Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES - Samedi 7 septembre 2002 N° 865
À la une

ÉDITORIAL
Réponse des enseignants aux propos satisfaits du ministre: la grève


Un an après, la politique de Bush nous réserve d'autres 11 septembre

Salaires des ministres: 70% d'augmentation; SMIC: 2,4%
Crimes en série: reflets d'une société malade

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Martinique: des agents de sécurité condamnés pour s'être montrés trop zélés à défendre les intérêts du patron!

Lucette Michaux-Chevry prépare son terrain

Compagnies aériennes: une soif de profits sans limite

Sainte-Rose: "adan on komin pani dé mè..."

Le chantage du MEDEF!

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Guadeloupe: grève des personnels de l'éducation nationale pour des indispensables créations de postes

Fonction publique: des milliers d'emplois menacés

Moule: les travailleurs de C.T.M. restent mobilisés

France-Télécom: travailleurs et usagers font les frais d'une politique capitaliste anarchique

Grève des agents municipaux de Vieux-Habitants

Guadeloupe: attaque contre les travailleurs. L'AFB dénonce la convention collective des banques

CHU de Pointe-à-Pitre-Abymes: préavis de grève en traumatologie et en hémodialyse; un exemple à suivre

Page 4

Le "sommet de la terre": hypocrisie des pays capitalistes

Massacre en Afghanistan: un pan du voile levé

Roger Verdol

COLOMBIE: pouvoir oppresseur et impasse de la guérilla

Martinique: le feuilleton Jet Aviation Services (J.A.S.): une affaire de "petit" contre "les gros" et de magouilles

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Éditorial

Réponse des enseignants aux propos satisfaits du ministre: la grève

Comme à chaque rentrée scolaire, les gouvernants affichent leur bonne conscience : tout est bien, à part de petits «couacs» ici ou là. Puis au fil des jours, les problèmes ne cessent de se poser : classes vétustes, manque de places, manque d'enseignants, de matériel etc.
Et ce gouvernement ne cache pas son jeu : il a annoncé la diminution de 2000 à 3000 postes dans l'Éducation nationale puis, devant les protestations, a expliqué qu'il s'agissait d'administratifs. Le ministre a re-expliqué qu'il n'y aurait pas de diminution par rapport aux chiffres existants, mais que les prévisions en hausse faites par le ministère précédent (Jack Lang) ne seraient pas suivies ! Donc au total pas d'augmentation d'enseignants et diminution des «administratifs» ! Ce qui de toute façon pénalisera le travail proprement éducatif. On sait que lorsqu'il manque des administratifs, ce sont les enseignants qui prennent une partie de leur temps pour remplir des papiers, faire des comptes etc... Sans compter le personnel administratif précaire !
Ici, dans nos régions dites «d'Outre-Mer», à 7000 kilomètres de la dite «Métropole», nous pâtirons des mêmes décisions ministérielles. Mais elles s'ajouteront à des retards réels accumulés depuis des années. Malgré quelques efforts faits depuis les années 70, on n'a pas réussi à retrouver le niveau «métropolitain». Et aux résultats scolaires, aux examens, cela se voit dans tous les domaines, et en particulier sur les résultats des enfants dans le primaire.
Il y a en moyenne plus de classes vétustes, inadaptées, dans le bruit qu'en France. Il y a plus de problèmes d'exiguïté, de manque de place, de classes surchargées, de classes mal équipées notamment dans les niveaux des maternelles et des premières années du primaire. Il ne sert à rien de brandir les avancées dans ces deux domaines, par exemple en comparant avec les époques où il n'y avait tout simplement pas de classes maternelles dans un grand nombre de zones.
Aujourd'hui les manques en tous genres sont tellement forts que les enseignants de Guadeloupe ont décidé de bloquer la rentrée et dès le mercredi 4 septembre se sont mis en grève. Ils réclament plus de 500 créations de postes alors que le Recteur en est lui à 150 et que le ministère ne propose rien pour l'instant. Tout dépendra de la pugnacité des enseignants de Guadeloupe et de l'élargissement possible du mouvement sur la Martinique ou même sur la Guyane où la situation est loin d'être meilleure. Ce gouvernement, depuis qu'il est issu d'une majorité écrasante au parlement, croit qu'il peut se lancer dans ce que la droite appelle, à tort, des «réformes». Il s'agit en fait de régression sociale, de mesures qui vont s'attaquer au niveau de vie des couches populaires, au sens large de tout ce qui améliore leur qualité de vie. Mais les explications embarrassées des ministres à chaque occasion montrent que malgré tout ils craignent les réactions populaires. Ils ont beau avoir une majorité à la chambre des députés, les politiciens de droite ne sont pas bêtes au point de ne pas avoir vu ( au premier tour des élections présidentielles) s'exprimer un fort taux de mécontentement.
Aujourd'hui, ce mécontentement devra s'exprimer par des luttes. Et les travailleurs malgré les trahisons des partis dit de gauche depuis des dizaines d'années, malgré l'indécision des syndicats, ont les moyens d'impulser un tel mouvement revendicatif.



UN AN APRÈS, LA POLITIQUE DE BUSH NOUS RÉSERVE D'AUTRES 11 SEPTEMBRE!

Les États Unis d'Amérique, au moment où nous écrivons, s'apprêtent à commémorer le 11 septembre 2001. Il y a un an en effet, plus de trois mille personnes étaient tuées dans les deux tours jumelles de New York après deux attentats suicides commis par des terroristes islamiques dans deux avions détournés. Depuis, le gouvernement américain n'a de cesse de rappeler ces événements pour justifier sa politique de représailles. Une politique qui s'exerce non seulement contre les terroristes mais aussi contre les peuples des pays où ils s'abritent. Ces attentats, odieux, criminels, frappant des milliers d'innocents furent tout simplement barbares. Mais ils n'ont fait que refléter toute l'horreur et la barbarie de la politique du gouvernement américain et des puissances impérialistes. Ces derniers ne peuvent en effet depuis des décennies déclencher des guerres, semer la mort aux quatre coins du monde sans qu'un jour ces horreurs ne les rattrapent. Car, sans même parler des deux guerres mondiales, de la destruction de deux villes japonaises par des bombes atomiques américaines, des guerres coloniales atroces, depuis 1991, les USA n'en finissent pas de bombarder l'Irak par exemple. L'embargo frappant ce pays aurait fait plus de 500.000 morts en raison des privations. Et que dire de la misère, qui frappe des millions d'individus en Afrique en Asie et qui est le résultat de l'exploitation éhontée de ces peuples par l'impérialisme ? Que dire encore de l'oppression des Palestiniens par Israël soutenue par les gouvernements américains ? Ces derniers qui ont pourtant le pouvoir de faire cesser cette guerre israélo-palestinienne ne font rien pour, pire ils l'attisent. Et ce sont des centaines, des milliers de morts, la désolation, les larmes, la pauvreté qui n'en finissent pas.
Depuis le 11 septembre dernier, le gouvernement américain donne l'impression qu'il fait tout pour que d'autres attentats du type de ceux des tours jumelles surviennent à nouveau. Il a fait la guerre en Afghanistan tuant des milliers de civils, a couvert des atrocités sans nom. Il parle maintenant de faire une nouvelle guerre à L'Irak. C'est sa politique qui nourrit le terrorisme et les désirs de vengeance de ceux qui n'ont plus que rancœur et haine dans le cœur.
Les victimes innocentes américaines ou britanniques ou des autres pays sont et seront aussi les victimes de la politique de leurs propres gouvernants. Et c'est contre eux qu'ils doivent se retourner.
Depuis le 11 septembre c'est dans la peur et la crainte que les gouvernants des États occidentaux, surtout les USA, font vivre une partie de leurs peuples. Malgré toute sa puissance militaire, sa richesse, la première puissance mondiale ne peut pas grand chose en effet contre les risques d'attentats suicide. Elle prépare elle-même toujours davantage les conditions pour qu'ils se produisent.
A moins que, un jour ou l'autre, l'opinion publique des USA et des puissances occidentales, la réprobation populaire contre la politique américaine dans le monde fassent changer de politique les Bush, Cheney et consorts.


SALAIRES DES MINISTRES: 70% d'augmentation. SMIC: 2,4%

Les ministres de l'actuel gouvernement Raffarin se sont fait augmenter par le parlement de… 70%. Un ministre touchera donc 13 300 euros mensuelS (87 242 francs : près de 9 millions de centimes) dont 25% sont exemptés d'impôt sur le revenu. Si le ministre était sénateur ou député, il conserve le bénéfice du régime des retraites de ces derniers. De plus si à la fin de leur mandat ils ne trouvent pas un emploi, ils toucheront leur solde durant 6 mois. Tout ceci avec effet rétroactif. Vraiment les députés ont fait de beaux cadeaux à leurs camarades ministres sous prétexte d'aligner leurs payes sur ceux de leurs confrères européens les mieux payés.
Mais quand il s'agit d'augmenter sensiblement le SMIC, c'est une autre affaire. Les ministres ont décidé 2,4 % d'augmentation : une misère. Ils ont accepté après beaucoup d'hésitations d'aligner tous les SMIC sur la valeur la plus élevée, mais progressivement, en 5 ans.
Les travailleurs ne doivent rien attendre de ces politiciens de droite pas plus de ceux de gauche qui ne se succèdent au pouvoir que pour défendre leurs propres intérêts et ceux des capitalistes.


CRIMES EN SÉRIE: REFLETS D'UNE SOCIÉTÉ MALADE 

Une série de crimes en Martinique et en Guadeloupe a fait la une de l'actualité au cours du mois d'août. Bien souvent ce sont des jeunes qui sont mis en cause. La facilité apparente avec laquelle certains ôtent la vie à d'autres, les raisons parfois futiles en apparence déconcertent et attristent. D'autant que tout au long de l'année ces faits divers sanglants ponctuent la vie sociale des deux îles. Les nombreuses années de prison qui attendent leurs auteurs, des vies détruites, tout cela ne semble pas les atteindre avant l'acte. Drogue, chômage, font sans doute partie des causes. Le malaise est profond, profondément social. Trop de gens sont laissés pour compte dans cette société. Sans travail, sans culture, sans conscience réelle, sans vie intérieure, sans perspectives, pour un certain nombre de jeunes et de moins jeunes la vie n'a tout simplement plus de sens. On risque la sienne pour des bêtises, on l'ôte aux autres pour un rien. Reflet d'une société bien malade qui nous renvoie aux puissants de ce monde qui le façonnent à leur image. Il faudra les détruire pour tout changer de fond en comble.




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