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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 20 décembre 2008      N° 999


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Travailleuses, ‬travailleurs, ‬chômeurs‭ (ses) ‬jeunes ou plus âgés(es‭)‬, ‬retraité(es‭)‬!
Tract du 16 décembre 2008

Le rassemblement et la journée d'action du mardi‭ ‬16‭ ‬Décembre‭ ‬2008‭ ‬sont les premiers pas vers une lutte d'ensemble des travailleurs de Guadeloupe.‭
Après l'action des petits patrons‭ (‬non MEDEF‭) ‬qui ont obtenu une baisse du prix des carburants avec le soutien moral de toute la population, ‬aujourd'hui c‭'‬est à notre tour d'entrer en lutte pour nos intérêts.‭ ‬Pour nos propres revendications, ‬nous devons être aussi déterminés‭ ‬qu'eux‭ ‬sinon plus.‭ ‬Car nous avons plus à perdre‭ (‬nos emplois, ‬nos salaires‭) ‬et aussi plus à‭ ‬gagner:‭ ‬le droit à une vie décente et une meilleure organisation de la société.‭
Les‭ ‬31‭ ‬organisations signataires de l'appel à cette journée ont eu raison de le faire et de s'associer pour donner la plus grande ampleur à cette démonstration populaire.‭
Elles réclament une baisse plus significative du prix des carburants‭ (‬sans aucune subvention‭ ‬pour‭ ‬la Sara‭)‬, ‬mais elles dénoncent‭ ‬aussi‭ ‬une hausse des prix généralisée.
‎ ‏Elles revendiquent:‭ ‬«La défense du pouvoir d'achat, ‬les augmentations des salaires, ‬l'amélioration des conditions de vie et de travail‭»‬.Ce sont des revendications essentielles pour tous les travailleurs salariés.‭
Lors de leur émission sur Canal‭ ‬10, ‬les organisateurs de‭ ‬l'action‭ ‬du‭ ‬16‭ ‬décembre‭ ‬ont mis en avant la nécessité de créer un organisme public de contrôle des prix.‭ ‬Bien sûr, ‬il vaudrait mieux qu'un tel organisme‭ ‬existe‭ ‬et soit efficace.‭ ‬Mais ne nous faisons trop d'illusions!‬ Les organismes officiels‭ ‬vont rarement‭ ‬jusqu'au bout des actions de contrôle des opérations menées par les capitalistes, ‬et particulièrement par ceux du commerce‭ !
Le meilleur contrôle des prix, ‬c'est celui que nous salariés pouvons exercer sur les prix des marchandises.‭
Nous devons créer des comités de surveillance des prix qui pourraient s'organiser avec des délégués du personnel, ‬des représentants des syndicats et des organisations de la paysannerie mais aussi avec des‭ ‬femmes‭ ‬de la population.‭ ‬Car à tous les échelons de la production et de la commercialisation des marchandises, ‬nous salariés sommes présents.‭
Nous savons tout sur les marchandises, ‬tout sur les grands et petits trafics des capitalistes, ‬pour accroître leurs profits commerciaux, ‬leurs marges bénéficiaires!‬ Cela, ‬au détriment de la masse des consommateurs des couches populaires et laborieuses, ‬mais aussi des petits producteurs-paysans.
La meilleure défense de notre pouvoir d'achat, ‬c'est avant tout d'imposer‭ ‬à tout moment‭ ‬des augmentations de salaires en relation avec les hausses des prix.‭
Dès aujourd'hui, ‬vu le retard pris par les salaires, ‬à cause d'une politique délibérée du patronat et du gouvernement de freiner et‭ ‬même‭ ‬de bloquer la hausse des salaires, ‬nous devons exiger une hausse généralisée de tous les salaires d'au moins‭ ‬200‭ ‬euros.‭ ‬Cela n'a rien à voir avec les‭ ‬200‭ ‬euros de prime‭ (‬donc une seule fois!) ‬offerts par‭ ‬Sarkozy‭ ‬aux gens‭ ‬les plus démunis, ‬vivant de minima sociaux.‭ ‬ Nous, ‬travailleurs, ‬réclamons une véritable augmentation de salaires pour tous, ‬y compris les retraités‭ !‬ Ce qui n'est‭ ‬qu'une infime partie de la pluie de milliards d'euros que l'état a‭ ‬déversée dans les comptes en banque des riches et des patrons.
Travailleuses, ‬travailleurs, ‬jeunes, ‬chômeurs, ‬retraités, ‬femmes à domicile!
Dans les mois à venir, ‬nous allons entrer dans une phase encore plus grave de la crise.‭ ‬Et les patrons, ‬et l'état, ‬et les collectivités vont chercher à réduire le plus possible leurs dépenses et ce sera au détriment des salariés et des services publics.‭ ‬De nombreuses grandes entreprises ferment ou licencient partout dans le monde‭ (‬l'automobile, ‬la métallurgie, ‬le bâtiment, ‬le textile, ‬etc.‭)‬.‭ ‬La situation de l'économie mondiale est grave.
Le chômage va augmenter massivement, ‬des dizaines de milliers de travailleurs vont tomber dans une pauvreté sans précédent.‭ ‬Misère, ‬souffrance, ‬dénuement extrême, ‬voilà ce qui nous attend si nous n'apprenons pas très vite à‭ ‬nous défendre efficacement.
Oui! ‬C‭'‬est tous ensemble que notre lutte est la plus efficace.
Mais‭ ‬être tous ensemble, ‬dans l'unité d'action, ‬ne suffit pas!
Il faut‭ ‬aussi bien viser, ‬bien utiliser cette force unitaire! ‬Il est indispensable de mettre en avant les revendications qui sont au cœur de notre situation:‭ ‬imposer des salaires décents, ‬imposer que des travaux utiles à la population, ‬en premier lieu pour les logements, ‬l'amélioration des services publics‭ (‬hôpitaux, ‬écoles, ‬crèches, ‬garderies, ‬maisons de retraites, ‬assistance aux personnes âgées, ‬etc.‭)‬,créant ainsi des emplois nombreux et utiles.
Les patrons et l'Etat prétendront toujours n'avoir pas les moyens de‭ ‬donner des salaires décents et même de garder tous leurs salariés! ‬Quand la crise s'aggravera, ‬ils chercheront même à imposer des baisses de salaires et‭ – ‬évidemment‭ – ‬des licenciements massifs!
La meilleure réponse à‭ ‬ces‭ ‬gens-là est de contrôler ce qui se passe dans les entreprises et les services publics!
Il faut surveiller tous les faits et gestes des capitalistes à la production, ‬à la réception des importations sur le port, ‬à la commercialisation des marchandises pour déterminer le niveau des salaires‭ ‬et des‭ ‬prix, ‬fixer‭ ‬les embauches qui sont nécessaires.
Les capitalistes ont déstabilisé‭ ‬leur propre système en provoquant une crise financière à cause de leur voracité, ‬de‭ ‬leur appétit de profits.‭ ‬Aujourd'hui, ‬ils menacent de nous entraîner tous dans une catastrophe économique et sociale, ‬dans des souffrances sans limite!
Ne les laissons pas faire.‭ ‬Ne croyons plus aux discours officiels des politiciens, ‬président, ‬ministres et cie‭…‬Ce sont tous des menteurs aux‭ ‬ordres‭ ‬des couches possédantes.
Il nous faut nous montrer capables d'imposer, ‬dans l'économie, ‬ce qui est bon pour nous en utilisant notre force, ‬c'est-à-dire notre mobilisation‭ ‬en masse, ‬notre vigilance pour surveiller tous les rouages de l'économie.
C'est seulement si nous devenons une classe de travailleurs déterminés, ‬conscients de‭ ‬nos propres intérêts et‭ ‬résolus à‭ ‬nous‭ ‬défendre avec férocité, ‬que nous‭ ‬pourrons éviter sacrifices, ‬privations et souffrances‭ ‬que‭ ‬nous‭ ‬réservent les capitalistes en faillite.



Guadeloupe
Les luttes pour la baisse des prix des produits pétroliers

Cette année, le monde a connu une hausse sans précédent du prix du baril de brut sur le marché international. Celui-ci a frôlé la barre des 150 $ il y a quatre mois. Mais si cette hausse à entrainé celle de tous les produits pétroliers, dont tout particulièrement les carburants, la baisse du prix du brut qui a chuté à 40$ (71%), n'a pas eu de grandes répercussions sur ces mêmes produits. En Guadeloupe, par exemple, ce tableau le montre bien:

              Date                             essence SP                         gazole
              
              Avril 2008                       1.43 €                             1.22€

              Juillet 2008                     1.53 €                             1.33€

              Octobre 2008                     1.51 €                             1.29 €

Et le problème était pratiquement le même en Martinique et à la Réunion. Et pire en Guyane. C'était proprement scandaleux. Et cela n'a pas tardé à provoquer la colère dans ces DOM. Colère qui a débouché sur les événements dont la Guyane a été le théâtre au début du mois de décembre pour s'étendre ensuite à la Guadeloupe.
En Guadeloupe, lors d'une assemblée plénière organisée par le Conseil général le 3 décembre dernier avec les parlementaires, des conseillers généraux, des maires, des représentants des patrons et des associations des consommateurs, (les organisations syndicales n'ayant pas été invitées), ils ont réclamé une baisse du prix de l'essence sans plomb de 0,15€, du gazole de 0,10€ et le même pourcentage de baisse pour la bouteille de gaz.
C'est suite à cette plénière que les «socio-professionnels» ont décidé d'agir.
Ainsi, les 8, 9 et 10 décembre dernier la Guadeloupe a connu trois jours de barrages organisés par les transporteurs, des artisans et une petite partie du grand patronat. Ce ras-l- bol est dû au fait que la SARA (Société Anonyme de la Raffinerie des Antilles) refuse d'indexer ses prix sur celui du baril de brut qui coûte beaucoup moins cher sur le marché international. C'est ainsi que cette société a pu, avec la complicité des hommes politiques de droite comme de gauche, nationaux comme régionaux, faire des millions de profits (55 millions d'euros en 2007) sur le dos des populations de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane et cela pendant des années. Il faut savoir que les actionnaires de la SARA sont, Total: 50%, Vito (anciennes stations Shell): 24%, Esso: 14,5O% et Texaco: 11,50%. Des multinationales qui produisent des carburants qu'ils vendent à eux-mêmes sans aucun contrôle. C'est ainsi que quand le prix baril de brut sur le marché international augmente les prix des carburants de la SARA augmentent. Mais quand le prix du baril diminue les prix de la SARA ne suivent pas. Mais la SARA n'est pas seule responsable de cette situation. C'est l'Etat qui a la responsabilité de répercuter les fluctuations du prix des carburants. Il doit le faire à chaque arrivage. Ce qu'il n'a pas fait à la baisse depuis des années. C'est tout cela qui est à l'origine de la colère d'une partie des professionnels.
Soutenus par des politiciens de droite comme de gauche avec la solidarité d'une grande partie de la population guadeloupéenne, ils ont obtenu un prix de l'essence sans plomb qui est passé de 1,36€ à 1,165€ et celui du gasoil qui est passé de 1,19€ à 0,99€ (0,20€ de baisse au lieu des 40cts et 30cts respectivement réclamés sur les prix de début de décembre) ainsi qu'un prix du gaz qui est passé de 19,22€ à 17€ alors qu'ils réclamaient 15 €.

LES NEGOCIATIONS, UN VERITABLE FIASCO!

Sous la pression des barrages, les petits patrons en lutte ont obtenu de l'Etat et des collectivités locales des baisses des prix. La SARA, quant à elle, directement concernée dans cette affaire, n'a pas participé directement aux négociations. C'est la Région, le Département, les parlementaires de Guadeloupe et l'Etat, par l'intermédiaire du préfet et du ministre des DOM, Yves Jégo, ainsi que les représentants des professionnels, qui ont négocié et signé l'accord. D'une part la SARA n'a pas accordé un centime dans tout cela, d'autre part la région et le département versent 3 millions d'euros pour compléter l'apport de l'Etat. Comme l'Etat, ces deux assemblées nous font payer les baisses du prix des carburants à la place des multinationales de la SARA. Ca c'est un véritable scandale, une trahison!
Il est vrai que cette baisse des prix est profitable à tout le monde. Toutefois pour la population laborieuse, les travailleurs, les chômeurs, les plus démunis en général ne retrouvent pas leur compte dans le protocole signé. Et c'est pour avancer leurs propres revendications qu'une trentaine d'organisations syndicales, politiques et autres associations ont décidé de se rassembler dans un collectif de défense des intérêts propres des travailleurs et de la population en général.

UN COLLECTIF POUR QUOI FAIRE?

Dans le combat des 8, 9 et 10 décembre dernier, il n'y avait pas place pour la population laborieuse. Les patrons et les hommes politiques officiels l'ont d'ailleurs voulu ainsi puisqu'ils n'ont pas invité les syndicats et autres représentants du peuple à leur grand' messe.
Ces messieurs et dames savaient pertinemment que les revendications des travailleurs et de l'ensemble de la population ne pouvaient s'arrêter à une petite baisse de prix des carburants. Les revendications pour lesquelles les travailleurs cherchent à engager la lutte sont celles qu'expriment les 31 organisations du collectif -et Combat Ouvrier en est signataire- à savoir:
- La baisse immédiate de 50cts du prix des carburants;
-Le reversement des sommes abusivement perçues par la SARA et les collectivités dans un fonds destiné à la formation et à l'emploi des jeunes ainsi qu'à l'organisation d'un véritable service public des transports de passagers;
-La défense du pouvoir d'achat, l'augmentation des salaires, l'amélioration des conditions de vie et de travail au service du plein épanouissement social et culturel des travailleurs;
-La création, en remplacement de la SARA, d'un Service Public d'approvisionnement et de distribution des carburants garantissant la transparence, la qualité et l'accès à un carburant au meilleur coût.
Les organisations avaient appelé l'ensemble des travailleurs, bien avant la signature du protocole d'accord signé à la préfecture le mercredi 10 décembre 2008, par voie de tract et sur les ondes à la grève générale du 16 décembre pour manifester leur mécontentement et exiger la satisfaction des revendications.
Et c'est bien de ces revendications des travailleurs qu'avaient peur l'Etat, ses serviteurs politiques et les patrons. Ce qui les a poussés à trouver une solution bâtarde pour la baisse des carburants.
En tout cas, les travailleurs devront faire du 16 décembre un point fort dans la lutte engagée pour leur survie face aux problèmes de chômage dus aux licenciements massifs qui attendent la classe laborieuse et la misère engendrée par la crise orchestrée par les capitalistes.