COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 7 février 2004      N° 897
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À la Une

Éditorial

Élections régionales, Ghislaine Joachim-Arnaud et Jean-Marie Nomertin seront en tête des listes de Combat Ouvrier!

Les deux camarades qui seront les têtes de listes de Combat ouvrier sont Ghislaine Joachim-Arnaud, en Martinique, salariée au laboratoire du CHU de Fort de France et Jean-Marie Nomertin, en Guadeloupe, ouvrier agricole de la banane, actuellement en chômage. Ces deux camarades ont en commun d’être des militants de Combat ouvrier depuis de nombreuses années et d’assumer des responsabilités dans leurs syndicats respectifs. Depuis de nombreuses années ils bénéficient de la confiance de leurs camarades de travail et des syndiqués de leurs entreprises. Ce sont donc des militants engagés dans les luttes des travailleurs, reconnus et soutenus par eux.
Aujourd’hui, pour ces élections régionales, ils veulent défendre devant tous leurs camarades, syndiqués ou non syndiqués la nécessité d’une politique propre aux travailleurs pour s’opposer aux attaques du gouvernement et des patrons. En effet, depuis plus de vingt ans, tous les gouvernants, de droite ou de gauche, ont fait exactement la politique que souhaitaient les patrons. Ils ont tous été au service des patrons, leur distribuant des subventions énormes et les autorisant à licencier ou à bloquer les salaires comme bon leur semblait ! On voit les conséquences de cette politique : chômage, précarité de l’emploi, misère qui grandit au sein des couches laborieuses de la population ! Mais loin de se satisfaire de tout ce qui leur a été donné depuis plus 20 ans, les patrons en veulent encore plus et le gouvernement actuel est bien décidé à leur donner tout ce qu'ils souhaitent!
Les retraites des fonctionnaires ont été attaquées en attendant qu’elles s’aggravent aussi pour les autres catégories, la Sécurité sociale est dans le collimateur des prétendus «réformateurs» du gouvernement. Les chômeurs vont être moins indemnisés, des systèmes d’emplois précaires ou à bon marché sont mis à la disposition des patrons avec le RMA, le CDD longue durée (réforme de Virville!). La décentralisation, si elle se généralise, va conduire à faire dépendre les travailleurs de la fonction publique des exécutifs régionaux et des budgets de ces régions. L’Etat prétend qu’il va redistribuer des «dotations» en fonction de l’ampleur de ce qui sera décentralisé, mais on connaît cette chanson ! Les régions trouveront des raisons pour réduire les embauches, diminuer sur tel ou tel aspect des revenus des salariés. Tout cela n’est pas du tout rassurant. Dans le privé, les patrons se montrent de plus en plus arrogants, voulant revenir sur tout ce qui a pu être gagné par les luttes du passé, sur toutes les concessions qu’ils ont été obligés de faire, autrefois, sous la pression des travailleurs!
C’est pour défendre une politique destinée à s’opposer à une telle évolution, que nos camardes vont faire campagne. Ils vont demander aux travailleurs, à ceux qui les accompagnent chaque jour et qui luttent avec eux contre les méfaits quotidiens de l’exploitation, mais aussi plus largement à tout le camp des travailleurs, de faire un geste pour exprimer qu’ils ne sont ni résignés, ni consentants face aux attaques des patrons et du gouvernement. Un geste, pour dire aujourd’hui, qu’ils en ont assez des politiciens qui sont soit au service d’un gouvernement de gauche, soit à celui de droite, mais toujours en faveur des patrons et contre nous travailleurs!
Il faut donc faire une autre politique, hors de ces politiciens traditionnels menteurs ou lâches. Il faut, comme lors du referendum du 7 décembre, ne plus leur accorder la moindre confiance. Il faut se faire confiance à soi-même en tant que travailleurs. Il est temps que les salariés, les chômeurs, les rmistes, les gens pauvres et démunis choisissent pour les représenter et les défendre, des gens sortant de leur propre milieu, des travailleurs, des gens comme Joachim-Arnaud et Nomertin vivant et luttant dans la population laborieuse, liés à elle dans tous les actes de leur vie.


Guadeloupe
Les travailleurs de RFO en grève!

Le personnel de RFO s’est mis en grève depuis le lundi 26 janvier. Ce sont d’abord les journalistes qui ont cessé le travail. Ils ont été rejoints dans le mouvement par l’ensemble du personnel (administratifs, techniciens, pigistes). Ni la radio ni la télé n’émettent depuis plus d’une semaine.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été l’embauche d’un nouveau journaliste. Le personnel reproche à la direction de prendre des décisions sans le consulter. Il estime qu’il y a suffisamment de journalistes qui travaillent dans la station dont une majorité de jeunes compétents embauchés de façon précaire.
Le mécontentement couve dans cette station radio télé depuis l’année 2000, année au cours de laquelle le personnel s’est mis en grève pour le maintien des 34% de vie chère sur leur salaire. Il a obtenu satisfaction.
Aujourd’hui le mécontentement est dû au comportement et à la politique de la nouvelle direction. Celle-ci dit qu’elle n’a pas d’argent pour faire fonctionner une station qui pourtant a été reconstruite avec des moyens très modernes. En fait, la direction utilise le budget comme elle veut, n’accorde pas la priorité à la production locale et privilégie les productions privées. Le personnel revendique une autre politique allant dans le sens de la production d’émissions au service du public. Il semblerait qu’il n’y a pas d’argent pour des émissions locales sur le sport ou même sur les prochaines élections. Le personnel revendique aussi une meilleure garantie d’emploi pour le personnel saisonnier qui représente la majorité. Il y a près de 170 statutaires et plus de 200 occasionnels et pigistes.
Les grévistes semblent déterminés. Ils ont refusé de continuer à discuter avec le directeur et exigent une délégation de Paris. Ils veulent que cette délégation vienne négocier ici en Guadeloupe. A l’heure où nous écrivons, un responsable financier doit venir négocier avec le personnel.



Martinique
La lutte des employés des banques continue

Après 6 semaines de grève des employés des banques de l’AFB, la direction du groupe ne veut toujours pas négocier avec l’Intersyndicale des salariés, elle joue le pourrissement du mouvement. Les employés des banques ne se laissent pas impressionnés et à ce jour, ils continuent leur lutte.
Rappelons que la direction de l’AFB cherche par tous les moyens à réduire le pouvoir d’achat de leurs salariés en voulant leur enlever à tout prix les quelques avantages dont ils bénéficient. Notamment les 40 % de vie chère et la convention collective locale qui est plus avantageuse que celle de France.
Cette politique est une stratégie délibérée du patronat et du gouvernement à ses ordres. Ils veulent tout d’abord commencer par réduire les salaires des fonctionnaires ou des organismes bancaires, pour ensuite chercher à réduire encore plus l’ensemble des revenus, directs ou indirects, allant à la classe ouvrière.
Alors, pour freiner l’élan de ces messieurs, le samedi 24 janvier une Intersyndicale, regroupant la plupart des organisations syndicales de Martinique a appelé à une manifestation de solidarité dans les rues de Fort de France. Un peu plus de 200 manifestants étaient présents.
Tout le long de la manifestation, on pouvait entendre des slogans comme : «Ne touchez pas à notre retraite, Solidarité avec les employés des banques» ; ou encore «Non au licenciements à l’hôtel Marouba…»
Ensuite, les représentants des organisations syndicales présents à cette manifestation ont pris à tour de rôle la parole, dénonçant les attaques incessantes du patronat et du gouvernement, appelant la population à continuer à apporter sa solidarité aux grévistes. D’ailleurs, au cours de plusieurs émissions de radio, des éditeurs avaient pris la parole sur cette grève. Ils ont profité pour apporter leur solidarité au mouvement. Un meeting a également été tenu à la mutualité mercredi 28 janvier par l’Intersyndicale pour les mêmes raisons.
En tout cas, plus d’une personne trouve méprisant le comportement de la direction de l’AFB. Cette dernière cherche par tous les moyens à faire céder les employés en lutte sans qu’ils n’obtiennent rien.
Comme l’a dit un des représentants de la CGTM, «il faut continuer à apporter notre solidarité. Mais ce que craint le patronat et le gouvernement, c’est que l’ensemble de la classe ouvrière manifeste son mécontentement face à l’intransigeance de l’AFB et impose à cette dernière de véritables négociations qui soient favorables aux salariés. Et il faudra un jour arrivé là».




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