COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 19 avril 2003      N° 880
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Générale des eaux: fin de la grève, la direction n’a pas cédé sur tous les points

Le 8 avril les agents de la Générale des eaux affiliés à la CGTG ont mis fin à leur grève. Ils demandaient la révision de leur fiche de paye de l’année 2002 et le retrait de leur caisse des congés payés de celle du BTP. Sur le premier point très tôt la direction à obtempéré.
Le directeur Dutertre acceptait de payer les rappels qu’entraîne la révision des fiches de paye et le versement d’une prime spéciale de 130 euros par agent. Quant au retrait de la caisse des congés payés, il a été intraitable. Il a préféré accorder le quatorzième mois aux agents en compensation.
Ces derniers estiment que l’accord qui a été conclu entre leur syndicat et la direction est un succès pour eux. Mais le problème de la caisse des congés n’est pas résolu. Inévitablement il se reposera et occasionnera de nouveaux accès de colère des agents.



Martinique: Habitation FON BAN ex GRAND FOND
Le patron a fait le choix de licencier

Les ouvriers agricoles de l’habitation Fon Ban ex Grand Fond, au François, avaient arrêté le travail le mardi 18 mars dernier. Ils refusaient la décision unilatérale de l’employeur d’imposer une modification du travail contraire à la convention collective et rejetée par l’ensemble des salariés et des organisations syndicales ouvrières lors des négociations de branche de la banane.
Pour conforter sa position l’employeur s’appuie sur une étude du CIRAD (organisme de recherche en agriculture) pour dire que seuls 5 Ha sur 45 que compte l’exploitation sont exploitables dans l’immédiat.
Ce sont donc 20 salariés qui sont visés par une mesure de licenciement économique. Un accord de fin de conflit a été signé par les salariés et l’employeur le vendredi 11 avril.
Cet accord prévoie : deux salariés partent en préretraite, l’ensemble des salariés est mis en congés payés pour 2003, à la fin des congés 14 salariés vont travailler pendant 10 jours sur l’exploitation ,après quoi l’employeur va déclencher la procédure de licenciement économique. Des possibilités de formation, sans rupture du contrat de travail sont prévues pour les volontaires, un plan sera finalisé le 17 avril.
Cinq salariés se sont portés volontaires pour commencer à travailler dès lundi 14 avril sur les 5 Ha jugés viables. Ce même jour les délégués du personnel sont convoqués en entretien préalable de licenciement pour motif économique.
Cet accord, s’il met fin au conflit, ne permet pas de savoir ce que sera l’avenir prochain, en particulier le sort des délégués, celui des 14 salariés, et ni celui des 5 «volontaires».
En effet, il n’y a aucun accord sur la modification du travail et l’employeur a fait savoir que ceux qui refuseraient cette modification seraient mis dans la procédure de licenciement économique.
Ce conflit montre bien que les patrons ne reculent devant rien. Après avoir délibérément mis l’exploitation hors d’état de produire, en refusant de faire les travaux nécessaires à son maintien, ils choisissent de licencier pour mieux imposer des conditions de travail plus pénibles.
Les premiers salariés visés sont les délégués du personnel CGTM, qui, aux dires de ce patron, mais aussi de plusieurs autres patrons d’exploitations agricoles du François les empêchent d’exploiter les ouvriers comme ils en ont envie.
Voilà ce que les patrons de Martinique appellent le «dialogue social» ! Mais il n’est pas dit qu’ils pourront toujours se permettre impunément de tels actes nuisibles envers les travailleurs. En tout cas, ceux de Fon Ban ont encore à rester vigilants et solidaires pour les jours à venir, afin de limiter les exactions patronales.



EXTRAITS DE L’ECHO DES HOPITAUX

GYNECOLOGIE: DES AGENTS EXCEDES PAR LE MANQUE DE PERSONNEL
Mercredi 2 avril, des agents excédés par la situation dans le service, se sont rassemblés, ceux qui travaillaient et ceux qui étaient de repos. Ils ont décidé de se rendre auprès de l’infirmière générale pour réclamer du personnel supplémentaire. On sait que ce service fonctionne à la limite du supportable. Mais là, la coupe a débordé ! Devant l’évidence du problème, l’infirmière générale a promis deux AS dans les meilleurs délais et qu’elle reviendrait sur le problème du remplacement des ASH.

GYNECOLOGIE: MANQUE D’INFIRMIERS
Le problème des infirmiers reste entier parce qu’on n’en trouve pas à embaucher. La cause en est que les gouvernements précédents ont mené une politique irresponsable, imprévoyante, qui a créé la pénurie actuelle.
Nous pouvons au moins exiger la mise en œuvre d’une réelle politique de formation prévoyant largement les besoins futurs.

RTT: HEURES SUPPLEMENTAIRES
Pour l’année 2002, on en serait à près de 60 000 heures de RTT. Ce qui veut dire que toutes ces heures supplémentaires ont été effectivement travaillées par les agents. Bien sûr il est prévu de les payer mais ce qu’il faut voir c’est que cela représente autant d’heures de fatigue, de stress, que l’argent ne compensera pas.



EXTRAITS DE LĠECHO DE LĠAEROPORT

AVIATION CIVILE: ÉLECTIONS A LA CAP
Du 25 mars au 7 avril se sont déroulées les élections à la CAP (commission administrative paritaire). Ces élections déterminent la représentativité des différents syndicats.
Elles sont importantes, car l’administration ne cache pas son intention de scinder l’Aviation Civile entre «régulateur » (les administratifs) et « opérateur » (le corps technique). Tout cela dans le but d’ouvrir la voie à une privatisation, genre France Télécom.
Dans ce contexte, les syndicats catégoriels ne voyant que l’intérêt immédiat, sont prêts à vendre leur statut pour un plat de lentilles.
C’est pourquoi il est important que le personnel vote en masse pour les confédérations favorables au maintien de l’unité de la DGAC.

AVIATION CIVILE: LES SYNDICATS PROTESTENT CONTRE LE TRANSPORT DES URNES
Pour ces élections, le district Guadeloupe avait, comme il y a 3 ans, été désigné comme bureau de vote spécial avec dépouillement sur place.
A la direction régionale en Martinique, on a décidé, sans doute par déformation, de tout regrouper et de considérer la Guadeloupe comme « section de vote ». Cela impliquait donc de transporter le contenu des urnes en Martinique pour faire le dépouillement. A l’initiative de la CGTG, les syndicats ont menacé de tout bloquer.
Finalement, un compromis a été adopté : les délégués accompagneront les bulletins jusqu’au dépouillement. C’est la direction qui paie les billets. Et pour les prochaines consultations en décembre, la Guadeloupe sera rétablie comme bureau de vote.

MÉTÉOFRANCE: LA TOUR DES MIRAGES
Les nouveaux locaux sont certes propres et beaux, mais pas forcément fonctionnels. C’est ainsi que la tour qui domine les bâtiments, faite pour l’observation météorologique, est de forme circulaire et permet de voir tout à l’entour. Malheureusement l’architecte a mis des vitres concaves pour épouser la forme de la tour. Les vitres se reflètent l’une dans l’autre, si bien qu’au bout de quelques secondes on a la tête qui tourne.
Finalement les agents préfèrent aller dehors pour faire leurs observations. Il faudrait, hélas pour l’architecte, changer ce vitrage, car avec ces vitres concaves, c’est le personnel… qu’on vexe !

MÉTÉOFRANCE: UN AMÉNAGEMENT Á REVOIR
Le nouveau bâtiment a l’ intérêt de regrouper l’ensemble du personnel météo, aussi bien administratif que technique.
Mais pour le personnel travaillant H24, on ne s’est visiblement pas soucié de faciliter le passage de la veille au repos.
C’est ainsi que la salle de repos, comme la salle de vie où se trouvent le coin repas et la télé, sont éloignés du local où l’on travaille.
Si un collègue est pris d’un malaise, il se peut fort bien qu’on ne s’en rende pas compte. Tout cela mérite d’être revu et corrigé.

FRET: EMBAUCHEZ!
La CCI veut économiser sur le dos des salariés. De très nombreux collègues sont partis à la retraite. Ils n’ont pas été remplacés.
Le nouveau mot à la mode dans les établissements publics ou semi-publics, comme la CCI, c’est la restructuration : un employé fait le travail de 2 ou 3. La direction se frotte les mains. Il y a des nouveaux. Mais ils ont des CDD (contrats à durée déterminée). Un moyen supplémentaire de faire pression sur le salarié pour en tirer le maximum.
La direction de la CCI suit une logique anti-ouvrière. Elle ne cherche pas à organiser l’emploi pour que tous les chômeurs travaillent et que toutes les tâches utiles à la société soient accomplies. Elle veut que les gros s’enrichissent. Et après elle va s’indigner de la colère des exclus.

ACCUEIL QUALITÉ+: QUAND LA CCI SOUS-TRAITE
La CCI a confié la manipulation des chariots pour les bagages des voyageurs à la société Accueil Qualité+.
Cette activité était auparavant regroupée avec le gardiennage de l’aéroport dans une même société. Les différentes activités ont été saucissonnées.
Accueil Qualité+ n’a que 3 salariés. Tous payés au SMIC. Depuis 3 ans et demi ces travailleurs ne voient pas leur sort s’améliorer. Ils trouvent cette situation intolérable. Le patron, un certain Clairville, assure qu’il n’a rien à voir avec le président de la CCI. Mais probablement, la dépense de la CCI est supérieure aux salaires de 3 travailleurs ayant le statut de la CCI. Tout le monde ne perd pas dans cette affaire.



EXTRAITS DE LĠECHO des ASSURANCES

MAIF: RESULTAT DES ELECTIONS DES ADMINISTRATEURS SALARIES

Il y avait trois postes à pourvoir. Deux pour le collège salarié et un pour les cadres. Au collège salarié, la CGTG arrive en tête et a une élue et la CFDT récupère l’autre poste. Pour les cadres, il a fallu un deuxième tour et c’est la CGC qui obtient le poste. De toute façon, nous ne devons pas nous faire d’illusions car les administrateurs salariés ne servent pas à grand chose. Ils ne sont que nos yeux et nos oreilles au sein du Conseil d’administration.

MAIF: FERMETURE DES BUREAUX POUR LA TENUE DES REUNIONS

Il aura fallu plusieurs demandes des élus du personnel, la dernière mobilisation des salariés en décembre 2002 pour que la direction accepte enfin de retarder l’ouverture des bureaux au public une fois par semaine pour la tenue des réunions de service.
Jusque là c’était un refus catégorique. Il faut faire de plus en plus de réunion mais jongler car les bureaux devaient toujours rester ouverts. Résultat il fallait faire la même réunion en plusieurs groupes ce qui n’était pas toujours évident.
Dans l’ensemble les tests effectués dans d’autres délégations sont positifs selon les salariés.

MGEN: RESULTAT DES ELECTIONS DES DELEGUES DU PERSONNEL

Le deuxième tour des élections a donc eu lieu le 18 mars dernier. La liste présentée par la CGTG a été élue et pour une fois il y aura un délégué titulaire et un suppléant. C’est une très bonne chose car à la MGEN il n’y avait aucun représentant du personnel.
Les collègues pourront faire remonter leurs problèmes par le biais des délégués.



La CGTM Education a débattu de la décentralisation.

Le gouvernement Raffarin a décidé de transférer 150.000 fonctionnaires relevant de la Fonction publique de l’Etat vers les collectivités territoriales (Département et Région). L’annonce officielle a été faite, le 28 février 2003 à Rouen, par Raffarin lui même lors de la clôture des Assises des Libertés Locales.
Sur ces 150.000 fonctionnaires transférés, 110.000 relèvent de l’Education nationale, ce sont les ATOSS. Aussi, la CGTM Education (enseignants et non enseignants) ont réuni leurs militants et adhérents le vendredi 4 avril à Case Pilote pour discuter des conséquences de cette décision gouvernementale.
Dans son discours de Rouen, Raffarin n’a pas caché la véritable raison de cette mesure : réaliser des économies.
Aussi, les personnels concernés n’entendent pas du tout faire les frais de cette politique. Ils ont clairement exprimé leur désaccord et ont promis de lutter contre cette mesure.
Quant aux enseignants, s’ils ne sont pas concernés par ce premier train de transferts, ils savent que, à tout moment, le gouvernement peut prendre la décision de leur faire rejoindre la fonction publique territoriale. Raison pour laquelle la CGTM-Education a décidé de rester mobilisée sur ce problème de la décentralisation comme sur celui des retraites.



Martinique: affaire entre avocats et patrons martiniquais

Le tribunal correctionnel de Fort de France a rendu son délibéré le vendredi 11 avril dans l’affaire Dispagne. L’avocate Dispagne est poursuivie par les responsables de la CCIM, qui lui reprochent d’avoir diffusé sur les ondes et par voie de tracts des propos «diffamatoires» dans l’affaire Jet Aviation Service qui a défrayé la chronique en Juillet 2002.
Il semblerait qu’elle ait dénoncé des actes de «favoritisme» exercés par certains responsables de la CCIM au bénéfice de quelques békés.
Ce qui est drôle dans cette affaire c’est que des patrons et ceux qui sont à leur service se sont sentis vexés par ces propos. Comme si, selon eux, cela ne se fait pas dans le fonctionnement du système capitaliste. Pourtant, quelques uns de leurs petits copains en France ont déjà été mis devant les tribunaux parce que ils ont un petit peu «trop abusé» du système et ont été condamnés pour «favoritisme et détournement de bien sociaux».
Mais derrière l’ accusation portée contre l’ avocate de Jet Aviation Services se cache autre chose. Le patronat de Martinique ne tolère pas d’être dénoncé par un avocat alors qu’il considère que celui-ci ne devrait être qu’un commis à son service. Pour eux, dans «leur» société capitaliste, il y a des règles qu’il faut respecter. Et ceux qui sont au service des patrons ou de l’Etat et qui ne les respectent pas, se font taper sur les doigts!
Ainsi l’avocate Dispagne a été condamnée pour diffamation à verser 1500 euros d’amende, et 3000 euros de dommages et intérêts pour chacun des «pauvres» plaignants, Jean Claude Lubin, directeur de la CCIM, Frantz Thodiard et Serge Cyrille cadres de la CCIM et par dessus le marché à payer 800 euros pour leurs frais d’avocats.
Voilà, pour que d’autres avocats n’osent pas mettre au grand jour leurs magouilles et, on ne sait jamais , certaines méthodes cachées d’ exploitation de ces messieurs!
Cela a donc fait scandale devant le tribunal où des membres du comité de soutien de l’avocate ont manifesté leur colère.
Pour ajouter un peu de piment à l’affaire, le tribunal a saisi le procureur général pour que Claudette Duhamel, l’avocate qui défendait Me Dispagne, soit poursuivie devant le Conseil de l’Ordre pour avoir, «au cours de sa plaidoirie», traité certains autres messieurs du même panier «de menteurs et les juges de colonialistes corrompus».
Bref ! une affaire entre des avocats qu’on veut mettre au pas et des patrons qui entendent rester seuls  maîtres  à bord.




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