Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 12 juillet 2002 N° 863
À la une

ÉDITORIAL
Patrons et gouvernement tirent une rafale d'attaques contre les travailleurs


Assez d'ouvriers tués pour les profits capitalistes!

Martinique: encore un travailleur tué dans les travaux publics

Guadeloupe: un ouvrier perd la vie dans des conditions révoltantes

Page 2

Lamentin Gpe: manifestation contre les nuisances des ruines de "Grosse Montagne"

Raymond Gauthiérot, Armand Toto et d'autres militants de l'UGTG inquiétés par le justice de classe

Capesterre Belle-Eau: à propos de la SCOP la vaillante
Les ouvriers de la banane licenciés harcelés par les petits planteurs


Mesures Raffarin pour satisfaire les patrons et les riches

Une baisse des impôts qui profite surtout aux riches

"Assouplir" les 35 heures, c'est faire travailler plus!

Embauche au rabais mais surtout baisse des charges sociales pour les patrons

Les retraites toujours menacées

Le scandale de la diminution des effectifs de fonctionnaires!

Page 3

Martinique: l'hyper marché du Rond Point en redressement judiciaire. Les travailleurs disent "non aux licenciements"

Chronopost: si ce n'est pas du racisme, ça lui ressemble beaucoup

Guadeloupe: grève des pompiers, un accord satisfaisant

Guadeloupe: à propos de la grève à Air Caraïbe

Grève des employés municipaux à capesterre de Marie-Galante

Basse-Terrre: Clinique Saint-Pierre, la grève est suspendue

Grève à Sotrapeint contre un patron hors-la-loi

Martinique: le "Curlone" encore présent dans des plantations de banane! Quelle protection et quelle prises en charge pour les ouvriers agricoles?

Page 4

Haïti: une population cruellement opprimée à tous les niveaux

Vivendi, Worldcom, Enron: le système capitaliste, un système de brigand!

Liberté pour Mumia Abu Jamal!

Martinique: décès de Ménil Genièvre

mail Vous avez quelque chose à dire sur cet éditorial ou sur un article du journal?


ÉDITORIAL

PATRONS ET GOUVERNEMENT TIRENT UNE RAFALE D'ATTAQUES CONTRE LES TRAVAILLEURS

Ceux qui dirigent vraiment l'Etat ce sont les patrons. Ce sont les conseils d'administration des grosses sociétés, des trusts capitalistes qui dirigent réellement. Les hommes politiques ne sont que leurs représentants. Parfois, ces derniers avancent masqués, mais ceux du nouveau gouvernement Chirac-Raffarin ne se donnent même pas ce mal. On sait déjà qu'au ministère des finances on a un grand patron de société : Mer. Et il est clair que toute la politique de ce gouvernement va dans le sens des intérêts des patrons, de la bourgeoisie, des riches, des grandes familles capitalistes. Bien sûr c'était déjà le cas avec la gauche plurielle à majorité socialiste. Mais les « verts » ou les ministres du Parti Communiste français pouvaient faire illusion auprès de certains naïfs. Aujourd'hui, le RPR devenu UMP avec son écrasante majorité à l'Assemblée nationale ne s'embarrasse d'aucun faux-fuyant. Baisse des charges pour les patrons, baisse des impôts pour les riches, des milliards aux gendarmes et aux policiers mais mesures timides d'embauche, maintien de la précarité de l'emploi, augmentation des heures supplémentaires légales, répression des mineurs délinquants sans prévention ni réinsertion, répression des parents dont les enfants font l'école buissonnière. Et tout à l'avenant.
En ce qui concerne la décentralisation et les pouvoirs supplémentaires qui seront accordés aux régions, ce sont encore les patrons qui donnent le ton et sont écoutés en priorité. Ainsi des délégations du MEDEF ( syndicat patronal français) des « DOM se sont rendues à Paris le 3 juillet dernier pour discuter de la prochaine « loi programme pour l'outre-mer ». Les patrons y ont avancé leurs propositions : «  baisse du coût du travail », autrement dit moins de salaires, moins de charges à payer », « réforme de la fiscalité des entreprises », autrement dit moins d'impôts à payer. Les patrons ont pleurniché sur leurs soi-disant difficultés dans le bâtiment, le tourisme et ont réclamé « des mesures d'urgence ». C'est donc sur ces bases là qu'on donnera aussi un peu plus de pouvoirs aux élus dans le cadre d'une assemblée unique ou autre forme de pouvoir décentralisé. Ce petit pouvoir local ne sera accordé que si on peut satisfaire le lobby patronal, béké et autres tout en préservant la « paix sociale » c'est à dire éviter les risques d'explosion sociale, l'agitation ouvrière, les grèves. Il faudra donc bien lancer quelques miettes au peuple, aux chômeurs, aux plus défavorisés. Mais ce ne seront que des miettes. Il ne faut pas s'attendre à un plan audacieux pour créer des milliers d'emplois réels et durables avec des salaires décents. C'est la précarité qui prévaudra. Il ne faudra pas s'attendre à ce qu'on relève notablement le niveau de vie des dizaines de milliers de gens qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté. La « logique d'activité » au lieu de la « logique d'assistance » comme disent Michaux Chevry et Raffarin, ce sera peut être de travailler pour le SMIC, ( le RMA-Revenu minimum d'activité), misérable « logique ». Et pendant qu'on allègera les impôts des patrons on donnera peut être aux élus le droit de lever de nouveaux impôts sur la population comme cela était déjà inscrit dans la déclaration de Basse-Terre des Michaux-Chevry, Marie-Jeanne- Karam. Car les Chirac-Raffarin surfent sur des propositions déjà faites par ces élus auxquels se sont joints certains partis indépendantistes et même des « communistes ».
Alors la décentralisation et les changements institutionnels ne peuvent aller que dans le sens des patrons, des riches, du monde des affaires. Ils n'iront que dans le sens des notables politiciens à leur service. Seuls les luttes des travailleurs pourront troubler ce jeu. Et si patrons, gouvernement et notables à leur service profitent de la période des vacances pour faire passer en silence le maximum de mesures, ils risquent fort de déchanter à la rentrée ou après. Les travailleurs se feront entendre par leurs grèves leurs manifestations. Plus elles seront larges et offensives plus patrons et gouvernement reculeront jusqu'à prendre des mesures réelles pour satisfaire les revendications ouvrières, celles des chômeurs, des déshérités et de l'ensemble de la population laborieuse.



ASSEZ D'OUVRIERS TUES POUR LES PROFITS CAPITALISTES!

Le capitalisme est une véritable machine à broyer les hommes. Elle le fait moralement en laissant des millions de sans travail, de déshérités, de désespérés de par le monde, mais aussi physiquement dans les conditions les plus atroces. Combien de travailleurs sont morts ou ont été mutilés sur les chaînes de montage, sous les presses en Europe ou ailleurs. Aux Antilles sur les tapis à bagasse, dans les chaudières des usines à sucre, sur les chantiers ou encore victimes des produits toxiques dans les champs de banane.( à ce propos voir en page 3 l'article sur le curlone). D'autres meurent à petit feu pour avoir respiré trop de ciment, de peinture, de plomb ou d'amiante.
Dans le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics, d'après les statistiques au plan national on sait que 10 salariés sur 1000 accidentés perdent leur vie chaque année.
D'après les statistiques de la revue «travail et Sécurité», toujours sur le plan national il y a eu en 1997, 658 551 accidents avec arrêts de maladie dont 45 579 avec incapacité permanente et 690 morts.
Les deux travailleurs morts la semaine dernière en Martinique et en Guadeloupe sont un nouvel exemple de la légèreté criminelle avec laquelle les patrons traitent des questions de sécurité sur les lieux de travail



Martinique
ENCORE UN TRAVAILLEUR TUE DANS LES TRAVAUX PUBLICS

Le mercredi 3 juillet aux environs de 8 heures 30, un chef de chantier d'origine métropolitaine en mission en Martinique a trouvé la mort sur son lieu de travail, écrasé par un camion à benne. Cet employé de la société Balineau était un sous-traitant de l'entreprise Martiniquaise Mirsa Travaux Publics, entreprise chargée d'entreprendre l'élargissement de la RN1 entre le carrefour Malhault au Lamentin et l'autoroute.
Comment cet accident a-t-il pu se produire ? Après avoir vidé son camion de gravats destinés au remblai avant la pose de l'enrobé, le chauffeur du camion était en train de faire des manœuvres pour sortir du chantier. Il était guidé par ce chef de chantier. Il semble que ce dernier lui aurait fait signe pour faire marche arrière tout en étant en communication téléphonique avec sa femme d'un téléphone portable. Ne voyant plus ce chef à l'arrière du camion dans son rétroviseur, le chauffeur s'arrêta mais il était trop tard. L'employé dont un pied était resté coincé dans un des trous de 25 cm de diamètre servant de drain avait basculé et avait déjà les jambes et le bassin broyés par le poids lourd.
Pour éviter un tel accident, n'y avait-il pas possibilité d'appliquer de réelles mesures de sécurité sur un chantier d'une telle importance ? En plaçant par exemple deux salariés ayant en leur possession des dispositifs d'alarme en cas de danger qui auraient pour mission uniquement de veiller à la sécurité des autres et d'orienter les camions affluant toute la journée?
Mais c'est trop demander à un patron qui pense en priorité à ses profits et qui débourse le moins possible pour assurer la sécurité maximum des travailleurs. Les raisons viennent du manque de sécurité appliquée sur les chantiers, surtout à l'occasion de l'embauche de travailleurs intérimaires et de sous-traitants. Car ces derniers sont embauchés pour être opérationnels et rien d'autre. Résultat, c'est un travailleur de plus qui est mort pour le capital.



Guadeloupe
UN OUVRIER PERD LA VIE DANS DES CONDITIONS REVOLTANTES

Le mercredi 3 juillet, un électricien est mort tragiquement sur son lieu de travail. Il était employé d'une boîte d'intérim qui effectue des travaux pour le compte de l'EDF. L'accident s'est produit sur un site EDF à Castaing-Sainte Anne. C'est en effectuant le démontage d'un transformateur que l'appareil s'est brusquement renversé sur l'électricien. Il avait déjà enlevé deux cellules de fixation sur six et c'est au moment où il a enlevé la troisième que le transformateur a cédé. C'est prés de 3tonnes de matière qui ont basculé sur lui, le tuant net.
Il semblerait que le transformateur n'était fixé qu'au mur et non au sol ce qui le rendait moins stable. Il est scandaleux que l'on constate que les conditions de sécurité n'étaient pas respectées seulement après qu'un travailleur a perdu la vie. Le risque d'accident est pourtant prévisible et il existe des mesures de sécurité à respecter. Le plus souvent, les entreprises ont des carences énormes à ce niveau parce qu'elles limitent les moyens financiers permettant les contrôles et les aménagements sécurisants. On constate que le matériel est parfois obsolète ou mal entretenu. La vie d'un travailleur n'est pas le souci majeur de ceux qui font des profits dans ces entreprises. Faire des économies sur le dos des salariés est leur principale préoccupation. Bien souvent ils préfèrent travailler avec des sociétés de sous-traitance pour ne pas payer de main d'œuvre. Dans ces conditions ils ne prennent pas véritablement en compte les problèmes d'insécurité qui se posent. Et c'est tout simplement criminel!




Accueil > Archives > e-mail 

Copyright © 2001-2002 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.