logo COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 16 juillet 2005      N° 928
Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Page 3

Guadeloupe
La grève chez Danone

A la société Danone qui produit des yaourts et des fromages, située à Jaula au Lamentin, les employés affiliés à l’UGTG sont en grève. Ceux qui sont à la production demandent 7% ou 100 euros d’augmentation de salaire et l’installation d’une grille correcte de salaire. Le directeur Delavigne, lui, ne leur propose que 4%. Les chauffeurs-livreurs, eux, estiment qu’ils font de plus en plus de manipulations. Ils réclament donc l’embauche d’aides ou une augmentation de 4% de leurs salaires.
Les patrons en quatre semaines n’ont organisé qu’une seule entrevue. Les ouvriers déterminés sont en attente de nouvelles propositions sur le piquet de grève.



Guadeloupe
A la station Esso du Lamentin, la grève continue

Les travailleurs de la station service Esso située au Bourg du Lamentin sont en grève depuis le 30 juin dernier. Ces salariés syndiqués à l’UGTG réclament la réintégration de deux de leurs camarades licenciés abusivement (dont la propre fille du gérant), l’arrêt du travail dissimulé et le respect de la convention collective.
Mais le gérant de la station M. Bruno Dielna ne l’entend pas de cette oreille. Il a fait appel au juge des référés de Pointe-à-Pitre qui ordonna, le 06 juillet, l’expulsion des lieux et prononça une astreinte de 1 000 euros par jour et par personne présente sur les lieux. Ainsi, le juge veut obliger les salariés à évacuer leur lieu de travail, confortant par là même le gérant dans l’illégalité.
Car, en fait, que ce gérant emploie un retraité clandestinement, qu’il licencie un travailleur et le remplace par un autre en toute illégalité, qu’il refuse de mettre une caisse dans la station pour faciliter la qualité du travail voire sa lisibilité -et qui éviterait qu’il qualifie les salariés de voleurs-, qu’il sous-loue la station de lavage de voitures en voulant faire croire le contraire aux employés, tout cela n’est pas condamnable pour le juge. Par contre, ce qui est condamnable c’est que les salariés défendent leurs droits.
Il est clair que tous ces juges sont à la solde des patrons. C’est la justice des possédants. Les travailleurs ne doivent compter que sur leur seule lutte et leur solidarité pour se défendre.



Martinique
ADARPA: les salariés ne se laissent pas faire

L’ADARPA, association d’aide à domicile aux personnes âgées qui emploie des centaines de personnes, est en redressement judiciaire.
Les salariés ont organisé une rencontre avec la population pour apporter des explications sur le fonctionnement de l’association et les raisons qui l’ont placée dans cette situation. Ils ont aussi dénoncé les risques de licenciements qui pourraient être la seule solution retenue par l’administrateur et la justice.
Ils ont porté à la connaissance des personnes présentes certaines dépenses effectuées par la gérance. Cette dernière n’a bien sûr pas apprécié et fait savoir que certaines informations n’avaient pas à être mises sur la place publique.
Ainsi, les travailleurs de l’ADARPA qui risquent de perdre leur travail alors qu’ils s’éreintent tous les jours, devraient accepter leur sort sans montrer d’où pourraient venir les difficultés de l’association. Cette situation n’est pas sans rappeler celle du garage Pérasie qui, après quelques semaines d’observation, avait été liquidé, laissant sur le carreau deux dizaines de salariés.
Bien évidemment, ceux de l’ADARPA n’entendent pas se faire jeter à la rue avec simplement des paroles de consolation après des années de travail. Pouvoirs publics, justice, direction de l’ADARPA, tout ce petit monde doit se préparer à faire face à la détermination des travailleurs de l’association.



Guadeloupe
Déficit de la Région: ce n’est pas à la population de payer!

La Région est aujourd’hui déficitaire, à hauteur de 68 millions d’euros. Cette situation n’est pas récente: en 2003, le montant du déficit était déjà de 37 millions d’euros. Le Président de cette collectivité, Victorin Lurel a pris des mesures qui pèsent lourdement sur le budget des familles et qui font endosser à la population une grande partie de l’effort pour résorber le déficit: augmentation du prix du carburant, augmentation de l’impôt sur le bâti, augmentation du taux du cheval vapeur, c’est à dire du prix de la carte grise. Il est passé de 31 à 39 euros au 1er juin 2005.
L’augmentation globale de l’impôt qui est la conséquence de ces mesures s’élève à 8 euros par jour par habitant de la Guadeloupe. Par mois, en moyenne, il y a donc 240 euros à payer en plus. Ce chiffre est déjà très important. Mais les choses ne s’arrêtent pas là.
On a appris dernièrement que la Chambre régionale des comptes, saisie par le Préfet, considérait que ces mesures étaient encore insuffisantes pour résorber le déficit. Il faut noter que jusqu’ici, lorsque la Région étaient présidée par Mme Michaux-Chevry, le Préfet n’avait pas jugé bon de saisir la Chambre Régionale des comptes, et le déficit avait continué à augmenter.
Aujourd’hui, avec un Président qui n’est pas du même bord politique que le gouvernement, les choses apparaissent sous un nouveau jour: il faut combler le déficit, ce que Victorin Lurel se dit prêt à faire d’ici deux ans, en mettant tout en œuvre pour cela. Il est donc prêt à suivre les directives de la Chambre Régionale des comptes, et à pressurer encore la population, comme il a déjà commencé à le faire. Ce Président qui se dit de gauche estime semble-t-il que c’est à la population de faire les frais de la situation. Il n’envisage pas, à part quelques déclarations de principe, de mettre tout en œuvre pour réclamer à l’Etat de donner à la Région les moyens de fonctionner.
Les perspectives sont encore plus inquiétantes quand on considère que la Décentralisation, avec le transfert de certains fonctionnaires d’Etat (agents de l’éducation nationale entre autres) vers les collectivités territoriales, n’a pas encore pris effet. Lorsque les frais incomberont à la Région, qui est déjà en déficit, comment pourra-t-elle les assumer si l’Etat ne donne pas tous les moyens pour accompagner ce transfert?
Aujourd’hui déjà, les mesures d’économie prises par la Région se répercutent sur de nombreux secteurs d’activités: par exemple le Bâtiment, où les commandes publiques ont décliné et où on enregistre de nombreux licenciements. De même dans le secteur de la formation professionnelle, déjà pénalisée par le manque de crédits. Chômage, jeunes sans possibilités de formation, impôts encore plus lourds, voilà le tribut que les responsables politiques demandent à la population de payer.



Guadeloupe
La grève à Carrefour Destreland: les patrons provoquent les travailleurs

Au lieu de faire des propositions constructives les directeurs de l’hypermarché Carrefour de Destreland font des propositions de moins en moins avantageuses aux travailleurs.
Le vendredi 24 juin ils avaient proposé d’augmenter progressivement les salaires, jusqu’à atteindre les 5,51 % que demandent les travailleurs, le 1er janvier 2006. Le 1er juillet, ils reviennent sur cette proposition et la remplacent par une augmentation des salaires de 1,8% au 1er juillet 2005. Pas un mot sur les autres points de revendication. De plus depuis cette provocation les patrons n’ont donné aucun signe de vie.
Les travailleurs prennent comme une insulte l’attitude de la famille Hayot en partie propriétaire de Carrefour Destreland. C’est elle qui dicte aux directeurs l’attitude à avoir. Cette famille, la plus riche de la Caraïbe et la 5ème fortune de France, ne veut pas que ces travailleurs aient des salaires décents et de bonnes conditions de travail. En grève depuis le 23 juin, ces derniers réclament outre 5,51% d’augmentation de salaire:
- le paiement du lundi de Pentecôte;
- 20 chèques de déjeuner de 6,5 euros avec une participation de 50% pour l’employeur;
- une participation patronale à hauteur de 11 euros pour la prévoyance.
Les Hayot font durer la grève par leur arrogance. A eux d’en payer les conséquences. Avec l’appui de l’UGTG les travailleurs en grève bloquent les caisses du magasin et attendent que cette richissime famille se décide à négocier sérieusement.



Guadeloupe
Les aides à domicile se mobilisent pour sauvegarder leur emploi

Les aides à domicile se sont fait entendre pour protester contre la décision du Conseil général de diminuer l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) accordée aux personnes âgées, ce qui entraîne des licenciements dans ce service. Le 26 mai, elles ont manifesté devant le Conseil Général lors d’une rencontre de leurs représentants syndicaux avec les responsables des services sociaux de l’assemblée départementale. Le 21 juin, une réunion a eu lieu à Moule avec l’ensemble des associations de la Grande-Terre qui emploient des aides à domicile. Le 30 juin celles-ci ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre. Une délégation a été reçue par le directeur de la Caisse générale de sécurité Sociale ainsi que par le sous-préfet.
Ces manifestations ont obligé les différents services sociaux de la santé et du département à se rencontrer. Les aides à domicile espèrent que ces rencontres aboutiront à une mise en commun des moyens financiers pour le maintien des emplois.
Le Conseil général déclare qu’il y a eu des abus au niveau des demandes et que les contrôles n’ont pu toujours se faire. Les aides à domicile ne sont pas responsables des carences administratives des services de santé du Conseil Général. Elles ont raison de se battre pour ne pas être jetées à la rue. Depuis la réduction des aides, plusieurs associations qui embauchent ce personnel sont obligées de le réduire. Pour certaines de ces associations c’est l’ensemble du personnel qui est menacé de licenciement, pour d’autres 50%. Les heures de travail seront diminuées. Sur la région de la Grande Terre ces associations se sont trouvées confrontées à 100 rejets sur 300 bénéficiaires. Pourtant les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses à avoir des difficultés à s’occuper seules de leur état de santé. Le Conseil Général donne des chiffres significatifs concernant ce problème: 3000 demandes sont en attente. Il faudrait davantage d’aides à domicile pour satisfaire ces demandes. Plutôt que de réclamer des moyens supplémentaires à l’Etat, le Conseil Général cherche à faire des économies sur le dos des personnes âgées.



Martinique
Assemblée Générale des ouvriers de la métallurgie

Le samedi 9 juillet s’est tenue à la nouvelle Maison des Syndicats l’assemblée générale statutaire des ouvriers CGTM de la métallurgie et annexes de la Martinique. A cette occasion, les anciens et les jeunes militants côte à côte ont tout d’abord dressé un tableau de la situation politique et sociale dans ce secteur. En effet, les travailleurs de la métallurgie vivent depuis plus de 10 ans une situation de plus en plus dégradante. La politique scélérate du patronat consiste, à Delattre par exemple, à se débarrasser du maximum de travailleurs permanents et notamment d’ouvriers combatifs, pour les remplacer par la sous-traitance et des intérimaires. Dans d’autres secteurs de la métallurgie, il existe une attitude paternaliste des patrons vis-à-vis de leur personnel pour leur faire accepter l’exploitation sans leur accorder des augmentations de salaires. Depuis plusieurs années déjà, le patronat de la métallurgie se croit tout permis. Il ne respecte ni la convention collective de la métallurgie ni le droit des travailleurs. A tel point que depuis 1993, aucune négociation de branche sur les salaires ne s’est tenue.
Au cours de l’assemblée générale statutaire, plusieurs interventions ont été faites. Des travailleurs ont souligné la nécessité d’avoir une chambre syndicale combative et forte pour faire face aux attaques du gouvernement et du patronat et pour mieux défendre les intérêts fondamentaux des ouvriers de toute la métallurgie.
Durant ses travaux, l’assemblée a longuement débattu de façon démocratique du projet de statut de la métallurgie en mettant en avant la lutte des classes contre l’exploitation capitaliste. Ces statuts ont été adoptés à l’unanimité.
Après avoir discuté des différents rapports, et avoir eu le soutien de la secrétaire générale de la CGTM, l’assemblée a mis en place le nouveau conseil syndical et le bureau syndical de la CGTM-Métallurgie.
Face à la situation, l’objectif de cette nouvelle chambre syndicale est clair: se renforcer pour combattre toutes formes d’exploitation capitaliste, faire respecter les droits des travailleurs et notamment arracher de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.



Martinique
Un gérant qui a été obligé de ravaler son mépris envers son personnel

Il a fallu 7 jours de grève pour que les salariés de l’entreprise Proresto fassent baisser son caquet à leur gérant Yves Chalono. Cette entreprise est installée à l’aéroport du Lamentin. Elle alimente le restaurant et les bars de l’aéroport en sandwichs.
Les salariés se sont mis en grève dès la fin du mois de juin dernier suite à plusieurs réclamations concernant des retards de versement de leurs salaires et notamment celui du mois de juin qui n’avait été versé sur leur compte au jour «J». De plus, la direction avait pris un malin plaisir à mettre en sommeil les NAO (négociations Annuelles Obligatoires) et ce depuis 6 ans.
Dans un premier temps, ce monsieur a voulu faire la forte tête. Il ne voulait reconnaître ni la représentativité du personnel ni les réunions mensuelles des délégués du personnel (DP). Avec cette attitude, il pensait que les salariés allaient se plier à son autorité.
Il n’a pas fallu 7 jours pour que ce gérant revienne à la raison et négocie avec les employés soutenus par leur syndicat la CDMT. Résultat: le jeudi 7 juillet un protocole de fin de conflit a été signé, et les salariés ont obtenu:
- le versement immédiat de leurs salaires du mois de juin;
- que leurs salaires soient versés sur leurs comptes entre les 25 et 28 de chaque mois;
- l’établissement d’un calendrier de réunions mensuelles des DP et des NAO dont la première a été prévue pour le 11 juillet.
En faisant grève pour se faire respecter, les salariés de Proresto ont pu s’aguerrir. Ils auront encore, à n’en pas douter, à faire preuve de détermination lors de leurs prochaines négociations salariales.



Martinique
Logement social: Priorité en parole, indifférence dans les faits

40 millions d’euros étaient destinés au logement social dans le budget 2004 de l’outre-mer pour la Martinique. Le ministre de l’outre-mer François Baroin, lors de sa visite le 21 juin dernier avait annoncé le déblocage de 2 millions d’euros sur la ligne budgétaire unique (LBU). Jusqu’à ce jour rien n’a été versé, alors que suite au retard pris dans la réalisation de logements sociaux des milliers de familles attendent d’être logées.
Les crédits d’état pour le logement social manquent à l’appel. C’est une pratique ancienne des gouvernements. Le rapport de la cour des comptes sur l’exercice budgétaire 2004 fait état de «factures en instance de paiement sur le budget de l’outre-mer qui s’élève à 200 millions d’euros, dont 62,5 millions au titre des programmes de logement sociaux».
L’Etat vote des crédits, mais ne se préoccupe ni de les verser, ni de l’efficacité de leur utilisation. Il se contente d’effectuer le service minimum et la satisfaction réelle des besoins de la population lui est indifférente.




Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Copyright © 2001-2005 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!