenaire de la lutte des Delgrès et d'Ignace contre le rétablissement de l'esclavage en mai 1802. Mais tous ces gens là qui fêtent la lutte des exploités d'hier sont ceux la même qui participent à celle des exploités d'aujourd'hui. Ce sont eux qui pestent contre le fait « qu'il y a trop de grèves », eux qui soutiennent les exploiteurs, les patrons avec toutes sortes d'allégements fiscaux et sociaux. Lucette Michaux Chevry n'a pas eu un mot pour soutenir les Haïtiens victimes des exactions de voyous après l'appel aux violences contre les Haïtiens lancés par Ibo Simon. Tout ce personnel politique à la solde des gouvernements de gauche et de droite est en réalité solidaire de la politique de grande puissance dominatrice de la France dont les grosses sociétés qui pillent encore l'Afrique et les quatre coins du monde. Ils sont solidaires de gouvernement qui sont responsables du génocide au Rwanda par exemple, de guerres en Afghanistan, en Irak ou des milliers de gens meurent sous leurs bombes. Ils sont solidaires de gouvernements qui produisent des milliers et des milliers de chômeurs, de travailleurs précaires, de pauvres.
Le fait de commémorer la lutte des exploités d'hier ne leur sert qu'à masquer leur soutien aux exploiteurs d'aujourd'hui. Or l'esclavage moderne, la domination capitaliste maintient les travailleurs et toute la société sous la domination des riches. C'est avec la même détermination et le même courage des esclaves noirs des Antilles que les travailleurs et les exploités doivent se battre pour une société débarrassée de l'exploitation. C'est ce lien entre la période esclavagiste et celle d'aujourd'hui qui donne toute sa signification aux événements de mai 1802.
Et si ces commémorations ont pu faire apparaître ce lien là dans la conscience de jeunes, de travailleurs, il leur servira demain pour lutter contre tous les exploiteurs d'aujourd'hui et leurs auxiliaires politiques.



VOTEZ POUR NOS CANDIDATS!
TRAVAILLEURS ,GAGNONS LE CHANGEMENT PAR NOTRE MOBILISATION!

  • GHISLAINE JOACHIM-ARNAUD 50 ans. Technicienne de laboratoire. Candidate dans la circonscription du centre de la Martinique
    Suppléant: Jean –Jacques Magit. Ouvrier métallurgiste.
  • DANIELLE DIAKOK 44ANS . Employée d'assurances. Candidate dans la 1ere circonscription de la Guadeloupe.
    Suppléant: Max Céleste. Journaliste
  • Philippe FRANÇOIS ANAIS. 59 ANS Enseignant. Candidat dans la 3ème circonscription de la Guadeloupe.
    Suppléante: Lita Dahomay. Enseignante.

POUR COMBATTRE L'INSÉCURITE, IL NE FAUT PAS SEULEMENT LA POLICE, MAIS AUSSI LA SOLIDARITÉ ET LA CRÉATION D'EMPLOIS

Chirac promet d'augmenter les forces de l'ordre pour s'opposer aux délinquants. C'est une revendication souvent exprimée par les commerçants mais aussi par de nombreuses familles ouvrières vivant dans les cités. Pourtant la population connaît des cas où la police n'est pas intervenue et même où elle a frappé injustement des gens et souvent des jeunes. On peut citer à Morne à l'Eau l'intervention de gardes mobiles racistes et qui ne s'en sont pas cachés. Alors, la police, bien sûr, on ne peut s'en passer, mais elle n'est efficace qu'à la condition d'être liée à la population. Une police efficace dans les quartiers, c'est une police de proximité, qui hésitera à tirer sur tel ou tel, parce qu'on connaît sa famille. Mais les possédants préfèrent une autre police, celle qu'elle peut utiliser contre les grévistes, les manifestants. Pour cela ils préfèrent enfermer les forces de l'ordre dans les casernes, les couper des travailleurs, de la population.
Alors il reste la solution de se regrouper entre habitants d'un quartier, d'une cité, pour combattre d'éventuels agresseurs ou casseurs. Ne pas détourner son regard alors qu'une personne âgée se fait voler son sac, s'organiser. Ainsi sur la place de Morne-à-l'eau, les enfants ne pouvaient plus jouer. Un groupe avait décidé d'y établir un marché de la drogue et du “business”. Des habitants se sont attaqués avec succès à cette occupation intolérable. Ce type d'action collective est un exemple.
Toutefois, le problème restera entier tant qu'une majorité des jeunes des quartiers pauvres seront condamnés au chômage. Un jeune travailleur, actuellement actif dans un syndicat le dit clairement " : Quand je ne travaillais pas encore, j'allais chaque matin boire des "macaques" (sorte de cocktail détonant à base bière, rhum ou autre poison) au coin de la rue."
Le travail, la fraternité de la lutte syndicale lui ont redonné le goût de vivre décemment.




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