COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 19 avril 2003      N° 880
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Pointe–à-Pitre: BIENTÔT LE PREMIER MAI!

Cette année la manifestation aura lieu à Basse-Terre. Les discussions continuent toujours entre les organisations syndicales. A noter le désistement de l’UNSA et de la FAEN. La CTU a finalement décidé de ne pas participer au premier mai unitaire. Les organisations suivantes ont signé un tract d’appel commun: CGTG-FSU-SNETAA-EIL-SNUI-UGTG
Préparons-nous à être le plus nombreux possible à Basse-Terre le 1er mai!

Extraits du tract des syndicats

Vive la lutte internationale des travailleurs!
Pour le droit au travail, contre l’exploitation et toutes ses déréglementations MANIFESTONS LE PREMIER MAI!

Le premier mai 2003 sera l’occasion de manifester massivement contre la guerre sociale menée contre les salariés par le gouvernement Raffarin. Nous avons vu les licenciements à AirLib, nous voyons augmenter globalement le chômage. Nous voyons le gouvernement supprimer des milliers d’emplois dans la Fonction publique. Malgré les déclarations officielles, le chômage ne recule pas. Les emplois précaires se pérennisent : avec des bas salaires, un nombre d’heures de travail insuffisant pour vivre, des incertitudes permanentes sur l’avenir. Sans compter que les patrons ne se gênent pas pour faire pression sur ces travailleurs, les dissuadant de se défendre, de se syndiquer. Mais c’est sur le dossier des retraites que le gouvernement a décidé de marquer les premiers points contre nous!
Le gouvernement Balladur avait déjà imposé le recul des 37,5 ans dans le privé aux 40 ans. Aujourd’hui Raffarin veut faire passer tous les fonctionnaires des 37,5 ans au régime des 40 ans. N’ayons aucun doute : dès qu’il aura réussi cela il voudra imposer à tous le passage aux 42 ans voire plus!
Ceci est inadmissible ! A cela s’ajoute que l’Etat a trouvé le moyen de se défaire de la responsabilité de la Fonction Publique en organisant leur décentralisation. On sait déjà comment cela va se passer. Pour l’instant le gouvernement annonce la main sur le coeur que cela ne portera pas atteinte aux droits et salaires des fonctionnaires. Mais dès lors que ce sera fait, le sort des différentes catégories de fonctionnaires “décentralisées” va dépendre des régions. Et on verra alors celles-ci intervenir pour freiner l’évolution des salaires voire pour les bloquer ou les baisser, avant de s’attaquer aux statuts et au droit du travail en général.
Cette décentralisation et les mesures qui l’accompagnent, concernent déjà la DDE, et des menaces pèsent sur les salariés du ministère de la culture, des Eaux et Forêts, les personnels de l’Education nationale, du Port autonome…Tous les travailleurs paieront pour le désengagement de l’Etat dans la fonction publique, car il s’accompagnera aussi d’un recul sur les investissements dans les services publics. Les économies sur les dépenses publiques signifient des économies sur la Santé, sur l’Education, services essentiels pour les couches laborieuses déjà maltraitées et qui continueront à l’être.
Le Premier mai, c’est contre une telle évolution avec ses aspects généraux et ses aspects particuliers à notre île, que nous manifesterons. C’est contre:
- une situation économique et sociale où 1 adulte sur 4 en âge de travailler est sans emploi, où des dizaines de milliers de gens vivent avec des revenus les plaçant au-dessous du seuil de pauvreté et sans aucun espoir d’en sortir un jour!
- l’arrogance de certains patrons qui ne respectent pas les lois sociales et les droits syndicaux dans leur entreprise.
-un monde fait de chômage, de licenciement et de précarité
-un monde dominé par les exploiteurs qui apporte la misère, la famine et la guerre. Comme en ce moment en Irak, où l’on voit des troupes sur-armées écraser un peuple que les grandes puissances impérialistes ont désarmé, affamé pendant dix ans, au nom d’une prétendue “démocratie” et d’un principe de liberté que les agresseurs n’ont jamais respecté eux-mêmes!
(……) Le Premier mai manifestons POUR:
-Soutenir les nombreux travailleurs en lutte encore aujourd’hui pour le respect du droit syndical, des accords collectifs, et pour un salair décent
-Une véritable politique de développement économique et social et culturel favorisant l’emploi
(…) Notre avenir nous appartiendra si nous sommes convaincus, comme ceux des siècles passés, que “l’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes!”

TOUS A BASSE TERRE LE 1er MAI 2003- RASSEMBLEMENT 9H
LES JARDINS DE L’ARTCHIPEL
BASSE TERRE


Fort de France - UN TRACT CGTM-SANTE  (extraits)
LES 40% DANS LEUR LIGNE DE MIRE!

Depuis quelques années, le pouvoir d'achat des agents des différentes fonctions publiques de l'Etat ne cesse de diminuer. Cette diminution est chiffrée selon des études officielles sur les 3 dernières années entre 1000 et 1700 Euros. Et pourtant la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale vient de déléguer un de ses représentants, un certain Monsieur Laffineur pour étudier la "surrémunération" des fonctionnaires des DOM et les moyens de la supprimer. Ce Monsieur sera de passage en Martinique les 15 et 16 avril pour s'entretenir avec des élus locaux. En plus des retraites, ils cherchent à nouveau à s'attaquer aux 40%. Il n’est pas question d'accepter cela!
Recevons ce monsieur comme il se doit, avec d'autres travailleurs d'autres Fonctions Publiques. (…) Exigeons une fois pour toute l'integration des 40% dans le salaire de base!



Les élus de Martinique ne revoient pas leur copie

Les élus des deux assemblées (régionale et départementale) de Martinique étaient réunis en Congrès, le 10 avril, pour décider de la suite à donner à la lettre de la Ministre de l’Outre mer, Brigitte Girardin. En effet, lors de sa venue, en janvier dernier, aux Assises des libertés locales, il lui avait été remis un document de synthèse sur les positions adoptées majoritairement par les élus, concernant l’évolution institutionnelle de la Martinique.
Il y a deux semaines, celle – ci leur a fait savoir dans sa réponse que certaines de leurs revendications ne cadraient pas avec la Constitution rénovée et qu’il devraient revoir leur copie. Le 10 avril, fort du consensus auxquels ils étaient parvenus lors des réunions du Congrès de Février 2002, les élus ont, à une très large majorité, confirmé leurs orientations.
Ils ont renouvelé leurs votes pour que la Martinique soit érigée en une Nouvelle Collectivité territoriale dotée d’une Assemblée unique de 75 membres. Que cette Assemblée soit élue dans le cadre d’une circonscription unique sur la base d’un scrutin proportionnel avec un seuil de 5% pour obtenir des représentants dans l’Assemblée. Le pouvoir exécutif serait dévolu au seul président de l’Assemblée.
C’est ce que les élus appellent, «un pouvoir exécutif intégré». Ils ont voté également pour que la Nouvelle Collectivité soit dotée d’un pouvoir législatif encadré par le parlement français, dans certains domaines de leurs compétences.
Concernant les compétences supplémentaires qui pourraient être transférées de l’Etat à la Nouvelle Collectivité, les élus ont retenu en particulier, la politique des transports terrestres et maritimes. Ils ont également adopté une résolution stipulant notamment que : «sur proposition de la Nouvelle Collectivité, l’Etat arrête les recettes fiscales et parafiscales, y compris nouvelles…».
Les résolutions ont été votées à une forte majorité par les groupes MIM de Marie- Jeanne, PPM de Lise, Bâtir le pays Martinique de P.Samot, FSM-Fédération socialiste de Martinique de J. Crusol, Modemas de G.Malsa, Palima de F. Carole et Divers Gauche. Les élus de la droite du FMP – Forces martiniquaises de progrès (Chalono - RPR et Laventure) et aussi Osons Oser de Pierre Petit n’ ont pas voté pour la création d’une collectivité nouvelle, se positionnant pour une fusion du Département et de la Région.
Et en fin de réunion, les élus ont décidé d’une délégation formée des élus de «la majorité» de sept à neuf personnes et conduite par C. Lise, président de l’assemblée départementale et A. Marie-Jeanne président de l’assemblée régionale, pour négocier avec la ministre Girardin. Le but de ces élus est d’aboutir à un document qui servirait de base à la consultation populaire prévue sur le changement institutionnel des DOM en Septembre ou Octobre.
La question se pose en cas de refus du gouvernement d’entériner cette Nouvelle collectivité et de la soumettre à l’approbation populaire, par référendum officiel, quelle sera l’attitude des partis majoritaires du Congrès ? Vont-ils se soumettre au nom de l’inconstitutionnalité de leur projet ou vont-ils mobiliser la population pour la soutenir ? Leur position ne se tient en effet ni dans le cadre de l’article 73 ni dans celui de l’article 74 de la nouvelle Constitution. Mais elle risque d’avoir, aux yeux de la population le mérite d’être une proposition «décidée en Martinique , par des élus martiniquais».
Alors, si ces élus étaient, pour une fois, prêts à aller jusqu’au bout de leur «hardiesse» (certes bien limitée !), ils pourraient avoir le soutien de la population. Mais à condition de le réclamer et ne pas avoir peur d’une telle mobilisation contre le gouvernement. Et ce n’est que cette mobilisation qui sera capable d’imposer le projet sorti du Congrès au gouvernement. Car celui-ci semble bien décidé de n’en passer que par ses propres projets. Bien sûr, il est certain que si les travailleurs se mobilisaient, ils ne se contenteraient pas de soutenir les propositions des politiciens de gauche et nationalistes, mais ils profiteraient pour faire de ce mouvement un tremplin pour un véritable contrôle et une intervention dans les décisions de la Nouvelle Collectivité.
Ce ne serait que justice que cette Nouvelle Collectivité, si elle prend naissance grâce à une mobilisation populaire, soit placée sous sa surveillance et travaille pour les intérêts des classes pauvres et laborieuses.



L’USINE BONNE –MERE CONTINUE DE POLLUER

Après la colère des riverains de la Grande Rivière de Goyave et le blocage du pont de la Boucan durant plusieurs jours au mois de février, aucune mesure immédiate n’a été prise, ni par les pouvoirs publics ni par l’usinier. La vinasse continue d’être déversée en grande quantité dans la rivière et la pollution incommode les habitants. Ces derniers subissent les odeurs nauséabondes et les gaz toxiques de l’usine. Les poissons ne survivent pas dans la rivière.
Le Collectif des Riverains a mis sur pied un plan de concertation auquel participe l’industriel et la DRIRE( Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement. Le Collectif a donné un délai jusqu’au 1er juillet pour que des mesures soient réellement prises. Deux membres du Collectif se sont rendus en France, à Perpignan et à Lilles, et ont pris contact avec deux entreprises industrielles qui traitent la vinasse. Mais aucun engagement n’a été pris. Un ingénieur est venu sur place en Guadeloupe pour étudier le problème de Bonne Mère.
Certes, ces démarches ne sont pas inutiles. Mais les Pouvoirs Publics et le pollueur sont-ils prêts à financer des travaux de dépollution ? Quand il s’agit de la sécurité de la population il n’y a jamais d’argent. Même lorsque l’état finance c’est toujours pour voler au secours de l’industriel. L’état a déjà subventionné Claverie pour un deuxième méthaniseur. Mais il faut des moyens supplémentaires pour régler le problème de pollution qui persiste. Les pollueurs ne mettent pas toujours la main à la poche pour se mettre aux normes au mépris des règles imposées par l’état qui stipulent que le pollueur doit être le payeur.



UN JEUNE DU COMITE DES LYCENS CONTRE LA GUERRE EN IRAK SANTIONNE PAR L’ADMINISTRATION DU LYCEE.

Le vendredi 11 avril, les portes du lycée moderne de Baimbridge ont été cadenassées. Un jeune du Collectif des lycéens contre la guerre en Irak a été mis en cause. Il voulait mobiliser ses camarades pour les appeler à une manifestation contre la guerre en Irak. Des policiers appelés par l ’Administration du lycée ont voulu l’emmener. Il a fallu l’intervention des membres du Collectif contre la guerre en Irak présents sur les lieux ainsi que de ses camarades du Collectif des lycéens pour que les policiers acceptent de ne pas le réprimer. Ce jeune, convoqué par l’administration du lycée, a avoué les faits et a été sanctionné en écopant 8 jours de renvoie à la rentrée des vacances de pâques.
Il est connu de l’Administration du lycée. Il a déjà eu des antécédents prouvant sa fragilité psychologique et ses troubles du comportement. Ses camarades du Collectif ont toujours été vigilants et l’on constamment encadré pour l’empêcher de se laisser aller à des actions incontrôlables. Mais en dépit de ses problèmes, ce jeune, d’une très grande sensibilité a constamment exprimé sa révolte contre une guerre qui se traduit par le massacre et la destruction militaire de toute une population. Toutes ces victimes, des enfants, des jeunes que nous montrent quotidiennement les télés l’ont profondément perturbé et il n’est pas étonnant qu’il se soit laissé aller à des actions isolées. L’Administration du lycée devrait tenir compte de sa fragilité pour ne pas le précipiter davantage dans une révolte grave. Les organisations du Collectif contre la guerre en Irak se sont montrées solidaires de ce jeune et ont déclaré publiquement qu’elles étaient prêtes à le soutenir si cette affaire conduisait à une sanction plus lourde.




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