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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 13 janvier 2007      N° 959


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À la Une

Éditorial

YO VLE FE NOU PWAN DLO MOUSACH POU LET!

En 2007, s’ouvre une année électorale chargée avec les présidentielles et ensuite les législatives. Aussi toute la politique du gouvernement est orientée par les nécessités électoralistes et la pêche aux voix. Nous avons donc droit à de petites augmentations des «minima sociaux», petits cadeaux minables, juste pour nous illusionner, par exemple l’augmentation du RMI de 1,8%. Un chômeur rmiste doit donc vivre avec…440,86 euros par mois. Une misère! D’autant que le chômage, lui, ne diminue pas. La prime pour l’emploi est portée à 948 euros par an, mais qu’est-ce-que cela représente quand on n’a pas de travail? Et notons qu’en France, à la différence des Antilles elle est de 1000 euros!! L’allocation aux adultes handicapés et l’allocation spécifique de solidarité, (cette dernière versée sous conditions de ressources lorsque l’indemnisation par les ASSEDIC est révolue), ont augmenté de… 1,8%. Il y a aussi de petites augmentations des différentes prestations familiales.
Le revers de la médaille, maintenant, c’est: l’augmentation d’un euro du forfait hospitalier (16 euros au lieu de 15), l’augmentation du timbre poste de 53 à 54 centimes, l’autorisation donnée à France Télécom d’augmenter son abonnement, l’augmentation prévisible des tarifs EDF, l’autorisation donnée au pharmacien de refuser le tiers-payant pour les patients qui refusent les médicaments génériques. Bref, une série de petites augmentations et mesures restrictives, déjà là ou à venir. C’est la politique du «donner d’une main» et «reprendre de l’autre». Mais toujours pour des raisons électorales les gouvernants mettent en avant surtout ce qui est «donné d’une main».
Aucune mesure réelle et vraiment efficace n’est prise contre le chômage qui continue de faire ses ravages. Dans les quartiers, des centaines de jeunes végètent et s’adonnent à la délinquance et à la drogue. Le gouvernement donne régulièrement des chiffres faux tendant à faire croire que le chômage diminue. Mais un collectif d’association comme le «réseau alerte sur les inégalités», «AC» ou le «Mouvement national des chômeurs et précaires» (MNCP) et des syndicats publie maintenant ce qu’il appelle «les autres chiffres du chômage» Selon lui, la France comptait en septembre non pas 2,172 millions de chômeurs mais plus de 4,4 millions. Plus de 2,2 millions de chômeurs ne seraient pas comptabilisés. Et dans ce que le collectif appelle «les chômeurs invisibles», il y a les chômeurs des départements d’outre-mer qui ne sont pas comptabilisés et seraient au nombre de 220.000. En comptabilisant toutes les catégories de «chômeurs invisibles» on s’aperçoit qu’ils constituent 50% du nombre des chômeurs alors qu’en 1982 ils représentaient 10%. Le chômage augmente donc bel et bien et ne diminue pas!
Et les minima sociaux et autres prestations sociales ne sont versés que pour pallier le chômage ou les bas salaires dont les patrons sont les vrais responsables. Car pour ces derniers, seul compte le profit. La bourse française a réalisé sa quatrième année de hausse continue, 17,35% en 2006 après 23,40% en 2005. Ces pourcentages se traduisent en sommes considérables, des milliards et des milliards qui entrent dans les poches des riches capitalistes qui dominent l’économie mondiale. Ce ne sont même plus des «chefs d’entreprise» qui dirigent ces grands groupes mais des groupes financiers plus ou moins anonymes. Pendant l’esclavage même on savait à qui on était vendu. Maintenant, les esclaves modernes, les travailleurs d’une entreprise sont vendus sans même connaître leurs maîtres. Ces derniers peuvent changer d’un mois sur l’autre au gré des fusions-acquisitions d’entreprises qui rapportent des milliards d’euros. Ce sont ces «sans visages» qui sont nos nouveaux maîtres! Alors souhaitons qu’en 2007, nous leur rendions la vie dure. Cela pourrait adoucir la nôtre! En attendant, bonne année à tous!



Sainte-Rose (Guadeloupe)
Des décharges il en faut, mais dans le respect de la santé et de l’environnement

L’action de certains habitants de Sainte-Rose contre la création d’une décharge de déchets ultimes montre que, de plus en plus, la population s’inquiète des méfaits des décharges. Dans les décharges de Sainte-Anne, de Baillif, déjà trop remplies, ou de la Gabarre, des incendies accompagnés d’odeurs pestilentielles avaient aussi déclenché des protestations. Certains savent d’où proviennent de tels incendies: la fermentation des déchets dégage le biogaz, méthane et gaz carbonique qui peuvent devenir explosifs. Ce biogaz est accompagné de gaz en plus faible concentration mais toxiques, irritants voire cancérigènes ou mauvais pour les fœtus. Les dépôts d’ordures sont aussi nocifs pour le sol et pour les eaux qu’ils polluent. Et puis une décharge, c’est sale, cela attire les rats, les chiens errants, des papiers gras s’envolent.
La réalité est que de telles décharges ne devraient plus exister, du moins pas après 2002. Il existe des lois: certains types de décharges doivent être fermées et traitées contre leurs nuisances. D’autres doivent être réhabilitées. Les emplacements de nouvelles décharges doivent être choisis au moins à 200 m des habitations avec certaines conditions de terrain (imperméabilité…). Moyennant l’installation de canalisations, le biogaz peut être récupéré, évitant les incendies et permettant une économie d’énergie: le méthane est un combustible, tout comme le «gaz butane». Par ailleurs certains types d’ordures, peintures, solvants, piles etc. sont toxiques. Il faut donc séparer les différents types de déchets et autant que possible recycler les matières premières, verre, métaux…
La Guadeloupe est en retard dans la gestion des déchets. Il reste une dizaine de décharges à ciel ouvert, interdites en principe. Pour le tri, seules 3 des 27 déchetteries prévues sont en activité et il semble que les déchets qui y sont triés sont mélangés de nouveau et envoyés à la Gabarre. L’incinérateur de Grand Camp verra-t-il le jour? Il y a des débats sur les risques d’émission de poussières extrêmement toxiques, appelées dioxines, lorsque la température de l’incinération est mal réglée. Mais il existe de bons incinérateurs, bien entretenus. Enfin il n’y a pas ou plus d’usines de recyclage en Guadeloupe.
Il est donc compréhensible que la population s’inquiète et craigne de voir ces décharges du temps passé dans son environnement.
Cependant, on ne peut supprimer les décharges. En Guadeloupe, il y a 500 kg d’ordures ménagères par personne et par an. La Gabarre reçoit chaque jour plus de 500 tonnes de déchets. Sur une trentaine d’hectares elle accumule des ordures sur plus de 10 m de haut. Il n’est pas question non plus, comme on a pu dire, de faire un nouveau site comme la Gabarre à Sainte-Rose.
Il est possible, moyennant des crédits suffisants, d’avoir un environnement protégé et que les décharges ne soient plus une gêne intolérable et un risque pour la santé. Bien sûr, pour des décharges «propres», les usagers seront invités à trier leurs déchets et à ne plus remplir des décharges sauvages. En contrepartie, ils auront un droit de regard sur le fonctionnement des nouvelles décharges ou des décharges réhabilitées. En s’organisant ils pourront connaître la qualité de l’air, des sols et des eaux de la décharge, l’origine des déchets déposés et les traitements faits. Tout cela est bien sûr de la responsabilité des élus, cela suppose la manipulation de sommes importantes qui font des envieux. Mais la population, soucieuse de sa santé et qui veut préserver l’environnement et la beauté des sites, a raison de se préoccuper de cette affaire.



Martinique
Accroissement de la richesse pour quelques uns et ... Précarité et pauvreté pour le grand nombre!

A l’occasion de la fin de l’année 2006, on a vu un peu plus s’étaler les richesses des possédants en Martinique.
Plusieurs grands magasins à grande surface ont ouvert leurs portes ou ont agrandi leur surface de vente. Il y a eu un nouvel hyper marché Géant du groupe Ho-Hio-Hen au Robert, l’agrandissement de Conforama du groupe Germon-Baudouin à Acajou Lamentin, pour ne citer que les derniers en date. Les projets pour 2007 sont nourris. Le nouvel hypermarché du groupe Bernard Hayot prévu sur 10 000m2 est entrain de sortir de la mangrove de Ducos. Il commence même à embaucher sur internet par l’intermédiaire d’un autre groupe d’affaires de la place, Alpha Conseil, appartenant à Patrice Fabre, fils de Marcel Fabre, le nabab de la banane (dixit le journal Expansion). Et il y en a d’autres, cela grouille. Il y a ceux de la famille Thierry Despointes de Madimarché et Foir’Fouille qui veulent agrandir leur Foir’Fouille ou se positionner dans le logement social avec Madi-Maison. Il y a ceux du groupe Parfait qui veulent bousculer les commerçants du Lamentin regroupés dans l’association APPEL, pour imposer leur hypermarché Calebassier Plazza, et bien d’autres encore.
Dans un article du journal Justice du 7 décembre 2006 analysant les comptes économiques de l’année 2005 parus dans la presse spécialisée, on relève que «les revenus des entreprises progressent fortement de + 10,1% et leurs profits bruts atteignent la somme faramineuse de 2,4 milliards d’euros, à l’exception des entrepreneurs individuels (3,5%) qui subissent pour certains la crise agricole». Bref les affaires marchent rondement et ce sont bien les mêmes groupes capitalistes et quelques autres qui en profitent.

A l’occasion de la nouvelle année, chez une grande partie de la population, c’est toujours la même précarité, la pauvreté même pour beaucoup.
Ainsi le journal France-Antilles du 2 janvier 2007, relate le cas d’une gros-mornaise de 58 ans qui, après une vie de galère à travailler entre la France et la Martinique, à la suite de problèmes de santé, se retrouve sans travail avec comme seule ressource une allocation ARE (allocation de retour à l’emploi) logée dans une maison dont les murs sont effondrés, sans eau. Pour s’abriter de la pluie, cette dame a été obligée de «se construire un abri attenant à sa maison», un véritable taudis.
Ce cas est loin d’être isolé quand on sait que 60% de la population a des revenus qui l’autorisent à accéder à un logement social.
Quant aux salaires de ceux qui travaillent, ils n’ont pas progressé et le même journal «Justice» commentant les chiffres de l’année 2005 indique que le pouvoir d’achat n’a augmenté que de 0.2%. Une telle situation est évidemment insupportable.