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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 13 janvier 2007      N° 959


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Décès de Roger Losange

Roger Losange est décédé le samedi 23 décembre à l’âge de 57 ans. Il a été victime d’un malaise cardiaque foudroyant dans sa voiture en quittant son domicile.
Cet agriculteur de Sainte-Rose s’est battu durant dix ans pour défendre des terres qu’il cultivait depuis 20 ans à Anceneaux dans la section de Conodor. En 1996 ses terres ont été vendues à une association d’exploitation agricole des Anceneaux ( A.E.2A) qui a commencé des travaux de lotissement . Dès 1997, Roger Losange a saisi le tribunal pour dénoncer cette transaction et faire valoir ses droits. Il a livré ses cannes durant plusieurs années à l’usine et a régulièrement payé ses charges à l’UDCAG et à la SNECTA. Il avait déjà eu des pourparlers avec M. Claverie pour acheter la parcelle qu’il occupait. Durant dix ans, Roger Losange n’a pas eu gain de cause sur le plan juridique malgré un dossier qui fait apparaître de nombreuses irrégularités concernant le déclassement de son terrain en terre constructible et la transaction immobilière. Il s’est adressé au comité Lefort contre le racisme et l’humiliation qui a dénoncé le caractère injuste de cette affaire. Roger Losange qui n’avait que ses terres pour faire vivre sa famille, a tout perdu et s’est retrouvé pratiquement ruiné. Son tracteur a été saisi. Au cours de l’année 2006 l’affaire a été reprise par maître Lacluze qui a également porté plainte au tribunal administratif. Quelques jours avant sa mort, Roger Losange, accompagné d’un huissier de justice s’est rendu sur ses terres pour faire un constat concernant des travaux de lotissement qui se poursuivent. Son avocat avait déjà adressé des sommations au maire Richard Yacou ainsi qu’aux entreprises de construction.Un comité de soutien a été créé à Sainte-Rose pour défendre Roger Losange. Ce dernier avait décidé de se battre jusqu’au bout.
Il militait activement pour défendre ses terres mais également en soutien à d’autres luttes, celle menée par le comité Lefort contre les abus policiers, celle menée par les occupants de Conodor contre la pollution de la porcherie Lurel située à Anceneaux, celles menées par les occupants de Béron et de Jabrun menacés d’expulsion. Jusqu’à la veille de sa mort Roger Losange s’est montré solidaire de toutes ces luttes. Il a participé à toutes les actions, à toutes les réunions à Béron, à Jabrun et était toujours présent dans les réunions du comité Lefort à Petit Bourg.
Roger losange a vu sa santé s’altérer et se plaignait quelques jours avant sa mort d’être de plus en plus perturbé moralement par toute cette affaire qui a en partie détruit sa vie. Dans une société où les droits des plus pauvres ne sont pas pris en compte face aux plus riches qui ont tous les droits y compris ceux de détourner la loi par des procédures irrégulières, la misère matérielle et morale, créée par tant d’injustices, fait des victimes. Roger Losange est mort dignement au combat en traçant une voie, celle de la lutte et non du découragement. Les comités qui l’ont soutenu ainsi que sa famille lors de son décès sauront poursuivre son combat et faire valoir ses droits.



Mort de Camille Darsières

Camille Darsières, vient de mourir foudroyé par une crise cardiaque. La mort de Darsières a suscité une vive émotion en Martinique et de nombreux hommes politiques ont tenu à saluer la mémoire de celui qui se voulut un fervent défenseur de «l’identité Martiniquaise» en s’inclinant devant sa dépouille, exposée pour une soirée, dans le hall de l’hôtel de ville de Fort de France.
L’homme politique écrivit également sur l’histoire du mouvement social en Martinique. Il publia en 1974, son ouvrage: des origines de la nation martiniquaise ainsi qu’une histoire de Joseph Lagrosillière en 1996.
Mais son nom, pour le grand public sera surtout rattaché à l'histoire du PPM ( parti progressiste martiniquais) parti créé par Aimé Césaire en 1958, qu’il dirigea et influença en tant que premier Secrétaire pendant de longues années.
Compagnon d’Aimé Césaire, Camille Darsières est né le 19 mai 1932 à Fort-De-France était membre de la direction du Parti Progressiste Martiniquais. Elu, il l’a d’abord été en tant qu’adjoint au Maire de Fort de France, Conseiller général puis Conseiller Régional et Président de la Région martinique. Il fut ensuite élu député de la Martinique pour la 3è circonscription de Fort de France de juin 1997 à juin 2002, date à laquelle il a été battu par Edmond-Mariette le candidat du parti Bâtir.
Darsières, sera également l’artisan de la politique «d’ouverture» du parti en direction des membres de la «société civile», politique qui se traduira à l’occasion des Régionales et des municipales par la présence de nombreux patrons, notables et bourgeois à la tête de la collectivité Foyalaise et à la représentation du PPM dans le concert politique à l’hôtel de Région. Mais nombre de militants du PPM diront regretter ce cours nouveau.
L’histoire retiendra qu’il s’est illustré également en tant que ténor du barreau de Fort de France. Souvent sollicité par les militants poursuivis, Camille Darsières assura leur défense sans se faire payer. Ainsi à l’image des Manville, Eloidin ou Gratiant il sera reconnu comme l’avocat de la défense des libertés et des causes anti colonialistes.
Mais tout cela ne nous fera pas oublier que les idées développées par Camille Darsières, durant l’exercice de sa responsabilité politique dans les colonnes du «Progressiste» n’étaient pas les nôtres. Loin de là, il faut se souvenir qu’à l’époque de la scission au sein de la CGTM, Darsières n’a jamais hésité à fustiger le courant majoritaire qui sortit du Congrès historique au nom du conservatisme et d’un soutien aveugle aux militants staliniens qui s’opposaient à tout changement au sein de la direction de la CGTM.
C’est ainsi, que de concert avec les déclarations calomnieuses du journal « Justice » (hebdomadaire du Parti Communiste Martiniquais) les articles du «Progressiste» fleuraient bon l’infamie et la flétrissure. Sans doute que l’émergence des idées révolutionnaires évoquant ouvertement la nécessité de la lutte des classes, au sein de cette grande Confédération syndicale, gênait Camille Darsières et les membres de sa famille politique.
Alors, bien qu’il fut un militant engagé contre les différentes formes d’oppression du système colonial, les limites que lui imposèrent son engagement politique contre le système capitaliste sont bien l’illustration de la peur congénitale qu’inspire à ces hommes politiques l’émergence d’un courant révolutionnaire authentique au sein du mouvement ouvrier. Et c’est cette vision du combat politique, entre autres choses, qui nous a sans aucun doute toujours opposés à Camille Darsières.



Guadeloupe
Grève des salariés du CFA au Raizet

Les salariés du CFA (centre de formation des apprentis) du Raizet sont en grève à l’appel de l’UGTG depuis le 6 novembre 2006. Les principales revendications portent sur la titularisation de 16 salariés qui sont des enseignants et du personnel administratif, la revalorisation pour certains agents du calcul de leur indice.
Les différentes négociations n’ont pas encore abouti. Le président de la chambre des Métiers, Joël Lobeau, qui chapote le CFA dit qu’il ne peut satisfaire les revendications des grévistes car il est sous convention avec la Région et que celle-ci ne propose que des contrats pour 5 ans. La dernière rencontre avec Joël Lobeau qui a eu lieu le 4 janvier dernier a été très brève et il n’y a eu aucune avancée sur aucun des points du cahier de revendications.
Les grévistes dénoncent le fait que certains enseignants ont un contrat à l’année et ont parfois plus de 20 ans d’ancienneté. Selon l’UGTG ce sont des emplois permanents et ces enseignants devraient avoir un CDI (contrat à durée indéterminée).
Il y a également le problème des vacataires qui peuvent travailler en un mois 200 heures, ce qui veut dire que ce sont des salariés à plein temps, car en principe un vacataire ne peut cumuler autant d’heures. Certains sont là depuis plus de 10 ans. Il y a eu le cas d’un enseignant qui n’avait pas reçu soi-disant l’habilitation du Rectorat selon le président de la chambre des métiers, puis finalement les grévistes ont appris que le Rectorat avait donné une réponse favorable depuis le 21/12/06. On ne lui a pas donné l’information et maintenant on lui annonce qu’il aurait dû signer un document pour le renouvellement de son contrat et comme il ne l’a pas fait le contrat est terminé.
Bref le dialogue est très difficile entre le président de la Chambre et les grévistes ; ceux-ci se demandent comment Joël Lobeau entend mettre en œuvre le projet du gouvernement qui est de doubler le nombre d’apprentis en Guadeloupe, de 1000 à 2000, s’il n’y a pas un nombre suffisant d’enseignants.



Guadeloupe
La mobilisation se poursuit contre le projet de la construction d’une décharge à Sainte-Rose

Une enquête publique a été lancée dés le début de l’année pour une durée d’un mois, concernant le projet de construction d’un centre de stockage des déchets (CSDU) à l’Espérance Sainte-Rose. Les habitants doivent se rendre en mairie pour approuver ou pas ce projet. Le Collectif de défense de l’environnement qui a déjà mené plusieurs actions de mobilisation contre le projet a appelé toute la population à se rendre en mairie pour dire non à l’implantation de la décharge à Sainte-Rose. Le Collectif dénonce les aspects non transparents du dossier. On parle de traiter les ordures de toute la Guadeloupe y compris celles des dépendances. On parle du transport des ordures vers cette décharge unique par voie maritime et par voie terrestre la nuit. Et de jour, des camions transportant 25 tonnes d’ordures vont circuler sur des voies déjà encombrées par des embouteillages et les camions de l’usine pendant la récolte sucrière. Le Collectif dénonce également la mise à la disposition de 63 ha de terres au groupe SITA- SUEZ. Ces terres qui appartiennent au département sont de bonnes terres agricoles. Le Collectif s’oppose plus particulièrement à une décharge unique et s’inquiète des problèmes d’environnement. La décharge actuelle à ciel ouvert qui se trouve à l’Espérance crée des nuisances aux riverains qui se sont déjà mobilisés pour les dénoncer.
Les résultats de l’enquête publique devraient légalement avoir une incidence sur le projet. Mais bien souvent, l’enquête publique n’est pas si démocratique qu’on veut le laisser croire quand on sait dans quelles conditions elle se déroule. La population ne comprend pas toujours toutes ces formalités administratives et ne se déplace pas pour aller en mairie se prononcer. Ceux qui nous dirigent et nous gouvernent sur le plan politique décident de leurs projets sans se préoccuper des véritables problèmes de la population. Celle-ci ne fait pas confiance à tout un système qui a ses propres lois qui sont appliquées davantage en faveur des riches que des pauvres. Pour se faire entendre la population doit se manifester par des luttes et imposer à ceux qui dirigent son point de vue et réclamer des garanties.



Martinique
La victoire de Cyril à la Star Ac’ provoque une vague d’enthousiame

Le vendredi 22 décembre dans l’après midi, la plupart des postes de télévision étaient allumés en Martinique et une grande partie des gens regardait la finale de la Star Ac’, émission phare de la chaîne télévisée TF1. Le chouchou, le jeune martiniquais, Cyril à «la voix d’ange», disait-on, jouait sa dernière carte. Et quand le résultat fut connu, cela a provoqué des cris et des larmes de joie dans les foyers, jeunes et moins jeunes étaient sous le charme!
La population de Martinique n’en avait pas fini de manifester son enthousiasme. Le vendredi suivant, le 29 décembre, le jeune Cyril revenait au pays. A la grande surprise des médias, et sans doute du jeune chanteur lui-même, des milliers de personnes ont envahi l’aéroport à son arrivée pour manifester leur joie, entourant sa voiture pendant le défilé dans les rues de son quartier à Dillon.
L’euphorie se poursuivit lorsqu’il se produisit lors du show de fin d’année de la municipalité foyalaise. Ce fut là encore le délire, d’une foule énorme rassemblée sur la place de la Savane depuis plusieurs heures pour certains, et sous la pluie durant le show. La foule était estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes!
Pendant quelques heures, ce jeune, issu d’un milieu populaire, puisque sa mère vend des liqueurs sur le marché de Fort de France, ayant surmonté diverses embûches pour gagner le concours de la Star Ac, a été «supporté», adulé par toute une population et surtout les personnes les plus modestes et les jeunes. Bien sûr, il y a le chômage, la précarité, pas d’emplois, etc…mais au moins «on peut rêver!» et « supporter » pour son champion! Ainsi pendant ces heures là, on a vu une population s’identifier avec le jeune chanteur, comme les jeunes le font pour les Thierry Henri, Abidal, Thuram…et autres vedettes du sport! Pendant quelques heures, ce fut le moyen d’oublier les soucis d’une vie difficile, faite de labeur ingrat, n’apportant que de maigres satisfactions. Un journaliste de la télévision, TF1, fit remarquer que Cyril était le premier gagnant de couleur ou appartenant à une «minorité visible», cette considération ne fut pas non plus étrangère à l’enthousiasme, à la mobilisation de la population de Martinique derrière ce jeune chanteur. Comme quoi la religion n’est plus seule, de nos jours, à pouvoir proposer quelques bouffées euphorisantes. Il y a aussi la Star’Ac et d’autres…



En bref... En bref... En bref...

ILS EN REPRENDRAIENT BIEN UNE TRANCHE...
Tous les riches n'ayant pas filé en Suisse comme Johnny, le gouvernement les bichonne fiscalement. Au 1er janvier, le nombre de tranches d'impôts est passé à 6 et les plus riches seront moins imposés.
Le gouvernement vient aussi d'inventer un "bouclier fiscal" qui limite à 60 % de leurs revenus (après déductions et exemptions) ce que les riches versent au fisc.
Certains d'entre eux vont même récupérer ainsi de l'argent sur 2006. Et plus ces gens ont de l'argent, plus ils en récupéreront, ont chiffré certains journaux. Même les poches pleines à craquer, les riches n'en ont jamais assez. Et Sarkozy leur promet, s'il est élu, de réduire à 5 encore le nombre de tranches d'impôt!

CHERCHEZ L’ERREUR
Le ministre des Finances Thierry Breton cherche des ressources nouvelles. Il a chargé deux rapporteurs d'étudier la question. Et voilà que ceux-ci proposent non pas de nouveaux impôts sur les entreprises, mais de les réduire encore, en faisant passer leur taux de 33,3 % (autrefois 50 %) à 25,8 %.
L'un des rapporteurs était un grand patron, celui de Publicis. Ces gens-là ne proposent pas d'amener plus de ressources à l'Etat, mais de lui en prendre encore plus.