Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 15 juin 2002 N° 861
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ÉDITORIAL
Pour changer son sort: il faut passer de l'abstention massive à la lutte dans les entreprises et dans les rues


LE RMA: UN SALAIRE MINIMUM ÉGAL AU RMI?

Guadeloupe: MOUVEMENT DE COLÈRE DES SALARIÉS DE LA STTP

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Guadeloupe: POURSUITE DE LA GRÈVE À CAMA RENAULT

Guadeloupe: GRÈVE AU BUREAU DE POSTE DE SAINTE ANNE

CFA: LA DIRECTION JOUE LA MONTRE

Guadeloupe: SIGNATURE D'UN ACCORD A KFC APRÈS 7 MOIS DE GRÈVE

Martinique: POINT.COM, UN EXPLOITEUR EN DIVAGATION

PETIT CANAL: LE MAIRE PRÉPARE T-IL UNE ÉPREUVE DE FORCE?

Martinique: “MANSOUR Chaussures” ferme. Le patron veut mettre 30 employés à la rue

Martinique: Les affaires des capitalistes locaux se portent bien… pas celles des travailleurs

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PREMIER TOUR DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES EN MARTINIQUE

Guadeloupe: PREMIER TOUR, LA GAUCHE “SOCIALISTE” VICTIME DE SA PROPRE POLITIQUE

Guadeloupe: dans la première circonscription, le marais nauséabond d'une gauche combinarde

ÉCHO SUR L'ABSTENTION

DIVISIONS ET CONFUSIONS

Résultats de Combat Ouvrier en Martinique et en Guadeloupe

Capesterre-B-E: BARRAGE DES PETITS PLANTEURS... CONTRE LA SCOP DES OUVRIERS AGRICOLES

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Mai 1802 en Guadeloupe: derniers combats contre le rétablissement de l'esclavage par Bonaparte

LES RÉSULTATS DU PREMIER TOUR DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES EN FRANCE

CAPESTERRE BELLE-EAU: SOUTIEN À MARGARET PAUL MENACÉE D'EXPULSION!

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ÉDITORIAL

Pour changer son sort: il faut passer de l'abstention massive à la lutte dans les entreprises et dans les rues

Après avoir constaté l'importance de l'abstention aux Antilles, près de 70% des inscrits, les commentateurs divers ont invoqué, les uns, les fêtes religieuses du dimanche, d‘autres la coupe du monde de football ou le manque de civisme des citoyens, etc. Mais tous ces arguments ne servent qu'à masquer la vraie raison de cette désaffection de plus des deux-tiers des électeurs pour ces élections. Les chiffres de cette abstention massive traduisent surtout le dégoût, l'écoeurement d'une grande partie de la population travailleuse et pauvre. Celle-ci ne voit vraiment pas de raisons de voter pour l'un ou l'autre des candidats. Car tous ces gens là ont soutenu à tour de rôle des gouvernements de droite ou de gauche qui ont agi contre les intérêts des travailleurs et des couches pauvres.
Mais à ces raisons politiques générales, s'en ajoutent d'autres. C'est tout le milieu politique qui subit une perte de confiance totale de la majorité de la population. Car le comportement des politiciens a de quoi la choquer. Aujourd'hui, on voit des gens de gauche qui soutiennent ou s'allient avec des gens de droite, des indépendantistes qui eux sont tantôt à droite tantôt à gauche! Il y a de quoi s'y perdre. A l'intérieur des partis c'est la guerre permanente, parfois larvée, parfois ouverte pour des questions de postes, de préséance. Et cela entraîne des divisions au gré des ambitions personnelles!
C'est toute cette situation de confusion, de valses des étiquettes politiques, des alliances bizarres qui provoquent la défiance de la population laborieuse. Cela, d'autant plus que tous ces gens sont tous d'accord entre eux sur les politiques qui favorisent les patrons, au détriment des intérêts des travailleurs. Par exemple, quand il s'agit de distribuer des subventions, une défiscalisation, des exonérations, des primes aux patrons pour créer des emplois qu'on ne voit pas apparaître ou pour maintenir des bas salaires. Tous ces politiciens, quelle que soit leur étiquette du moment, trouvent normal que ce soient les travailleurs qui fassent les frais de ces politiques.
Il n'est donc pas surprenant que les travailleurs et les couches pauvres, les chômeurs, etc... , ne se sentent pas concernés par des élections qui ressemblent plus à un combat de groupes maffieux pour conserver des fiefs qu'à un affrontement d'idées et de programmes. Mais autant nous pensons que les élections permettent de savoir ce que pensent les différentes couches de la population, vers quoi elles penchent, autant nous ne croyons pas que les élections puissent changer en rien le sort des travailleurs et des couches pauvres de la population. Et de fait, l'abstention - vu son importance - donne une réelle indication sur ce que pensent les plus de deux-tiers des inscrits. Et on peut voir que ce sont surtout les plus pauvres qui s'abstiennent.
Alors ce n'est pas dans les urnes que se trouvent les solutions à leurs problèmes, mais dans leur capacité se battre sur le terrain qui est le leur: les entreprises des villes et des campagnes, les rues des villes et des quartiers où ils vivent. C'est en se battant là qu'ils pourront changer leur sort. Mais pour cela il faut dépasser le sentiment de rejet, d'écoeurement pour le transformer en une volonté de bousculer les gens en place, pour obliger les riches, les exploiteurs à rendre des comptes et à prendre sur leurs richesses pour que change le sort des pauvres.



LE RMA: UN SALAIRE MINIMUM ÉGAL AU RMI?

Pendant des années les travailleurs des DOM ont eu des salaires très bas, sans la notion de salaire minimum. Puis sont arrivés le SMIC, pour les employés et ouvriers, et le SMAC, plus bas, pour les ouvriers agricoles. Le syndicat CGTG des ouvriers de la Banane a obtenu l'égalité du SMAC et du SMIC. Mais celui ci restait toujours inférieur à celui de France. C'est très récemment, en 1996, que le SMIC des DOM a rattrapé le SMIC de France. Jusqu'à cette date, il était encore 20% plus bas. Les patrons se sont élevés contre cette augmentation de près de 1000 F du SMIC local. Ils n'arrêtent pas de se plaindre que le SMIC est trop cher. Cette affirmation sert même de prétexte à certains patrons pour récupérer en espèces une partie des sommes déclarées sur la feuille de paie et virées aux salariés.
Depuis quelques années, face à la montée du chômage et de la misère, le gouvernement a institué le RMI, revenu minimum d'insertion. Dans les milieux patronaux, cette aide versée aux sans ressources, est intolérable. Pour eux, l'argent de l'État doit servir à verser de grosses subventions aux patrons, pas à aider les plus pauvres. Ils ne voient pas le désespoir de ceux qui n'ont rien. Cette propagande anti-RMistes est menée sur les médias. Des chanteurs populaires, et même des travailleurs, mécontents de toucher si peu pour beaucoup de travail, la reprennent. Cette propagande consiste à dire que “recevoir de l'argent sans travailler encourage la paresse”. Bien entendu personne ne s'inquiète de savoir qui pourrait embaucher ces RMistes.
Dans ce concert anti-RMistes, le chef de file de la droite en Guadeloupe s'est fait souvent entendre. Mme Michaux-Chevry a toujours demandé la fin du RMI. Elle propose que l'État donne directement cet argent aux patrons afin qu'ils créent des emplois. Cette dame fait mine d'ignorer que les patrons touchent déjà des milliards de subventions (1 milliard de francs de la Région Guadeloupe en 2001) et qu'il y a toujours autant de chômeurs. Les assistés, ce sont les patrons. Elle se moque du fait que les seuls emplois créés sont de “petits contrats” (CIA, CES…) dans la Fonction publique.
Avec la venue de la droite au gouvernement, Michaux-Chevry jubile. Elle va pouvoir mener cette politique d'assistance pour ses amis capitalistes et contre les pauvres. Elle propose qu'on donne du travail aux RMistes. Jusque là, il n'y a rien à dire, “Revenu Minimum d'Insertion”, cela voulait dire accession à l'emploi pour celui qui touche, un moment, le RMI. Le problème était bien que ceux–ci n'étaient pratiquement jamais “insérés par le travail” dans une société plus souriante. Mais ce que propose Michaux-Chevry est que ce travail soit payé… au tarif du RMI, avec seulement un changement de nom. Ce ne sera plus le RMI, mais le RMA, Revenu Minimum d'Activité. Avec un tel nom, le patron de n'importe quelle entreprise des DOM pourra très officiellement proposer aux travailleurs un salaire minimum de 2500 F par mois (380 euros) puisque c'est le revenu minimum d'activité.



Guadeloupe: MOUVEMENT DE COLÈRE DES SALARIÉS DE LA STTP.

Depuis le lundi 10 juin, les salariés de la Société de Transport des Produits Pétroliers (STTP) bloquent l'entrée de la Cabotra à Jaula au Lamentin. L'approvisionnement de certaines stations comme Total ELF, Texaco risque d'être de plus en plus mal assuré. Depuis mercredi dernier, les stations service sont prises d'assaut par les automobilistes inquiets. Les salariés de la STTP protestent contre le non-respectt d'un protocole d'accord qui a été signé en avril 2001 suite à leur mobilisation 23 mars au 13 avril de la même année. Cette mobilisation a été déclenchée suite à la décision de Bernard Hayot, propriétaire de la STTP de vendre la société à la Cabotra en assurant à cette dernière le monopole du transport des hydrocarbures en Guadeloupe. Les salariés eux proposaient de reprendre la société en créant une SEM ( Société d'Economie Mixte) Cette proposition des salariés a finalement été acceptée par les deux assemblée locales après signature d'un accord. En attendant les salariés ont été mis en stage de formation. Mais à l'issue de cette formation ils se sont rendu compte que rien n'avait été fait concernant la création de la SEM. Ils ont donc décidé de se mobiliser à nouveau pour faire respecter l'accord. Le Conseil Général renvoie la balle au Conseil Régional en déclarant que cette affaire est du ressort de l'Etat. Que ce soit les patrons ou les responsables politiques ils se moquent éperdument des travailleurs. Le béké Bernard Hayot a vendu sa société pour 475 millions de centimes à la Cabotra sans tenir compte des propositions des salariés. Quant aux dirigeants des deux assemblées ils ne respectent pas leur engagement et ne montrent pas une véritable volonté de régler les problèmes. Et ce sont ces mêmes responsables politiques qui s'en prennent aux travailleurs quand ces derniers se mettent en colère.




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