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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 26 février 2005      N° 919

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À la Une

Éditorial

Affaire Lefort: la mobilisation se poursuit

M. Hilaire Lefort, homme âgé de 83 ans, malade cardiaque a raconté dans un long mémoire le calvaire qu’il a subi quand il fut interpellé par les gendarmes venus à l’appel de son voisin, M. Babin dans sa maison à St Claude, pour un différend de voisinage, le 3 janvier dernier.
Armes sur les tempes, mis au sol, menotté, traîné au premier étage de sa maison, les pieds saignants, M. Lefort fut embarqué, presque nu dans le véhicule de la gendarmerie puis jeté dans une pièce nauséabonde, vêtu de son seul slip pendant toute une nuit. Il dut être hospitalisé pour une congestion pulmonaire contractée dans cette basse fosse humide et puante. Aidé de son avocat Maître Rodes, Hilaire Lefort a porté plainte contre les gendarmes. Cette plainte n’a pas encore été jugée recevable par le procureur et une deuxième plainte avec constitution de partie civile devrait être déposée sous peu.
C’est donc sur la plainte déposée par Babin que Hilaire Lefort comparut devant le tribunal de Basse-Terre le vendredi 4 février. L’audience fut renvoyée au 8 avril prochain sur la demande de Babin.
Un comité de soutien s’est constitué et fait largement savoir à la population par voie de tracts les faits dont a été victime Hilaire Lefort. Il a tenu une conférence de presse, deux meetings avant l’audience du 4 février l’un à Petit Bourg le vendredi 28 janvier et l’autre à Pointe à Pitre le jeudi 3 février.
Le jour de l’audience du 4 février, plusieurs dizaines de membres du comité de soutien ont manifesté à l’issue de l’audience aux cris de «à bas la justice coloniale» avant de tenir un meeting improvisé sur les marches du palais de justice de Basse-Terre.
Dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 février (mardi gras), Mr Lefort après avoir passé la nuit chez sa fille à Petit Bourg a constaté que sa maison avait été mise à sac. Les malfaiteurs auraient déguisé la fouille de sa maison en vol en emportant une très vieille télévision ainsi qu’un transistor. Quelques jours après, des individus ont ouvert ses bonbonnes de gaz extérieures et ont mis des boîtes d’allumettes à côté. Visiblement on cherche à intimider M. Lefort. De même le seul témoin de l’affaire qui subit certaines pressions. En se posant la question «à qui profite le crime?» on peut avoir une idée des auteurs de ces intimidations de nature criminelle.
Lundi 21 février au soir, le Comité de soutien tenait une conférence de presse avec les avocats et une réunion chez la fille de M. Lefort à Petit Bourg. De plus en plus nombreuses sont les personnes qui rejoignent les rangs du comité ainsi que des personnalités connues. M. Lefort est un ancien dirigeant CGT de la fédération de la DDE et travaux publics. Il reçoit le soutien de ses camarades de la fédération CGT de la DDE Guadeloupe qui participe activement au mouvement C’est ainsi que Maître Durimel connu pour son appartenance aux Verts de Guadeloupe, a décidé de rejoindre la défense juridique bénévolement. Des lettres de protestation ont été envoyées aux ministères de l’intérieur et de la défense pour leur demander l’ouverture d’une enquête sur le comportement des gendarmes. D’autres ont été envoyées à une série de personnalités politiques.
Le comité de soutien, dans un tract déclare: «on aurait pu se croire en Afrique du sud du temps de l’apartheid (d’autant plus que M. Lefort est noir et Babin et les gendarmes sont blancs). Il entend dénoncer encore plus largement les faits dont M. Lefort a été victime. Ils sont plus fréquents qu’on ne le pense. Seulement, cette fois, cet homme profondément blessé dans sa dignité, pourtant âgé et malade, a décidé de réagir et de crier sa colère.



Martinique
La mobilisation des travailleurs aura lieu!

Depuis la décision prise en Commission Exécutive la centrale syndicale CGTM a manifesté en plusieurs occasions sa volonté de tout mettre en œuvre pour que s’exprime la colère des travailleurs contre la politique du gouvernement et du patronat.
La consultation des travailleurs dans des assemblées générales a démarré, et un tract d’explication de la centrale circule dans les entreprises.
Une commission de suivi a été constituée pour suivre l’évolution de la préparation du mouvement afin que tous les secteurs confédérés soient prêts à partir ensemble.
De plus la Confédération CGTM a pris l’initiative de réunir les autres centrales syndicales des secteurs publics et privés dans le cadre d’une intersyndicale afin d’envisager les possibilités d’une action d’avertissement de tous les travailleurs en même temps. Le gouvernement a choisi d’attaquer les travailleurs dans leurs droits et ce jusqu’au porte monnaie, une journée de travail gratuite, comme à l’époque de l’esclavage.
Eh bien l’idée fait son chemin que tout cela à la fois ça fait trop et qu’il n’est pas question de se laisser tondre sans rien dire.
Une chose est certaine, si cette journée d’action d’avertissement mobilise largement les salariés, cela ouvrira des perspectives intéressantes pour aller encore plus loin dans la mobilisation et pourquoi pas se faire craindre par ceux qui les menacent!



Guadeloupe
Grève dans l’hôtellerie: un succès

La grève dans les hôtels avait commencé le 2 février pour deux jours reconductibles. Au bout d’une semaine, malgré l’opposition du GHTG ( Groupement de l’Hôtellerie et du Tourisme de Guadeloupe) et de son président Nicolas Vion, la plupart des directions (Callinago, Pierre et Vacances, Manganao, Vieille Tour) ont signé avec les syndicats (CGTG, UTHTR et FO Canella) des accords donnant satisfaction aux travailleurs, en particulier sur les salaires: 60 euros de plus par mois au lieu des 45 proposés au départ. Il convient de rappeler que les salaires dans l’hôtellerie étaient bloqués depuis 5 ans, les Négociations annuelles obligatoires (NAO) n’ayant jamais permis de résoudre ce problème. Pourtant, les affaires marchent bien pour les patrons de l’hôtellerie. Le directeur du Canella Beach a estimé le manque à gagner découlant des douze jours de grève à 1 million d’euros. C’est dire combien les patrons et actionnaires amassent chaque année sur le dos des travailleurs!
Finalement, seul le directeur du Creole Beach refusait encore d’entendre raison. Il a tenté d’intimider les travailleurs en menaçant de fermer l’hôtel. Mais les travailleurs sont restés en grève, avec le soutien de leurs camarades des autres établissements. Après douze jours, le patron a fini par céder. Il s’est engagé à augmenter les salaires de 60 euros, rétroactifs à compter du 1er janvier 2005, à négocier la grille de classification et à appliquer les décisions de la convention collective. Cependant, les travailleurs et leurs syndicats veulent que les engagements signés avec les directeurs soient inscrits dans les NAO 2004. Nicolas Vion a opposé un refus. Les patrons et à leur tête le CHTG ont-ils dans l’idée de ne pas respecter les accords? Mal leur en prendrait, car les travailleurs sont prêts à se mobiliser à nouveau, et la haute saison touristique n’est pas terminée!



Guadeloupe
Halte aux pétitions démagogiques et xénophobes!

Depuis quelques jours circule une pétition à l’initiative du groupe Nofrap qui dénonce l’immigration clandestine et s’en prend particulièrement aux Haïtiens. Pour masquer le côté xénophobe de cette pétition d’autres revendications sont avancées, à savoir la lutte contre l’augmentation des impôts et la demande du travail pour la jeunesse.
Bien entendu des gens peuvent être tentés à signer cette pétition présentée de cette façon, mais en réalité les politiciens qui sont à l’origine de cette initiative n’ont qu’une seule chose en tête: attirer à eux les partisans d’Ibo Simon et préparer les prochaines élections. D’ailleurs Radio Contact, qui est étroitement lié aux auteurs de la pétition, n’hésite pas à donner rendez-vous à la population pour des séances de signature. Il y en avait une à Marie-Galante, à Pointe-à-Pitre et tout cela au nom de la lutte contre l’immigration clandestine.
De nombreux travailleurs pourraient être abusés et croire qu’ils luttent contre l’augmentation des impôts alors qu’en réalité il s’agit avant tout d’une attaque en règle contre les immigrés et surtout contre les Haïtiens qui seraient soi-disant responsables de tous les maux de la Guadeloupe.
Mais ces politiciens font mine de ne pas être contre les Haïtiens alors qu’ils véhiculent des préjugés xénophobes et ne posent pas les vrais problèmes: les conditions de travail qui ne cessent de se dégrader, les salaires qu’il faut augmenter, les 35 heures, les retraites, l’assurance maladie… il y aurait de vrais motifs de faire signer des pétitions et surtout de lutter contre ce gouvernement qui ne cesse de s’en prendre aux travailleurs. Mais là pas de réaction! Car en réalité ce sont ces mêmes politiciens xénophobes qui sont contre les travailleurs qui revendiquent leur droit en faisant grève et qui les critiquent à ces moments là.
Les travailleurs doivent refuser de signer une telle pétition, œuvre de politiciens malhonnêtes en mal de postes électoraux, car c’est contre eux –mêmes, contre leur camp, qu’ils prendraient alors position.




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