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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 21 juin 2008      N° 989


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Extrait de "l'écho de l'aéroport"

AVIATION CIVILE: BASSES MANOEUVRES À LA DAC/ANTILLES GUYANE
A la Direction de l'Aviation Civile (DAC) dont le siège est à Fort-de-France, on profite de la réorganisation pour favoriser certains et en écarter d'autres sans trop s'encombrer des règles habituelles.
C'est ainsi que le service administration est dirigé par un chef par intérim, donc non titulaire. Son ancien poste serait déjà supprimé, cependant qu'on a ouvert à la va-vite un poste de chef adjoint au service administration. Les candidats n'avaient que cinq jours pour se décider!
De toute évidence, le nouveau directeur et son «bras droit» intérimaire ont une personne à placer...

AVIATION CIVILE : SOUPLESSE D'UN CÔTÉ, BLOCAGES DE L'AUTRE...
A l'inverse, d'autres ne sont guère favorisés. Ainsi les propositions faites au chef de la division administrative de Guadeloupe sont confuses et peu attrayantes. De même, une Guadeloupéenne occupant en Martinique un poste appelé à disparaître en janvier est sommée d'y rester jusqu'au bout, alors que des postes sont ouverts ici.
Enfin le poste de chef des Moyens Généraux au Raizet, libre depuis 6 mois, n'est toujours pas réouvert: le DAC semble vouloir l'inclure dans la réorganisation, ce qui n'était pas prévu.(...)

AVIATION CIVILE: LES MILLE ET UNE MANIERES D'ECARTER UN CANDIDAT
«Une porte doit être ouverte ou fermée» disait un auteur du 19è siècle. A la Délégation Territoriale (DT) Guadeloupe, chapeautée par la DAC, on fait mieux. «Un poste peut être ouvert ou fermé, pourvu... qu'il ne soit pas pourvu», telle semble être leur devise. Un agent qui postule pour la énième fois sur des postes vacants à la DT se voit régulièrement écarté au profit d'autres candidats. Cette fois, il était semble-t-il le seul à postuler sur le plan national.
Des rumeurs persistantes ont laissé à penser qu'on envisageait de retirer purement et simplement l'AVE (Avis de Vacance d'Emploi). Puis, comme la ficelle était grosse, l'AVE a été maintenu... et non pourvu en CAP. Il serait intéressant de savoir sous quel prétexte.

QUE SE PASSE-T-IL À LA STAG?
La STAG (Société de Transport de l'Archipel Guadeloupe) a été créée il y a quelques années par des pilotes d'Air Caraïbes. En fait, elle reprenait le trafic (dont Dubreuil voulait se débarrasser, car peu rentable) vers les îles proches. Aujourd'hui la société bat de l'aile, et est gérée par un administrateur judiciaire. Hormis un cercle restreint de pilotes actionnaires, le personnel ignore quel sort lui sera réservé. C'est le cas en particulier des 22 agents au sol. Certains auraient eu des propositions d'indemnité de licenciement, mais ce n'est pas le cas de tous. C'est d'autant plus inquiétant qu'il n'y aurait, paraît-il, pas d'argent pour finir le mois...
Les agents délaissés sont inquiets. Ils sont pour la plupart issus d'Air Caraïbes, mais même leurs conditions de transfert (ancienneté, etc.) ne sont pas claires. Ils ont l'impression d'avoir fait l'objet, via la STAG, d'un licenciement en deux étapes.

MÉTÉOFRANCE: GRÈVE CONTRE LES SUPPRESSIONS DE CENTRES
Le personnel de Guadeloupe est particulièrement mobilisé et participe aux différents mouvements de grève contre la politique mise en oeuvre par la direction centrale et le gouvernement. Il est prévu la fermeture d'un centre sur deux d'ici 2001, le non remplacement des départs à la retraite, ce qui entraînera la suppression d'au moins 550 postes sur un total de 3700. La Guadeloupe est bien entendu en ligne de mire, avec la création en Martinique du Centre de Prévision Régional.



Martinique
Aménagement du temps de travail au gré de la direction

Les salariés de l'entreprises Idex Energie Antilles à Ducos, entreprise chargée de faire de la maintenance et l'installation de la climatisation dans les hôpitaux et les collectivités, sont en train de négocier un nouvel accord sur l'Aménagement du temps de travail avec leur direction en remplacement du précédent signé en date du 27 novembre 2003. Il s'agissait alors d'un accord sur la durée légale des 35 heures par semaine avec embauche de personnel.
Cette fois-ci, dans sa proposition d'accord, la direction écrit que «les représentants du personnel ont été amené à faire le constat suivant: du fait de l'évolution de l'activité de l'entreprise, de son développement...il a été convenu de négocier un nouvel accord sur l'aménagement du temps de travail» et bla bla bla.
En fait, la direction souhaiterait avoir l'aval et l'approbation des représentants de la CGTM et de l'ensemble du personnel pour appliquer des horaires à son gré.
Ainsi les salariés ont pu lire les propositions suivantes: «Concernant le personnel posté. Le cycle est une période brève (5 à 12 semaines) ...de telle sorte que les semaines comportant des heures au-delà des 35 heures soient strictement compensées au cours du cycle par des semaines comportant une durée du travail inférieure à la durée légale».
Plus loin, concernant le personnel administratif non cadre: «Ce personnel peut être amené à travailler en cycle de 5 semaines, les deux premières semaines étant travaillées sur la base de 39 heures, les trois autres comportant une durée de travail inférieure à la durée légale, de telle sorte que sur la durée du cycle la moyenne hebdomadaire ne dépasse pas 35 heures... en cas de changement d'horaires, un délai de prévenance de 48 heures devra être respecté».
En lisant les propositions de la direction, les salariés ont bien l'impression qu'il s'agit pour elle de les faire travailler bien au-delà de 35 heures par semaine, en faisant la moyenne des heures de travail sur une période, et en s'arrangeant ainsi pour n'avoir pas à payer d'heures supplémentaires. Cela ressemble tout craché à la politique hypocrite sur l'aménagement des 35 heures et les heures supplémentaires à la sauce Xavier Bertrand et Sarkozy. Mais cela lèse évidemment les travailleurs et permet au patron de disposer d'eux comme bon lui semble et à peu de frais.
Là-dessus, les salariés ne sont pas dupes, ils sont en train d'étudier les propositions de leur direction, afin de lui proposer les leurs dans le sens de leurs intérêts, parce qu'ils ne sont pas prêts à se faire rouler dans la farine. Mais, le patron risque de s'accrocher d'autant plus que la politique du gouvernement Sarkozy va dans son sens. Seul un rapport de force favorable créé dans l'entreprise et même dans tout le secteur pourra faire reculer ce patron et tous ceux qui vont inévitablement aller dans le sens de la remis en cause des 35 heures, comme le leur conseille le réactionnaire Bertrand, ministre des affaires sociales.



La guerre de la banane continue

On se souvient qu'au mois de juillet 2007, les gros producteurs de bananes comme Noboa de l'Equateur, premier producteur mondial, Del Monte et Dale des USA, avaient déposé une plainte devant l'O.M.C (Organisation Mondiale du Commerce) contre la taxe de 176€ par tonne appliquée depuis 2006 sur leurs bananes à leur entrée dans les pays membres de l'Union Européenne. Les bananes des pays ACP et des régions ultrapériphériques de l'Europe en sont exemptées. Les plaignants considèrent cette taxe illégale et ne répondant pas aux règles de la libre concurrence du commerce international. L'OMC vient de rendre son verdict: elle leur donne satisfaction.
Bien sûr, l'Union Européenne a fait appel de cette décision. Quant aux producteurs de la Guadeloupe et de la Martinique, ils pensent avoir trouvé la parade: produire une banane «de qualité», en diminuant progressivement la quantité de pesticides et d'insecticides utilisée. Ils espèrent réduire celle-ci de plus de 60% assez rapidement. Reste à savoir si les consommateurs concernés accepteront de payer des bananes plus cher au nom de leur qualité.
Rappelons qu'au départ cette taxe était de 230€, puis de 187€ et a été finalement fixée à 176€ par tonne et que les producteurs des régions ultrapériphériques comme la Guadeloupe et la Martinique considèrent que pour faire face à la concurrence des bananes dollars, il faudrait leur appliquer une taxe de 280€ par tonne à leur entrée en Europe. Mais les producteurs des bananes dollar ne l'entendent pas de cette oreille. Ils veulent une ouverture totale du marché européen, vu qu'ils sont très concurrentiels, avec les salaires très bas de leurs esclaves salariés en Amérique latine. Ceux des Açores, des Antilles étant mieux payés.
Les grandes puissances essaient, avec l'OMC, qui en 1995 avait succédé au GATT, de réguler quelque peu le commerce international. Mais cela ne va pas sans peine. Car ce sont des marchandages sans fin. Au final, ce sont les plus forts qui imposent leur loi. Et les victimes sont les populations des pays en voie de développement dont la production des cultures vivrières a ainsi pratiquement disparu face aux productions agricoles, contrôlées par des gros trusts agro-alimentaires, destinées à l'exportation venant d'Europe ou d'Amérique. Les émeutes de la faim sont, à un certain niveau, une conséquence des décisions de l'OMC.



Défiscalisation
Le jeu du gouvernement et du petit patronat antillais

Lors des récents voyages aux Antilles d'Yves Jégo, secrétaire d'état à l'outre mer, puis du ministre de l'intérieur et de l'outre mer, Michelle Alliot Marie, c'est la défiscalisation qui fut au centre des débats. Au mois de mois de mai, Yves Jégo avait été accueilli par des manifestations de patrons du Bâtiment, de la banane et d'autres secteurs. Ces derniers organisèrent le jeudi 22 mai une opération escargot, des barrages routiers et multiplièrent les déclarations de mécontentement.
Les patrons protestaient contre les modifications apportées à la loi Girardin prévues dans la «LOPOM» la nouvelle «loi programme pour l'outre mer», surtout en matière de défiscalisation. L'avant projet de loi gouvernemental prévoyait en effet la suppression de la défiscalisation sur le logement «libre» et intermédiaire au profit du logement social. Les patrons du bâtiment sont montés aux créneaux dans les deux îles pour crier à la mort du secteur. Mais apparemment, les revendications des patrons sont mieux entendues que celles des travailleurs lorsqu'ils manifestent puisque Jégo et Alliot Marie ont déclaré qu'il n'était pas question «de passer en force» et qu'il y aurait des «aménagements» qui tiendraient compte des revendications du secteur patronal. Déjà, le plafond des exonérations fiscales qui seront pratiquées dans les futures «ZFG» (zones franches globales) sera doublé: 100.000 euros pour la taxe professionnelle et 200.000 euros pour l'impôt sur les sociétés- Excusez du peu ! Quant au plafond pour bénéficier de la baisse des charges sociales, il s'établirait entre 1,5 et 4,5 fois le SMIC contre le plafond unique de 1,4 fois le SMIC qui existe aujourd'hui.
En tout, ce sont donc 100 millions d'euros de cadeaux que l'Etat s'apprête à faire aux patrons des 4 départements d'outre mer. De nouvelles réunions sont prévues entre eux et le gouvernement à Paris avant que la loi soit présentée officiellement, loi déjà rebaptisée «dédom» (développement économique de l'outre-mer).
Ces mesures suffiront elles à calmer les patrons antillais? On ne le sait pas encore mais toujours est-il qu'ils font pression pour obtenir le maximum d'avantages fiscaux et d'exonérations de charges sociales, notamment dans le bâtiment.
Cela dit, il est vrai aussi que ces derniers, s'ils ne sont pas à plaindre, sont souvent à la tête de très petites entreprises. Rien de comparable avec Total, Peugeot ou encore Loréal, et autres «Carrefour», mastodontes capitalistes pour qui les cadeaux de l'Etat sont bien plus, importants que pour les petites PME antillaises alors même qu'ils réalisent des profits colossaux. Mais l'Etat préfère grapiller sur le secteur patronal le plus faible, le moins influent, que de mécontenter les «majors».
De toutes parts il tente de gagner quelques sous pour renflouer les caisses de l'Etat car c'est bien de cela qu'il s'agit et évidemment pas du logement social. En s'attaquant aux «niches fiscales outre mer», le gouvernement veut faire croire qu'il s'en prend aux inégalités! C'est du pipeau.
Quant aux petits patrons antillais, loin d'être aussi affaiblis qu'ils le prétendent, ils tapent tous azimuts: pleurnichent, tapent du poing sur la table, négocient sans arrêt le bout de gras pour tenter d'en obtenir le plus possible. Et dans tous les cas de figure leur situation est bien meilleure que celle des travailleurs qui n'ont eux comme «cadeaux» que leurs bas salaires, l'augmentation des prix, les loyers en hausse tout comme les charges de la vie courante tels que l'eau l'électricité, le téléphone, l'habillement, les transports etc.
De plus, lors des manifestations patronales, barrages routiers et blocages, contrairement aux cris que l'on entend lorsque les travailleurs font grève, personne ni aucun journaliste n'a parlé cette fois de «prise de la population en otage», de «désordre», de «mise en péril de l'économie». Tout petits patrons qu'ils sont, les patrons antillais se sont faits écouter malgré tout du gouvernement qui sait toujours reconnaître les siens.

DH:
Dans une interview à France Antilles (16-06-2008), Jego a insisté sur tout ce que le gouvernement avait consenti en faveur des patrons: «1 milliard de baisse de charges»... «On ajoute des baisses d'impôts sur les sociétés, les taxes professionnelles et d'impôts sur le foncier pour toutes activités qui vont bénéficier de ces aides à hauteur de 50 %!». Il ajoute que pour certains secteurs dits prioritaires «l'aide sera portée à 80 %»; il parle des «zones franches globales d'activité (qui représentent 210 millions d'euros de baisse d'impôts...»! Alors de quoi se plaignent les patrons! Mais, ils espèrent en avoir encore plus, pris sur les caisse publiques!



Criminalité, violence en Jamaïque. La responsabilité du patronat engagée

La presse jamaïcaine se fait de plus en plus souvent l'écho de l'aggravation de la criminalité. De nombreux jeunes sont arrêtés en possession d'armes ou sont impliqués dans des crimes. Cela a des conséquences économiques. Ainsi entre 2004 et 2008 les dépenses hospitalières pour les blessés par fait de violences se seraient multipliées par trois. Outre ces dépenses, la criminalité apparaît comme un handicap pour l'activité touristique. Pour les responsables du tourisme, ce problème est plus grave que l'augmentation du prix du pétrole ou que les difficultés des compagnies aériennes caribéennes, Air Jamaica ou la LIAT. Des débats sont organisés avec des scientifiques ou avec des responsables d'entreprises privées. On parle bien sûr du rôle de l'éducation et de la télévision. Mais il ressort que les problèmes économiques, la corruption dans la police, l'existence d'une criminalité en col blanc ont une responsabilité importante dans les violences menées par les jeunes.
La misère, le chômage règnent dans nombre de quartiers populaires. Depuis peu les sommes envoyées par les parents émigrés aux Etats-Unis ont diminué. Cela est dû aux difficultés économiques entraînant baisses de salaires et licenciements et aussi à la baisse de valeur du dollar américain. Or cet argent venu de l'extérieur était une grande aide pour la population pauvre.
Face aux difficultés entraînées par les violences, le gouvernement s'est adressé au secteur privé en lui demandant de s'investir dans la lutte contre la criminalité. Il demande aux patrons «d'offrir d'autres perspectives aux jeunes que la délinquance». Il s'agit là de voeux tout aussi creux que les appels d'autres gouvernements aux patrons à créer des emplois... en France notamment.