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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 21 juin 2008      N° 989


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Le gouvernement s'attaque aux chômeurs

Un projet de loi visant à contrôler l'embauche des chômeurs doit être bientôt présenté au Parlement. Un chômeur devra accepter n'importe quel emploi éloigné de son domicile. En cas de refus il perdra ses allocations de chômage. Le gouvernement parle «d'offre raisonnable d'emploi» en considérant que l'emploi proposé doit tenir compte de la qualification et de la situation personnelle du chômeur. Mais ce dernier n'aura le choix qu'entre deux offres ce qui limite ses choix. L'entreprise qui embauche ne devra pas être située à plus de 60 kilomètres du domicile. Mais le chômeur aura à sa charge près de deux heures de transport. Le revers de cette loi c'est le salaire qui est imposé. Entre trois mois et six mois de chômage l'emploi sera payé à 95% de l'ancien salaire et 85% au bout de six mois. Les conditions d'embauche ne seront pas précisées. On ne sait pas s'il s'agira d'un CDD ou d'un CDI. Le gouvernement pourra fournir une fois de plus, une main d'oeuvre à bas prix au patronat mais également faire des économies au niveau des Assedic. Ce projet a soi-disant pour but de faire la chasse aux fraudeurs. En réalité le gouvernement des Sarkozy et Fillon veulent mettre au pas les chômeurs comme ils le font avec leurs prétendues réformes pour les salariés en s'attaquant au code du travail, au droit de grève. Ce sont des prétendues réformes imposées aux plus démunis, à ceux dont le pouvoir d'achat diminue. Jusqu'où ira le cynisme de ce gouvernement qui ne se gêne pas pour donner davantage aux riches et appauvrir les plus pauvres? C'est aux travailleurs qu'appartient la réponse.



Guadeloupe
Opérations policières contre la communauté haïtienne

Dimanche 8 juin, plusieurs escadrons des gendarmes encerclaient le marché aux puces du Moule à la recherche d'immigrés clandestins. Dès 5 heures du matin, plusieurs dizaines de gendarmes portant gilet par balles, bouclaient le marché, interpellaient tous les gens présents, contrôlant leurs papiers.
Des véhicules attendaient, faisaient la navette emmenant les sans papiers par cars entiers. Il y en avait beaucoup, car vue l'heure matinale, d'aucun avait jugé inutile de les prendre avec eux. Le contrôle des papiers a été fait à plusieurs reprises et le manège allait durer deux bonnes heures. Puis les gendarmes sont partis sévir à Morne à l'eau et à Sainte Anne.
Ces opérations visaient sans doute à impressionner la ministre Alliot-Marie en visite dans le département. Elles ont mobilisé non seulement des gendarmes, mais aussi les services de la préfecture qui pour une fois faisaient du zèle en direction des Haïtiens! La police municipale était aussi de la partie, car c'est elle qui, délivrant les tickets pour les places aux vendeurs, pouvait affirmer la qu'il y avait là une forte concentration d'Haïtiens. En effet, les marchés aux puces sont très recherchés par cette population pauvre, qui y voit un bon moyen d'acquérir des produits à bas prix pour envoyer à leur famille restée en Haïti.
Cette véritable «rafle» de gendarmerie et de police, aujourd'hui est dirigée contre les populations dites «immigrées», les plus pauvres, mais demain elle pourrait aussi viser d'autres catégories de pauvres!




A quand la reconstruction du CHU de Pointe-à-Pitre-Abymes

La CGTG a organisé une conférence de presse le mardi 10 juin pour poser le problème de la reconstruction du CHU. De nombreux travailleurs sont venus témoigner de la nécessité d'un nouvel hôpital, l'actuel CHU étant trop petit, pas aux normes sismiques et vétuste. Ils ont fait état de nombreuses pannes, d'ascenseurs en particulier, de mauvaises conditions de travail et d'accueil pour les malades, parfois à six dans une même chambre. Les déclarations d'Adrienne Françoise, secrétaire de la CGTG du CHU ont été reprises par la presse et le président du Conseil d'administration, le Dr Jacques Bangou, qui travaille aussi au CHU, a dû s'expliquer sur ce sujet.
Si ses déclarations ont fini par aboutir aux mêmes conclusions que celles de la CGTG, J. Bangou, qui est aussi maire de Pointe-à-Pitre, a d'abord tenté de minimiser le problème, reprochant même à la journaliste de RFO de parler de «vétusté» au CHU. Selon lui il n'y avait pas de retard dans la construction d'un nouvel hôpital, les études seraient en cours, tout irait pour le mieux... Ah si les travailleurs avaient pu se taire! Mais ce monsieur a dû admettre qu'il y avait un gros problème de terrain. Il a expliqué qu'il y a un an la mairie des Abymes et la SAG, société agricole propriétaire d'un terrain à Dothémare, avaient donné un engagement verbal pour que le terrain soit affecté au CHU. Aujourd'hui la SAG a vendu le terrain à la SIG (Société immobilière de la Guadeloupe) qui propose un nouveau prix, très supérieur à celui annoncé précédemment. La SIG veut spéculer sur le terrain, au détriment de la santé en Guadeloupe. La CGTG s'est adressée aux élus, elle fait signer une pétition à l'hôpital pour que ce problème soit réglé au plus tôt. Elle appelle la population à s'impliquer pour exiger la mise chantier rapide d'un nouveau CHU. Elle invite les travailleurs d'autres branches à signer des pétitions pour cette revendication indispensable pour la santé de tous.



Notre santé n'a pas de prix

Sur 31 centres hospitaliers universitaires (CHU) de France, 29 sont en déficit.
Le président des Hospices civils de Lyon et maire de cette ville, Gérard Collomb, a appelé les autres présidents de CHU à demander au gouvernement que les CHU puissent augmenter leurs tarifs pour assurer leurs missions de santé publique.
Demander à la santé publique d'être rentable, c'est un non-sens. Et pourquoi n'exige-t-on pas la même chose de l'armée?
Les hôpitaux publics, eux, sont utiles à tous. Il faut leur donner les moyens de soigner, et sans prendre encore plus dans la poche des patients.



Guadeloupe
Mobilisation des salariés du Crédit Agricole

A l'appel des syndicats CGTG, SUNICAG, SNECA/CGC, les salariés du Crédit Agricole ont débrayé les 28, 29 et 30 mai dernier. Ils réclament:
- l'amélioration de leurs conditions de travail par la résolution des problèmes d'effectif des unités du siège, le recrutement en CDI (contrat à durée indéterminée) des itinérants et des autres CDD (contrat à durée déterminée),
- l'amélioration du pouvoir d'achat et l'ouverture des NAO (négociations annuelles obligatoires) de 2008, la révision de l'accord d'intéressement, l'attribution d'une prime exceptionnelle,
- l'application de l'accord sur la cessation d'activité en assurant le départ de tous les agents volontaires qui remplissent les conditions prévues par l'accord du 20 juin 2007, - la représentation du personnel dans l'association «Fédération des Caisses Régionales des Antilles». Ils veulent que le personnel ait un droit de regard sur cette Fédération.
Des négociations se sont tenues sans aboutir, mais le travail a repris le 30 dans l'après-midi. Le 3 juin les négociations ont repris avec le directeur adjoint. Ce dernier avait toujours la même attitude, à savoir refuser toutes les propositions. Dans l'après-midi il a voulu partir prendre son avion pour Paris. Mais le personnel a décidé qu'il devait discuter avec eux au lieu de s'enfuir et ont bloqué son véhicule dans l'enceinte de la banque. Le personnel n'a pas apprécié l'attitude arrogante de ce directeur adjoint alors qu'ils savent que les hauts cadres ont eux déjà perçu des primes substantielles.
Finalement le directeur adjoint a pu s'en aller et c'est le nouveau directeur général délégué récemment nommé qui a repris les négociations. Ce dernier a tous les pouvoirs pour négocier ce qui n'était pas le cas du directeur adjoint. Il a tenu à avoir une première rencontre avec les représentants du personnel. Il a fait une prise de contact et a demandé un délai pour s'installer dans ses nouvelles fonctions.
Les négociations ont repris le mercredi 18 juin. Le personnel reste vigilant et prêt à se mobiliser à nouveau s'il n'obtient pas satisfaction. Le Crédit Agricole a eu de bons résultats et les salariés ont participé à la réalisation des profits de la banque. Il est donc juste qu'ils réclament des augmentations de salaire, car l'inflation est importante et leur pouvoir d'achat baisse. Ils ont donc raison de se battre.



Cameroun
Grève et manifestation des ouvriers de la banane

«Nous voulons que les Français nous paient bien. Nous sommes chez nous après tout, nous ne sommes pas des esclaves»; «Payez 100 000 francs (150€) au dernier ouvrier». Ce sont les mots d'ordre et les revendications que brandissaient les ouvriers de la société bananière PHP, filiale de la Compagnie fruitière (détenue à 37% par le géant américain de la banane Dole) lors de la grève qui s'est déroulée à la fin du mois de février dernier, à 80 kilomètres du port de Douala. Une autre société bananière, la SPM (Société des plantations de Manga) était également concernée.
En fait, la grève qui a duré quatre jours, s'est transformée en révolte avec barricades et pillages et bien évidemment avec intervention de l'armée camerounaise. L'état de siège a été instauré et neuf jeunes ont été tués par l'armée. Le maire de la ville de Njombe Penja, Paul-Eric Kingue est emprisonné depuis le 29 février. C'est qu'il avait pris position en faveur des grévistes et s'était scandalisé des salaires pratiqués par les sociétés bananières: 25 000 francs CFA (37,50 €) par mois, en dénonçant les privilèges fiscaux et exonérations de taxes dont bénéficient ces entreprises toutes dirigées par des Français. Pourtant, P-E Kingue est membre du parti présidentiel. Selon certains, de sa prison il aurait écrit au chef de l'Etat, Paul Biya, pour justifier sa position. Il parle de «paradoxe» de sa ville «une zone très riche avec des populations très pauvres». Mais il semble ignorer que c'est le paradoxe de toute l'Afrique Noire, riche de matières premières de toutes sortes, pétrole, cuivre, or, uranium, diamants, bois, etc. avec des terres cultivables et pourtant une population parmi les plus pauvres du monde
. Quant aux responsables blancs de la SPM (Société des plantations de Mbanga) ils font mine de croire que: «Les émeutes n'étaient pas sciemment dirigées contre des sociétés françaises...» mais admettent cependant qu'on les «traite de Français colonialistes» et les accuse de «prendre les terres et de réduire en esclavage la main d'oeuvre camerounaise». Mais chassez le naturel, il revient au galop et voilà nos bons Français qui considèrent que: «les gens qui soutiennent de telles choses ne sont pas éduqués» et d'ajouter: «Mais ils (les émeutiers grévistes) se sont tirés une balle dans le pied, car qui investit ici». Comme si c'était par pure philanthropie que la Compagnie Fruitière ou la multinationale Dole plantaient des bananes en Afrique. Ou pour assurer le pain aux 8 000 ouvriers employés par ces deux sociétés bananières. Tout au contraire. La déclaration suivante d'un petit planteur camerounais résume en quelques mots la situation : «...le salaire n'est pas bon...ce n'est pas normal que ce soit la famine ici alors que nous faisons manger les Français». D'autres témoignages parlent de la hargne qui s'est manifestée, la frustration à l'égard d'une production presque entièrement exportée. «Beaucoup d'employés se font virer parce qu'ils volent des bananes. La direction ne t'en donne pas. Seuls les rebus sont vendus sur les marchés».
En fait, à la suite des émeutes les salaires ont été augmentés, le salaire minimum passant à 31 000 francs CFA (46,50€) sans les primes, 67,50€ avec, selon la direction de la SPM.
Ces événements, rapportés par le journal «Le Monde» donne une idée des «bienfaits» de la colonisation française et de la poursuite aujourd'hui de cette oeuvre.



Hausse des prix du carburant

La hausse des prix du carburant a déclenché en France la colère des milieux tels que les routiers, les pêcheurs, chauffeurs de taxis dont le travail est directement dépendant des déplacements. Mais bien évidemment, la montée vertigineuse des prix touche toute la population qui doit de toute façon se déplacer, que ce soit en voiture ou en transport collectif , et en France, se chauffer.
Il est difficile de citer des chiffres précis, tant ils grimpent vite. Le super sans plomb tournait récemment autour des 1,50 euros le litre en France, et 1,43 euros en Guadeloupe. Le gazole valait 1,46 euros en France et 1,22 en Guadeloupe, soit des augmentations de près de 23% pour le super et de 37% pour le gazole, sur quelques mois.
Pendant ce temps, les profits des grands trusts pétroliers ne cessent pas non plus de croître: 12,2 milliards d'euros pour Total en 2007, et les cinq plus grandes compagnies mondiales ont réalisé, en 2005, 110 milliards de dollars de bénéfices. Quand à l'état français, il continue de prélever sur chaque litre vendu des taxes (TVA et TIPP: taxe intérieure sur les produits pétroliers), qui représentent entre 52 et 60% du prix de vente selon le type de carburant.
L'aide à la cuve, qui passe de 150 à 200 euros pour ceux qui se chauffent au fioul, prise en charge par le groupe Total, ne représente que 1% de ses bénéfices de 2007.
Même si les usagers déclarent tenter de réduire leur consommation, l'utilisation du carburant est une nécessité, ce dont profitent largement les actionnaires des grands groupes pétroliers et l'état lui-même. Mais se faire prendre à la gorge n'est pas une fatalité: les routiers, les pêcheurs l'ont montré: il faut refuser de subir sans protester activement. Tous ceux qui sont concernés pourraient s'engager dans cette voie-là.



Et un os de plus

L'élection du nouveau président de l'association des maires de la Martinique a eu lieu le jeudi 12 juin 2008. Serge Larcher, ancien maire du Diamant et président sortant ne se représentait pas.
Cette fonction est plus celle de président d'une amicale qu'autre chose. Il n'empêche que le maire socialiste du Vauclin, Raymond Occolier, ex-militant du PCM, ex-militant indépendantiste, fut candidat et le seul. Evidemment, il a été élu, même s'il a dû entendre quelques «remarques» émanant de certains de ces collègues, comme le maire de Sainte Anne. Il a bien accepté sans broncher ces observations qui seront bien vite oubliées, vu les avantages que va lui apporter cette fonction, notamment les fréquents voyages, pour participer à divers congrès et rassemblements fantaisistes aux frais des contribuables.
Occolier voulait être député du Sud de la Martinique, en lieu et place de Marie-Jeanne. Le voilà président d'un machin qui lui donne l'impression d'avoir de l'importance.