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Organisation communiste révolutionnaire (trotskiste)
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PARAIT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 20 décembre 2008      N° 999


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Pour que cette journée du 16 décembre ne reste pas sans lendemain

Nous sommes nombreux à avoir répondu à l'appel des 31 organisations signataires de l'appel à la journée du 16 décembre. C'est un grand pas vers une lutte d'ensemble; c'est la preuve que le mécontentement est profond parmi nous travailleurs, chômeurs ou retraités. Les discussions sur l'avenir du mouvement, sur ce que feront ou proposeront pour demain les organisations signataires de l'appel posent mal le problème.
Beaucoup se demandent «y aura-t-il une suite, les 31 organisations vont-elles appeler ou l'UGTG va-t-elle appeler à poursuivre? Y aura-t-il des barrages et un blocage comme ceux des petits patrons pour réclamer la baisse des prix des carburants?»
Mais la vraie question n'est pas là! Nous ne devons pas nous demander seulement ce que les organisations vont faire mais ce que nous travailleurs, nous les participants à cette journée sommes prêts à faire pour poursuivre le mouvement.
Jusqu'où sommes-nous prêts à aller? La réponse à une telle question est évidemment collective! Et c'est dans nos entreprises que nous devons y répondre. De ce point de vue là, attendre des organisations qu'elles décident seules de l'avenir du mouvement actuel ne serait pas la meilleure façon de le renforcer. Si la journée du 16 reste sans lendemain, cela n'impressionnera en rien ni les patrons de la Sara, ni ceux des autres entreprises, ni les gouvernants. La journée du 16 ne doit pas être qu'un simple avertissement au patronat et aux gouvernants.
Bien au contraire, elle doit être le point de départ d'autres journées de lutte plus enracinées encore dans la masse des travailleurs, des démunis et de toute la population laborieuse. Pour cela, il est nécessaire que tous les travailleurs se réunissent dans des assemblées générales pour discuter et décider de ce qu'ils vont faire dans les jours à venir.
La rue n'est pas le seul lieu où doivent se décider l'avenir du mouvement actuel et les revendications à mettre en avant; réclamer la baisse des prix des carburants, n'est pas le seul problème. De tout cela nous pouvons discuter dans nos entreprises. Le plus grand nombre d'entre nous doit donc participer aux décisions pour savoir si la journée du 16 décembre continuera le lendemain et les jours suivants, ce qui en ferait une réelle grève générale jusqu'à satisfaction des revendications les plus importantes pour nous. Un tel mouvement, s'il a lieu, si nous le décidons, va contribuer à nous placer, nous travailleurs, dans une position plus favorable face au patronat pour les luttes à venir.
Des assemblées de travailleurs doivent se tenir dans toutes les branches pour renforcer le mouvement et en faire une lutte réellement prise en main par les travailleurs eux-mêmes et pas seulement par les états-majors qui ont eu le grand mérite de lancer le mouvement.
Mais aujourd'hui, il faut enraciner la volonté de lutte au sein même des masses travailleuses et en faire leur affaire, qu'elles prennent en main en déléguant dans chaque entreprise des représentants qui vont se réunir aux côtés des organisations signataires de l'appel au 16 décembre.
Cela permettra de décider de façon plus large et plus efficace les voies et moyens à mettre en oeuvre et les revendications à mettre en avant pour que cette lutte engagée le 16 ne reste pas sans lendemain.

Travailleuses, travailleurs, chômeurs, rmistes, retraités!
La crise du capitalisme, résulte de la voracité et de la recherche acharnée de profits des patrons et autres financiers. Mais ces gens-là reçoivent de l'état des dizaines de milliards d'aides en tous genres pour faire face aux difficultés qu'ils ont eux-mêmes créées. Tandis que nos salaires et nos retraites à nous restent très bas et que certains d'entre nous sont carrément réduits à la misère avec des mini-portions de SMIC ou avec le RMI. Tous ces gens-là, patrons et gouvernements nous disent déjà que les licenciements, le chômage massif et des sacrifices encore plus grands nous attendent.
Notre seule solution pour échapper à ce sort, c'est de nous engager dans une lutte prolongée pour imposer des revendications qui nous permettent d'éviter la déchéance et la misère!
Imposons notre volonté: au niveau des salaires, au niveau de la surveillance des prix des biens courants, des conditions de travail, en interdisant les licenciements dans les services publics et les entreprises qui font des bénéfices , au niveau de la surveillance des faits et gestes des capitalistes, de leurs mouvements d'argent, etc., pour prévenir les fermetures abusives d'entreprises!
Ou nous acceptons tous les plans des patrons, des capitalistes en faillite et nous serons alors les victimes de cette crise et nous plongerons dans une misère et des souffrances sans limites! Ou nous nous battons farouchement pour faire payer aux patrons leur propre crise; et nous nous protégerons de toute déchéance! Nous pouvons faire ce choix!



Guadeloupe
Résultats des élections prud'homales

Les élections prud'homales ont eu lieu le 3 décembre 2008 et cette année, du fait de l'inscription automatique des salariés, il y avait près de 80 000 inscrits contre 48 000 en 2002.
L'UGTG demeure à la première place avec plus de 50 % des suffrages, soit 9 153 voix et la CGTG arrive en deuxième position avec 19,80 % et 3 496 voix. Les autres syndicats arrivent loin derrière avec 1 411 voix pour la CTU soit 8,2 %, 1 350 voix pour FO, soit 7,7 % et la CFDT 940 voix avec 5,4 %. Ce qu'il faut noter également c'est la faible participation des salariés à ce scrutin car 70 % se sont abstenus. Il est vrai que du fait du nombre important d'inscrits par rapport à 2002, il y a eu plus de votants avec 17 600 suffrages exprimés contre 12 588 en 2002.
Concernant l'arrondissement de Pointe-à-Pitre, l'UGTG obtient 19 sièges, tous secteurs confondus, la CGTG 5 sièges; FO, 1 siège et la CTU, 1. Il faut noter que le préfet a rectifié des erreurs de calculs pour la section encadrement et commerce. La première proclamation des résultats avait attribué les 4 sièges de l'encadrement à l'UGTG alors qu'en réalité elle n'obtient que deux, la CGTG, un et FO également un. Pour la section commerce 6 sièges sur 7 avaient été attribués à l'UGTG, par erreur. En fait elle obtient 5 sièges, la CGTG, un et la CTU, un.
Dans l'arrondissement de Basse-Terre la CGTG arrive en tête et obtient 9 sièges, l'UGTG, 8; FO, 1 siège et la CTU, 1. A noter que dans la section agriculture la CGTG comme à son habitude a récupéré tous les sièges, soit 3.
Ce qu'il faut retenir de ces élections c'est que trop de salariés méconnaissent les prud'hommes et ne vont pas voter alors que c'est la seule juridiction paritaire qui permet de trancher les litiges entre employeurs et salariés. Il est vrai qu'il n'y a pas eu de campagne médiatique de grande envergure comme pour les élections politiques. De plus, dans certaines communes, il y a eu des problèmes d'organisation en particulier à Baie-Mahault où l'attente pouvait atteindre plus de 2 heures, ce qui a découragé certains salariés d'aller voter alors que le vote se fait sur le temps de travail.



En bref...

Retraites, ce n'est pas la fête des mères
Le Conseil d'orientation des retraites prépare un mauvais coup contre les mères de famille. Au lieu des deux ans de cotisations par enfant dont elles bénéficiaient, elles n'auraient droit qu'à un an. En échange, on revaloriserait leurs retraites, mais sans que ça compense ce qu'elles perdront.
Derrière ces recommandations, il y a le gouvernement. Pour justifier cette arnaque, il prétend que le système actuel est coûteux. En clair, il veut économiser sur les retraites des femmes, alors qu'elles sont en moyenne inférieures de 40 % à celles des hommes, déjà pas bien élevées. C'est scandaleux.



La crise atteind le secteur de la production automobile

Depuis le mois de septembre 2008, la crise financière qui s'est étendue aux Bourses puis aux banques se poursuit. Les dirigeants des grands Etats impérialistes ont beau multiplier les conciliabules et, surtout, déverser des sommes fantastiques dans les coffres forts des grandes banques pour rétablir la confiance entre elles, ils n'y parviennent pas.
La crise déborde aujourd'hui largement les seuls secteurs de la finance et de l'immobilier. Elle a atteint tout particulièrement le secteur de l'automobile qui regroupe les plus grandes entreprises de la planète comme Général Motors, Ford, Toyota, Renault, Peugeot-Citroën, Fiat etc. , avec déjà des répercussions sur la métallurgie et tout le secteur de la sous-traitance automobile. Et on sait que le secteur automobile est grand pourvoyeur d'emplois.
L'industrie automobile est donc en panne: la demande s'effondre depuis le déclenchement de la crise financière. Aux Etats-Unis, les ventes de voitures ont plongé de 32%; en Europe, le recul est de 10%. Le bénéfice net de BMW par exemple a plongé de 63%  au troisième trimestre ; celui de Toyota a dégringolé de 70% dans la même période.
En conséquence les constructeurs multiplient les journées de chômage partiel et les suppressions de poste. Aux Etats-Unis Général Motors, qualifié «d'épine dorsale de l'économie américaine» par Obama, supprime 5500 emplois et le titre a dégringolé de 22,04 %; Chrysler à l'agonie cherche un repreneur. Les entreprises de l'automobile se sont débarrassées de leurs intérimaires, et mis les autres en chômage technique.
Renault annonce 6000 suppressions de postes en Europe. Au total, les constructeurs prévoient de faire disparaitre plus de 30.000 postes cette année en Europe.
Le recul de la production automobile se répercute sur les très nombreux sous-traitants et sur toute la chaîne des fournisseurs. Jusqu'à la sidérurgie, dont l'automobile est avec le bâtiment un des principaux clients, qui planifie déjà des réductions drastiques de sa production et des fermetures d'entreprises. Etant donné le rôle économique du secteur automobile, avec l'ensemble de ses sous-traitants et de ses fournisseurs, tous ces licenciements se traduiront par un bond du chômage. Les journées de chômage technique s'ajouteront à la croissance du chômage pour réduire encore plus le pouvoir d'achat des classes populaires et aggraver encore la crise.
Car en réduisant la part des salariés, les entreprises ont certes rétabli leurs profits. Mais elles ont réduit par là même la consommation populaire et donc aggravé la cause fondamentale de la crise.
Et aujourd'hui, après les banques, c'est au tour des grandes entreprises de l'automobile de tendre la sébile: l'Association Européenne des Constructeurs Automobiles (ACEA) a lancé un appel aux autorités européennes pour qu'elles soutiennent le secteur automobile européen «confronté à la nécessité d'une mutation technologique».
Et voilà! Sous prétexte de conception et de réalisation de véhicules hybrides et électriques, le lobby de l'automobile réclame sa part des sommes colossales offertes aux capitalistes par leurs Etats. Les travailleurs qui payent déjà un lourd tribut à la crise à cause du chômage partiel et des licenciements, vont encore devoir payer pour les constructeurs automobiles: 40 milliards d'euros seront pris aux contribuables européens pour renflouer les caisses des constructeurs. G. Bush envisageait quant à lui de débloquer une aide de plusieurs dizaines de milliards de dollars pour Général Motors, Chrysler et Ford. Mais le sénat Américain a rejeté ce projet. Mais comme pour le plan Polson, on peut parier que sous prétexte que ce qui est bon pour les banquiers spéculateurs, pour les patrons soucieux de leurs seuls actionnaires, est bon pour toute la société, des milliards seront quand même décaissés.
Cela dit, les constructeurs automobiles sont-ils vraiment au bord de la faillite? Pas du tout!
Prenons l'exemple de Peugeot puisque son directeur est l'actuel représentant du lobby automobile européen. Le bénéfice net du groupe au premier semestre 2008 a atteint 733 millions d'euros, en hausse de 49% (pour un seul semestre!)
Arcelor-Mittal le géant de la sidérurgie prévoit le licenciement de 1200 ouvriers en France alors qu'il affiche un bénéfice de 8 millions d'euros.
Les capitalistes ont toujours été des requins se nourrissant du travail des exploités, mais aujourd'hui l'économie capitaliste est dans un tel état de délabrement que cela ne leur suffit plus; avec l'aide de l'état, qui est avant tout à leur service, ils vident les poches des travailleurs qui, c'est certain, demanderont un jour des comptes.