Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 29 juin 2002 N° 862
À la une

ÉDITORIAL
Pour mettre un frein aux attaques contre les travailleurs: la lutte!


Pas de "coup de pouce" au SMIC. Coup d'envoi de la politique anti-ouvrière!

Martinique: Point.com, le patron, un délinquant impuni, en fuite sous les huées

Guadeloupe: Mittel a fini par céder

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Basse-Terre: grève à la clinique Saint-Pierre

Mitel, un maire dirigeant du PCG: un langage et un ton dignes du pire des patrons de combat!

Guadeloupe: au bureau de poste de Sainte-Anne, les employés obtiennent gain de cause

Zonne de Jarry: signature d'un accord à Cama Renault

Succès de la grève au centre de gérontologie du Raizet

C.F.A. (Centre de Formation pour Apprentis): dans la bonne voie

Guadeloupe: STTP. Il aura fallu un blocage de l'essence pour faire respecter un accord!

Aviation civile: mobilisation contre le ciel unique européen

Lamentin (Gpe): nouveaux débrayages des agents municipaux

Extraits du bulletin "échos de l'aéroport"

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A Pointe-à-Pitre, tempête dans un marigot politicien

"Comme un vol de bulletins dans un ciel terni par Lurel" avec Lucette Michaux Chevry dans le rôle principal

Abymes: Cité Lacroix. Jeunes, exclus, tout près de la ville et de ses richesses

Le sommet de Séville sous le signe de la fermeture des frontières aux immigrés

Martinique: deuxième tour des législatives, forte abstention et changement... mais pour quoi faire?

Guadeloupe: grève des pompiers

La famine en Afrique

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Israël/Palestine: l'impasse de la politique de Sharon

Israël: la politique de Bush, hypocrite et dangereuse pour tous

Haïti: des petits épargants grugés par les coopératives. Le pouvoir responsable?

Sommet mondial de l'alimentation: un de plus, et toujours la faim

Haïti: grève des résidents et des internes à l'hôpital général

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Éditorial

POUR METTRE UN FREIN AUX ATTAQUES CONTRE LES TRAVAILLEURS: LA LUTTE!

Le gouvernement Raffarin annonce clairement la couleur. Les premières mesures de restrictions pour les travailleurs ont été annoncées. Pas de “coup de pouce au SMIC”, augmentation de la cotisation d'assurance chômage, une augmentation misérable de 1,5% de l'allocation chômage. Et ce n'est sans doute qu'un début: ensuite il y aura des attaques contre les retraites et d'autres encore comme la mise en place de cinq niveaux de SMIC. On nous prépare aussi à des réductions importantes des dépenses publiques Les baisses d'impôts de 5% qui soi-dit en passant ne profiteront surtout qu'aux riches et classes aisées, devront être financées par des économies. Autant dire qu'il ne faut pas s'attendre à l'amélioration automatique des services publics. A moins qu'il n'y soit contraint, le gouvernement n'embauchera pas dans les Hôpitaux, à La Poste et autres services publics. Le matériel et les besoins énormes nécessaires à la santé publique ne seront pas à l'ordre du jour, loin s'en faut... C'est donc la population, les travailleurs, les pauvres qui vont trinquer.
Ceux qui ne touchent que le SMIC sont contraints de vivre avec 897 euros mensuels (5877 F par mois), et ils sont très nombreux en Martinique et en Guadeloupe. Quant aux milliers de précaires (CES, CIA, emplois-jeunes) et autres CDD, leur maigre revenu n'est qu'une partie de ce SMIC déjà bas.
Alors il y a vraiment de quoi se mettre en colère. Surtout quand on sait que le terrain des restrictions avait déjà été préparé par “la gauche plurielle” qui n'était pas plus « large » envers les classes défavorisées. En 99 et 2000 le gouvernement Jospin non plus n'avait donne aucun “coup de pouce” au SMIC. Et les SMIC différents, c'est bien Martine Aubry qui en a été le créateur. Ce que Raffarin appliquera en la matière, il le fera sur un terrain déjà bien préparé par cette gauche aux ordres du patronat.
Pendant ce temps, le système capitaliste fait planer de lourdes menaces sur l'économie mondiale à force de s'empêtrer dans des opérations douteuses tenant du banditisme pur et simple. Après le scandale d'Enron aux USA, société qui a fait faillite mais qui laissait croire pendant longtemps qu'elle réalisait de somptueux bénéfices, c'est aujourd'hui le cas de worldcom. Il s'agit d'une des plus grosses compagnies de télécommunications. On a frôlé un nouveau Krach boursier. Et il ne faut pas croire que parce que ces affaires éclatent aux USA elles ne concernent pas les autres pays. Elles concernent le monde entier, car un krach boursier aux USA peut entraîner un krach mondial et causer une crise économique majeure dans le monde.
Voilà ce que nous réserve le système des Bush, Raffarin, Chirac mais aussi celui de Fabius, Emmanuelli, Strauss-Kahn, des attaques contre nous et des largesses pour les capitalistes qui jouent avec des milliards. L'argent économisé sur nos besoins, à nous travailleurs est ensuite donné aux capitalistes pour les aider à sortir de leurs difficultés.
Alors il n'y a pas à hésiter. Il faut se préparer à se battre. Seuls des luttes significatives, des luttes d'ensemble, des luttes de nature à faire peur aux capitalistes et à leurs politiciens pourront améliorer le sort des travailleurs et de l'ensemble de la population pauvre. Pour obtenir une amélioration générale des salaires, des embauches en nombre suffisant, l'amélioration sensible des services publics, des hôpitaux, il sera nécessaire de recréer un rapport de force suffisant pour faire céder les patrons. Quant au gouvernement qui se plie si facilement aux désirs du patronat, il devra bien se plier aux nôtres.



PAS DE “COUP DE POUCE” AU SMIC, MAIS DES COUPS DE GUEULE IL EN FAUDRA!

Habituellement, le changement de gouvernement est accompagné d'un “coup de pouce” au SMIC, si faible soit-il. Cette fois, rien du tout. Le Premier ministre Raffarin a déclaré qu'il “se situe dans une perspective d'augmentation légale”. Cela signifie que le SMIC devrait augmenter en juillet de 2,4%, ce qui correspond à l'évaluation de l'augmentation des prix sur l'année. Par comparaison, le gouvernement Jospin avait augmenté le SMIC de 4%, soit un peu plus que la hausse des prix de l'époque, ce qui était dérisoire mais pas aussi ouvertement choquant. Le nouveau gouvernement donne donc tout de suite le ton : les travailleurs seront réduits à la portion la plus congrue, à moins qu'ils ne se battent pour que cela change. Le ministre de l'économie et des finances, avait d'ailleurs déclaré qu'il n'était “pas personnellement convaincu que ceci (l'augmentation du SMIC) soit dans l'intérêt des entreprises et par conséquent des travailleurs”. Par ailleurs, une des premières mesures de ce gouvernement a été d'augmenter les salaires des ministres, qui seront alignés sur ceux des plus hauts fonctionnaires de l'Etat, soit 137 000 euros par an: plus de 10 fois le SMIC.
Les syndicats revendiquent des augmentations du SMIC nettement plus conséquentes. La C.G.T. demande que le SMIC soit porté à 1400 euros brut, contre 1 127,23 euros actuellement. Cela représente une hausse de 24%. Dans les DOM où la plupart des salariés non fonctionnaires sont au SMIC, une telle augmentation (de 24%) suffirait juste à assurer un revenu à peine décent face au coût de la vie plus élevé qu'en France.
Ce qu'il faut, ce n'est même pas un simple coup de pouce au SMIC, c'est une augmentation importante des salaires de tous les travailleurs.



MARTINIQUE:
POINT.COM: LE PATRON, UN DÉLINQUANT IMPUNI, EN FUITE SOUS LES HUÉES.

Le lundi 24 juin, des membres du comité de soutien aux salariés de Point.Com ont tenu à accompagner à l'aéroport le patron de cette entreprise, Simon. Avec les salariés de l'entreprise, ils ont manifesté bruyamment au moment de son embarquement pour la France, dénonçant le comportement irresponsable et scélérat de ce patron. En effet celui-ci après avoir mis son entreprise en cessation de paiement faute de pouvoir continuer à utiliser ses neuf salariés sans même respecter le droit du travail, plie bagage et se sauve lâchement. Les salariées ont été licenciées, jetées comme des kleenex. Leurs salaires du mois de mai n'ont pas été payés.
Depuis le début juin, elles sont mobilisées avec leur syndicat la CDMT et n'entendent pas se laisser faire. Un comité de soutien a été créé pour exprimer la solidarité et exiger le respect des droits de ces travailleuses. Elles exigent notamment le paiement de leurs salaires du mois de mai, le paiement d'une aide exceptionnelle leur permettant de faire face à leurs obligations essentielles, et la possibilité de poursuivre leur activité en reprenant l'entreprise.
Le tribunal de commerce doit se prononcer sur la cessation de paiement le 9 juillet. Mais depuis le début de cette affaire, les autorités ne se montrent guère pressées pour agir contre ce délinquant qui met en danger la vie de neuf personnes et leur famille.



PETIT CANAL: MITEL A FINI PAR CÉDER!

Mardi 26 juin un protocole d'accord a été signé entre le maire Mitel et l'UGTG mettant fin à 7 mois et demi de grève. Cette solution est parrainée par la région et la préfecture. Si Mitel cède en parti s'est qu'il a eut devant lui des agents combatifs déterminés à ne pas céder. Mitel eut même recours à ses partisans qui s'en sont pris aux grévistes et à leurs camarades venus les soutenir lundi 18 et mardi 19.
Lundi 25 et mardi 26 l'UTC ( union des travailleurs des communes ) a bloqué le palais de la région à Basse Terre, obligeant Michaux et le préfet à intervenir auprès de Mitel. Ce dernier a saisi au bon une proposition de l'UGTG: 50% des jours de grève payés. Finalement l'accord accepté comporte deux volets.
Mitel aura à sa charge 46% des jours de grève. Les travailleurs 54%. Ils percevront leurs salaires amputés de 1 000F pour ceux de la caisse des écoles et 2 000F pour les autres agents. De plus des négociations doivent s'ouvrir sous peu sous le contrôle de la sous-préfecture pour la mise en conformité de tous les agents de Petit Canal, avec effet rétroactif. Les agents peuvent espérer toucher plusieurs dizaines de milliers de francs de rappel.
Mitel finalement a cédé devant la détermination des agents. Ces derniers ne devront pas baisser leur garde, car lors des négociations à venir, ce maire peut faire valoir sa mauvaise foi.




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