COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 7 février 2004      N° 897
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Martinique
Assemblée générale de la CGTM-Santé, une préparation des luttes de demain!

Jeudi 29 et vendredi 30 janvier, les syndiqués de la CGTM - Santé étaient réunis à Case – Pilote pour faire leur assemblée annuelle de bilans. C’était pour eux l’occasion de se montrer plus forts puisque cette année près de 1800 salariés de ce secteur sont syndiqués à la CGTM, et qu’ils ont augmenté leur nombre de sièges aux dernières élections professionnelles. Des salariés de nouveaux secteurs les ont rejoints comme ceux du Laboratoire Départemental d’Hygiène ou des sections syndicales se sont renforcées comme celle du Centre Hospitalier de Trinité.
Durant ces deux jours, les cégétistes des hôpitaux, des cliniques, des Maisons de retraite, des ambulanciers, et autres établissements de santé ont présenté leur activité, les difficultés auxquelles ils se sont trouvés confrontés. Ils ont parlé aussi des luttes qu’ils ont menées pour faire face aux attaques anti-syndicales de certaines directions zélées, et surtout à la politique de restriction avec pour conséquences le manque d’effectifs et de moyens dans les hôpitaux.
Mais tous avaient bien conscience que le nouveau plan Hôpital 2007, concocté par l’actuel gouvernement, entraînerait une nouvelle dégradation des conditions de travail et de soins dans les hôpitaux et qu’il fallait s’y opposer. En effet pour tenter de diminuer le coût des soins, le plan du gouvernement met en place une série de mesures dont la « tarification à l’activité » et la concurrence entre le secteur public et le secteur privé. C’est dire que les directions feront tout pour que leurs établissements soient compétitifs sans que soient pris en compte correctement les besoins des malades, les effectifs et les conditions de travail du personnel. Comme le disait un délégué : «Avec cette logique purement économique, on va vers un hôpital à deux vitesses, comme aux Etats Unis».
Face à ces restrictions annoncées, les délégués de la CGTM Santé ont pris l’option de ne pas se laisser faire, de se renforcer et de préparer la riposte avec l’ensemble de leurs collègues de travail.
Aux côtés des militants de la Santé de la CGTM, les délégations invitées (de France, de Guadeloupe de Guyane) ont tour à tour apporté leur soutien et fait part de leur détermination à appeler l’ensemble des travailleurs à refuser les plans scélérats du gouvernement. Des délégations d’autres secteurs de la CGTM, Agriculture, Sécurité Sociale, Municipaux, EDF ont fait part, elles aussi, des attaques dont les travailleurs de leur secteur font l’objet. Christian Doré, représentant des grévistes des banques, a été chaleureusement accueilli et encouragé à ne pas céder face aux patrons scélérats de l’AFB.
C’est avec cette volonté de faire face et de prendre les mesures nécessaires pour entraîner avec eux le maximum de travailleurs de la Santé que l’Assemblée Générale a terminé ses travaux en élisant une direction élargie représentant l’ensemble des sections syndiquées, déterminée à agir.



Les bénéfices de Carrefour

Chacun connaît en Guadeloupe les supermarchés Carrefour à Destreland et à Milenis, ils font partie du groupe Carrefour international qui a fusionné avec Promodès en 1999. Il occupe la 2e place mondiale de la grande distribution et compte aujourd’hui 10.095 magasins, répartis dans une trentaine de pays. Il est leader en France, Espagne, Belgique, Portugal et Grèce, numéro deux en Italie, et domine aussi les marchés brésilien, argentin, taïwanais, indonésien et coréen.
Le groupe Carrefour contrôle plusieurs magasins, hypermarchés, supermarchés, maxi discount, cash and carry, dont les enseignes sont bien connues du public: Champion, Shopi, Huit à Huit, Proxi, Dia, Ed, Promocash, Prodirest... Le groupe compte 340.000 salariés dans le monde.
Quant à son chiffre d’affaires, il a progressé de près de 6% au premier semestre 2003 et représente environ 65 milliards d’euros dans le monde. De janvier à septembre 2003 Carrefour a ouvert 578 nouveaux magasins. Enfin, en août 2003, le groupe annonçait une hausse de son bénéfice net de 17,9%.
En Guadeloupe Carrefour Destreland fait partie du groupe Bernard Hayot qui regroupe des entreprises basées en France comme Agence maritime, aux USA (Roches et Bobois), et dans tous les DOM. Pour en citer quelques-unes : en Martinique : Batimat, Renault/Martinique, rhum Clément, Yves Rocher, Canal + ; à la Réunion : Danone, Renault, Bamex/elf Bricolage ; en Guyane : Bamyrag, en Guadeloupe : Bamy elf, Sopri, SGB.
Les magasins Carrefour de Dillon et de Destreland sont les poids lourds du secteur de la distribution alimentaire en Martinique et en Guadeloupe, rapportant chaque année des millions d’euros aux actionnaires du groupe Bernard Hayot. Ces bénéfices se réalisent évidement sur l’exploitation des employés, caissiers, vendeurs, magasiniers, manutentionnaires qui travaillent dans les supermarchés.



Martinique
Régionale 2004, la lutte pour les places bien engagée!

Plus l’échéance approche, et plus ça se bouscule au portillon. Tous les sauveurs de la Martinique, autrefois alliés pour mener les affaires, se font connaître, chacun voulant faire ressortir l’originalité de sa solution pour tirer la Martinique de sa mauvaise situation économique et sociale. Ils omettent toutefois de dire que jusqu’à maintenant, ce sont les mêmes qui ont été aux affaires et qui votaient les décisions, souvent à l’unanimité. A droite, Petit, allié de Marie-Jeanne à la Région et défenseur comme lui du OUI lors de la consultation du 7 décembre, a clairement déclaré qu’il vise la présidence de cette collectivité. Osenat, le patron de la Librairie antillaise qui a constitué un parti, sera allié à Petit à cette occasion.
L’autre compère de droite de Petit, Laventure, regrette de ne pas avoir pu faire liste commune avec Petit dont il a été un bon et performant lieutenant en 1992, a-t-il tenu à rappeler sur une radio, alors que Petit était souffrant.
Côté de ce que l’on appelle la « Gauche classique », la lutte pour les places est étalée et affichée au grand jour. Les crabes «gros môdan» cherchent à imposer les diktats aux autres réputés plus petits. Ces derniers, de leur côté, refusent de se laisser marginaliser.
C’est d’abord le PPM qui, sans même prendre l’avis de ses alliés, a désigné Madeleine de Grandmaison comme tête de la liste qui aurait dû regrouper toute cette gauche classique. Réunie au François, puis à Saint-Joseph, il y a quelques jours pour en discuter et tenter de se mettre d’accord, cette gauche classique n’a pu que constater l’échec de leurs plans.
«Bâtir le pays Martinique» de Samot, la FSM (sans Crusol), le Mouvement Populaire Franciscain de Antiste, Larcher, président de l’association des maires, le Renouveau de Sainte Marie de Lordinot et une kyrielle de maires dits de gauche, ont proposé que la tête de liste du PPM se range derrière Samot. Le PPM a refusé et devrait donc aller seul à la bataille.
De son côté, lors d’une conférence de presse tenue le 31 janvier 2004, Crusol faisait savoir qu’il avait créé un nouveau parti fourre-tout «La Martinique en mouvement». Se sachant en disgrâce à la FSM et soucieux de préserver son siège d’élu régional, il a lancé un appel pour que des bonnes volontés le rejoignent pour constituer une liste dont il serait bien sûr le premier. Il comptait sur la participation de Désiré qui comme lui avait appelé à voter NON à la consultation du 7 décembre 2003, mais ce dernier a préféré s’allier à Samot… Le MIM, quant à lui, fera alliance cette fois, avec le CNCP – Conseil National des Comités populaires - de Robert Saé.
Pourtant, en dépit des différences proclamées par les uns et par les autres, toutes ces listes concourent pour offrir le même service : défendre au mieux les intérêts des patrons, martiniquais et autres, sous couvert bien entendu du «développement économique». Et si la population réservait à ces politiciens engagés dans une lutte pour les places sans merci une surprise du genre de celle du 7 décembre 2003!



Aéroport Pôle Caraïbes
Travail sans garantie!

Depuis deux ans, des dizaines de travailleurs de l'aéroport Pôle Caraïbe ont perdu leur emploi. Une bonne partie d'entre eux n'a pas retrouvé d'emploi stable ni en accord avec leur formation. Certains même sont encore au chômage.
Les licenciements les plus marquants sont ceux de la compagnie aérienne Air Lib : 55 licenciements en Guadeloupe. Autant en Martinique. Les collègues concernés avaient subi plusieurs mois d'incertitude avant d'être jetés à la rue. D'autres compagnies aériennes leur ont proposé des CDD parfois à temps partiel. Le restaurant Fifi's a fermé : 18 licenciements. Egalement, une grande partie de ces travailleurs doit se contenter d'extra ici ou là, pas d'embauche sérieuse. Et le personnel de l'aéroport est condamné à manger des sandwichs s'il ne peut pas se payer le luxe d'aller au restaurant chic qui n'a rien d'une cantine. La SORI a réussi à dégoûter certains intérimaires qui ont abandonné ce travail. D'autres mènent en ce moment la lutte pour leur intégration.
Il faut dire qu'à l'aéroport c'est le règne de la précarité. Un chef du fret expliquait que c'est un moyen d'avoir de la rentabilité et de sélectionner les employés. Effectivement ceux du fret partis à la retraite n'ont pas été remplacés. A Air France, une grève contre la privatisation a mis en évidence l'utilisation de CDD qui risquaient d'être licenciés lors de la privatisation. Beaucoup de taches comme le contrôle des bagages sont confiés à des jeunes souvent en CDD.



Air Caraïbes
La région participera au capital

Dans une table ronde sur le tourisme, la Région Guadeloupe, par l’intermédiaire de sa présidente, a confirmé son intention de participer au capital d’Air Caraïbes. On parle d’une participation entre 1,5 et 3 millions d’euros. A noter que la compagnie espère que la Région Martinique emboîtera le pas.
Une telle mesure a été qualifiée de "réconfortante" par le directeur régional. On espère simplement que cet argent public ne servira pas à remplir les poches de Dubreuil et de ses actionnaires, sans qu’il y ait un contrôle de l’utilisation de ces fonds. En particulier, il faut exiger que ce capital profite avant tout au personnel, non aux chasseurs de subventions de tout poil.
QUAND LA RÉGION ENVISAGE DE FINANCER LES VOYAGISTES
Dans cette même réunion sur le tourisme, la Région a annoncé qu’elle était en négociation avec les voyagistes, en particulier Nouvelles Frontières et Look voyages. Il s’agit pour la Région de prendre en charge le différentiel de coûts entre les "packages" Paris-Pointe-à-Pitre et ceux entre Paris et Cuba ou Saint Domingue. Le chiffre de 4000 clients serait déjà envisagé.
Voilà une aubaine pour les voyagistes et les hôteliers….. Si la Région a de l'argent en trop, qu'elle l'utilise pour créer des emplois directs ou faire des équipements durables.
Il ne faut pas se leurrer : une fois que la "promotion" sera finie, les touristes concernés repartiront vers les destinations moins chères.



L'Express de îles débouté

Les travailleurs de l'Express des îles, affiliés à l'UGTG, ont suspendu leur mouvement de grève au début de ce mois de janvier. Cette grève durait depuis le 19 décembre 2003. Ils avaient un point de revendication important, le paiement des heures supplémentaires.
La direction de l'Express des îles n'entendait pas payer aux travailleurs ces heures supplémentaires. Pour essayer de se défiler, elle avait cru bon de faire appel aux tribunaux. Mais, il se trouve que les juges l'ont tout simplement déboutée. Elle devra donc payer aux travailleurs leurs heures supplémentaires. Décidément, les capitalistes sont des véritables hors la loi. Et ce sont les mêmes qui parlent de dialogue social!



Dans la banane: Les travailleurs restent mobilisés

Comme ceux des autres secteurs les travailleurs de la banane sont confrontés en permanence aux attaques contre leur niveau de vie. Et il ne se passe pas une semaine sans un mouvement quelconque, qui contre des licenciements qui contre une baisse de revenus ou tout simplement contre l’arbitraire patronal.
C’est par exemple les travailleurs de la SCEA Bellevue de Baillif appartenant à Lignières qui ont fait grève du 16 juillet au 10 septembre pour obtenir qu’on leur paye les jours fériés, ce qui n’était pas le cas depuis plusieurs années. Entre temps Lignières a tenté de licencier certains salariés. Il a fallu la détermination des grévistes et le soutien de la CGTG-Banane pour que finalement Lignières respecte le paiement des jours fériés.
Le 30 décembre dernier les travailleurs de la plantations D. Bureau à Trois-Rivières ont fait grève plus d’une semaine pour obtenir le paiement de leur prime de fin d’année (609.80 euros nets). Le patron avait déclaré tout de go qu’il ne paie pas la prime car il n’a pas d’argent. Aujourd’hui, il annonce qu’il devra licencier, toujours en invoquant ses difficultés financières, mais il investit dans la construction de bungalows et l’élevage de ouassous.
A la plantation Lignières à Shangy, (Capesterre-B-E), il a fallu un arrêt de travail la semaine dernière pour que Lignières, encore lui, paye la deuxième moitié de la prime de fin d’année.
En fait, concernant cette prime que les travailleurs de la banane avait arrachée après 52 jours de grève en 1998-99, les patrons n’arrêtent pas de menacer d’arrêter de la payer. Mais ils se trompent en croyant qu’ils vont pouvoir supprimer cette prime sans réaction de la part des ouvriers de la banane.
En fait, c’est en permanence que les patrons de la banane cherchent à aggraver les conditions de travail ou à licencier. H. Chaulet par exemple, ce patron de la banane qu’on retrouve à la tête de presque toutes les manifestations des planteurs quand il s’agit de réclamer aides et subventions aux pouvoirs publics, menace de fermer deux de ses plantations, la S.A Fenneteau et la S.A Féfé tout simplement parce que les ouvriers de ces deux plantations se sont organisés et ont obligé H. Chaulet à organiser, avec le syndicat CGTG-Banane des élections de représentants du personnel. C’est cela le dialogue social pour cet exploiteur.
Et c’est certainement parce qu’ils ont pris conscience de la nécessité de s’organiser pour se défendre le plus efficacement possible que nombreux sont les travailleurs de ce secteur qui viennent s’inscrire au syndicat CGTG-Banane. Celui-ci vient de tenir son assemblée générale annuelle à Capesterre-B-E le dimanche 1 février.



Aéroport: La Sori et Fiderim hors-la-loi

A la SORI, où se préparent les repas des avions, un bras de fer est en cours entre un petit groupe d'intérimaires et la direction. La direction du travail le sait : après 18 mois d'intérim sur un même poste, un salarié fait partie de l'entreprise. L'agence d'intérim FIDERIM et la SORI ont maintenu en situation précaire des dizaines de salariés pendant parfois plus de 10 ans.
Alors que l'affaire va au prud'hommes le 19 février, ceux qui ont porté plainte ont été rayés des plannings. Ces collègues travaillaient à plein temps depuis des années. Au moment même où Corsair lui confie des vols, et où viennent de commencer des vols transatlantiques avec Air Caraïbes, la SORI fait mine d'être en difficulté et de ne pas pouvoir embaucher ces collègues à plein temps.
La SORI est une filiale de SERVAIR, d'Air France, ces sociétés font de très bonnes affaires dans le monde et en particulier sur les lignes des Antilles.




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