Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 21 septembre 2002      N° 866
À la une

ÉDITORIAL
La loi programme de Girardin, comme la LOOM: tout pour le patronat


Soutien aux travailleurs de CTP/CTM et Diesel Export en grève

Guadeloupe
Education nationale: le gouvernement ne comprend que le langage du rapport de force


Martinique
Crèches municipales: les agents en colère


Page 2

Fort-de-France Mécontentement des employés de cantine

Anse-Bertrand: retour de Moustache; la barbe!

35 heures: le patronat ordonne, le gouvernement transmet

Alignement du SMIC: les patrons en veulent toujours plus

Martinique: Nouvelles colectivités d'Outre-Mer, avant projets de loi. Avant goût de piège pour les travailleurs

Guadeloupe:Ibo Simon et Michel Rodriguez condamnés en appel

Page 3

Vieux-Habitants: les travailleurs en grève sûrs d'eux et déterminés

France Télécom victime de sa propre politique de capitaliste

A propos de la privatisation d'Air France (Extrait du bulletin "Echo de l'aéroport")

Jarry: les travailleurs de "Centrale Diesel Export" en grève

Moule: CTP/CTM, des bénéfices considérables

Vendredi 13 septembre: une manifestation mémorable

Le recteur: beaucoup de bruit pour rien

Le soutien des associations de parents d'élèves à la grève des enseignants

Martinique: Solidarité avec les enseignants de Guadeloupe

Page 4

Guerre contre l'Irak? Bush et la politique de la canonnière

France
Innondations: si on ne peût empêcher des catastrophes naturelles, on peut en limiter les dégâts


Haïti
Le gouvernement taxe la population pour résorber les détritus dans la capitale


France
Après la fête de l'Huma (Nous publions un article d'Arlette Laguiller paru dans le journal "Lutte Ouvrière")


Abymes: Mobilisation des jeunes de Blanchard

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Editorial

LA LOI PROGRAMME de GIRARDIN, COMME LOOM: TOUT POUR LE PATRONAT

Du mardi 10 jeudi 12 septembre la nouvelle ministre de l'Outre-Mer Brigitte Girardin a consulté les divers parlementaires de l'Outre-mer. Elle leur a présenté les projets du gouvernement en matière de réforme pour l'Outre mer et en particulier elle a mis en avant la loi-programme pour l'outremer. Il s'agit tout simplement d'une nouvelle mouture de la Loi d'orientation d'outre-mer (LOOM) que Jospin avait fait voter.
Un premier jet de cette loi programme est en circulation parmi les élus et organismes sociaux divers (partis politiques, syndicats, associations, etc.) Ce qu'on peut en dire, après avoir lu le texte, c'est qu'il apparaît très clairement qu'il est rédigé pour plaire au patronat des dits DOM.
La loi d'orientation de Jospin prévoyait déjà un certaines nombres de dispositifs pour exonérer les entreprises de charges sociales, mais il mettait quelques barrières pour limiter les appétits du patronat. Mais là, le nouveau texte de la droite fait sauter les barrières en question. Par exemple la LOOM prévoyait d'exonérer de charges les entreprises qui avaient moins de 11 salariés. Mais pas les 11 premiers salariés d'une entreprise qui en aurait 12 ou 20 ou plus. La loi programme, elle, porte ce chiffre à 20 et considère que cette exonération est applicable pour toutes les entreprises jusqu'à concurrence des 20 premiers salariés! C'est une vraie manne pour toutes les entreprises.
De même, dans l'agriculture, le seuil des entreprises de moins de 40 ha est aboli. Toutes les entreprises qui ont 40 ha ou plus auront le droit d'exonération des charges sociales pour leurs exploitant sur 40 ha. Là aussi c'est une belle manne qui tombe aux mains des gros propriétaires.
Tout cela est prévu au nom de la création d'emplois. On peut être sceptique quand on voit la masse de cadeaux qui ont déjà été donnés dans le passé sans que cela ait eu un grand effet sur les créations d'emplois.
Dans d'autres domaines, celui de la défiscalisation par exemple, le gouvernement va ouvrir les vannes largement pour faire de gros cadeaux fiscaux aux « investisseurs » en tous genres. La loi Pons , à côté, paraîtra mesquine, vu l'ampleur des possibilités de défiscalisation prévus par la nouvelle loi programme!
Donc le principal caractère de cette loi programme sera d'offrir encore plus d'argent, plus de subventions au patronat.
Quant aux salariés, ils s'agit surtout de les enfermer dans des emplois précaires sans perspective. Si un Rmiste est – par exemple - embauché pour un an , le patron reçoit en subvention une somme égale au RMI pour un an! Et après? Le jeune va “galérer” ailleurs! Le patron lui trouve d'autres Rmistes!
Quant au côté institutionnel, là non plus rien de nouveau. Les départements, régions, resteront les collectivités de base et à côté d'elles des “collectivités d'outre-mer” seront créées. Les articles 72 et 73 de la constitution seront modifiés pour cela, donnant le droit à ces collectivités de s'administrer elles même, par des conseillers élus ou par voie de référendum. “Ces collectivités pourront être autorisées à déroger , à titre expérimental, aux dispositions législatives ou réglementaires”, dans certaines conditions. Le mot “adaptation” revient dans l'article 73-1 nouveau.
Ce qui ressort de tout cela c'est que les élus les plus réactionnaires ou les plus soumis à l'influence des gros patrons d'outre mer qui le veulent auront la possibilité légale de ne pas appliquer des lois sociales ou fiscales trop favorables aux travailleurs salariés et à toute la population laborieuse. La dite loi-programme et les modifications prévues de la constitution vont leur en donner les moyens.
Les travailleurs sont donc bien avertis. Ils doivent savoir qu'ils devront se donner les moyens pratiques et politiques de s'opposer aux tentatives des politiciens locaux de s'en prendre à leur niveau de vie pour favoriser le patronat. Ils devront se battre contre les tentatives du patronat pour faire de la précarité la règle applicable à tous les salariés.



SOUTIEN AUX TRAVAILLEURS de CTP/CTM ET DIESEL EXPORT EN GREVE!

Les travailleurs de la CTP ( Centrale Thermique de Production), filiale de la CTM (Centrale Thermique du Moule), sont passés à l’action. Ils réclament l’application du statut national du personnel des industries électriques et gazières.
La CTP/CTM est une centrale qui fonctionne à partir de la bagasse (résidu de la canne) relayée par du charbon. Elle est couplée au réseau électrique de l’île et produit 30% de l’électricité de l’île.
Les travailleurs avaient déjà fait une grève de 21 jours à partir du 31 décembre 2001. Cette grève avait perturbé de manière importante l’alimentation électrique de l’île. Les salariés avaient donc bien démontré que par leur travail ils contribuaient à la production électrique. Or, le directeur de l’entreprise le conteste affirmant que ces travailleurs ne produisent pas d’électricité mais de la vapeur. Il refuse donc par ces motifs de leur appliquer le statut des salariés d’EDF-GDF. Et il persiste et signe depuis de longs mois.
Pourtant le ministre délégué à l’industrie du gouvernement Jospin écrivait le 5 avril dernier au secrétaire général de la section syndicale CTP/CTM CGTG : «...Dans ces conditions il apparaît que la CTM et la CTP doivent être considérées comme des producteurs d’électricité au sens de la loi du 10 février 2000 et que leurs salariés doivent être soumis au statut national du personnel des industries électriques et gazières».
Entre temps, certes, il y a eu changement de gouvernement. Mais d’innombrables démarches ont été effectuées par les représentants syndicaux et
les employés : déplacements en France, réunions, rencontres avec les organismes concernés, lettres. Pas de réponse. L’ex préfet Carenco lui-même
écrivait le 7 mai au procureur de la république en ces termes : l’entreprise CTM du Moule dont le directeur est M. de Fontenay me semble, après analyse des services territoriaux de l’Etat ( DDTEFP et DRIRE), après avis de la Direction de l’Electricité, des marchés du ministère de l’Industrie ( ex direction du gaz, de l’Electricité et du charbon, DIGEC) en application de la loi de nationalisation de 46 et de la loi du 10 février 2000 sur le même sujet, soumise au statut national du personnel des industries électriques et gazières...» Dans ces conditions, je vous saisis officiellement de ces faits au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Compte tenu des circonstances de l’espèce et de la mauvaise volonté extrême mise par l’entreprise à appliquer la loi etc.»
Lors d’une conférence de presse, dans des tracts, et interviews les représentants syndicaux appuyés par les travailleurs ont largement expliqué leurs problèmes à la population. Ils estiment qu’aujourd’hui il ne leur reste que la voie de la grève pour se faire respecter.

DH Les travailleurs de la centrale « diesel-export » de Jarry sont aussi entrés en grève pour les mêmes raisons .


Guadeloupe
EDUCATION NATIONALE. LE GOUVERNEMENT NE COMPREND QUE LE LANGAGE DU RAPPORT DE FORCE.

Après de longues négociations entre les représentants de l'Intersyndicale et le Recteur mardi soir et mercredi 18, les personnels de l'Education ont obtenu la création de 261 nouveaux postes. Une mission ministérielle viendra en octobre pour examiner le reste des besoins, en concertation avec les représentants des IATOSS et des enseignants. Il sera alors nécessaire qu'un échéancier soit établi pour la création des postes manquants.
Le mouvement a été entamé dès la rentrée par les personnels de l'Education nationale, IATOSS (Ingénieurs, Administratifs, Techniciens, Ouvriers, Service et Santé) et les enseignants, soutenus par les associations de parents d'élèves. La rentrée a donc été bloquée durant deux semaines, le ministère refusant de donner une réponse cohérente. Avant la grève, il avait même été impossible d'obtenir l'ouverture de négociations avec le Recteur.
Pour un besoin total de 382 postes, minimum nécessaire à un fonctionnement normal de l'Académie-Guadeloupe, le Ministère n'en accordait que 133. Déjà, il y a quatre ans, en 1997 et 98, il avait fallu un mouvement de trois semaines pour que le ministère créé 169 postes et promette la création de 700 supplémentaires sur 4 ans. Il n'a cependant pas tenu sa parole : sur les 700 promis, il en manque encore 145. Ajoutés aux 382, cela donne un total de 527 postes à créer et pourvoir.
Les écoles, collèges et lycées sont donc restés fermés durant deux semaines. Les personnels se retrouvaient chaque jour devant le rectorat, après être passés vérifier la situation devant leurs établissements. Le site du rectorat, rebaptisé «village de résistance» a été occupé en permanence.
Cette forte mobilisation a porté ses fruits, car sans la grève, il n'y aurait pas eu de nouveaux postes, et les conditions d'éducation auraient continué à se dégrader, au préjudice des élèves, qui sont les principales victimes du manque de personnels.


Fort de France
CRECHES MUNICIPALES. LES AGENTS EN COLERE

Les agents municipaux CGTM - SOEM des crèches de Fort de France ont déposé un préavis de grève à compter du 19 septembre. Ils sont une trentaine d'agents dans chaque crèche, soit plus de 300 agents de crèche. Ils dénoncent le projet de privatisation de ce service public. Sur les onze crèches de la ville de Fort de France, quatre sont d'ores et déjà concernées par ces mesures. Lors de la rentrée, le maire ne voulait pas ouvrir la crèche de Bishop et il a fallu que le personnel se mobilise. Mais jusqu'à présent, les inscriptions n'ont pas commencé.



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