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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 11 mars 2006      N° 941
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Page 3


Martinique
A Minimod-Maximod, un patron “voyou” récalcitrant!

A Minimod Maximod, magasin qui regroupe une cinquantaine d’employés, une partie importante des travailleuses sont en grève depuis le 15 février. Malgré les pressions faites par la direction, elles sont toujours mobilisées.
Chaque jour, elles sont regroupées devant le magasin et avec leur syndicat CGTM-FSM. En cours de semaine, elles ont eu le soutien d’une délégation de l’Union des Femmes de la Martinique. C’était l’occasion pour elles d’aller devant les autres magasins du groupe des cinq boutiques MINI MAXI SARL appartenant au même patron, le sieur George Ben Soussan. En effet, dans ces magasins, les employées se retrouvent face au même mépris et à la même arrogance de ce patron. Elles dénoncent le «harcèlement dans l’entreprise», les «injures et atteintes à la dignité», le « non respect de l’hygiène et de la sécurité ». Elles en sont à être obligées de demander la permission et devoir sortir du magasin pour satisfaire leurs besoins naturels ou pour déposer leurs affaires personnelles. Situation qui dénote vraiment le mépris de ce patron pour les femmes. Elles dénoncent aussi les atteintes au droit syndical et les entraves à la délégation du personnel.
Jusqu’à présent, le patron se défile et refuse toutes négociations. Avec leur syndicat CGTM-FSM, les grévistes ont rencontré un membre du cabinet du préfet et saisi l’inspection du travail. Mais le patron récalcitrant continue d’afficher son mépris. L’homme, assisté de ses conseils, attend sans doute le résultat du tribunal de commerce qui, le 7 mars, doit se prononcer sur la poursuite de la mise en redressement ou la liquidation de sa société. Il se croit sans doute tout permis, lui qui, semble-t-il, ne paie pas les taxes qu’il doit sur les salaires de ses employés et aujourd’hui menace de les jeter à la rue.
En tout cas, les employées grévistes se rendent compte d’une chose, c’est que l’Etat, sa justice, et ceux dont c’est le travail de faire respecter la loi, sont patients vis-à-vis de ce «patron voyou» qui, depuis 15 ans, s’est fait une fortune sur leur dos. Depuis près de trois semaines, les autorités n’ont pas pu l’obliger à trouver une solution correcte alors même qu’il enfreint la loi. Il est évident que dans cette société, il y a deux poids, deux mesures.
Alors, en maintenant leur mobilisation, les employées grévistes de Minimod Maximod ont bien compris que seules leur force et leur détermination permettront de mettre ce genre d’énergumène à la raison.



Extraits de l’“écho de l’ANPE”

NON A LA PRECARITE!
Villepin ment quand il prétend que son CNE (contrat nouvelle embauche) serait une avancée. Selon certains économistes, le CNE pourrait améliorer le taux d’emploi de…0,3%. Et encore, d’ici dix ans, car ce n’est qu’une prévision. Mais ce qui est sûr, c’est que le CNE accroît la précarité pour les salariés et est tout bénéfice pour le patronat. Mardi 7 mars de grandes manifestations sont prévues en France, de nombreux jeunes sont déjà mobilisés.

MÊME LES JOURNAUX BOURGEOIS
Lu dans le journal «Le Monde»: «des profits records pour les grandes entreprises françaises en 2005. Ces bénéfices profitent aux actionnaires, à l’Etat, mais pas à l’emploi. 12 milliards de bénéfices pour Total, six pour BNP-Paribas et France télecom, deux pour L’Oréal et Danone(…)».

CHÔMEUR DE TRES COURTE DURÉE
Michel Barnier, ancien ministre des affaires étrangères, non repris dans l’actuel gouvernement, ne sera pas resté longtemps au chômage. Il vient d’être nommé vice président de Mérieux Alliance qui contrôle un groupe de sociétés pharmaceutiques. Il reste trois millions de chômeurs qui n’ont pas eu autant de chance.



Extrait de “plantations en lutte”

NOUS NE VOULONS PAS ÊTRE LES OUBLIÉS DE LA RELANCE
Il y a quelques jours on a pu entendre sur les médias qu’un représentant des planteurs des Antilles prospectait sur les marchés des pays de l’Europe de l’Est. Avant cela, on a pu entendre un professionnel français de la commercialisation de la banane déclarer qu’il y aura toujours sur le marché une place pour la petite production des Antilles. Et nous rappelons qu’il y a un plan de relance en cours qui sera financée par les pouvoirs publics.
Alors plus que jamais nous devons nous rassembler pour exiger que les fonds publics versés aux planteurs servent effectivement à relancer la production en créant des emplois durables dans le secteur.



Les bénéfices importants du groupe Danone!

Le 15 février dernier le PDG de Danone, Frank Riboud, qualifiait les résultats du groupe pour 2005 de « très » bons ». Et pour cause: Danone a réalisé un bénéfice net de 1,464 milliard d’euros. Il a triplé. Les ventes ont progressé de 6,1% (13,024 milliards).
Le groupe devrait procéder à un rachat d’actions en 2006 pour un montant compris entre 600 et 800 millions d’euros. Antoine Giscard d’Estaing, (on les retrouve tous dans les affaires juteuses! C’est le fils de Giscard!) est directeur général des finances de Danone. Ce dernier déclarait il y a quelque jours: «Nous pouvons mobiliser 5 milliards d’euros sans problème sans que cela change notre notation et sans avoir à recourir à une augmentation de capital», c'est-à-dire sans apport extérieur!
Cette déclaration a été faite en direction des actionnaires pour leur démontrer que le groupe avait les possibilités de grossir très vite pour éviter les «OPA» sauvages, c'est-à-dire le contrôle par d’autres groupes.
Comme on le voit, pour Danone, ça baigne. On nage dans l’argent. Et en Guadeloupe, ces mêmes requins laissent les travailleurs en grève depuis 9 mois parce que 21 travailleurs réclament 4,07% d’augmentations et que 9 chauffeurs-livreurs réclament 1600 euros par mois plus une commission!



La belle vie au CHU de Pointe-à-Pitre/Abymes/Gosier! Extraits de l’“écho des hôpitaux”

CONSTRUCTION DU NOUVEL HÔPITAL: PAROLES, PAROLES…
Cela fait bientôt un an qu’il est question de monter un dossier pour la construction du nouvel hôpital. Ce dossier doit être présenté au Docup au plus tard le 31 mars. Mais on ne voit pas comment cela sera possible car jusqu’à présent, direction et président du Conseil d’administration ne se sont pas mis d’accord. En attendant, c’est nous qui subissons toutes les conséquences de la vétusté.

ASCENSEUR: RIEN NE CHANGE
Des portes qu’on doit fermer à la main, des arrêts pas toujours à niveau. Un ascenseur surchargé parce que l’autre est en panne. Malades, visiteurs, linge sale, poubelles, morts… tout ensemble. C’est l’image en réduction du CHU.

PROBLEMES DE SECURITE DANS TOUT L’HÔPITAL
L’agression qui a eu lieu il y a trois semaines en traumato n’est pas un cas isolé. Fréquemment, des visiteurs agressent le personnel, au motif qu’un de leurs amis doit être soigné en priorité. Un protocole a été mis en place en traumato, suite à la réaction du personnel, mais le problème existe dans tout l’hôpital. Des mesures générales devraient être prises pour la sécurité de tout le personnel.



Extraits de “sucrerie en lutte”

IL FAIT CHAUD DANS L’ATELIER
On a eu la visite du médecin du travail à l’atelier d’ensachage. Cela a été pour nous l’occasion de lui faire voir combien la chaleur était insupportable dans l’atelier. Sa réponse nous a surpris car elle a trouvé qu’il ne faisait pas si chaud que cela!
Il est certain qu’elle ne faisait que passer et n’a pas eu le temps d’apprécier le confort du poste de travail sur la machine.
On l’invite à venir passer une journée à travailler à nos côtés pour donner ses impressions à la fin.

USINE AU RALENTI
Le moulin a été ralenti depuis le démarrage de l’usine par la direction qui a été obligée de ne broyer que 5000 tonnes de cannes par jour. Il y avait un engorgement et surcharge des malaxeurs du fait d’un tuyau qui n’amenait pas assez de matière cuite pour emballer les turbines. La panne a été détectée dimanche dernier grâce à la contribution des ouvriers.
Et on osera dire que les ouvriers ne sont pas professionnels ou compétents!

LE REVE D’IDD*
C’est celui des capitalistes: une productivité la plus grande, des bénéfices pour l’entreprise, des ouvriers avec un bon état d’esprit. C’est à dire des ouvriers dociles qui remercient leur patron ou leur PDG de les faire travailler pour des salaires de misère qui ne permettent pas de vivre correctement. C’est ce que le PDG appelle «participer à l’économie et à l’histoire de la Guadeloupe».
Cela, c’est le rêve des patrons.
La réalité, c’est que les ouvriers ne se laissent pas faire et ils luttent avec les moyens qu’ils ont. Cela s’appelle la lutte de classe. Les capitalistes la mènent durement cette lutte.
Tant qu’il y aura des patrons exploiteurs, il y aura des ouvriers pour lutter contre eux.

*Note: IDD c’est le patron Ivan De Dieut-le-veut qui s’adresse aux ouvriers par un bulletin qui répond à «sucrerie en lutte».



Extraits “de l’écho de l’Aéroport”

F.O. AIR CARAÏBES RÉPOND A L’ÉCHO… EN MONTRANT SON VRAI VISAGE
Dans un tract daté du 20 février, sous le titre de «mise au point», les dirigeants de F.O. Air Caraïbes jouent l’indignation suite au dernier « Echo » dénonçant leur comportement.
Les faits sont pourtant clairs: le licenciement d’une collègue a été décidé lors d’un conseil de discipline par 3 voix contre une, celle d’un délégué martiniquais qui a été le seul à prendre sa défense.
Le délégué de F.O. a donc voté ce licenciement, et le tract de F.O. ne le dément pas. La décision a été prise par la direction, certes, mais avec l’appui de F.O., ce qui est lamentable.
Dans bien des cas, une attitude juste des syndicats a mis en échec un patron qui voulait licencier.
Si l’on prend la peine de lire avec attention les arguments de F.O, l’erreur de la collègue serait d’avoir fait appel à un délégué d’un autre syndicat, qu’on suppose être «l’écrivain» (de l’Echo!).
Faut-il en conclure que toute personne non défendue par F.O doit être licenciée?

F.O. - AIR CARAÏBES ET LES FEMMES AU TRAVAIL: PIRE QUE LE PATRONAT
En tous cas, même conseillée par F.O., cette collègue n’aurait pas eu gain de cause. Elle réclamait, rappelons-le, le droit de réduire ses horaires pour s’occuper de son enfant. Commentaire de FO: «est-ce à dire qu’il faille que toutes les mères de l’entreprise réduisent leur horaire pour garder leur enfant» et d’ajouter «ce serait pas mal du tout».
Nous sommes désolés de faire savoir à ces «syndicalistes» que le Code du Travail n’a pas encore été aboli. Pour l’instant, l’article L122-28-1 autorise une mère de famille à faire une telle demande.
Nous encourageons d’ailleurs celles qui le désirent à faire cette démarche, à condition qu’elles choisissent des représentants moins sectaires et moins ignares que ceux de la «force tranquille».

LA CCI PROLONGE SON CONTRAT POUR DIX ANS… ET APRÈS?
La présidente de la CCI, Colette Koury, se félicite de la prolongation de dix ans de la concession aéroportuaire. C’est certes positif en matière de continuité, et les millions d’euros qu’elle évoque lui seront sans doute attribués.
Il n’empêche que pour le personnel, si cela constitue un répit, ce n’est qu’un sursis: dix ans, c’est vite passé à l’échelle d’une carrière, et il faudra rester vigilants sur la défense de l’emploi, d’autant que C. Koury a déjà laissé entendre qu’elle n’était pas hostile à un changement de situation dans le futur.
France-Antilles souligne que «Dominique Perben himself» viendra parapher cette prolongation.
C’est sans doute aussi pour lui un gage de prolongation… de vacances au soleil, puisque, rappelons-le, le ministre était hébergé chez les Koury lors des fêtes de fin d’année.

AIR FRANCE: PLUS LA COMPAGNIE EN A, MOINS ELLE EN DONNE
La direction vient d’annoncer la couleur en matière d’augmentations salariales pour l’année à venir. C’est, une nouvelle fois, une baisse de notre pouvoir d’achat qui est programmée.
0,5 % au 1er juillet et 0,5 % au 1er novembre avec une prime exceptionnelle de 400 euros au 1er avril si les organisations syndicales approuvent ces mesures. Et ce sera tout pour 2006.
Air France annonce des bénéfices sans précédent mais pas question pour elle que cela se répercute sur nos salaires et c’est même plutôt l’inverse qu’elle nous promet.
Alors, ce que la direction ne veut pas nous donner, il faudra le lui arracher.



Guadeloupe
Après la vague de licenciement dans la banane... Poursuivre la mobilisation et la renforcer!

Le vendredi 3 mars, à l’appel du syndicat CGTG-Banane, nous étions une cinquantaine à manifester à Basse-Terre. En effet depuis plusieurs mois, certains d’entre nous estiment qu’il est nécessaire de se mobiliser pour faire entendre notre mécontentement. Nous nous sommes d’abord rendus au Conseil Général, mais les camarades de plusieurs entreprises dont Danone et Ferme de Campêche étaient déjà sur place. Par la suite on s’est rendu à la préfecture. Et là, personne n’a voulu nous recevoir. Ensuite au Conseil Régional, le Président de cette assemblée étant absent du département, une délégation a été reçue par des responsables administratifs.
La mobilisation n’a pas été ce que beaucoup d’entre nous espéraient. Mais ce n’est qu’un début: «Rome ne s’est pas construite en un jour». Nous sommes plus de 800 à avoir été licenciés depuis l’année 1999. Les licenciements continuent. Et il y a très peu de chance de trouver du travail. Alors il faut poursuivre la mobilisation. Chacun des 50 présents doit se fixer comme but de convaincre quelques uns. Et la prochaine fois, nous serons plus nombreux. Et ensuite encore plus nombreux. Donc il faut poursuivre la mobilisation.




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