COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 7 février 2004      N° 897
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La justice veut condamner deux responsables de l'UGTG pour dégradation de "symbole de la démocratie"

Deux responsables de l’UTC(UGTG), Edy Peter et Délice Gélabale ont comparu devant le tribunal correctionnel la semaine dernière. En décembre 2003,ils ont participé à un mouvement de grève contre le licenciement de certains employés municipaux de la commune du Lamentin. Ces deux responsables du personnel communal sont également victimes d’un licenciement. Ils sont poursuivis pour dégradation du matériel lors d’incidents qui ont éclaté le 3 décembre 2003 au cours d’un conseil municipal houleux. Il leur est reproché d’avoir commis des dégradations sur une urne et un poste téléphonique.
L’avocat de la partie civile a déclaré : «les deux syndicalistes s’en sont pris à un symbole de la démocratie» une accusation que l’on pourrait retourner si l’on considère que la Municipalité du Lamentin s’en est pris au gagne-pain des travailleurs, à leur famille en les jetant à la rue ce qui n’est pas comparable ni à une urne, ni à un poste téléphonique.
Les deux syndicalistes ont été condamnés à verser une amende de 1627,50 euros pour le standard téléphonique et 800 euros pour l’urne. La défense a fait remarquer que dans cette affaire il n’y a aucune pièces à conviction et réclame la relaxe de leurs clients. La décision a été mise en délibéré.



Guadeloupe
Éducation, la précarité s'installe

Le personnel enseignant dans le secondaire en Guadeloupe compte environ 4000 personnes. 400 d’entre elles, soit 1/10ème, sont des contractuels, qui ne bénéficient pas de la sécurité d’emploi. Lorsqu’arrive le terme de leur contrat, il sont purement et simplement remerciés, même si l’année scolaire n’est pas terminée et que les élèves se retrouvent sans professeur dans une matière donnée à quelques semaines des examens. Cela peut poser de graves problèmes, autant du point de vue de ces enseignants, qui se retrouvent sans emploi ni salaire, que des enseignés qui perdent des heures ou des semaines de cours. L’administration voit sans nul doute un intérêt à l’embauche temporaire de ces contractuels : elle bénéficie ainsi d’un volet d’enseignants qu’elle peut embaucher ou licencier au coup par coup, ce qui rentre dans le cadre de la politique d’économie réalisée sur les services publics.
Pour les personnels non enseignants, en particulier les TOS (Techniciens, Ouvriers et de service), le problème est encore plus grave car plus de la moitié de ce corps est constitué de salariés en emploi précaire (CES, CIA). Lorsqu’un contrat se termine, la personne n’est pas remplacée ou pas immédiatement, ce qui réduit encore le nettoyage et l’entretien, et accroît la charge de ceux qui restent.
Un certain nombre de contrats emplois jeunes prendront fin le 17 de ce mois. Il s’agit en général de postes de secrétariat ou encore d’aides éducateurs. Eux non plus ne seront pas remplacés, et ceux qui ont fait des demandes pour obtenir un poste d’assistant d’éducation (le corps qui devrait remplacer les MI-SE : Surveillants d’externat, Maîtres d’internat) n’ont pas encore obtenu de réponse. On se demande donc par qui, comment et quand seront remplacés ces jeunes adultes qui étaient fort utiles pour le fonctionnement des établissements, par l’aide qu’ils apportaient aux élèves en difficulté ou non, et par la simple présence d’adultes pour encadrer les adolescents.
Non seulement les enseignants, les TOS, mais aussi les parents devraient se préoccuper de ce problème qui ne peut que porter préjudice aux études et à la sécurité des enfants.



HAÏTI
Aristide a trahi les pauvres et fait le lit de l'opposition

Plusieurs milliers de manifestants ont pris la rue dimanche 1° février à l’appel de la plate-forme de l’opposition, regroupant les étudiants, les politiciens de la Convergence et les patrons du groupe des 184, pour riposter au premier ministre Yvon Neptune qui demande de limiter les manifestations à un seul quartier. Cette fois ci, il n’y a pas eu de mort à déplorer. La ville des Gonaïves a été bloquée par les chefs des gangs armés qui ont proclamé un gouvernement virtuel. Les manifestants appelaient à la démission d’Aristide et au refus de négociations.
Le climat politique est très défavorable à Aristide, et les promesses faites le samedi 31 janvier, devant les dirigeants de la CARICOM, d'autoriser les manifestations, de libérer les personnes arrêtées, de désarmer les gangs politisés, de réformer la police et de coopérer avec l'opposition pour désigner un nouveau Premier ministre n’ont pas désarmé l’opposition. Va-t-il tenir les deux ans de mandat qu’il lui reste à accomplir ou sera-t-il contraint à partir sous la pression de la rue?
En se retrouvant seul, sans soutien populaire, face à des opposants bourgeois qu’il n’a cessé de ménager et flatter depuis des années, il paye son reniement envers ceux qui avaient cru en lui et qui l’ont porté au pouvoir.
Celui qui se posait, il y a quinze ans, en porte-parole des pauvres est devenu le riche baron de Tabarre. Aristide est devenu aussi méprisant vis-à-vis des pauvres, aussi corrompu, aussi favorable aux riches que les dictateurs qui l’ont précédé. Les possédants continuent à s’enrichir pendant que les pauvres n’ont que leurs yeux pour pleurer leurs espoirs déçus. Aux pilleurs des caisses publiques sont seulement venus s’ajouter d’autres, issus de Lavalas.
Son régime foule aux pieds même la dignité des travailleurs et des pauvres, en livrant les quartiers populaires aux chimères qui se distinguent de moins en moins des macoutes de Duvalier. La déception pousse une partie de la population pauvre derrière la bannière des étudiants.
Les étudiants se sont révoltés, à juste raison, contre l’incursion violente des chimères dans leur faculté. Mais les travailleurs, les pauvres qui vivent à Cité Soleil, subissent non seulement la terreur des chimères en permanence dans les quartiers, mais aussi la dictature odieuse des patrons dans les entreprises.
Mettre fin à la dictature des chimères est de leur intérêt que celui des étudiants. Mais, de plus ils ont à se battre pour imposer leurs revendications (un salaire minimum décent, des conditions de travail supportables et décentes) et le respect de leurs droits élémentaires (droits de grève, d’expression, de réunion, d’association) aux patrons.



Martinique
Régime minceur à la rentrée

La nouvelle Rectrice de l’académie de la Martinique, madame Le Morzellec, a confirmé ce que l’on savait depuis quelques temps : des moyens seront retirés à cette académie. Selon cette haute fonctionnaire fraîchement arrivée, la Martinique disposerait de moyens supérieurs à ceux d’autres académies. Ce n’est que la conséquence de ce que Ferry et Darcos (les ministres de tutelle) avaient déclaré le 28 octobre 2003 devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale.
Le gouvernement Raffarin, arrivé au pouvoir en mai 2002, rappelons le encore, avec le concours des partis de «gauche», mènent une entreprise de casse sociale. Pour le plus grand bonheur du Médef, le syndicat des patrons de Seillière. Ce dernier a récemment déclaré sa satisfaction après les propositions de Virville remis à Fillon à propos des CDD très longue durée, qui organise la flexibilité selon les désirs et les rêves du patronat.
Encore une fois, chacun pourra noter le peu de cas que fait Raffarin de la population dont il dit avoir besoin de l’avis avant d’arrêter une décision. Les conclusions du débat sur l’avenir de l’Ecole ne sont pas encore connues que déjà des décisions sont prises pour réduire des moyens pourtant insuffisants.
Quant aux personnels, enseignants et non-enseignants, ils savent ce qui les attend. Et comme l’année dernière, ils auront tout intérêt à ne compter que sur eux-mêmes pour mettre en échec la politique de Raffarin.



Le Moule
La situation des travailleurs dans l'unité sucrière de Gardel

Comme à chaque début de récolte, des négociations se sont déroulées. Et comme chaque fois, les représentants des patrons gémissent sous le poids des difficultés, des charges. Leur cinéma est là pour accorder le moins d’augmentation de salaire possible.
Mais qu’en est-il exactement de cette «unité sucrière» où l’on retrouvait encore l’année dernière les groupes Beghin Say, Saint Louis sucres et Claverie ( propriétaire de Bonne mère) etc..
L’unité sucrière de Gardel est l’une des entreprises les plus importantes en Guadeloupe. Elle a fait beaucoup parler d’elle à la fin de 2003. En effet, son président directeur général, Christophe HUGUET démissionnait au mois d’octobre dernier. Les actionnaires de l’usine ont refusé son projet de développement de Gardel qui prévoyait l’ouverture de la distillerie fermée depuis plusieurs années. Ivan de DIEULEVEULT fut nommé depuis à son poste.
Cette usine que les propriétaires majoritaires, soucieux de plaire aux actionnaires, peuvent lâcher à tout moment, emploie 307 personnes. Les précaires, à savoir les saisonniers, représentent en 2003 le groupe le plus important dans l’effectif total. Ce sont des gens qui travaillent de 100 à 150 jours dans l’année.
Les ouvriers permanents, quant à eux, sont au nombre de 108. Leur salaire mensuel brut moyen est légèrement inférieur à 1.110 € (7.280 F). Les cadres de l’usine, qui sont au nombre de 13, ont un salaire mensuel brut moyen de 4.430 € (29. O61 F).
S’agissant des employés et agents de maîtrises, qui sont au nombre de 38, leur salaire mensuel brut moyen est de 2.537 € (16. 640 F).
Ces quelques chiffres montrent clairement le niveau de l’exploitation ouvrière dans l’usine. Ce sont des hommes qui exercent des travaux très durs, exigeants et très dangereux, dont la moindre inattention peut être lourde de conséquences pour eux. Pour la seule année 2003, le nombre d’accidents de travail à l’usine se chiffrait à 42 ! Certaines blessures demandent jusqu’à 52 jours d’arrêt!
Ainsi, la situation des ouvriers de Gardel est pour le moins difficile et le mécontentement est très grand dans l’usine. D’ailleurs les choses ne sont pas prêtes de s’arranger puisque dès son arrivée, de Dieuleveult a adressé un courrier ou ouvriers pour les informer des difficultés de l’usine et faire appel à leur compréhension.
En tout cas, dans les 40.860.896 € de chiffre d’affaires de l’usine pour la campagne 2002-2003 les actionnaires ont, sans aucun doute, été grassement servis. Et ils n’auront pas de sacrifices à faire, eux. Mais ça, les ouvriers le savent.



Grève générale en République dominicaine

Les mesures économiques draconiennes imposées à la population de Saint-Domingue, pour obéir aux injonctions du Fonds monétaire international (F.M.I.) ont entraîné une levée de bouclier contre le gouvernement de Hipolito Méjia.
Mercredi 28 et jeudi 29 janvier étaient journées de grève générale. C’est la quatrième grève générale qu’affronte le gouvernement en moins de quatre ans ! Cette dernière grève a paralysé tout Saint-Domingue ; même si la police et les organisations para militaire liées au gouvernement ont durement réprimé les manifestations. On compte des centaines d’arrestations, des dizaines de blessés et une dizaine de morts pour ces deux journées. La plupart des tués sont des hommes jeunes, comme c’est le cas de trois responsables politique, syndical et associatif, qui furent assassinés chez eux par des sbires à la solde du gouvernement, véritables descendants des «caliés», les tontons macoutes de l’ère Trujillo.
La situation à Saint-Domingue demeure tendue, surtout en province. Des patrouilles mixtes de policiers et de militaires ont été intensifiées a travers tout le pays. Les forces de répression sont équipées d’armes lourdes et beaucoup portent des peintures de camouflage sur leurs visages. C’est la guerre ! Une guerre de classe entre un pouvoir garant des intérêts des plus riche, et une population pauvre qui refusent de faire les frais de la dette au FMI.
Les grévistes réclament : la baisse du prix des produits de premières nécessités, une augmentation de 100% des salaires, la baisse du prix des combustibles (un nouvel impôt sur les produits pétroliers à contribué à mettre le feu aux poudres), la fin des coupures d’électricité, la baisse des prix des médicaments, la récupération des entreprises énergétiques privatisées, le contrôle des exportations de luxe, et l’arrêt des accords avec le F.M.I., accorder 5% du budget de l’état pour l’université nationale. Il y a aussi des revendications plus locales telles la construction de ponts pour les piétons sur l’autoroute Duarte ou l’achèvement des œuvres communautaires en cours de réalisation.
Malgré la dictature, la répression et les arrestations de dirigeants de l’opposition, la détermination populaire à faire plier le gouvernement semble bien ancrée. Manifestations et brutales répressions à Saint-Domingue, manifestations et brutales répressions dans l’état voisin, Haïti, c’est toute l’île qui est en proie aux mêmes maux : aggravation de la misère et insécurité dues aux forces militaires et para militaires ! L’énergie commune des travailleurs de toute l’île pourrait un jour se moquer des frontières et permettre à ses deux peuples de trouver la force de remettre en cause l’ordre social et économique imposé par les capitalistes.




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