Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 19 octobre 2002      N° 868
À la une

ÉDITORIAL
Bali: un attentat barbare qui renvoie à la barbarie du monde actuel


Université Antilles Guyane: où est le racisme à l'UFR STAPS?

Martinique Gros békés contre petits planteurs

Page 2

Sainte-Rose: les problèmes de terre. Une poudrière

Guadeloupe: Laguerre a-t-il la paix?

Martinique: l'insurrection du Sud, une page de la lutte des classes pauvres contre l'oppression

Sainte-Rose: manifestation de colère des habitants de la Boucan

Éducation: Mission ministérielle/intersyndicale, une rencontre sans résultat

Les mesquines revanches du recteur

Taubira: Une personnalité pour vieille institution... et plus si affinités

Page 3

Guadeloupe: à l'usine de la CTP/CTM, les grévistes tiennent bon!

Désirade: grève à la mairie. Le père Noël ne fait pas de cadeaux

Extraits des bulletins d'entreprises


Écho des assurances: Certains assureurs assurent avant tout leurs profits

Écho de l'aéroport: Air Caraïbes. halte à la précarité

Écho des hôpitaux: Infirmiers, le parcours du combatant

Martinique: Une direction qui a dû faire machine arrière

Vieux-Habitants: Lurel s'obstine mais devra appliquer la loi!

Haïti: 8 ans après le retour d'Aristide, pas d'amélioration pour les pauvres

Page 4

Brésil "Lulla", l'illusion au pouvoir?

Vénézuela: manifestations anti et pro Chavez

Trinidad & Tobago: fin de crise politique sur fond d'ethnisme et de problèmes sociaux

Côte d'Ivoire: l'impérialisme français au secours de la dictature

Irak: vers la guerre?

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ÉDITORIAL:

BALI. UN ATTENTAT BARBARE QUI RENVOIE A LA BARBARIE DU MONDE ACTUEL

L'attentat de Bali a fait un carnage : plus de 183 morts, des centaines de blessés. C'était visiblement le but des auteurs de l'attentat, faire le maximum de victimes. La barbarie d'un tel acte absolument odieux est évidente. Quelque temps avant, un autre attentat contre un pétrolier français faisait craindre une recrudescence des attentats attribués à la mouvance islamique intégriste ou à Al Quaida, l'organisation dirigée par Oussama Ben Laden. On reparle maintenant d'attentats très criminels pouvant se produire ailleurs, en Europe ou aux USA.
Le spectre des attentats du type de celui de New-York le 11 septembre 2001 revient dans les esprits.
Ce type d'attentats est bien le symbole du monde barbare dans lequel nous vivons et qui est bien par un système dominant qui est celui de la domination et de l'exploitation des classes pauvres et des peuples. Car si les attentats attribués aux intégristes islamistes sont absolument condamnables avec la plus grande sévérité, ils nous renvoient à une situation mondiale dont les grandes puissances capitalistes et les grands trusts qui dominent le monde sont entièrement responsables.
Les centaines de milliers de morts irakiens pendant et après la guerre du golfe ne sont-ils pas le résultat du terrorisme d'État des USA et ses alliés? Et la nouvelle guerre contre l'Irak si elle a lieu, combien de victimes civiles innocentes fera-t-elle encore? sans compter tous ceux qui meurent victimes de l'embargo et des bombardements quasi quotidiens dans ce pays. Tout cela en partie pour que les grands trusts pétroliers s'assurent le contrôle total des puits de pétrole. Les morts d'enfants, les destructions programmées, les humiliations de toutes sortes contre le peuple palestinien ne sont-ils pas le fait d'un terrorisme d'État d'Israël depuis tant d'années? La barbarie n'est ce pas encore de faire mourir des milliers d'individus en Afrique, des enfants -soldats dans des guerres pour le contrôle des diamants au Libéria ou d'autres minerais au Congo ? ou maintenant en Côte d'Ivoire pour les intérêts des Bouygues et des Bolloré ou des capitalistes du cacao?
C'est aussi les millions de pauvres qui dans le monde meurent à petit feu dans la misère pendant que les coffres forts des entreprises capitalistes qui les exploitent se remplissent ? Ne meurt-on pas encore à Bhopal en Inde des suites de l'échappement de gaz toxiques de l'entreprise américaine Union Carbide en 1984? On compte plus de 16.000 morts et 500.000 blessés. Tout cela parce que, pour faire le maximum de profit la société avait négligé totalement la sécurité.
Lorsqu'en Haïti le salaire journalier est l'équivalent de 1,16 dollar-US et que des milliers de pauvres y meurent encore de malaria, de tuberculose dans une misère atroce à deux pas du pays le plus riche du monde, oui c'est la aussi l'horreur. La barbarie c'est l'impérialisme français qui a imposé à ce pays jusque dans les années cinquante le paiement de sommes considérables comme indemnités… pour la fin de l'esclavage obtenue par une guerre des esclaves haïtiens contre les troupes de Bonaparte venues rétablir le système servile. Ce même esclavage avait permis l'accumulation de capitaux considérables dans les coffres forts de la bourgeoisie française.
Partout, au Brésil, au Vénézuela, en Caraïbe, dans bien des pays pauvres les masses paient un tribut toujours plus lourd au cynisme et à l'exploitation par l'impérialisme et les classes dirigeantes. Dans ces pays riches même il existe de plus en plus de pauvres et la crise met sur le pavé de plus en plus de chômeurs.
Alors les monstres qui commettent les attentats aveugles tuant des centaines de gens, semant la tristesse, la désolation la panique sont les enfants des monstres qui dirigent et modèlent le monde au gré des intérêts des classes riches. Il faut changer le monde. Il faut s'en prendre aux racines du mal : le système d'exploitation capitaliste, l'éradiquer de la planète. Alors sera possible la construction d'une société nouvelle débarrassée d'une économie pour la satisfaction des besoins d'une minorité au profit de la satisfaction des besoins de la majorité. C'est ainsi que l'on pourra faire disparaître les attentats barbares qu'ils soient d'État ou individuels.



UNIVERSITÉ ANTILLES GUYANE: OÙ EST LE RACISME À L'UFR STAPS?

A l'UFR (Unité de formation et de recherche) en Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS), un problème déjà ancien a éclaté. Depuis longtemps des enseignants expliquent aux étudiants qu'ils ne sont pas racistes, mais que pour avoir une bonne ambiance de travail, une convergence de vues, ils embauchent leurs anciens collègues et amis. Résultat : sur 25 enseignants du STAPS, 23 sont «métropolitains». Or les étudiants se plaignent d'abus, d'injustices. Cette semaine, un tract signé des élus étudiants dénonce les «pressions», «anonymat des copies» (non respecté), «traitement de faveurs» (vis à vis des nombreux étudiants métropolitains). Lors des grèves de 1996, 1998, ces problèmes ont été soulevés mais pas réglés: les étudiants ont souvent peur de ne pas avoir leur diplôme s'ils réagissent.
L'événement déclencheur a été l'élection d'un directeur guadeloupéen insoumis à la tête du STAPS. Celui-ci a dénoncé le mode de recrutement des enseignants pratiqué par ses collègues. Tous les recrutés n'ont pas, comme cela a été dit dans la presse, des doctorats. Certains sont des professeurs certifiés des lycées et collèges. Or en Guadeloupe, en Martinique, il existe des professeurs certifiés, des agrégés ou même des docteurs. Mais ceux qui ont été candidats n'ont pas été recrutés. Alors, où est le racisme? Les dits collègues se sont empressés de dénoncer l'élection du directeur guadeloupéen. Ils lui reprochent d'avoir insisté sur la nécessité d'un «recrutement endogène». On peut toujours discuter la formule utilisée mais pas la réalité d'une situation qui exhale des relents de colonialisme. Du reste dans un pays aussi longtemps victime du colonialisme direct, du racisme des Blancs envers les Noirs peut on reprocher à un autochtone de réagir contre l'une des séquelles intolérables qui perdurent en Martinique et en Guadeloupe ? C'est pourtant le même conseil d'administration du STAPS qui a élu les précédents directeurs. Dans ce conseil il y a les représentants élus des étudiants, du personnel administratif et des personnalités extérieures (élus locaux). Cette élection a en outre été validée par le conseil d'administration de toute l'université et donc par le président.
La fronde des enseignants en majorité métropolitains qui refusent de faire la rentrée avec le nouveau directeur a poussé le président de l'université à nommer, à leur demande, un administrateur provisoire. Un comité de soutien à George Calixte, le nouveau directeur, s'est constitué et appelait à une réunion mercredi 16 octobre. A l'heure où nous écrivons les étudiants du STAPS font la grève, ils appellent tous les étudiants à les soutenir. Ils veulent que les problèmes qu'ils ont depuis longtemps avec les anciens dirigeants enseignant au STAPS soient réglés définitivement.


Martinique:
GROS BÉKÉS CONTRE PETITS PLANTEURS

Depuis plusieurs années, c'est la guéguerre entre les petits planteurs et agriculteurs de la Martinique et les groupements de gros planteurs. Les premiers sont essentiellement des Noirs et regroupés autour de leur syndicat CODEMA-Modef (Comité de Défense des Métiers Agricoles – Mouvement des Exploitants Familiaux). Les deuxièmes sont les gros békés soutenus par la FDSEA et la Chambre d'agriculture qui détiennent la quasi totalité des terres agricoles.
Les petits planteurs ont bloqué du jeudi 10 au samedi 12 octobre les sorties et entrées de la SARA (Société Anonyme de la Raffinerie des Antilles) ce qui a entraîné un vent de panique chez les automobilistes qui ont pris carrément d'assaut toutes les stations d'essence.
Le président du CODEMA, Juvenal Rémir demande que soit directement versée « l'aide compensatoire sur leur compte », car ces aides sont d'après lui «phagocytés» par les groupements, les gros békés donc. En fait, ces derniers se servent les premiers et laissent d'après ce président «beaucoup d'agriculteurs en situation de quasi faillite».
Face à cette situation, les porte-parole et représentants des gros planteurs békés n'ont pas tardé pour réagir. Daniel Berthome et Christian Dachir respectivement président et secrétaire général de la FDSEA ont déclaré que «des gens utilisent la détresse pour servir leur syndicat». Tandis que Guy-Ovide Etienne, président de la Chambre d'agriculture a déclaré que ces petits planteurs font des «gesticulations» autour de l'agriculture.
En définitive, c'est bien une affaire de gros sous qui est en train de se régler. Mais les petits planteurs du CODEMA n'ont pas encore vu le bout du tunnel, car ces békés connus pour leur rapacité tiennent à se servir les premiers d'une façon ou d'une autre. Détenant pratiquement toute l'économie de l'île, ils ne sont pas prêts à céder à une miette de leur pouvoir financier.




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