Faucille & marteau COMBAT OUVRIER Pour
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 2 novembre 2002      N° 869
À la une

ÉDITORIAL
Nouveau statut ou non, c'est le système qu'il faut changer par nos luttes!


Guadeloupe: Texaco la puissante multinationale veut imposer sa loi aux travailleurs

Martinique: le 10ème congrès de la CGTM

Page 2

Martinique: l'insurrection du sud, une page de la lutte des classes pauvres contre l'oppression. ( deuxième partie)

25 octobre 1936: à l'origine de la CGTM

L'immigration indienne aux antilles.

Page 3

Martinique: Les patrons du bâtiment montent au créneau! A quand le tour des travailleurs?

Vieux-Habitants (Guadeloupe): la grève continue

Le Moule: succès de la grève de CTP/CTM

Désirade Grève a la mairie: double crime, être algérienne et membre de l'UGTG!

Guadeloupe: grogne sur le port

SERVICE MÉDICAL DE LA RÉGION ANTILLES – GUYANE: EN GRÈVE POUR L'APPLICATION DES 35 HEURES

CHU-Pointe à Pitre-Abymes: grève pour avoir du personnel et des locaux

Répression judiciaire contre Raymond Gauthiérot

Le recteur recule devant les protestations de syndicats enseignants

EXTRAIT DU BULLETIN «ÉCHOS DE L'AÉROPORT»

EXTRAIT DU BULLETIN «ÉCHOS DES TELECOM»

Page 4

Moscou: un rappel desespéré de la lutte du peuple tchétchène

Sarkozy et sa loi sur la sécurite intérieure contre les pauvres

Haïti: les travailleurs payent le déficit budgétaire

CAPESTERRE-B-E: Projets de R.H.I, incompréhensions ou zones d'ombre?

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Éditorial

NOUVEAU STATUT OU NON, C'EST LE SYSTÈME QU'IL FAUT CHANGER PAR NOS LUTTES!

Le gouvernement Raffarin, patronné par Chirac, s'appuie sur sa majorité pour donner aux capitalistes encore plus de moyens de s'enrichir. Mais en faisant cela, il ne pourra qu'appauvrir un peu plus les classes laborieuses. Mais comme les prochaines élections générales sont encore loin, il ne craint même pas les éventuelles réactions défavorables des électeurs.
Alors, dans tous les domaines, le gouvernement ne se gène pas pour prendre différentes mesures favorables aux patrons ou défavorables à la population laborieuse ou pauvre.
Des entreprises menacent de licencier ; en France de nombreux plans sociaux (donc licenciements, suppressions d'emplois) sont en cours. Ce qui pourrait avoir des conséquences néfastes pour nous ici.
Le gouvernement est en train de revenir sur la loi de modernisation sociale. Bien que n'interdisant pas les licenciements, cela constituait un obstacle encore trop important pour les patrons. Ils veulent avoir les mains libres et pouvoir licencier comme bon leur semble.
C'est dans cette catégorie de mesures favorables au patronat qu'il faut ranger la préparation des nouvelles lois sur la régionalisation et la loi spécifique pour les DOM dite loi de programmation. Les unes prévoient de faire entrer dans la constitution une nouvelle organisation administrative de la France et des DOM. Cette nouvelle régionalisation prévoit donc plus de pouvoirs locaux pour les régions.
Celles-ci seraient des collectivités d'outre-mer ou quelque chose comme ça. Ce qui importe c'est que l'Etat va se désengager au profit de ces régions ou collectivités et va leur donner plus de responsabilités, sans forcément leur donner les moyens financiers qui vont avec. Les dites collectivités auront à gérer la pénurie, les lycées vétustes, les services publics en difficulté (hôpitaux, crèches, écoles, etc.).
Pour la population pauvre, pour les travailleurs, cette nouvelle évolution n'a rien de rassurant. Car les assemblées régionales et Départementales sont déjà des distributeurs de subventions en tous genres aux capitalistes locaux ou extérieurs. La part des budgets consacrés à cela est très importante. Elle le sera encore plus avec la création de ces nouvelles collectivités.
Peut-être que leur création va flatter un certain sentiment local, régionaliste, autonomiste. Voire même cela va encourager les notables indépendantistes à collaborer en vue d'une future évolution, que d'ailleurs le gouvernement ne refuse pas d'envisager. Il affirme que c'est le peuple par voie de référendum qui sera habilité à changer le statut.
Tout ce beau monde sera la main dans la main pour gérer, distribuer la manne des collectivités aux possédants locaux ou venus d'ailleurs. Les agences régionales, les sociétés mixtes chargées de construire routes et bâtiments, et dont la transparence n'est pas la qualité majeure, vont se multiplier.
L'Etat ne donnera pas réellement plus d'argent pour les besoins de la population mais les notables au pouvoir local auront plus d'argent à distribuer aux riches.
Pour nous travailleurs, que l'Etat ou la région ou telle collectivité nouvelle qui sera créée ait plus de pouvoir, cela ne changera pas grand chose. Car ces dispositifs font partie d'un système qui lui est au service des exploiteurs, du patronat.
Et c'est ce système qu'il nous faudra bien renverser un jour en y mettant toutes forces des travailleurs, des chômeurs et de tous les laissés pour compte.



Guadeloupe.
TEXACO: LA PUISSANTE MULTINATIONALE VEUT IMPOSER SA LOI AUX TRAVAILLEURS.

Depuis le 16 septembre 2002 un conflit oppose des travailleurs affiliés à l'UTPP-UGTG à la multinationale TEXACO. Ces travailleurs revendiquent la reprise d'une station TEXACO à la Retraite Baie-Mahault,suite au départ du gérant. Cela fait plusieurs années qu'ils travaillent dans cette station qu'ils ont pratiquement gérée eux-mêmes car le gérant était particulièrement absent. Il semblerait qu'un accord était déjà intervenu entre les différentes parties. Les travailleurs ont constitué leur société, la SARL CROM DISTRIBUTION et ont fait un apport financier de 550 000 francs à Texaco pour les quatre salariés concernés.
Par la suite le PDG de Texaco a décidé de ne plus traiter avec les travailleurs de l'UGTG et de donner la gérance à quelqu'un d'autre. Les chauffeurs du Groupe Texaco se sont mis en grève pour soutenir leurs collègues et depuis les stations Texaco ne sont plus approvisionnées. Le groupe Texaco ne veut pas discuter et essaie par tous les moyens d'approvisionner les stations sous la protection des gendarmes.
Le jeudi 24 octobre dernier, la SARA (la société qui approvisionne l'île en carburant) a été bloquée durant plusieurs heures car la direction de Texaco a tenté de faire remplir un camion-citerne. Bien sûr ce blocage a entraîné la panique des automobilistes qui se sont précipités dans toutes les stations d'essence craignant une pénurie. Le groupe Texaco a voulu faire venir des chauffeurs de la Martinique pour briser la grève, ce qui a provoqué un durcissement du mouvement. Le PDG de Texaco a convoqué les chauffeurs grévistes à un entretien préalable en vue d'un licenciement, mais ces derniers ne se laissent pas impressionner et ont boudé l'entretien. Lundi 28 octobre la SARA a de nouveau fermé ses portes pour 24 h entraînant un nouvel afflux des automobilistes vers les stations.
La multinationale Texaco qui a l'habitude d'utiliser la méthode forte ne veut pas discuter avec les grévistes et bafoue le droit de grève. Les grévistes se battent pour leur emploi. Ce sont eux qui ont géré la station durant de nombreuses années sans problème et ils estiment qu'ils doivent avoir priorité sur d'autres candidats. On assiste à un véritable bras de fer car le groupe Texaco a l'habitude de bafouer la législation en imposant sa loi aux quatre coins du monde. Cette fois-ci Texaco se trouve face à des travailleurs qui ne se laissent pas faire et se défendent avec détermination.
Il est vrai que plus d'une centaine de travailleurs des stations Texaco se trouvent en chômage technique et peuvent craindre pour leur emploi. Texaco est responsable. Pas les travailleurs en lutte.



Martinique: LE 10ÈME CONGRÈS DE LA CGTM.

Les 25, 26, 27 octobre s'est tenu à Case-Pilote le congrès de la CGTM. Durant ces trois jours 250 délégués en moyenne étaient présents dont 2/3 d'hommes et 1/3 de femmes avec une moyenne d'âge de 46 ans. Les débats furent particulièrement enrichissants sur les orientations de leur confédération, sur les perspectives de luttes à mener contre la politique anti-ouvrière du gouvernement. Ils le furent aussi sur les luttes à mener contre le patronat et tous ceux qui sont à leur solde. Ainsi, plusieurs délégués, qu'il s'agisse du secteur privé ou des administrations publiques, ont expliqué les difficultés qu'ils rencontrent au sein de leur entreprise. A savoir les conditions d'exploitation des travailleurs, telles que le non-respect des mesures d'hygiène et de sécurité, le frein aux embauches supplémentaires malgré la mise en place des 35 heures, l'augmentation des cadences de travail, le non-remplacement de ceux qui partent à la retraite. L'accent a également été mis sur les élections prud'homales qui doivent se dérouler le 11 décembre 2002. Les délégués et militants de la CGTM ont renouvelé leur engagement de faire en sorte que la CGTM garde la majorité à ces élections. Au cours de ces trois journées, il a été question également de débats sur l'avenir de la classe ouvrière, dans la Caraïbe et dans le monde. La politique impérialiste, notamment de la France et des États Unis, a été dénoncée. Il s'en est suivi une longue intervention sur «la réparation» (des dégâts causés par l'esclavage). Divergences et convergences se sont fait entendre sur la signification de la dite «réparation». Certains disaient qu'il faut faire l'inventaire dans le domaine de la culture, de l'économie par exemple et d'autres ont déclaré que la réparation devra déboucher carrément sur l'expropriation des capitalistes.
Des représentants de différentes organisations syndicales de la Guadeloupe (UGTG, CGTG), de Ste Lucie ou de la France ont dressé un tableau de la situation économique et sociale de leur pays. Ils ont apporté leur solidarité aux travailleurs de la Martinique en lutte et ont exprimé leur satisfaction concernant les débats enrichissants auxquels ils ont pu assister. Notons la présence de Guy Dufond, vieux militant frappé à l'époque par l'ordonnance d'octobre 60 (ordonnance coloniale qui prévoyait l'expulsion des Antilles de tout fonctionnaire dont les idées et l'activité portaient atteinte à «l'ordre public»). Son intervention fut saluée par les applaudissements de l'assemblée debout.
La troisième journée s'est terminée par l'élection du nouveau bureau de la confédération. Parmi les 16 membres de cette direction il faut noter l'entrée de trois femmes. Six nouveaux membres en tout ont fait leur entrée au bureau. Ce dernier a reconduit à l'unanimité Ghislaine Joachim Arnaud au poste de secrétaire générale de la Confédération Générale des Travailleurs de Martinique.




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