Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 27 juillet 2002 N° 864
À la une

ÉDITORIAL
Spéculation, corruption, magouilles financières, rapacité: c'est tout cela le capitalisme!


C'est l'exploitation patronale qui suscite les grèves, barrages et autres protestations

Accident du travail dramatique dans un champ de bananes

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Les travailleurs ont les moyens de s'opposer aux plans anti-salariés du gouvernement

Dans la série des cadeaux aux patrons: privatisation partielle d'EDF et Gaz de France

Les planteurs ont fait entendre raison aux capitalistes sucriers

Récolte 2002. Aux planteurs, les problèmes, aux capitalistes l'argent

Contrats-jeunes: des cadeaux à tous les capitalistes

Lamentin Gpe: les riverains de Grosse Montagne ont su se faire entendre

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Ce sont les travailleurs, la population laborieuse qui paient pour les remous boursiers et financiers actuels

Les dirigeants des Etats-Unis mis en cause dans des scandales financiers

Capesterre Belle-Eau: soutien aux ouvriers agricoles licenciés

Le problème de l'eau: ou comment le SIAEAG et la "Générale des Eaux Guadeloupe" repartent "à l'attaque"

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Pôle Caraïbes: Echos de l'aéroport

Crédits aux communes: selon que vous serez...

EDF et France Télécom font payer les usagers pour combler leurs trous financiers

France Télécom et le capitalisme en folie
(Extrait du bulletin "échos des Télécoms")


Chirac y a échappé mais d'autres n'ont pas eu cette chance

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Guadeloupe: Sotrapeint, les travailleurs de plus en plus excédés

Les grévistes de Chronopost ont eu gain de cause

Capesterre de Marie-Galante: les employés communaux toujours mobilisés

Zone de Jarry: grève à "Jarry plastique". Recul du patron

Abymes: coup de colère des travailleurs de Milenis. Les patrons cèdent

Les travailleurs d'AMC gagnent une augmentation de salaire par la grève

Martinique: des méthodes de "commandeur"

Martinique: quand les vigiles doivent aussi surveiller leurs patrons

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Max Ganot

Dominique: manifestations contre les attaques économiques et sociales du gouvernement Pierre Charles

Espagne-Maroc: déploiement d'armes pour un rocher?

Vers une nouvelle guerre des USA contre l'Irak?

Haïti: Aristide sur les traces des Duvallier?

mail Vous avez quelque chose à dire sur cet éditorial ou sur un article du journal?


Max Ganot

Max Ganot est décédé le mardi 23 juillet dernier. Il aurait eu 82 ans le 15 novembre prochain.
Nous publions ci-dessous l'intervention faite par l'un de nos camarades avant l'incinération de Max au crématorium de Blanchet à Morne à l'eau.

«  En Max, bien sûr, il y avait l'ami, mais surtout le militant. Le militant a été à la fois anti fasciste, anti colonialiste et militant de la cause ouvrière . Et pour nous, ainsi que pour tous mes camarades de Combat Ouvrier, pour les militants de la classe ouvrière, ce que nous retiendrons de Max surtout c'est son militantisme constant jusqu'à ces dernières années, voire ces derniers mois. Certes depuis quelques années il ne pouvait plus être un militant de terrain. Mais il parvenait encore à donner des cours de formation politique au syndicat. Il tenait à participer aux meetings et à intervenir dans les débats qui suivaient.
Nous avons eu l'occasion de le voir assez souvent depuis plus d'un an et c'est avec grand intérêt que nous l'écoutions évoquer ses luttes et ses combats du passé. Discret, il n'osait pas lui même se raconter, mais avait envie de transmettre son expérience. Alors le sachant et étant nous-mêmes particulièrement intéressés, nous lui posions une seule question et alors il devenait intarissable. Nous avions appuyé sur le bon bouton. C'est ainsi qu'il nous raconta sa révolte contre les injustices sociales, l'exploitation coloniale dans la Guadeloupe des années 30, son désir de s'engager dans les brigades internationales aux côtés des républicains espagnols lors de la guerre civile de 1936 en Espagne. Trop jeune il en fut empêché par ses parents. Mais il récidiva à 19 ans et s'engagea dans les Forces françaises libres pour mener le combat qu'il croyait juste contre le fascisme.(hors intervention : Max Ganot fut fait prisonnier et envoyé en Allemagne. Il connu le cachot après deux tentatives d'évasion et contracta le scorbut) Puis dans les maquis de la résistance aux côtés des militants du Parti Communiste français avec qui il combattait il adhéra aux idées communistes. Il nous parla de son retour en Guadeloupe, Comment il parvint à terminer ses études secondaires avec évidemment une expérience et une maturité qui détonaient par rapport aux plus jeunes lycéens qui étaient sur les mêmes bancs que lui. Puis ce fut le retour en France pour ses études, son adhésion au Parti communiste français puis ensuite au Parti communiste guadeloupéen. Mais critique à l'égard du PCG comme bien d'autres, il fut à l'origine du groupe « la Vérité » avec d'autres militants anti colonialistes du milieu des années 60. Et ce ne fut pas si simple de rompre avec ses anciens camarades de parti. Autres difficultés que Max a du affronter : la surveillance policière contre les militants à cette époque. Plusieurs gardes à vue..voire des menaces de mort. Il nous parlait souvent des conférences populaires qu'il tenait dans les quartiers avec bien d'autres militants après la tuerie de mai 67, pour dénoncer la politique coloniale. Mais pour nous, militants communistes du mouvement trotskiste c'est incontestablement son adhésion au mouvement trotskiste dans les années 70 qui nous paraît fondamental. Il n'a pas adhéré à notre organisation mais à une organisation proche : le GRS ( Groupe Révolution Socialiste) section antillaise de la quatrième internationale. Des divergences, certes il y en avait. Mais il se rattachait au trotskisme, au communisme révolutionnaire internationaliste. Nous l'avons donc souvent rencontré dans des combats que nous partagions. Il était de tous les combats, meetings, manifestations.
Comme beaucoup d'intellectuels, Max aurait pu choisir de se réfugier dans le confort intellectuel et physique d'une vie facile et sans histoire. Il aurait pu choisir une carrière de notable pour ses intérêts personnels. On ne peut pas envisager Max dans cette posture là. Tout en lui y était opposé. En particulier le choix qu'il avait fait d'une vie, d'une philosophie tournées vers l'émancipation des opprimés. Il aspirait à une révolution politique et sociale qui libèrerait le monde de l'exploitation de l'homme par l'homme. A un âge déjà avancé, candidat aux élections législatives, présenté par le GRS, sachant qu'il recueillerait un nombre limité de suffrages, il y est allé pour défendre des idées qu'il croyait justes.
Enfin je voudrais terminer en disant que ce qui a frappé beaucoup de plus jeunes militants que lui, c'est sont éternelle jeunesse. Il a toujours eu beaucoup de jeunes autour de lui. Il les éveillait à la conscience politique. Et jamais il ne mettait son âge et son expérience en avant dans une discussion même contradictoire, ce que nous aurions malgré tout compris. Il nous apparaissait lui, qui avait l'âge de nos pères comme un copain, une sorte de grand frère.
Je terminerai juste par une petite anecdote. Un jour il me dit que l'un de ses proches ayant combattu avec lui pendant la guerre lui demandait de se rendre aux réunions des anciens combattants. Il me dit lui avoir répondu «  je ne peux y aller puisque je suis toujours combattant ».


Dominique: manifestations contre les attaques économiques et sociales du gouvernement Pierre Charles

En Dominique, à l'appel du syndicat du service public (PSU ) des manifestations ont eu lieu contre les mesures du premier ministre Pierre Charles, successeur de Rosie Douglas. Début juillet, Pierre Charles a présenté un budget de crise accompagné des mesures draconiennes pour faire face à l' incapacité de payer ses dettes.
Le gouvernement s'en prend en premier lieu à ses salariés En effet, d'après ce qui est rapporté dans l'édition du journal France-Antilles du 19 juillet, il prévoit de diminuer de 10% les effectifs et les salaires des fonctionnaires.
De plus une taxe de 4% est prise sur les salaires dépassant 3300 euros de revenus annuels, soit moins de 300 euros mensuels. A cela s'ajoute une augmentation du prix de l'essence, du gaz, des télécommunications, des tarifs postaux. Toujours d'après le journal, lors de ces manifestations, le « désespoir économique pouvait partout se lire au premier degré », par des slogans tels que «  faut-il choisir entre sa facture de téléphone ou le lait pour nos enfants ? » «  Pourquoi devrions nous être les seuls à faire des sacrifices ? », «  Soutenez le pays, ne prenez pas notre pain et notre beurre ».
Dans ce contexte vient s'ajouter la situation de faillite de deux grosses sociétés, la compagnie locale de télécommunications Marpin, et la compagnie de promotion de l'industrie bananière DBMC. Marpin annonce d'ores et déjà le licenciement de la moitié de ses employés. Aujourd'hui, c'est la radio nationale, DBC (Dominica Broadcasting Corporation) qui annonce qu'elle va réduire son personnel. La situation de la Dominique comme celle de nombreux états de la Caraïbe est en grande partie tributaire de la politique de l'impérialisme américain. Après les attentats du 11 septembre 2001, le tourisme américain a considérablement chuté dans cette région et les répercussions sur l'économie ont été immédiates. Mais ce sont les travailleurs et les masses pauvres qui patissent le plus des aléas de la politique capitaliste.
Aujourd'hui les partis de l'opposition accusent le gouvernement Pierre-Charles de prendre ces mesures de récession sous la pression du « secteur privé ». Ils réclament la démission du premier ministre et une relance de l'investissement. Mais ce qu'ils craignent le plus ce sont des explosions de colère des masses populaires qui en ont assez d'être les victimes.

Espagne-Maroc: déploiement d'armes pour un rocher?

L'importance des forces armées intervenues lors de l'occupation de l'îlot nommé Persil par l'Espagne et Leila par le Maroc semble dérisoire, au moins en apparence. Depuis la décolonisation du Maroc, ex-colonie française et espagnole, en 1956, il n'appartient à personne. On en fait le tour à pied (2 km) en quelques minutes et il est inhabité. Brusquement, le 11/7, le gouvernement marocain y a envoyé 12 soldats pour, selon lui, surveiller la contrebande et l'immigration clandestine. Une semaine après ils étaient chassés par 70 légionnaires espagnols soutenus par une dizaine de vaisseaux militaires. Tout est rentré dans l'ordre le 22/7, après un accord hispano-marocain sous l'égide des Etats-Unis.
En réalité, ce petit incident masque plus ou moins des divergences plus profondes entre l'Espagne et le Maroc. Le Maroc a des griefs contre l'Espagne qui a le contrôle du détroit de Gibraltar et qui continue d'occuper de petits territoires au Maroc : quelques îles qui, ces jours ci ont été surveillées par des bâtiments et des avions militaires espagnols, et deux petites villes, Ceuta (en face de l'îlot du conflit récent) et Melilla, sortes d'oasis de richesses au Maroc. Il s'y ferait toutes sortes de trafics. Et chacun des gouvernements des deux pays aimerait bien avoir une meilleure part du gâteau de ce trafic. Le Maroc a également le problème du Sahara occidental qui, avec l'organisation «Polisario», revendique son indépendance et serait en cela soutenu par le gouvernement espagnol.
Mais surtout les affaires ne sont pas bonnes dans ces pays, les peuples souffrent de l'exploitation. Pourquoi ne pas distraire leur attention avec une petite guéguerre ? Cela resserre souvent les liens entre habitants d'un même pays, qu'ils soient riches ou pauvres.

Vers une nouvelle guerre des USA contre l'Irak?

De soi disant «fuites» auraient permis de savoir que le gouvernement américain envisage d'attaquer une nouvelle fois l'Irak. Des plans d'invasion auraient été soi-disant découverts par des journalistes. Des plans de déstabilisation du régime de Saddam Hussein sont envisagés par la CIA. Bush et le gouvernement américain prennent pour prétexte le refus de Saddam Hussein de laisser entrer des observateurs et de cacher l'état exact de ses armes. Et ils surfent sur l'adhésion de l'opinion publique américaine et occidentale émue par les attentats du 11 septembre aux USA. Leur guerre contre le terrorisme mondial disent-ils n'a fait que commencer en Afghanistan. Il faut en finir avec les «Etats voyous» ceux de « l'axe du mal ». Certaines des armes irakiennes selon l'état major américain seraient des armes de destruction massive, chimiques. Elles seraient portées par des avions sans pilote, téléguidés. Ces «fuites» ne seraient-elles pas plutôt une décision de Bush d'habituer le peuple américain et le monde à l'idée d'une guerre prochaine contre l'Irak ? et ce au nom de la lutte anti terroriste ? Mais le terrorisme d'Etat en tout cas est pratiqué à grande échelle par les USA. Depuis plus de 10 ans les Etats-Unis imposent un sévère embargo à l'Irak. Cette politique affame la population pauvre et chaque jour de petits enfants en meurent. Les bombardements de sites dits « stratégiques » sont quasi quotidiens n'épargnant pas les civils. Cela ne suffit pas à Bush. Il disserte pour savoir si il enverra 70 000 hommes ou 250 000 ou si il vaut mieux une attaque aérienne avec une centaine de membres des forces spéciales. Le gendarme du monde ne tolère pas qu'un pays lui résiste un tant soit peu. De surcroît un pays riche en pétrole à saisir. C'est la soumission ou la mort!

Haïti:
HAÏTI: ARISTIDE SUR LES TRACES DES DUVALIER?

Deux grands malfaiteurs de ceux qu'on appelle les « chimères » à la solde du président Aristide ont été arrêtés la semaine dernière. Le plus connus de ces « chimères », le dénommé « Cubain » est à la tête de ce qu'ils appellent une «armée cannibale» et défrayait la chronique pour ses malversations. Plusieurs mandats lancés contre lui, ne l'empêchaient pas de se promener au su et au vu de tous, sans jamais être inquiété. Cependant, cette arrestation ne représente qu'une goutte d'eau par rapport à la marée de violence perpétrée par les chimères, à la solde d'Aristide, contre ses opposants en général, la population pauvre en particulier.

UN JOURNALISTE ENLEVÉ ET TORTURÉ

Le journaliste Israël Jacky Cantave journaliste d'une radio connue pour ses prises de position anti gouvernementales, a été kidnappé par des chimères qui l'ont retenu un jour entier. Après une nuit de torture, ils l'ont libéré en déclarant « lui prêter la vie ». Autrement dit les intimidations continuent de plus belle, de même que les rackets à l'encontre des petits marchands, les vols et viols dans les quartiers populaires, les coups de forces de toute sorte pour le pouvoir en place.
Par exemple les mesures de rétorsion envers les manifestants spoliés dans le cadre de l'affaire des coopératives aristidiennes et qui réclament leur argent.



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