COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 19 avril 2003      N° 880
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À la Une

Éditorial

IRAK: L’impérialisme prépare une nouvelle dictature contre les masses pauvres

Les troupes américaines sont entrées dans Bagdad, les statues du dictateur ont été déboulonnées. Les foules se livrent au pillage des maisons luxueuses des anciens dirigeants irakiens. C’est d’ailleurs l’aspect le plus significatif de tout cela : les masses de pauvres qui se ruent sur tout ce qu’on peut prendre pour tenter de le valoriser ensuite. A Bassora c’est sur les camions d’aides, eau ou nourriture, que les gens se jettent. A tel point que les soldats britanniques ont voulu improviser une forme d’organisation ou d’autorité en demandant de désigner un responsable irakien pour assurer l’ordre. Mais on apprend déjà que les chefs religieux chiites ont envoyé leurs hommes un peu partout dans le sud pour prendre en main tout ce qu’ils pourront, afin de remplir le vide laissé par la chute du régime.
C’est le problème que vont tenter de résoudre les Américains. Occuper l’Irak, l’administrer pendant des semaines ou des mois ne sera pas une affaire simple. Passées les premières heures d’euphorie, passé le temps des bons sentiments réels ou feints envers les « libérateurs », la population va se retrouver avec ses morts et ses blessés auxquels s’en ajouteront d’autres. Car à chaque opération de contrôle, sur les routes, en ville, les soldats de la coalition vont tirer d’abord et contrôler ensuite. Car ils savent très bien que bien des gens dans la population ne nourrissent pas des sentiments amicaux envers leur intervention brutale et destructrice.
Que les gens dans la population se réjouissent de la chute de Saddam Hussein n’a rien d’étonnant car ce régime était vomi par la population, à Bagdad ou à Bassora dans le sud. Mais cela ne signifie pas pour autant que la majorité de la population verra d’un bon oeil une occupation qui dure.
Quant à la fameuse démocratie que Bush et Blair ont promis d’apporter, on voit déjà comment elle va se mettre en place grâce à des hommes sélectionnés et préparés par la CIA depuis des mois dans le cadre de la préparation de cette guerre. Tout a été prévu et ces hommes là seront poussés devant au mépris des sentiments et des choix de la population.
Les dirigeants américains ont constamment fait des appels aux offices de l’armée de Saddam Hussein et il est sûr que parmi les militaires prisonniers dans leurs camps, parmi tous ceux qui ont baissé les armes les derniers jours à Bagdad, les dirigeants des Etats Unis trouveront des gens pour assurer la formation d’une police et d’une armée destinées à rétablir l’ordre.
Mais la démocratie ne sera pas plus en marche avec ceux là, anciens du régime de Saddam Hussein, sous la houlette des Américains, que sous celle de Saddam Hussein.
Quand Bush et Blair assurent, la main sur le cœur, que l’argent du pétrole irakien restera aux Irakiens, cela sonne comme une sinistre plaisanterie car les bombardements américains ont brisé, cassé, détruit des pans entiers des villes du nord au sud, elles ont mis par terre des milliers de logements, des bâtiments publics des ponts, des hôpitaux, des écoles, etc...
Il faudra de mois et des mois pour reconstruire tout cela, les quartiers pauvres certes n’ont pas été particulièrement bombardés, mais ceux-ci resteront comme ils sont. Et l’argent du pétrole servira aux Irakiens à payer les dettes de guerre, à payer les sociétés américaines déjà mises en place, déjà désignées pour la « reconstruction ». Non ! L’argent du pétrole n’ira pas aux Irakiens même si l’impérialisme avait l’intention de bâtir une façade irakienne au-devant des sociétés américaines ou anglaises qui assureront le dépeçage des richesses de l’Irak. Quant au dit “camp pacifiste” ou anti-guerre conduit par Chirac, celui-ci annonce clairement qu’il estime avoir le droit d’être associé aux « bienfaits collatéraux » selon l’expression d’un éditorialiste français. Oui, il faut que le gâteau irakien profite à tous, c’est ce que veulent obtenir Chirac et ses acolytes allemands et russes. C’est le seul sens de leur appel à passer le relais aujourd’hui à l’ONU. Mais les Américains ne sont pas pressés de le faire. Ils n’ont pas fait tout cela pour le profit de leurs concurrents d’affaires européens! Si les Irakiens ne veulent pas encore prolonger leurs souffrances issues de trois guerres en 15 ans, de 1O ans d’embargos, des crimes de la dictature, ils devront accepter de se battre quitte à souffrir encore. Mais au moins feront-ils des sacrifices au nom de leurs propres objectifs, dans une lutte qui pourra déboucher sur des vrais changements pour eux.
Ce ne sera pas en s’alignant derrière tel ou tel religieux islamiste ou derrière un illuminé fanatique, sans programme pour les pauvres et sans perspectives tel que Ben Laden. Le peuple irakien, les pauvres, auront encore de longs mois, sinon des années de souffrance avant de parvenir à se débarrasser de tous leurs oppresseurs internes ou venus de l’extérieur.



GOSIER: UN MAIRE REVANCHARD

Les agents municipaux du gosier entrent dans leur troisième semaine de grève. Ils réclament la titularisation de six des leurs, qui ont pour certains plus de 10 ans d’ancienneté. Le maire fait la sourde d’oreille, il ne veut pas tenir les promesses de titularisation qu’il a faites aux agents lors des récentes grève. Les agents sont d’autant plus décidés que, depuis le 2 février il a privatisé le ramassage des ordures. C’est le groupe Gaddharkan qui actuellement assure la voirie dans la commune. On procède actuellement au transfert des agents municipaux de la voirie au privé. Les six que le maire ne veut pas titulariser font partie des transférables. S’ils sont transférés en étant précaires, ils auront des salaires moindres dans le privé et n’auront pas de sécurité de l’emploi.
Le maire veut faire payer aux agents leur mobilisation lors des luttes qu’ils ont menées contre lui ces derniers temps. Et il agit en faveur des intérêts d’une société privée plutôt que pour ceux des employés de la commune. On peut se demander quel intérêt il trouve à faire cela, en faveur de Gadarkhan? Cela mériterait un coup de projecteur.
Les agents en lutte veulent aussi que le maire applique le protocole d’accord du 5 novembre 2002 qui prévoyait le reclassement des agents et le paiement des rappels qui s’y attachent. Un groupe de 40 agents attend sa nomination depuis 5 mois et ne voit rien venir. Ces agents sont à bout, aussi ils bloquent tous les services municipaux pour faire entendre raison au maire.
Le maire fait le mort! Ou il n’a rien à dire, ou il joue la montre espérant que les agents se lasseront. Il peut toujours espérer, inévitablement la détermination des agents en lutte ruinera ses espoirs.



Martinique: Les agents du CHS de COLSON en grève

Depuis le jeudi 10 avril, les agents de l’hôpital spécialisé de Colson sont en grève, sous la conduite d’une Intersyndicale CDMT, CSTM,UGTM, FO et SPH (syndicat des médecins pédopsychiatres hospitaliers). Ils ont le soutien des syndicats des autres établissements et de l’ensemble de la communauté hospitalière de Martinique.
Jeudi, ils se sont rendus en cortège à l’ARH en perturbant la circulation sur l’autoroute. Vendredi, ils étaient regroupés devant leur établissement et un service minimum était organisé.
Plus de quinze jours après la mort d’une collègue infirmière agressée par un patient, ils estiment qu’ils n’ont pas obtenu suffisamment de précisions sur la mise en œuvre de l’ensemble des mesures qu’ils jugent indispensables pour garantir un minimum de sécurité pour les personnels et pour les patients de cet hôpital.
En effet, pour eux, cette mort est liée à l’insuffisance de moyens, au manque de personnel et aux dysfonctionnements engendrés par ces situations. Et au delà de l’émotion et de la douleur suscitées par la mort de leur collègue, à quelques mois de son départ à la retraite, ils veulent que tout soit fait pour qu’une telle situation ne se reproduise pas.
Depuis le drame, le personnel, par l’intermédiaire de ses délégués a multiplié les réunions avec la Direction, mais aussi avec le directeur de l’Agence Régionale pour l’Hospitalisation ( ARH).
On sait que la capacité d’accueil de l’établissement est insuffisante. Il possède 250 lits alors qu’il faut accueillir un nombre plus élevé de malades. Conséquence, les conditions d’accueil, les procédures, ne peuvent pas être mises en œuvre correctement. Le manque d’effectifs est particulièrement pénible vu la catégorie des malades de Colson. Ceux-ci nécessitent une présence permanente d’infirmiers, de spécialistes. Le nombre de personnes qui arrivent en urgence sous l’emprise de l’absorption de drogues et qu’il faut stabiliser pendant au moins trois semaines a augmenté. Faudrait-il aussi l’expliquer aux autorités de tutelles?
Celles-ci, Préfet, ARH, DSDS, savent tout cela. Les spécialistes, les experts ne manquent pas. Les chiffres, graphiques et autres observatoires non plus. Ce qui manque c’est le choix politique de ces prétendus «décideurs» et du gouvernement pour mettre l’argent public au service des malades, des soignants, de la population.
D’ores et déjà, ils ont obtenu que le directeur de l’ARH donne son accord pour le financement et la réalisation de certaines mesures de sécurité à hauteur de 500 000 euros. Aujourd’hui celui-ci annonce qu’il va essayer d’accélérer l’augmentation des effectifs prévus dans le cadre du Contrat d’Objets et de Moyens ( COM ) signé il y a un an, soit 104 agents. Mais pour le personnel, cela ne fait pas le compte car ces postes sont souvent des régularisations d’agents qui travaillaient déjà à l’hôpital. Une autre piste est envisagée par l’ARH, celle de «désengorger» l’hôpital en permettant que certains malades soient réorientés vers des structures médico-sociales extérieures. Sur ces propositions, le personnel veut des précisions concrètes et correspondant à la réalité des patients du CHS de Colson.
Le mouvement de grève a été suspendu le samedi et le dimanche 12 et 13 avril, mais pourrait reprendre dès le 14 avril.




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