COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 7 février 2004      N° 897
Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Page 3


St-François
La lutte des précaires a payé

Dans la commune de Saint François 22 jeunes étaient employés dans le cadre d’emploi-jeunes, leur rôle est d’intervenir dans les tâches des collectivités au niveau des services de voirie, des communaux, de l’office du tourisme, le syndicat d’initiatives et autres. Leur présence est nécessaire au fonctionnement de la commune.
En janvier 2003 ils ont monté un collectif pour les emplois-jeunes et précaires sur la commune, puis ils l’ont étendu à d’autres communes dont St Anne et Anse Bertrand. Son but a été de lutter en vue d’une amélioration des conditions de travail et les perspectives d’embauche pour les précaires. Ils ont mené une grève de près de 3 semaines début 2003 pour demander leur intégration dans la collectivité.
Le résultat a été que 12 emplois-jeunes en fin de contrat en 2003 ont été prolongés jusqu’à fin 2004 avec un plan d’intégration et une titularisation. Cet accord a été signé en comité technique paritaire de la commune. Parmi les 10 autres, 7 vont suivre le processus d’intégration. Pour les Contrat emploi solidarité (CES) et le CEC, ils vont être progressivement intégrés et vont suivre des stages en vue de titularisation.
A Anse Bertrand 10 jeunes ont été conservés sur les 22 présents et à St Anne une dizaine est restée en poste.
La lutte des jeunes précaires, leur organisation, ont été utiles, ils ont réussi à faire pression sur les dirigeants des municipalités qui ont reconnu leur importance.



Aux côtés de Jean-Marie Nomertin, Danielle Diakok sera deuxième de la liste que présentera Combat Ouvrier aux élections régionales

Née le 11 décembre 1957 à Pointe-à-Pitre, d’une famille nombreuse de parents enseignants communistes. Employée d’assurances, elle est déléguée du personnel dans son entreprise, la Maïf. Elle est mère d’un garçon de 11 ans.
Elle milite à Combat Ouvrier depuis plus de 20 ans. Elle a été candidate aux dernières élections législatives et aux deux dernières élections régionales sur la liste de Combat Ouvrier.
Militante syndicale depuis plusieurs années, elle a su gagner la confiance de ses camarades syndicalistes des établissements financiers et des assurances qui lui confié différentes responsabilités qu’elle assume régulièrement et sérieusement.
Depuis plusieurs semaines elle participe activement à la grève des salariés des banques AFB aux côtés des syndicalistes qui animent cette grève.



Louis Maugée, candidat de Combat Ouvrier aux régionales

En Martinique, l’autre camarade qui sera en deuxième position sur la liste des Régionales sera Louis Maugée.
Il est employé à la Caisse générale de sécurité sociale de Martinique. I est depuis des années (plus de 30 ans) militant de Combat Ouvrier et militant syndical. Il a été élu constamment par ses camarades comme délégué dans différentes instances de son entreprise. Il a encore aujourd’hui des responsabilités syndicales.
C’est donc un vieux militant de Combat Ouvrier. En 1974, il fut, en tant qu’ouvrier du Bâtiment, de ceux qui prirent la tête de la grève générale qui paralysa la Martinique pendant plusieurs semaines. Très apprécié par les ouvriers du bâtiment pour sa combativité, il l’était beaucoup moins par les patrons qui pratiquement lui fermèrent toute entrée dans les chantiers. Il dut travailler ailleurs et c’est finalement à la CGSS qu’il trouva du travail et qu’il continua à militer parmi ses camarades de travail.
Il a été à plusieurs reprises candidat de C.O à des élections.
Il sera de nouveau candidat aux régionales aux côtés de Ghislaine Joachim-Arnaud. Il défendra la nécessité d’un programme de mesures vitales pour les travailleurs, à imposer au patronat et au gouvernement face à la dégradation de la situation des postions des travailleurs.



Une lectrice à la recherche d'un logement

J'ai toujours travaillé, je garde des personnes âgées. Je voudrais bien savoir à qui sont réservés les logements "sociaux". Déjà il faut aller de bureau en bureau, pour que finalement on vous dise que vous ne gagnez pas assez. Si ceux qui gagnent 4500F par mois ne peuvent pas avoir un tel logement pourquoi appeler ces logements "sociaux"?
Ecrivez-nous à Combat Ouvrier BP 213 97156 Pointe-à-Pitre Cedex ou redaction@combat-ouvrier.net



Martinique
Bâtiment, une direction sournoise et tricheuse

Chaque semaine et parfois chaque jour, les ouvriers de l’entreprise Idex Energie Antilles apprennent que leur direction prend des nouvelles mesures contre leurs intérêts.
Cette entreprise chargée d’installer des appareils de climatisation mais aussi de faire de la maintenance notamment à l’hôpital la Meynard, compte 65 ouvriers.
Il y a plus d’un an elle a racheté l’entreprise Crystal avec l’ensemble de son personnel. Mais le nouveau personnel a appris que les anciens ne s’étaient jamais syndiqués. Du coup les salariés de Crystal se sont montrés un peu méfiants vis à vis de la direction de Idex. Alors, avant d’être définitivement affectés dans cette nouvelle entreprise, les représentants du personnel syndiqués à la CGTM ; ont au préalable tenu plusieurs réunions avec leur nouvelle direction. Ces réunions portaient sur les méthodes et les conditions de travail, le respect de la convention collective du bâtiment et aussi les avantages acquis obtenus de haute lutte avec leur ancienne direction. Ils réclamaient également que les comptes de l’entreprise leur soient remis chaque fin d’année…
La direction de Idex a fait semblant de les écouter. Mais tout au long de ces discussions, elle a plutôt joué au chat et à la souris.
Entre temps, ces représentants ont appris par les anciens ouvriers que ceux-ci touchaient une sorte de 13ème mois, calculé à la sauce patronale. C’est à dire que ce patron a fait diviser le salaire annuel de ces ouvriers par 13 au lieu de 12 et a considéré ce montant comme un 13ème mois. Résultat, il a détourné sur chaque OQ2 la somme 105,12 €. Avant de recevoir les nouveaux ouvriers, la direction a fait comprendre aux anciens qu’elle « réajustera » leurs salaires, du fait que ceux de Crystal étaient plus élevés. Elle a qualifié cette manœuvre de « nivellement ». Mais à y regarder de plus près, il s’agissait d’une magouille magouillée une seconde fois.
En effet, pour soi disant « ajuster » ces salaires en question, la direction a saucissonné ce morceau de 13ème mois en 12 parties , (12 mois donc) et a rajouté chaque partie sur chaque mois. Conclusion, le 13ème a fondu comme de la glace.
Pour continuer sur sa lancée, elle parle aujourd’hui d’augmentation de salaire. Elle propose une augmentation de 1,2 %. Ces miettes représentent toujours pour un OQ2 une augmentation de 12,96 € net par mois.
Et pour couronner le tout, elle propose une prime d’intéressement, c’est à dire une carotte pour faire marcher les ouvriers, comme s’ ils étaient des mendiants.
Au cours d’une assemblée générale du personnel qui s’est tenue le lundi 26 janvier, le personnel a rejeté en bloc ces « pièces de monnaie » baptisées primes et ces miettes baptisées augmentations.
Pour l’instant les travailleurs de Idex sont furieux. Ils n’ont pas l’intention d’accepter les entourloupettes de ce patron tricheur et sournois.



Juppé condamné par une loi qu'il a fait voter

Dans la guerre qu'il livre aux catégories les plus pauvres de la population, le gouvernement ne laisse passer aucune occasion. Le remplacement de diverses prestations familiales par la PAJE (prestation d'accueil du jeune enfant) va se traduire pour des milliers de femmes vivant déjà avec de très faibles ressources (les 530 euros mensuels garantis par l'Allocation pour parent isolé) par une perte de 1300 euros dans les huit mois entourant la naissance de leur enfant, soit 30% de leurs revenus en moins durant cette période. Par contre, les familles les plus riches percevront 180 euros de plus par mois et quand elles emploient une nurse pour s'occuper de leurs enfants, elles continueront à bénéficier d'une réduction d'impôt pour emploi de personnel à domicile.
Pour le ministre des Affaires sociales, ce hold-up sur les ressources des mères les plus déshéritées ne serait qu'un "point de détail". En tout cas, le cas Juppé a plus intéressé la grande presse que le sort de ces mères qui n'ont pourtant, elles, commis aucun délit!
On a rarement entendu un tel concert de louanges adressé à un homme condamné pour des faits dont personne n'ose nier la réalité. "Un homme courageux... un homme d'honneur... un homme dont la France a besoin"... L'ironie de l'histoire, c'est que Juppé a été condamné par des juges qui ont simplement appliqué une loi que fit voter le gouvernement Balladur... auquel ce même Juppé appartenait, et que tous les ténors du parti gaulliste se sont empressés de critiquer une décision de justice... ce qui, depuis une loi due à de Gaulle, est en principe un délit!
Que Juppé soit "honnête", c'est-à-dire n'ait pas retiré d'avantage personnel de cette affaire d'emplois fictifs, offerts par la ville de Paris et des entreprises privées à des cadres du RPR, est secondaire. Car ce que cette affaire montre, comme celles qui avaient éclaboussé le Parti Socialiste en son temps, c'est l'emprise de l'argent sur la vie politique.
Nous vivons dans un pays qui se veut une "démocratie". C'est évidemment mieux qu'un régime de dictature. Mais cette prétendue démocratie n'est qu'un paravent, derrière lequel se dissimule la toute puissance du grand capital. La bourgeoisie possède ou contrôle tous les grands moyens d'information. Elle a à son service des armées de prétendus spécialistes dont le métier consiste à fabriquer l'opinion dans le sens qui convient le mieux aux possédants. Mais aussi des partis qui défendent ses intérêts, et à qui elle offre en retour les moyens de monopoliser la vie politique.
Ce sont les électeurs qui décident, nous dit-on hypocritement. Mais aucun travailleur, aucune organisation ouvrière indépendante des puissances d'argent, ne peut rivaliser à armes égales, dans une compétition électorale de quelque importance, avec les partis qui représentent les intérêts des classes dominantes.
Il y a quelques années, à la suite de la multiplication "d'affaires" trop criantes, la loi a hypocritement interdit les subventions ouvertes des entreprises aux partis politiques, et a mis en place un financement "public" (dans lequel la droite et le Parti socialiste se sont réservé la part du lion). Mais cela n'a évidemment pas empêché les vieilles pratiques, l'aide indirecte des grandes entreprises aux partis politiques de leur choix, les commissions versées à la suite de marchés juteux, ou l'utilisation des moyens que donne la gestion d'une grande ville ou d'une région, de continuer. Pour les classes riches, ces miettes redistribuées aux partis qui les servent ne sont rien en comparaison des cadeaux que les dirigeants politiques du pays leur font : les innombrables mesures prises pour permettre à la bourgeoisie de s'enrichir toujours plus au détriment des travailleurs en sont la preuve.
Mais puisque nous allons bientôt être appelés à voter pour décider qui, de la droite ou de la gauche plus ou moins plurielle, gérera dans les conseils régionaux les intérêts de la bourgeoisie, servons- nous du bulletin de vote pour faire le seul geste utile possible, pour dire que nous ne sommes pas dupes et que nous sommes de plus en plus nombreux à être déterminés à vouloir chambouler ce régime.

Arlette Laguiller

Guadeloupe: Grève des banques; les grévistes déterminés à faire reculer l'AFB

Les grévistes en sont à leur 43ème jour de grève et toujours aucune avancée. Suite à la mobilisation dans les rues de Basse-Terre et à la réaction suscitée par le départ précipité de la délégation de l’AFB, le gouvernement a désigné un médiateur, M. Bernard Maurin. Ce dernier arrivé en Guadeloupe le mercredi 28 janvier a rencontré l’intersyndicale dès le jeudi 29 janvier. Les discussions n’ont donné aucun résultat positif car l’AFB fait la sourde oreille aux revendications des grévistes et fait mine de ne pas comprendre. Tout ce qui l’intéresse c’est d’imposer la convention nationale. Rappelons que les grévistes réclament le maintien de leurs avantages acquis car leur convention locale signée en 1977 est plus avantageuse.
Le médiateur doit repartir lundi 2 février pour rendre compte au ministre des affaires sociales et rencontrer à nouveau l’AFB. Il reviendra ensuite en Guadeloupe.
L’AFB continue à mépriser les salariés et ne veut prendre aucun engagement. Le 2 février elle a adressé un courrier à l’intersyndicale qui est un véritable ultimatum. Elle accuse la délégation de rester figée sur ses positions et lui demande tout simplement d’enlever deux points de la liste des revendications. Ces deux points concernent précisément le maintien des avantages acquis et les modalités de fin de conflit pour le paiement des jours de grève. Dans son courrier l’AFB propose de négocier département par département et l’étalement des retenues pour les jours de grève. Elle donne un délai jusqu’au 6 février à l’intersyndicale alors qu’il n’y a aucun engagement sur le fond du conflit. C’est le PDG de la BNP (Pébéreau) qui donne les ordres et qui se montre le plus acharné contre les grévistes. D’ailleurs la BNP n’a pas hésité à retirer dès le mois de janvier l’intégralité des jours de grève et certains grévistes ont reçu une fiche de paie avec 36 € pour certains ou même 0 €.
Ces gens là pensent qu’ils peuvent faire n’importe quoi mais toutes ces manœuvres ne découragent pas les grévistes qui restent déterminés. Ces derniers ont le soutien de beaucoup de travailleurs qui sont scandalisés par l’attitude de l’AFB.
La CGTG quant à elle prépare une mobilisation pour le vendredi 6 février. Les grévistes ont assigné l’AFB devant le tribunal de Grande Instance car la dénonciation de la convention ne s’est pas faite dans les règles et l’affaire passe au tribunal le 6 février à 10h00. Ce vendredi 6 février sera donc une journée importante pour la suite de la grève.




Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Copyright © 2001-2004 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!